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1ʳᵉ · Français · Mes forêts, Hélène Dorion

Dans un entretien, Hélène Dorion affirme que l’écriture poétique « consiste à interroger le mystère de l’être et celui du monde, et à recueillir des liens ». En quoi cette affirmation de l’auteure correspond-elle à votre lecture de Mes forêts ?

Sujet de dissertation · Bac 2026 · Centres étrangers, groupe 1 (26 frgeg11) — Mes forêts, Hélène Dorion, 1ère

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Analyse des termes

Le sujet impose trois termes : interroger, ce qui exclut l’affirmation et le savoir constitué ; le mystère de l’être et celui du monde, soit deux inconnues tenues ensemble ; recueillir des liens, geste de collecte et non de création. La tension est là : un livre qui ne prétend ni expliquer ni inventer peut-il encore prétendre dire quelque chose ?

Problématique

L’écriture de Mes forêts se définit-elle moins par ce qu’elle produit que par sa manière de recueillir, sans les résoudre, les liens qui unissent l’être et le monde ?

Le plan en trois parties

I

Le recueil commence par interroger, non par affirmer

  1. Le fragment d’ouverture ne définit rien : il énumère des identifications successives du syntagme titulaire, chacune remplaçant la précédente sans que l’une s’impose.fragment liminaire en italique, tête de la section I
  2. L’écriture est présentée comme un geste de liaison, non d’invention : elle rapproche ce qui était dispersé plutôt qu’elle ne produit un objet nouveau.poèmes sur la fonction de l’écriture, section IV
  3. La reprise de la même amorce anaphorique d’une section à l’autre montre une question relancée plutôt qu’une réponse acquise.fragments en italique répartis dans les quatre sections
TransitionSi le recueil interroge au lieu d’affirmer, encore faut-il que quelque chose soit tout de même recueilli ; ce sont les liens matériels du vivant qui donnent au livre sa consistance.
II

Les liens recueillis sont d’abord des liens de matière

  1. Le réseau souterrain qui unit les arbres donne au mot lien un contenu concret : ce qui tient n’est pas visible, mais il est matériel.poèmes du réseau de racines, section I
  2. La superposition de l’écorce et de la peau, de la sève et du sang, établit une continuité de substance entre l’humain et l’arbre.poèmes assimilant l’écorce et la peau, section I
  3. Ce qui demeure après une disparition — un lieu, un objet qui continue d’appartenir — relie les vivants aux absents sans recourir à la métaphysique.poèmes de ce qui subsiste après la disparition, section II
TransitionCes liens de matière ne restent pas privés ; en reliant le corps du sujet au vivant, ils le relient aussi à ce que d’autres éprouvent.
III

Recueillir des liens, c’est ouvrir l’intime sur le commun sans conclure

  1. L’accord retrouvé entre le sujet et le vivant est formulé comme une direction, au futur ou au conditionnel, jamais comme un résultat.poèmes du rapport retrouvé au vivant, section IV
  2. Le glissement du singulier au pluriel étend l’expérience éprouvée par un sujet isolé à une collectivité non définie.poèmes où le « je » devient « nous », section III
  3. Les derniers poèmes reprennent les motifs de l’ouverture et les laissent en suspens : le livre s’achève sans bilan, fidèle à son interrogation.derniers poèmes du recueil, section IV
Ouverture

Une écriture qui recueille plutôt qu’elle n’invente peut-elle encore être dite création, ou faut-il admettre qu’elle relève d’abord d’une éthique de l’attention ?

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