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Spécialité SES · Classe de Terminale

Quels sont les fondements des politiques sociales et de la justice sociale ?

Égalité, équité, redistribution et État-providence : les fondements de la justice sociale (Spécialité SES, Terminale)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Quels sont les fondements des politiques sociales et de la justice sociale ? » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en spécialité ses. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : Définir la justice sociale : trois conceptions de l'égalité, Les grandes philosophies de la justice sociale, Équité, discrimination positive et action sur les inégalités, Les moyens d'action des pouvoirs publics : la redistribution. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser spécialité ses en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Qualifier l'instrument de justice sociale mobilisé

Pour chaque mesure, identifiez l'instrument d'action publique en jeu et précisez la conception de l'égalité (droits, chances ou situations) qu'il sert principalement.

  1. Une loi rend obligatoire l'égalité de rémunération entre femmes et hommes à travail de valeur égale.
  2. L'État verse une allocation de rentrée scolaire aux familles modestes pour financer les fournitures.
  3. Les établissements classés REP+ reçoivent des moyens d'enseignement renforcés et des classes dédoublées.
  4. L'impôt sur le revenu prélève proportionnellement davantage les ménages aux revenus les plus élevés.
  5. Sciences Po réserve une voie d'admission spécifique aux élèves de lycées conventionnés de quartiers défavorisés.
Méthode. Reliez chaque mesure à un instrument (fiscalité, prestation, service collectif, garantie juridique, discrimination positive) puis demandez-vous si elle agit sur les droits (mêmes règles pour tous), les chances (accès aux positions) ou les situations (conditions de vie réelles).

Égalité de rémunération imposée par la loi : garantie juridique → égalité des droits (mêmes droits formels pour tous, ici l'absence de discrimination salariale).
Allocation de rentrée scolaire : prestation sociale sous condition de ressources (logique d'assistance) → agit sur les situations en relevant le revenu disponible des familles modestes, et soutient l'égalité des chances scolaire.
Moyens renforcés en REP+ : service collectif mobilisé selon une logique d'équité (donner plus à ceux qui ont moins) → vise l'égalité des chances réelle.
Impôt sur le revenu progressif : fiscalité progressive → resserre les écarts de revenu disponible, donc agit sur l'égalité des situations.
Voie d'admission réservée à Sciences Po : discrimination positive fondée sur un critère territorial/social → vise l'égalité des chances d'accès aux positions élevées.

Exercice 2 — Vrai ou faux justifié sur la redistribution

Indiquez si chaque affirmation est vraie ou fausse et justifiez systématiquement en mobilisant le mécanisme ou la définition pertinente.

  1. « Toute redistribution réduit les inégalités de revenu entre riches et pauvres. »
  2. « Un impôt proportionnel rend une société plus égalitaire qu'un impôt progressif. »
  3. « Les cotisations qui financent l'assurance chômage relèvent d'une logique d'assistance. »
  4. « La gratuité de l'école publique profite proportionnellement davantage aux ménages modestes. »
  5. « Une baisse du coefficient de Gini après transferts traduit une hausse des inégalités. »
Méthode. Pour chaque item, distinguez redistribution verticale (riches → pauvres) et horizontale (face aux risques), puis vérifiez le sens de variation des inégalités.

Faux. Seule la redistribution verticale réduit les inégalités riches/pauvres. La redistribution horizontale (actifs → retraités, bien-portants → malades) couvre des risques sociaux sans forcément réduire les écarts de revenu : elle peut même bénéficier à des ménages aisés.

Faux. Un impôt proportionnel prélève le même taux pour tous et laisse les écarts relatifs inchangés. Seul l'impôt progressif, dont le taux croît avec le revenu, réduit les inégalités relatives.

Faux. Les cotisations ouvrant droit à des prestations en contrepartie relèvent de la logique d'assurance (bismarckienne). L'assistance désigne des prestations financées par l'impôt et versées sous condition de ressources, sans cotisation.

Vrai. Service quasi gratuit, l'école représente une part plus importante du niveau de vie des ménages modestes : c'est une redistribution en nature favorable aux bas revenus.

Faux. Le coefficient de Gini varie de 0 (égalité parfaite) à 1 (inégalité maximale). Une baisse du Gini après transferts traduit donc une réduction des inégalités, signe d'une redistribution efficace.

Exercice 3 — Associer un auteur à sa conception de la justice

Pour chaque énoncé, identifiez l'auteur ou la conception de la justice sociale concernée et reformulez le principe en une phrase.

  1. Une inégalité de revenu n'est acceptable que si elle améliore la situation des membres les plus défavorisés de la société.
  2. Est juste l'organisation sociale qui produit le plus grand bonheur pour le plus grand nombre.
  3. Toute prélèvement opéré sur un bien légitimement acquis pour le redistribuer de force est une atteinte injuste à la liberté.
  4. La justice se mesure aux libertés réelles dont disposent effectivement les individus pour mener la vie qu'ils ont raison de vouloir.
  5. Pour choisir des règles justes, il faut les définir sans savoir quelle place on occupera dans la société.
Méthode. Repérez le critère du « juste » mobilisé : bien-être global → utilitarisme ; protection des plus faibles → Rawls ; liberté individuelle et propriété → Nozick ; libertés réelles → Sen.

• Inégalité juste seulement si elle profite aux plus défavorisés → John Rawls : principe de différence.
• Le plus grand bonheur du plus grand nombre → Jeremy Bentham : conception utilitariste (est juste ce qui maximise le bien-être total).
• Redistribution forcée d'un bien légitimement acquis = injustice → Robert Nozick : conception libertarienne (seule compte la légitimité de l'acquisition).
• La justice se mesure aux libertés réelles → Amartya Sen : approche par les capabilités.
• Définir les règles sans connaître sa future place → John Rawls : le voile d'ignorance, qui conduit à choisir des règles protégeant les plus faibles.

Exercice 4 — Lire l'effet redistributif d'un système socio-fiscal

À partir du tableau ci-dessous, lisez et calculez les données demandées en précisant à chaque fois la signification du résultat.

  1. Vérifiez par le calcul le revenu disponible de chaque ménage à partir de son revenu primaire.
  2. Calculez le rapport entre le revenu primaire du ménage B et celui du ménage A, puis le même rapport en revenu disponible.
  3. Que montre la comparaison de ces deux rapports sur l'effet de la redistribution ?
  4. Pour chaque ménage, la redistribution s'est-elle traduite par un gain ou une perte nette ? Justifiez par le calcul.
  5. Le système décrit ici relève-t-il plutôt d'une redistribution verticale ou horizontale ? Justifiez.
Méthode. Revenu disponible = revenu primaire − (impôts + cotisations) + prestations. Un rapport entre deux revenus mesure l'écart relatif (l'inégalité).

Vérification. Ménage A : 1 200 − 200 + 500 = 1 500 €. Ménage B : 6 000 − 2 100 + 100 = 4 000 €. Les deux résultats correspondent bien à la colonne « revenu disponible ».

Rapports. En revenu primaire : 6 000 / 1 200 = 5 (le ménage B gagne 5 fois plus que A). En revenu disponible : 4 000 / 1 500 ≈ 2,7.

Interprétation. Le rapport passe de 5 à environ 2,7 : la redistribution resserre l'écart entre les deux ménages, donc réduit les inégalités de revenu. C'est un effet réducteur.

Gain ou perte net. Ménage A : −200 + 500 = +300 € de gain net (contributeur net positif). Ménage B : −2 100 + 100 = −2 000 € de perte nette (contributeur net). Le ménage aisé finance, le ménage modeste reçoit.

Type de redistribution. Le transfert va du ménage aisé vers le ménage modeste : il s'agit d'une redistribution verticale, qui vise explicitement à réduire les inégalités de revenu.

Exercice 5 — Reconnaître un modèle d'État-providence

Pour chaque description, identifiez le modèle d'État-providence d'Esping-Andersen concerné et indiquez son degré de démarchandisation (faible, intermédiaire ou élevé).

  1. Les prestations sont peu nombreuses et ciblées sur les plus pauvres, sous condition de ressources ; le marché reste le principal pourvoyeur de protection.
  2. L'essentiel des droits sociaux (retraite, chômage, santé) dépend du statut professionnel et est financé par les cotisations prélevées sur les salaires.
  3. Des prestations généreuses et universelles, financées par l'impôt, visent à garantir à chacun un niveau de vie décent indépendamment de son emploi.
  4. Un pays où un actif au chômage prolongé voit rapidement son niveau de vie dépendre presque entièrement du marché du travail.
  5. Un pays où un individu peut interrompre son activité plusieurs mois sans chute majeure de niveau de vie grâce à des droits universels.
Méthode. Esping-Andersen distingue trois mondes selon la logique dominante (marché, statut professionnel, universalisme). La démarchandisation mesure la capacité à vivre décemment indépendamment du marché du travail : elle est d'autant plus forte que les droits sociaux sont généreux et universels.

• Aide ciblée minimale, marché dominant → modèle libéral (ex. États-Unis, Royaume-Uni) → démarchandisation faible.
• Droits liés au statut professionnel, financés par cotisations → modèle conservateur-corporatiste (ex. France, Allemagne) → démarchandisation intermédiaire.
• Prestations universelles et généreuses financées par l'impôt → modèle social-démocrate (ex. Suède, Danemark) → démarchandisation élevée.
• Niveau de vie qui dépend vite du marché en cas de chômage → modèle libéral → démarchandisation faible.
• Interruption d'activité possible sans chute de niveau de vie grâce à des droits universels → modèle social-démocrate → démarchandisation élevée.

Exercice 6 — Raisonner sur les limites de l'action publique

Mobilisez les notions du chapitre pour répondre de manière rédigée à chaque question.

  1. Expliquez le mécanisme désigné par l'expression « trappe à inactivité » et précisez pourquoi il est invoqué comme critique de l'État-providence.
  2. Le « non-recours » aux prestations est souvent présenté comme une critique de gauche de l'État-providence : expliquez pourquoi.
  3. En quoi le vieillissement de la population alimente-t-il la « crise de financement » analysée par Rosanvallon ?
  4. Pourquoi peut-on dire que les critiques portent davantage sur les modalités de l'action publique que sur son principe ?
Méthode. Reliez chaque question à la typologie des critiques (coût/financement, désincitations, légitimité/stigmatisation) et appuyez-vous sur les ordres de grandeur du cours.

Trappe à inactivité. Lorsqu'une prestation diminue fortement dès la reprise d'un emploi peu rémunéré, le gain financier du retour à l'emploi devient faible ou nul : l'individu peut être désincité à travailler. C'est une critique des effets pervers de certaines prestations, mobilisée surtout par les approches libérales pour dénoncer un coût et une efficacité réduits de l'État-providence.

Non-recours et critique de gauche. Le non-recours désigne le fait que des personnes éligibles ne demandent pas les aides auxquelles elles ont droit (complexité, méconnaissance, peur de la stigmatisation). La critique « de gauche » souligne que le ciblage des prestations sous condition de ressources stigmatise les bénéficiaires et réduit l'efficacité réelle de la redistribution : l'État-providence n'atteint pas tous ceux qu'il devrait protéger.

Vieillissement et financement. Le vieillissement augmente le nombre de retraités et de personnes à soigner (postes vieillesse et santé concentrent l'essentiel des dépenses) tandis que la part des actifs cotisants se réduit. Le système par répartition voit ainsi ses dépenses croître plus vite que ses recettes : c'est une crise de financement au sens de Rosanvallon.

Modalités plutôt que principe. Sans transferts, le taux de pauvreté serait environ deux fois plus élevé : l'efficacité de la redistribution est avérée. Les débats portent donc surtout sur le comment (degré de ciblage, niveau des prestations, financement) et non sur l'existence même d'une protection sociale, largement consensuelle.
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