Facteurs de production, productivité globale des facteurs et rôle du progrès technique — programme de Spécialité SES Terminale
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Épreuve composée — Partie 1 (EC1) : Mobilisation des connaissances
Corrigé EC1 :
Question 1 (3 pts) : La PGF (Productivité Globale des Facteurs) mesure la part de la croissance économique qui n'est pas attribuable à l'augmentation des quantités de capital et de travail utilisées. Elle est calculée comme un résidu dans la décomposition comptable de Solow : PGF = Croissance du PIB − (α × Croissance du capital) − ((1−α) × Croissance du travail). Elle reflète les gains d'efficacité liés au progrès technique, à l'organisation et à l'amélioration de la qualité des facteurs. Elle représente environ la moitié de la croissance dans les pays développés.
Question 2 (3 pts) : La croissance extensive repose sur l'augmentation des quantités de facteurs de production (plus de travail, plus de capital). Ex : les Trente Glorieuses, où l'afflux de main-d'œuvre et l'équipement massif du territoire ont soutenu la croissance. La croissance intensive repose sur des gains de productivité : on produit davantage avec les mêmes quantités de facteurs, grâce au progrès technique, aux innovations ou à une meilleure organisation. Ex : la diffusion de l'informatique dans les années 1990 permettant de produire plus avec autant de capital et de travail.
Exercice 2 — Épreuve composée — Partie 2 (EC2) : Étude d'un document
Corrigé EC2 :
Le document présente les dépenses de R&D en % du PIB pour différents pays en 2022. Il illustre les théories de la croissance endogène (Romer) de plusieurs manières :
1. Hétérogénéité des investissements en R&D : les pays développés investissent massivement en R&D (Corée : 4,9 %, États-Unis : 3,5 %), alors que les pays en développement ont des taux très faibles (Inde : 0,6 %, Afrique sub-saharienne : 0,3 %). Selon Romer, cet investissement différencié explique en partie les écarts de croissance et d'innovation.
2. R&D comme moteur endogène : les pays qui investissent davantage en R&D créent des connaissances nouvelles qui génèrent des externalités positives (spillovers technologiques). La Corée du Sud, leader mondial en R&D, est aussi l'une des économies les plus innovantes (Samsung, LG, Hyundai).
3. Justification de l'intervention publique : les faibles niveaux de R&D dans les pays en développement peuvent résulter d'une insuffisance de financements privés (due aux externalités non appropriables), justifiant des politiques publiques de soutien à l'innovation.
Limite : le document ne montre pas directement l'effet de la R&D sur la croissance ; d'autres facteurs (capital humain, institutions) jouent également un rôle.
Exercice 3 — Épreuve composée — Partie 3 (EC3) : Raisonnement à partir d'un dossier documentaire
Corrigé EC3 :
Introduction attendue : Rappel de la distinction croissance extensive/intensive et de la décomposition de Solow. Annonce de deux arguments.
Argument 1 — Les limites de l'accumulation des facteurs renforcent le rôle du progrès technique
• Les rendements décroissants du capital (Solow) : chaque unité de capital supplémentaire contribue de moins en moins à la croissance. Sans progrès technique, l'économie converge vers un état stationnaire (production par tête constante).
• Les données empiriques montrent que la PGF explique environ la moitié de la croissance des pays développés — davantage que la seule accumulation de capital (≈1/3) ou que le travail (≈1/5).
• Exemple : entre 1980 et 2000, les États-Unis ont connu une accélération de la croissance portée principalement par la révolution informatique et internet (gain de PGF), et non par un surcroît d'heures travaillées.
Argument 2 — Les théories de la croissance endogène confirment le rôle moteur des investissements en progrès technique
• Romer : l'investissement en R&D génère des connaissances non rivales à rendements croissants. Les pays qui investissent davantage en R&D (Corée, Suède, USA) connaissent des niveaux d'innovation plus élevés et une croissance plus soutenue.
• Lucas : le capital humain améliore la capacité d'absorption et de création d'innovations. Ex : développement du système éducatif coréen comme levier de rattrapage et de croissance endogène.
• Ces modèles justifient l'intervention publique (R&D, éducation, infrastructures) pour stimuler la croissance durable.
Conclusion : Le progrès technique est bien la source principale de la croissance à long terme, car il permet de dépasser les rendements décroissants des facteurs. Son caractère endogène (résultant de décisions économiques) justifie des politiques structurelles actives.
Exercice 4 — Analyse notionnelle — La convergence entre pays riches et pauvres
Corrigé :
1. La convergence économique dans le modèle de Solow désigne le processus par lequel les pays pauvres (peu capitalisés) tendent à rattraper les pays riches. Les pays pauvres ont un rendement marginal du capital plus élevé, donc un potentiel de croissance plus fort, ce qui devrait conduire à une réduction des écarts de PIB par habitant.
2. La convergence absolue prédit que tous les pays convergent vers le même niveau de PIB par habitant, indépendamment de leurs caractéristiques. La convergence conditionnelle prédit que chaque pays converge vers son propre régime permanent (déterminé par son taux d'épargne, sa démographie, ses institutions), pas nécessairement le même pour tous.
3. Deux raisons pour lesquelles la convergence absolue ne s'observe pas :
• Différences institutionnelles : les pays pauvres souffrent souvent d'institutions faibles (droits de propriété mal définis, corruption) qui freinent l'investissement malgré des rendements potentiels élevés.
• Différences de capital humain et de technologie : les pays pauvres n'ont pas toujours les compétences humaines et les capacités technologiques pour absorber les investissements étrangers et bénéficier du progrès technique.
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