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Annales du brevet · 2026 · Histoire-géographie-EMC

Sujet du brevet 2026 d'histoire-géo EMC — Amérique du Nord (Série générale)

Histoire-géographie-EMC · Série générale · Amérique du Nord · session 2026 · 10 pages · source : Eduscol (ministère de l'Éducation nationale)

Structure du sujet

  1. Exercice 1 — Analyser et comprendre des documents en géographie (15 points)
  2. Exercice 2 — Maîtriser différents langages pour raisonner et utiliser des repères

Corrigé

Corrigé détaillé rédigé par Ben, professeur particulier. Chaque question est justifiée comme on l'attend le jour de l'épreuve.

Exercice 1 — Analyser et comprendre des documents en géographie : les espaces productifs et leurs évolutions (15 pts)

1. Une cause du déclin des espaces anciennement industrialisés : « la concurrence mondiale » (on peut aussi relever « la désindustrialisation »), liée au « contexte mondial », c'est-à-dire à la mondialisation.

2. Deux types d'espace qui accueillent les nouvelles localisations industrielles : les littoraux (« l'industrie se déplace vers les littoraux », avec de « grandes zones industrialo-portuaires » comme Dunkerque) et les espaces frontaliers (« les espaces frontaliers accueillent des usines »).

3. Deux raisons de l'implantation du site Toyota de Valenciennes, d'après la carte :

  • sa situation près de la frontière belge et à proximité de grandes métropoles européennes (Lille, Bruxelles, Paris, Londres) ;
  • sa position près d'un axe majeur de transport terrestre (Paris – Lille – Bruxelles – Amsterdam) et non loin de l'axe majeur de transport maritime de la Manche et de la mer du Nord, ce qui facilite la distribution des voitures dans toute l'Europe.

4. La connexion au monde est un atout pour les espaces industriels. Les zones industrialo-portuaires des littoraux, comme Dunkerque, accueillent la sidérurgie qui « disparaît progressivement de la Lorraine », car elles reçoivent directement les matières premières importées par la mer. De même, l'usine Toyota de Valenciennes, située près de la frontière et d'axes de transport majeurs, est devenue le « centre européen de construction » de la Yaris, « distribuée sur tout le continent européen » : elle attire un investissement étranger et crée des emplois.

5. Les espaces productifs industriels français se transforment sous l'effet de la mondialisation. D'un côté, les anciennes régions industrielles reculent face à la « concurrence mondiale » : la sidérurgie « disparaît progressivement de la Lorraine », et certains espaces sont « progressivement déclassés ». De l'autre, l'industrie « se recompose » : elle se déplace vers les littoraux (zone industrialo-portuaire de Dunkerque) et vers les espaces frontaliers (usine Toyota près de Valenciennes). Des firmes étrangères comme le Japonais Toyota s'implantent en France, avec un siège social à Vaucresson, un centre de production de pièces détachées au Pouzin et un centre de design à Sophia-Antipolis, technopôle de la Côte d'Azur. Ces mutations ont permis la création de « 130 000 emplois » industriels « depuis 2017 », sans pour autant parler de réindustrialisation.

Astuce. Pour les questions 4 et 5, croise toujours les deux documents : une citation du texte et une information de la carte (un site Toyota, un axe de transport). Une réponse qui n'utilise qu'un seul document est incomplète.
Exercice 2 — Maîtriser différents langages pour raisonner et utiliser des repères historiques : le monde depuis 1945 (25 pts)

1. Développement construit (18 points)

Plan : introduction (contexte de 1945, problématique) ; I. Réconcilier et reconstruire : les débuts de la construction européenne (1950-1957) ; II. Approfondir et élargir : de la CEE à l'Union européenne (1957-1992) ; III. Une Union élargie à l'échelle du continent après la guerre froide (1992 à aujourd'hui) ; conclusion.

Développement modèle

En 1945, l'Europe sort ruinée de la Seconde Guerre mondiale, la deuxième guerre déclenchée sur son sol en trente ans. Le continent est bientôt coupé en deux par la guerre froide. À l'Ouest, des hommes politiques comme Jean Monnet et Robert Schuman veulent unir les États européens pour que la guerre devienne impossible. Quelles sont les étapes de la construction européenne depuis 1945 et quels objectifs poursuit-elle ?

Le premier objectif est la paix, fondée sur la réconciliation franco-allemande. Le 9 mai 1950, Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères, propose de mettre en commun la production de charbon et d'acier de la France et de la RFA, ressources indispensables pour faire la guerre. En 1951, six pays (France, RFA, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) créent la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). Dans le contexte de la guerre froide, cette union permet aussi au bloc de l'Ouest, aidé par le plan Marshall, de se reconstruire et de se renforcer face à l'URSS.

Ensuite, la construction européenne devient surtout économique. En 1957, les six pays signent les traités de Rome qui créent la Communauté économique européenne (CEE) : ils mettent en place un marché commun où les marchandises circulent sans droits de douane, ainsi qu'une politique agricole commune. Le traité de l'Élysée, signé en 1963 par le général de Gaulle et le chancelier Adenauer, scelle l'amitié franco-allemande. La CEE attire de nouveaux membres : c'est l'élargissement, avec le Royaume-Uni, l'Irlande et le Danemark en 1973, puis la Grèce en 1981, l'Espagne et le Portugal en 1986, trois pays sortis de dictatures. Depuis 1979, le Parlement européen est élu au suffrage universel direct.

Enfin, la fin de la guerre froide, marquée par la chute du mur de Berlin en 1989, ouvre une nouvelle étape. En 1992, le traité de Maastricht crée l'Union européenne : il institue la citoyenneté européenne, qui permet par exemple de voter aux élections européennes dans son pays de résidence, et prépare une monnaie unique, l'euro, dont les pièces et les billets circulent depuis 2002. L'espace Schengen permet la libre circulation des personnes. En 2004 et en 2007, l'Union s'élargit à des pays d'Europe centrale et orientale, anciens membres du bloc de l'Est, ce qui réunifie le continent. Mais la construction européenne connaît aussi des difficultés, comme la sortie du Royaume-Uni en 2020.

Ainsi, depuis 1945, la construction européenne est passée de six pays réunis autour du charbon et de l'acier à une Union de vingt-sept États. Elle a permis de garantir la paix, de développer la prospérité économique et de faire de l'Europe un espace de démocratie et de citoyenneté, même si son approfondissement fait toujours débat.

⚠ Piège. La consigne demande « au moins trente lignes » et deux choses : les étapes (des dates précises) et les objectifs (paix, prospérité, puissance, démocratie). Un simple récit chronologique sans dire à quoi sert chaque étape perd des points. Réutilise les mots proposés : CEE, traités, marché commun, réconciliation franco-allemande, élargissement, citoyenneté européenne.

2. Utiliser des repères historiques (7 points) — exercice sur l'annexe page 9/9.

1. Tableau à compléter :

Période et évènements historiquesDates ou période
Traité de Rome1957 (25 mars 1957)
Fin de la Seconde Guerre mondiale1945 (8 mai 1945 en Europe, 2 septembre 1945 en Asie)
Guerre froide1947-1991

2. Sur la frise (graduée de 1940 à 2000, un petit trait = 1 an), il faut placer :

  • Fin de la Seconde Guerre mondiale : un point ou un trait vertical à 1945 (au milieu entre 1940 et 1950), avec son nom ;
  • Traité de Rome : un point ou un trait vertical à 1957 (3 graduations avant 1960), avec son nom ;
  • Guerre froide : une période, donc une barre colorée ou hachurée (ou une accolade) allant de 1947 à 1991, avec son nom ; la légende doit distinguer le figuré « évènement » (point) du figuré « période » (barre).

3. L'évènement de 1989 relié à la frise est la chute du mur de Berlin (9 novembre 1989) : la photographie montre des Berlinois rassemblés devant un pan du Mur couvert de graffitis en train d'être ouvert.

Enseignement moral et civique — Situation pratique : la commémoration du 11 novembre (20 pts)

1. Le 11 novembre, la République commémore :

  • l'armistice de 1918, jour de « commémoration de la victoire et de la paix », qui met fin aux combats de la Première Guerre mondiale ;
  • l'ensemble de ceux qui sont « morts pour la France », civils ou militaires, dans les conflits anciens ou actuels, y compris au cours d'« opérations extérieures » (loi du 28 février 2012).

2. Deux acteurs de cette journée : la commune de Carvin (la mairie), qui organise la cérémonie et diffuse l'affiche, et les habitants, citoyens de tous âges, comme la jeune fille de l'affiche, invités au rassemblement place Jules Guesde et au défilé vers le monument aux morts.

3. On peut associer la fraternité à cette journée. Les habitants de toutes les générations se rassemblent pour rendre ensemble hommage à tous les « morts pour la France », « qu'ils soient civils ou militaires », sans distinction ; la cérémonie se termine par un « verre de l'amitié ». (On peut aussi retenir la liberté, que ces soldats ont défendue.)

4. Cette journée renforce la cohésion nationale, car elle réunit tous les citoyens autour d'une mémoire commune et des symboles de la République : le drapeau tricolore, le monument aux morts, le bleuet porté par la jeune fille. Fixée par la loi pour toute la France, elle rassemble les générations et rappelle que la nation doit sa liberté et sa paix aux sacrifices de tous.

5. Exemple de réponse rédigée (6 à 8 lignes) :

Dans notre collège, les élèves de 3e préparent une exposition sur les soldats de la commune morts pour la France : à partir des noms inscrits sur le monument aux morts et des archives, chaque classe retrace le parcours de l'un d'eux et lit des extraits de lettres de soldats de la Grande Guerre. Le 11 novembre, des volontaires participent à la cérémonie municipale, déposent une gerbe et chantent La Marseillaise avec les habitants. Il est important d'organiser cette action, car le devoir de mémoire nous permet de comprendre le prix de la paix et de la liberté dont nous profitons aujourd'hui. C'est aussi une façon de rendre hommage aux militaires morts récemment en opérations extérieures et de montrer que, jeunes citoyens, nous appartenons à une même communauté nationale.

⚠ Piège. Respecte l'anonymat exigé par le sujet : ne cite ni ton nom, ni celui d'un camarade, ni celui de ton collège ; écris « notre collège ». Et n'oublie pas la seconde partie de la consigne : décrire l'action et expliquer pourquoi elle est importante.
Conseils pour le jour J

Le sujet dure deux heures pour 60 points : compte environ 25 minutes pour la géographie, 50 minutes pour le développement construit et la frise, 30 minutes pour l'EMC, et garde quelques minutes pour te relire. Le développement construit vaut 18 points à lui seul : fais un plan au brouillon (paix et réconciliation, marché commun et élargissements, Union européenne) avant d'écrire.

Dans les réponses courtes, une citation exacte entre guillemets suffit ; dans les réponses de plusieurs lignes, appuie-toi sur les deux documents et respecte le nombre de lignes demandé. Sur la frise, utilise deux figurés différents (point pour un évènement, barre pour une période) et compte bien les graduations.

L'annexe page 9/9 doit être détachée et glissée dans ta copie : sans elle, les 7 points des repères sont perdus.

Extrait du sujet (début du texte)

26GENHGEMCAN1 DNB SÉRIE GÉNÉRALE Page DIPLÔME NATIONAL DU BREVET SESSION 2026 HISTOIRE-GÉOGRAPHIE ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE Série générale Durée de l’épreuve : 2 h 00 (Coefficient 2) Dès que le sujet vous est remis, assurez-vous qu’il est complet. Ce sujet comporte 9 pages numérotées de la page 1 / 9 à la page 9 / 9. ATTENTION : L’ANNEXE page 9 / 9 est à rendre avec la copie. Sous-épreuve d’histoire-géographie Coefficient 1,5 40 points La note obtenue est ramenée sur 20 points Sous-épreuve d’enseignement moral et civique (EMC) Coefficient 0,5 20 points L’utilisation du dictionnaire et de la calculatrice est interdite. 26GENHGEMCAN1 DNB SÉRIE GÉNÉRALE Page Sous-épreuve d’histoire-géographie 40 points Exercice 1. Analyser et comprendre des documents en géographie (15 points) GÉOGRAPHIE : Les espaces productifs et leurs évolutions. Document 1 : Les dynamiques des espaces productifs industriels français face à la mondialisation. Le contexte mondial […] inscrit la désindustrialisation et la concurrence mondiale dans de nombreuses régions, notamment les anciennes régions industrielles. […] Néanmoins, l’industrie ne disparaît pas, elle se recompose, ce qui passe également par l’affirmation de nouveaux types d’espaces. En effet, dès les années 1960, l’industrie se déplace vers les littoraux, ce qui confirme plus largement un processus de littoralisation qui se traduit par la concentration d’activités et de populations sur les littoraux. De grandes zones industrialo-portuaires voient alors le jour, comme celle de Dunkerque, qui accueille l’industrie sidérurgique qui, elle, disparaît progressivement de la Lorraine. De même, les espaces frontaliers accueillent des usines, comme l’usine Toyota près de Valenciennes, ce qui témoigne […] d’une intégration européenne et mondiale accrue. Cette usine devient alors le centre européen de construction du modèle de la Yaris1, qui est ensuite distribuée sur tout le continent européen. Sans pour autant parler de réindustrialisation, les chiffres montrent une progression de l’emploi industriel en France avec 130 000 emplois créés depuis 2017. De fait, si certains espaces semblent progressivement déclassés dans un …

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