Facteurs de production, productivité globale des facteurs et rôle du progrès technique — programme de Spécialité SES Terminale
Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.
Pour chaque terme, rédigez une définition économique précise en une à deux phrases, sans recopier le cours mot pour mot.
Méthode. Une bonne définition isole la notion (le genre) et ce qui la distingue des notions voisines (la différence), puis l'ancre dans le mécanisme de croissance. On évite l'exemple seul et la paraphrase.
1. Les gains de productivité. Ils désignent l'augmentation de l'efficacité productive : on produit davantage de richesses avec une quantité de facteurs identique, ou autant avec moins de facteurs. Ils se mesurent par la hausse de la productivité du travail (production par heure travaillée) ou de la productivité globale des facteurs, et constituent la composante intensive de la croissance.
2. Bien non rival. Un bien est non rival lorsque sa consommation ou son utilisation par un agent ne réduit en rien la quantité disponible pour les autres : tous peuvent l'utiliser simultanément. La connaissance technologique (une formule, un algorithme, un procédé) en est l'exemple type ; cette non-rivalité explique les rendements croissants au cœur de la croissance endogène.
3. Externalités positives. Il y a externalité positive lorsque l'action d'un agent procure un bénéfice gratuit à d'autres agents, sans contrepartie marchande. Les connaissances issues de la R&D débordent (spillovers) vers les concurrents qui ne les ont pas financées : l'innovateur ne capte qu'une partie du bénéfice social, si bien que le marché tend à sous-investir en recherche, ce qui justifie un soutien public.
4. État stationnaire. C'est la situation, dans le modèle de Solow, où le capital par tête cesse de croître parce que l'investissement ne fait plus que compenser la dépréciation du capital et la croissance démographique : la production par habitant se stabilise. Une économie n'y échappe durablement que grâce au progrès technique, qui repousse en permanence cette limite.
Identifiez l'auteur (et, quand c'est possible, l'apport théorique) correspondant à chaque thèse.
Méthode. Repérer dans chaque énoncé le concept-signature (R&D, capital humain, institutions inclusives/extractives, learning by doing), puis le rattacher à son auteur.
1. Paul Romer. Dans son modèle (1990), les entreprises consacrent des ressources à la R&D pour créer de nouveaux biens ou procédés et en tirer un profit ; ce progrès technique, endogène, génère des connaissances non rivales et des externalités qui soutiennent la croissance de long terme.
2. Robert Lucas. Il fait du capital humain le facteur clé : l'investissement en éducation et en formation augmente la qualité du travail et la capacité à innover, produit des externalités positives et permet des rendements croissants, donc une croissance qui ne s'épuise pas.
3. Daron Acemoglu et James Robinson. Dans Why Nations Fail (2012), ils montrent que les écarts de richesse entre pays s'expliquent d'abord par la qualité des institutions : les institutions inclusives (droits de propriété protégés, accès ouvert à l'économie) favorisent l'innovation, tandis que les institutions extractives, qui concentrent la richesse au profit d'une élite, la freinent.
4. Kenneth Arrow. Il a formalisé le « learning by doing » : la productivité s'améliore avec l'expérience accumulée dans la production elle-même, ce qui constitue une source endogène de progrès technique, sans investissement spécifique en R&D.
Analysez le graphique de décomposition et répondez aux questions, chaque réponse étant rédigée et chiffrée.
Méthode. On lit d'abord la donnée (qui, quoi, quand, unité), on calcule une part en rapportant une contribution au total, puis on interprète l'évolution en mobilisant les notions du programme.
1. Lecture. Entre 1960 et 1973, le PIB du pays A a augmenté en moyenne de 5,1 % par an ; cette croissance se décompose en 1,9 point attribuable à l'accumulation de capital, 0,9 point au travail et 2,3 points à la PGF.
2. Part de la PGF (1991-2007). La croissance totale est de 2,0 points et la contribution de la PGF de 0,9 point : 0,9 / 2,0 = 0,45, soit 45 % de la croissance. La PGF explique donc près de la moitié de la croissance sur cette période.
3. Évolution de la PGF. La contribution de la PGF passe de 2,3 points (1960-73) à 0,3 point (2008-19), soit une chute de 2,0 points. On assiste à un net ralentissement de la productivité globale des facteurs, qui peut être rapproché du débat sur la stagnation séculaire et du paradoxe de la productivité.
4. Extensive ou intensive ? Sur toute la période, la PGF (composante intensive) reste la contribution la plus importante ou comparable aux autres (2,3 ; 1,1 ; 0,9 ; 0,3), tandis que les contributions du capital et du travail diminuent aussi. La croissance demeure donc majoritairement intensive (tirée par l'efficacité et le progrès technique), même si cette source s'essouffle : le pays produit davantage grâce à l'amélioration de la productivité plus qu'à la simple addition de facteurs.
Pour chaque couple, formulez la distinction sur un critère précis et illustrez-la d'un exemple.
Méthode. Distinguer, ce n'est pas opposer brutalement : on indique le critère précis sur lequel les deux notions diffèrent, puis on donne un exemple discriminant.
1. Progrès incorporé / désincorporé. Critère : le support du progrès. Le progrès incorporé est intégré dans de nouveaux équipements (il faut investir, renouveler le capital, pour en bénéficier) : ex. une chaîne de production robotisée plus performante. Le progrès désincorporé concerne l'organisation, les méthodes, les savoir-faire, sans nouvel équipement : ex. l'adoption du « lean management ». L'un passe par le capital, l'autre par les pratiques.
2. Croissance exogène / endogène. Critère : l'origine du progrès technique. Dans Solow, le progrès technique est exogène, donné de l'extérieur et inexpliqué par le modèle. Dans les modèles endogènes, il résulte de décisions économiques (R&D, éducation, infrastructures) prises à l'intérieur du système. Conséquence : seule la croissance endogène justifie que les politiques publiques agissent durablement sur la croissance de long terme.
3. Capital physique / capital humain. Critère : la nature du capital. Le capital physique regroupe les biens d'équipement durables (machines, bâtiments) ; le capital humain regroupe les connaissances, qualifications et compétences incorporées dans les individus par l'éducation et l'expérience. Ex. : une usine relève du premier, le diplôme et le savoir-faire d'un ingénieur du second.
4. Convergence absolue / conditionnelle. Critère : la cible de convergence. La convergence absolue suppose que tous les pays rejoignent le même niveau de PIB par habitant, quelles que soient leurs caractéristiques. La convergence conditionnelle suppose que chaque pays converge vers son propre état stationnaire, déterminé par son taux d'épargne, sa démographie et ses institutions. Empiriquement, on observe surtout la seconde (des « clubs » de convergence, par exemple au sein de l'OCDE).
Pour chaque situation, identifiez le mécanisme à l'œuvre et expliquez l'enchaînement de cause à effet.
Méthode. On nomme le mécanisme du programme, puis on déroule l'enchaînement cause → effet en reliant la situation concrète au concept.
1. Substitution capital-travail. L'entreprise remplace du travail par du capital. En automatisant, elle réduit son besoin de main-d'œuvre tout en produisant plus : la production par travailleur augmente, donc la productivité du travail s'élève. Au niveau macro, ce type de gains de productivité alimente la croissance intensive.
2. Rendements décroissants du capital. Toutes choses égales par ailleurs, chaque unité de capital supplémentaire apporte un gain de production de plus en plus faible. Doubler le capital sans progrès technique ne double donc pas la production : l'économie tend vers l'état stationnaire. C'est précisément ce qui montre que la seule accumulation de capital ne suffit pas à une croissance durable.
3. Destruction créatrice (Schumpeter). L'innovation détruit les activités obsolètes (entreprises, emplois anciens) tout en créant des activités nouvelles plus efficaces. À court terme, ce processus est déstabilisant ; à long terme, il élève la productivité globale et constitue le moteur de la croissance.
4. Externalités positives du capital humain et de la R&D (croissance endogène). En finançant universités et recherche, l'État accroît le capital humain (Lucas) et la production de connaissances (Romer). Ces connaissances, non rivales, débordent vers l'ensemble de l'économie (spillovers) : elles relèvent la PGF et entretiennent une croissance auto-entretenue que le marché seul, du fait des externalités non appropriables, sous-financerait.
Lisez le document puis répondez aux questions, en combinant lecture des données et mobilisation des connaissances.
Méthode. On compare des données chiffrées, on les confronte à une prédiction théorique, puis on mobilise d'autres déterminants pour nuancer.
1. Comparaison Chine / États-Unis. Partie d'un PIB par habitant très faible (2 900 $) en 2000, la Chine a connu une croissance de 8,1 % par an, soit près de sept fois celle des États-Unis (1,2 %), pourtant beaucoup plus riches au départ (36 300 $). L'écart de niveau de vie s'est donc nettement réduit.
2. Convergence (Solow). Le modèle de Solow prédit que les pays pauvres, faiblement dotés en capital, ont un rendement marginal du capital élevé et croissent donc plus vite, rattrapant les pays riches. La Chine (2,9 → forte croissance) et la Pologne (10,6 → 3,8 %), moins riches que la France ou les États-Unis et croissant plus vite qu'eux, illustrent bien ce mécanisme de rattrapage.
3. Le cas de la RDC. Il contredit la convergence absolue : très pauvre en 2000 (600 $), la RDC ne croît que de 1,0 % par an, à peine plus que les pays riches. Le modèle prédirait au contraire une croissance rapide. L'explication relève de la convergence conditionnelle : des institutions faibles (corruption, droits de propriété mal protégés, instabilité), un capital humain limité et une faible capacité à absorber le progrès technique empêchent le potentiel de rattrapage de se réaliser.
4. Le capital initial ne suffit pas. À niveau initial comparable, les trajectoires divergent (RDC très pauvre et stagnante / Chine pauvre et en plein essor), ce qui montre que le seul stock de capital de départ ne détermine pas la croissance. Interviennent aussi le progrès technique (PGF), le capital humain, la R&D et surtout la qualité des institutions : seule la convergence conditionnelle, et non absolue, est compatible avec les faits. La croissance dépend donc d'un ensemble de facteurs, et non du seul rendement décroissant du capital.
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