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Spécialité SVT · Classe de Terminale

Co-évolution et interactions biologiques

Parasitisme, mutualisme, compétition : comment les interactions entre espèces façonnent l'évolution (programme de Spécialité SVT Terminale)

À propos de cette page
Cette évaluation sur « Co-évolution et interactions biologiques » en terminale permet de faire le point sur ses connaissances en spécialité svt, comme lors d'un véritable contrôle. Elle suit le programme officiel de terminale et propose plusieurs exercices notés sur 20, avec un corrigé détaillé. Au programme : Les interactions biologiques : définitions et classification, La co-évolution : principe et mécanismes, Parasitisme et co-évolution hôte-parasite, Mutualisme et co-évolution mutuelle. Travaille seul, chronomètre-toi, puis compare tes réponses au corrigé pour identifier les points à revoir. Parfait pour mesurer ses progrès et réviser efficacement. Évaluation gratuite conçue par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale en spécialité svt.
Évaluation finale · Niveau difficile · Durée 60 min · Noté sur 20
60:00

Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.

Exercice 1 — Restitution organisée de connaissances : la co-évolution, moteur d'adaptations réciproques

/ 6 pts

Rédigez un développement structuré (introduction, parties argumentées, conclusion) répondant à la question posée.

  1. À partir de vos connaissances, montrez comment les interactions durables entre deux espèces peuvent conduire à des adaptations réciproques, en distinguant les conséquences d'une interaction antagoniste et d'une interaction mutualiste. Un schéma reliant pression de sélection et adaptation réciproque est attendu.

Exercice 2 — Raisonnement scientifique : une co-évolution hôte-parasite documentée

/ 5 pts

Exploitez les documents pour construire un raisonnement rigoureux appuyé sur les données chiffrées.

  1. Document 1 — Un virus est introduit dans une population d'un mammifère dont il est le parasite. La première année, il tue 99 % des individus infectés. Vingt ans plus tard, le même test d'infection en laboratoire montre que les souches virales circulant dans la nature ne tuent plus que 50 % des individus infectés. Document 2 — Quand on infecte avec une souche virale d'origine (de la première année) des animaux capturés vingt ans plus tard, la mortalité n'est plus que de 75 % (contre 99 % au départ). Le virus se transmet d'un hôte à l'autre par des insectes piqueurs qui se nourrissent surtout sur les animaux vivants.
  2. 1. À partir du document 2, montrez que la population hôte a évolué et précisez dans quel sens.
  3. 2. À partir du document 1, montrez que le virus a lui aussi évolué et précisez dans quel sens.
  4. 3. En vous appuyant sur le mode de transmission, expliquez pourquoi la sélection a favorisé une baisse de virulence du virus.
  5. 4. Justifiez que cet ensemble constitue un exemple de co-évolution observée en temps réel.

Exercice 3 — Raisonnement scientifique : compétition et déplacement de caractères

/ 5 pts

Analysez les documents pour expliquer comment la compétition modèle l'évolution de deux espèces.

  1. Document 1 — Deux espèces d'oiseaux granivores apparentées vivent dans un archipel. On mesure la hauteur moyenne du bec (corrélée à la taille des graines consommées). Sur des îles où une seule espèce est présente (allopatrie), les deux espèces ont un bec de hauteur comparable, autour de 9,5 mm. Document 2 — Sur les îles où les deux espèces coexistent (sympatrie), l'une a un bec d'environ 12 mm (grosses graines) et l'autre d'environ 7,5 mm (petites graines).
  2. 1. Comparez la hauteur du bec en allopatrie et en sympatrie pour les deux espèces.
  3. 2. Expliquez par la compétition interspécifique l'écart observé en sympatrie.
  4. 3. Nommez le phénomène évolutif mis en évidence et donnez sa définition.
  5. 4. Expliquez en quoi ce phénomène permet la coexistence durable des deux espèces malgré le principe d'exclusion compétitive.

Exercice 4 — Co-évolution et biodiversité : co-spéciation

/ 4 pts

Mobilisez vos connaissances pour répondre de façon argumentée.

  1. 1. Définissez la co-spéciation et indiquez quelle observation phylogénétique en constitue la signature.
  2. 2. Un chercheur compare les arbres phylogénétiques d'un groupe d'hôtes et de leurs parasites et trouve une congruence imparfaite, avec quelques branches non concordantes. Donnez deux explications possibles de ces écarts à la congruence parfaite.
  3. 3. Expliquez en quoi la co-évolution contribue à la diversification du vivant et au maintien de la biodiversité.
Corrigé détaillé

Exercice 1 — Restitution organisée de connaissances : la co-évolution, moteur d'adaptations réciproques
Corrigé — barème indicatif : introduction et plan 1 pt, mécanisme général de la co-évolution 1,5 pt, cas antagoniste 1,5 pt, cas mutualiste 1 pt, schéma 1 pt.

Introduction : les espèces vivent en interaction permanente. Lorsqu'une interaction est durable, chaque espèce exerce une pression de sélection sur l'autre : on parle de co-évolution. On montre d'abord le mécanisme commun, puis comment il diverge selon que l'interaction est antagoniste ou mutualiste.

1. Un mécanisme commun. La co-évolution repose sur les mécanismes de l'évolution : variation génétique (mutations, recombinaisons) au sein de chaque population, puis sélection naturelle des phénotypes les plus avantageux dans l'interaction. Chaque adaptation d'une espèce modifie la pression de sélection sur l'autre : il se forme une boucle de rétroaction. Chaque espèce évolue sous sa propre pression, sans finalité altruiste.

2. Interaction antagoniste : la course aux armements. Dans un couple prédateur-proie ou hôte-parasite, tout gain d'une espèce est un coût pour l'autre. Une attaque plus efficace sélectionne des défenses plus efficaces, qui sélectionnent à leur tour de meilleures attaques : escalade réciproque (course aux armements). Le principe de la Reine Rouge traduit qu'une espèce doit évoluer continuellement pour seulement maintenir sa valeur sélective relative.

3. Interaction mutualiste : la co-adaptation. Quand les deux espèces bénéficient de l'interaction (+/+), la sélection ajuste réciproquement leurs caractères vers une complémentarité de plus en plus fine (co-adaptation), par exemple entre une structure florale et la morphologie de son pollinisateur. L'évolution tend vers la stabilisation d'un ajustement mutuel plutôt que vers une escalade conflictuelle.

Conclusion : dans les deux cas, des pressions de sélection réciproques façonnent des adaptations couplées, mais l'antagonisme entretient une escalade alors que le mutualisme stabilise une complémentarité. La co-évolution est ainsi un moteur de diversification du vivant.

Schéma attendu : Espèce A varie → nouvelle pression de sélection sur B → B s'adapte → nouvelle pression sur A → A s'adapte… (boucle), avec une branche « antagoniste : escalade » et une branche « mutualiste : ajustement réciproque stabilisé ».

Exercice 2 — Raisonnement scientifique : une co-évolution hôte-parasite documentée
Corrigé — barème indicatif : Q1 1 pt, Q2 1 pt, Q3 2 pts, Q4 1 pt.

1. Le document 2 compare la même souche virale d'origine sur des hôtes de générations différentes : la mortalité passe de 99 % (départ) à 75 % (vingt ans plus tard). Comme le virus testé est identique, c'est l'hôte qui a évolué : la population mammifère a acquis une résistance accrue au virus (sélection des individus survivants, plus résistants, qui se sont reproduits).

2. Le document 1 compare la virulence des souches circulant dans la nature : de 99 % la première année à 50 % vingt ans plus tard. La baisse dépasse celle attribuable à la seule résistance de l'hôte (75 % avec la souche d'origine) : le virus a évolué vers une virulence réduite.

3. Le virus se transmet par des insectes piqueurs qui se nourrissent surtout sur les animaux vivants. Une souche très virulente tue l'hôte trop vite : l'hôte mort n'est plus piqué, le virus n'est plus transmis et est contre-sélectionné. Une souche moins virulente laisse l'hôte vivant et contagieux plus longtemps, donc plus piqué : elle se transmet davantage. La sélection naturelle favorise ainsi une virulence intermédiaire maximisant la transmission (théorie de la virulence optimale).

4. Sur une vingtaine d'années, on observe deux changements évolutifs réciproques et simultanés : l'hôte devient plus résistant, le parasite devient moins virulent, chacun exerçant une pression de sélection sur l'autre. C'est une co-évolution hôte-parasite, observable directement à l'échelle humaine.

Exercice 3 — Raisonnement scientifique : compétition et déplacement de caractères
Corrigé — barème indicatif : Q1 1 pt, Q2 1,5 pt, Q3 1,5 pt, Q4 1 pt.

1. En allopatrie, les deux espèces ont un bec de hauteur voisine (environ 9,5 mm). En sympatrie, les hauteurs divergent : une espèce atteint environ 12 mm, l'autre environ 7,5 mm. La coexistence est associée à une différenciation marquée des becs.

2. Là où les deux espèces coexistent, elles entrent en compétition pour les graines de taille intermédiaire. Les individus dont le bec dévie de la moyenne (plus grand ou plus petit) exploitent des graines moins disputées et survivent mieux : la sélection favorise dans chaque espèce des becs de tailles opposées, réduisant le chevauchement des niches alimentaires.

3. Il s'agit du déplacement de caractères (character displacement) : divergence des traits phénotypiques d'espèces apparentées là où elles coexistent, sous l'effet de la compétition interspécifique.

4. En spécialisant chaque espèce sur une catégorie de ressources différente (grosses vs petites graines), le déplacement de caractères sépare les niches écologiques. Les espèces n'occupent plus la même niche : le principe d'exclusion compétitive ne s'applique plus et la coexistence devient durable.

Exercice 4 — Co-évolution et biodiversité : co-spéciation
Corrigé — barème indicatif : Q1 1,5 pt, Q2 1,5 pt, Q3 1 pt.

1. La co-spéciation est le phénomène par lequel la spéciation d'un hôte entraîne la spéciation parallèle de son parasite ou symbionte. Sa signature est la congruence des arbres phylogénétiques (phylogénies en miroir) de l'hôte et du parasite : chaque branchement de l'un correspond à un branchement de l'autre.

2. Deux explications possibles des écarts : (a) des transferts d'hôtes (host switches), où un parasite colonise une nouvelle espèce hôte sans suivre la spéciation de son hôte d'origine ; (b) des extinctions de lignées de parasites ou des spéciations indépendantes (le parasite spécie sans que l'hôte ne spécie, ou inversement), qui découplent les deux arbres. (On accepte aussi : échec d'échantillonnage de certaines lignées.)

3. En créant des pressions de sélection nouvelles et des niches spécialisées, la co-évolution favorise l'apparition de caractères et d'espèces nouvelles (spéciation, co-radiation), et structure des réseaux d'interactions (pollinisation, mycorhizes, symbioses) dont dépend le fonctionnement des écosystèmes. Elle est donc à la fois un moteur de diversification et un facteur de maintien de la biodiversité.

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