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Une structure complexe : la cellule vivante
Théorie cellulaire et son histoire, échelles et microscopes, membrane (bicouche lipidique), molécules du vivant (programme d'enseignement scientifique de 1re)
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Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.
Exercice 1 — Du mètre au nanomètre : situer des objets du vivant
FacileOn donne les tailles suivantes : atome de carbone : 0,14 nm ; molécule d'hémoglobine : 6,4 nm ; mitochondrie : 1,8 µm ; hépatocyte (cellule du foie) : 22 µm ; grenouille : 8 cm.
- a) Convertir chaque taille en mètres, en écriture scientifique.
- b) Donner l'ordre de grandeur de chaque taille.
- c) Ranger ces objets par taille croissante et associer à chacun son niveau d'organisation (atome, molécule, organite, cellule, organisme).
- d) Combien d'ordres de grandeur séparent l'hépatocyte de l'atome de carbone ? Calculer le rapport exact de leurs tailles et l'interpréter.
a) On utilise 1 nm = m, 1 µm = m, 1 cm = m.
0,14 nm = m = m ; 6,4 nm = m ; 1,8 µm = m ; 22 µm = m ; 8 cm = m.
b) Pour , on garde si $a<\sqrt{10}\approx3{,}16$, sinon on prend $10^{n+1}$.
Atome : $1{,}4<3{,}16$ → $10^{-10}$ m. Hémoglobine : $6{,}4>3{,}16$ → m. Mitochondrie : $1{,}8<3{,}16$ → $10^{-6}$ m. Hépatocyte : $2{,}2<3{,}16$ → $10^{-5}$ m. Grenouille : $8>3{,}16$ → m.
c) atome de carbone ( m) < molécule d'hémoglobine ( m) < organite : mitochondrie ( m) < cellule : hépatocyte ( m) < organisme : grenouille ( m).
d) : 5 ordres de grandeur. Rapport exact : . Il faudrait environ 160 000 atomes de carbone alignés pour couvrir le diamètre de l'hépatocyte.
Exercice 2 — Trois étapes de l'histoire de la cellule
FacileEn 1665, Robert Hooke observe au microscope de fines lamelles de liège et y voit de petites loges vides qu'il nomme « cells ». En 1838-1839, Matthias Schleiden et Theodor Schwann concluent de leurs observations que plantes et animaux sont formés de cellules. En 1855, Rudolf Virchow affirme que toute cellule provient d'une autre cellule.
- a) Expliquer ce que Hooke a réellement observé et pourquoi il ne s'agissait pas de cellules vivantes.
- b) Énoncer les trois principes de la théorie cellulaire tels qu'ils sont admis après Virchow.
- c) Proposer deux raisons pour lesquelles près de deux siècles séparent l'observation de Hooke de la théorie cellulaire.
- d) Citer l'invention du XXe siècle qui a permis d'explorer l'intérieur de la cellule et préciser ce qu'elle a apporté.
a) Le liège est un tissu mort de l'écorce du chêne-liège : ses cellules ont perdu leur contenu. Hooke n'a vu que les parois de ces cellules mortes, qui délimitent des loges vides ; le mot vient du latin cella, « petite chambre ». Il n'a observé ni cytoplasme, ni noyau, ni membrane plasmique.
b) 1) Tous les êtres vivants sont constitués d'une ou de plusieurs cellules. 2) La cellule est l'unité de structure et de fonctionnement du vivant. 3) Toute cellule provient d'une cellule préexistante, par division (apport de Virchow).
c) Première raison : les microscopes du XVIIe et du XVIIIe siècle donnaient des images floues et irisées ; il a fallu attendre les lentilles achromatiques (vers 1830) pour observer nettement l'organisation des tissus. Seconde raison : une loi générale suppose d'avoir observé des structures semblables chez de très nombreux organismes, végétaux comme animaux ; l'unité de structure entre plantes et animaux n'avait rien d'évident, d'autant que les cellules animales, sans paroi, sont plus difficiles à délimiter.
d) Le microscope électronique (1931). Sa limite de résolution, de l'ordre du nanomètre, révèle l'intérieur de la cellule (organites, ribosomes) et la structure de la membrane en trois feuillets : il relie l'échelle moléculaire à l'échelle cellulaire.
Exercice 3 — Hydrophile ou lipophile ?
FacileUn phospholipide est une molécule allongée formée d'une « tête » portant un groupement phosphate et de deux longues « queues » constituées de chaînes carbonées (acides gras). Les chaînes carbonées ne se mélangent pas à l'eau ; le groupement phosphate, lui, interagit avec elle.
- a) Définir les termes hydrophile et lipophile, puis les attribuer aux parties du phospholipide.
- b) On dépose quelques gouttes de phospholipides à la surface d'une cuve d'eau. Décrire l'orientation des molécules.
- c) Réaliser un schéma légendé de l'organisation des phospholipides dans une membrane plasmique séparant le cytoplasme du milieu extracellulaire.
- d) Expliquer pourquoi la bicouche est une barrière pour les molécules hydrophiles (ions, glucose), alors que certaines petites molécules lipophiles la traversent facilement.
a) Hydrophile : qui a de l'affinité pour l'eau, s'y mêle. Lipophile (ou hydrophobe) : qui a de l'affinité pour les lipides et fuit l'eau. La tête phosphatée est hydrophile, les deux queues d'acides gras sont lipophiles.
b) Chaque partie se place dans le milieu pour lequel elle a de l'affinité : les têtes plongent dans l'eau, les queues se dressent vers l'air. Les phospholipides forment une couche d'une seule molécule d'épaisseur à la surface.
c) Schéma attendu : en haut, « milieu extracellulaire (aqueux) » ; en bas, « cytoplasme (aqueux) ». Entre les deux, deux rangées de phospholipides tête-bêche : une rangée de têtes (ronds) tournées vers le haut, une rangée tournée vers le bas, et les queues (traits) qui se font face au centre. Légendes : tête hydrophile, queues lipophiles, feuillet externe, feuillet interne, bicouche lipidique ; titre « Organisation de la membrane plasmique ». Justification : les deux faces de la membrane sont au contact d'un milieu aqueux, donc chaque feuillet expose ses têtes à l'eau et le cœur de la bicouche, formé par les queues, est lipophile.
d) Pour traverser, une molécule doit passer par le cœur lipophile de la bicouche. Une molécule hydrophile n'a pas d'affinité pour ce milieu : elle le franchit très difficilement et passe par des protéines membranaires. Une petite molécule lipophile (certaines hormones stéroïdes, par exemple) se mêle aux queues et diffuse à travers. La membrane est donc une barrière sélective, dont la sélectivité découle de sa structure.
Exercice 4 — Mesures sur une photographie au microscope optique
MoyenUne photographie d'épiderme d'oignon est prise au microscope optique puis imprimée au grossissement ×400. Sur le tirage, une cellule mesure 9,6 cm de long et son noyau 0,8 cm de diamètre. La limite de résolution du microscope utilisé est de 0,25 µm ; celle de l'œil est d'environ 0,1 mm.
- a) Calculer la longueur réelle de la cellule, en micromètres.
- b) Calculer le diamètre réel du noyau.
- c) Montrer qu'avec ce grossissement, un détail réel de 0,25 µm apparaît juste assez grand pour être distingué à l'œil.
- d) Un ribosome mesure environ 30 nm. Un élève propose d'agrandir dix fois le tirage pour le voir. Expliquer pourquoi c'est impossible.
a) Taille réelle = taille sur l'image / grossissement. 9,6 cm = 96 mm, donc mm. Comme 1 mm = 1 000 µm : la cellule mesure 240 µm.
b) 0,8 cm = 8 mm ; mm, soit 20 µm. La cellule est 12 fois plus longue que son noyau, ce qui est vraisemblable.
c) Sur l'image, un détail réel de 0,25 µm mesure µm, soit 0,1 mm. C'est exactement la limite de résolution de l'œil : le grossissement ×400 suffit tout juste à rendre visibles les plus petits détails que le microscope sépare.
d) 30 nm = 0,03 µm, valeur bien inférieure à la limite de résolution de 0,25 µm (environ 8 fois plus petite). Le microscope ne sépare pas des points distants de 30 nm : cette information n'est pas enregistrée dans l'image. Agrandir le tirage agrandit aussi le flou, sans créer de détail (grossissement « à vide »). Pour voir un ribosome, il faut un microscope électronique.
Exercice 5 — L'épaisseur de la membrane sur une électronographie
MoyenSur une électronographie (microscope électronique à transmission) d'un lymphocyte, au grossissement ×250 000, la membrane plasmique apparaît comme deux lignes sombres séparées par une ligne claire. L'épaisseur totale mesurée sur l'image est de 1,9 mm. Le lymphocyte a un diamètre réel de 9 µm. Un bon microscope optique a une limite de résolution de 0,2 µm.
- a) Calculer l'épaisseur réelle de la membrane, en nanomètres.
- b) Justifier que l'épaisseur de la membrane ne peut pas être observée au microscope optique.
- c) Interpréter l'aspect en trois feuillets à l'aide du modèle de la bicouche lipidique.
- d) Montrer que le diamètre du lymphocyte est environ mille fois plus grand que l'épaisseur de sa membrane.
a) mm m. La membrane mesure 7,6 nm d'épaisseur.
b) 0,2 µm = 200 nm et : la membrane est environ 26 fois plus fine que le plus petit détail séparé par le microscope optique. Ses deux faces sont confondues : on voit le contour de la cellule, jamais l'épaisseur ni la structure de la membrane.
c) Les deux lignes sombres correspondent aux deux rangées de têtes hydrophiles (et aux protéines associées), qui fixent les colorants denses aux électrons ; la ligne claire centrale correspond aux queues lipophiles des deux feuillets, face à face. L'aspect sombre-clair-sombre est la signature de la bicouche.
d) 9 µm = 9 000 nm ; . Le diamètre de la cellule est environ mille fois plus grand que l'épaisseur de sa membrane : trois ordres de grandeur séparent l'échelle moléculaire de la membrane et l'échelle cellulaire.
Exercice 6 — Combien de phospholipides dans une membrane ?
MoyenOn assimile une cellule à une sphère de 12 µm de diamètre. Dans la membrane plasmique, chaque phospholipide occupe une surface de 0,65 nm² dans son feuillet. L'aire d'une sphère de rayon vaut .
- a) Calculer l'aire de la membrane en µm², puis en nm².
- b) Calculer le nombre de phospholipides d'un feuillet.
- c) En déduire le nombre total de phospholipides de la membrane et son ordre de grandeur.
- d) Donner une raison pour laquelle ce calcul surestime le nombre réel de phospholipides, et une raison pour laquelle il peut le sous-estimer.
a) Rayon : µm. Aire : µm². Comme 1 µm = nm, 1 µm² = nm², donc A ≈ nm².
b) Nombre par feuillet : , soit environ phospholipides.
c) La bicouche compte deux feuillets : . Comme $1{,}39<3{,}16$, l'ordre de grandeur est phospholipides : un milliard de molécules pour une seule membrane.
d) Surestimation : une partie de la surface est occupée par les protéines membranaires (et d'autres lipides comme le cholestérol), non comptées ici. Sous-estimation possible : une cellule réelle n'est pas une sphère lisse ; ses replis (microvillosités) augmentent l'aire de la membrane. Le résultat n'a de sens qu'en ordre de grandeur.
Exercice 7 — Les molécules d'une bactérie
MoyenLe tableau donne la composition en masse d'une bactérie de masse g. Une protéine de cette bactérie a une masse moyenne de g.
| Constituant | % de la masse |
|---|---|
| eau | 72 |
| protéines | 14 |
| acides nucléiques (ADN et ARN) | 7 |
| glucides | 3 |
| lipides | 2 |
| ions et petites molécules | 2 |
- a) Calculer la masse de matière sèche de la bactérie.
- b) Montrer que les protéines représentent la moitié de la matière sèche.
- c) Estimer le nombre de molécules de protéines contenues dans la bactérie.
- d) Les lipides ne représentent que 2 % de la masse. Justifier qu'ils sont pourtant indispensables à l'existence même de la cellule.
a) La matière sèche est tout ce qui n'est pas de l'eau : %. Masse : g, soit environ g.
b) Part des protéines dans la matière sèche : . Les protéines forment bien la moitié de la matière sèche : c'est la famille de molécules organiques la plus abondante.
c) Masse de protéines : g. Nombre de molécules : . La bactérie contient environ 2,4 millions de protéines.
d) Les lipides, sous forme de phospholipides, constituent la bicouche de la membrane plasmique. Or une cellule est par définition un espace séparé de l'extérieur par une membrane : sans lipides, pas de membrane, donc pas de cellule. Leur faible part en masse s'explique par le fait que la membrane n'est qu'une pellicule de quelques nanomètres autour d'un volume beaucoup plus grand.
Exercice 8 — Pourquoi la théorie cellulaire a-t-elle mis si longtemps ?
DifficileDocument 1 — Repères historiques. 1665 : Hooke décrit les loges du liège. Vers 1675-1683 : Leeuwenhoek observe, avec des microscopes à une seule lentille, des « animalcules » dans l'eau et dans la plaque dentaire. Vers 1830 : les microscopes composés à lentilles achromatiques donnent des images nettes. 1838-1839 : Schleiden et Schwann ; Schwann pense que les cellules se forment dans un liquide sans structure. Années 1850 : Remak puis Virchow observent, dans des embryons et des tissus malades, de nouvelles cellules issues de la division de cellules existantes. Vers 1895 : Overton constate que les substances solubles dans les lipides entrent plus facilement dans les cellules que les autres. Années 1950 : premières images de la membrane au microscope électronique.
Document 2 — Instruments et objets.
| Instrument | Limite de résolution |
|---|---|
| meilleurs microscopes de Leeuwenhoek | ≈ 1 µm |
| microscope optique de la fin du XIXe siècle | ≈ 0,2 µm |
| microscope électronique (coupe biologique) | ≈ 1 nm |
| Objet | Taille |
|---|---|
| bactérie | 1,2 µm |
| noyau d'une cellule animale | 14 µm |
| ribosome | 25 nm |
| épaisseur de la membrane plasmique | ≈ 8 nm |
- a) Pour chaque instrument du document 2, indiquer lesquels des quatre objets il permet d'observer. Justifier par des comparaisons.
- b) À partir du document 1, proposer deux raisons expliquant qu'il ait fallu attendre 1838-1839 pour affirmer que tous les êtres vivants sont formés de cellules.
- c) Montrer que les observations des années 1850 contredisent l'idée de Schwann sur la formation des cellules.
- d) Expliquer pourquoi l'existence de la membrane plasmique et sa nature lipidique ont été admises avant d'être vues, puis ce qu'a apporté le microscope électronique.
a) Un objet est observable si sa taille dépasse la limite de résolution.
• Leeuwenhoek (≈ 1 µm) : le noyau (14 µm) oui ; la bactérie (1,2 µm) tout juste, à la limite — il a d'ailleurs décrit des bactéries, sans détail interne ; le ribosome (25 nm) et la membrane (8 nm) non.
• Microscope optique de la fin du XIXe siècle (≈ 0,2 µm = 200 nm) : noyau et bactérie oui ; ribosome (25 nm < 200 nm) et épaisseur de membrane (8 nm) non.
• Microscope électronique (≈ 1 nm) : les quatre objets, y compris l'épaisseur de la membrane (8 nm > 1 nm).
b) Raison technique : avant les lentilles achromatiques (vers 1830), les images étaient floues et irisées, ce qui empêchait de reconnaître des structures semblables d'un tissu à l'autre. Raison méthodologique : énoncer une loi valable pour tout le vivant suppose une accumulation d'observations sur des organismes très variés, plantes et animaux ; la théorie est une généralisation, qui n'était possible qu'après ces observations nettes et nombreuses.
c) Selon Schwann, les cellules apparaissent dans un liquide sans structure. Or, dans les années 1850, on observe dans des embryons comme dans des tissus malades que les nouvelles cellules proviennent de la division de cellules existantes, et jamais d'un liquide. Ces observations réfutent l'idée de Schwann et fondent le principe de Virchow : toute cellule provient d'une cellule.
d) Avec 8 nm d'épaisseur, la membrane est environ 25 fois plus fine que la limite du microscope optique (200 nm) : elle était invisible. Son existence a été déduite indirectement : la cellule se comporte comme un espace délimité, et l'observation d'Overton (les substances liposolubles entrent plus facilement) indique une frontière de nature lipidique. Le microscope électronique, qui sépare des détails de l'ordre du nanomètre, a montré la membrane en trois feuillets, mesuré son épaisseur et confirmé le modèle de la bicouche : une hypothèse ancienne a ainsi été validée par une nouvelle technique.
Exercice 9 — Une bicouche démontrée par le calcul
DifficileDocument. En 1925, deux chercheurs néerlandais ont extrait les lipides des membranes de globules rouges (hématies) et les ont étalés à la surface de l'eau en une couche d'une seule molécule d'épaisseur. On reproduit leur démarche avec les données suivantes (valeurs fictives).
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| nombre d'hématies utilisées | |
| surface de la membrane d'une hématie | 98 µm² |
| aire occupée par la couche monomoléculaire de lipides | 0,97 m² |
Les hématies de mammifère sont dépourvues de noyau et d'organites.
- a) Justifier le choix d'hématies de mammifère pour cette expérience.
- b) Expliquer l'orientation des lipides dans la couche formée à la surface de l'eau.
- c) Calculer la surface totale des membranes des hématies utilisées, en m².
- d) Montrer que ce résultat conduit à conclure que la membrane plasmique est une bicouche lipidique.
- e) Un élève conclut : « chaque hématie possède deux membranes superposées ». Expliquer son erreur.
a) Sans noyau ni organites, une hématie de mammifère ne possède pas de membranes internes : tous les lipides extraits proviennent de la seule membrane plasmique. On peut donc comparer directement leur aire à la surface des cellules.
b) Les têtes hydrophiles plongent dans l'eau, les queues lipophiles sont tournées vers l'air : chaque partie se place du côté où elle a de l'affinité, ce qui donne une couche d'une seule molécule d'épaisseur.
c) Surface totale : µm². Comme 1 µm = m, 1 µm² = m² : m². Les membranes couvrent 0,49 m².
d) Rapport : . Les lipides d'une membrane couvrent, étalés en une seule couche, deux fois la surface de cette membrane : ils y sont donc répartis en deux couches. Schéma : deux feuillets tête-bêche, têtes hydrophiles vers le milieu extracellulaire et vers le cytoplasme (aqueux), queues lipophiles face à face au centre.
e) L'élève confond « deux couches de molécules » et « deux membranes ». Le calcul montre que une seule membrane est formée de deux feuillets de lipides. De plus, la surface de 98 µm² correspond à la surface extérieure de la cellule : il n'y a qu'une frontière entre l'hématie et son milieu, et elle est épaisse de deux molécules.
Exercice 10 — Une membrane fluide
DifficileDocument. En 1970, des chercheurs ont fusionné des cellules humaines et des cellules de souris. Les protéines membranaires humaines étaient repérées par un marqueur fluorescent rouge, celles de souris par un marqueur vert. Juste après la fusion, chaque couleur occupe une moitié de la cellule hybride. On mesure le pourcentage de cellules hybrides dont les deux couleurs sont entièrement mélangées (valeurs simplifiées).
| Temps après la fusion (min) | 0 | 5 | 10 | 25 | 40 |
|---|---|---|---|---|---|
| % de cellules mélangées à 37 °C | 0 | 12 | 34 | 71 | 93 |
| % de cellules mélangées à 15 °C | 0 | 0 | 1 | 3 | 6 |
À 37 °C, en présence d'une substance qui bloque la fabrication de nouvelles protéines, on obtient 91 % de cellules mélangées au bout de 40 min.
- a) Décrire l'évolution du pourcentage de cellules mélangées à 37 °C.
- b) Montrer que le mélange des couleurs n'est pas dû à la fabrication de nouvelles protéines.
- c) En déduire ce que font les protéines dans la membrane.
- d) Interpréter les résultats obtenus à 15 °C.
- e) Justifier que ces résultats sont cohérents avec une bicouche stabilisée par le caractère hydrophile ou lipophile de ses molécules, et non par des liaisons rigides.
a) À 37 °C, le pourcentage passe de 0 % à 93 % en 40 min. La hausse est rapide entre 5 et 25 min (de 12 % à 71 %) puis ralentit à l'approche de 100 %. En 40 min, presque toutes les cellules hybrides ont leurs protéines mélangées.
b) Si le mélange venait de la fabrication de nouvelles protéines, le bloquer empêcherait le mélange. Or on obtient 91 % avec la substance contre 93 % sans : l'écart est négligeable. Le mélange concerne donc les protéines déjà présentes dans la membrane.
c) Les protéines humaines et murines, d'abord séparées, se répartissent sur toute la surface : elles se déplacent latéralement dans le plan de la membrane. La membrane n'est pas une structure figée mais un milieu fluide.
d) À 15 °C, seulement 6 % des cellules sont mélangées après 40 min, contre 93 % à 37 °C : les déplacements sont presque bloqués. La fluidité de la membrane dépend de la température : au froid, les lipides de la bicouche sont moins mobiles et les protéines s'y déplacent beaucoup plus lentement.
e) Dans la bicouche, les molécules ne sont pas liées les unes aux autres : elles restent en place seulement parce que leurs parties hydrophiles sont au contact de l'eau et leurs parties lipophiles au centre. Elles peuvent donc glisser les unes à côté des autres sans quitter la bicouche, et les protéines, dont la région lipophile reste dans le cœur de la membrane, se déplacent avec elles. Si la membrane était un réseau de liaisons rigides, aucun mélange ne serait possible, même à 37 °C. Ces résultats soutiennent le modèle de la mosaïque fluide.
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