L'UE comme acteur de la régulation économique mondiale : institutions, politiques commerciales et monétaires (programme Spécialité SES Terminale)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Répondez de façon rigoureuse et structurée, en mobilisant précisément les notions du chapitre.
Vous présenterez le document puis vous décrirez ce qu'il met en évidence.
À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que l'Union européenne cherche à exercer une influence normative dans la gouvernance économique mondiale, tout en se heurtant à des résistances.
Menez les calculs en posant les opérations, puis commentez la portée des résultats.
Exercice 1 — Mobilisation de connaissances (EC1)
Question 1 (4 pts) — Éléments attendus : rappeler que la politique commerciale est une compétence exclusive : la Commission négocie en bloc au nom des 27 (1 pt). Montrer le gain d'influence : un marché unique attractif (≈ 450 millions de consommateurs) et un poids de premier exportateur permettent d'obtenir des concessions et d'imposer des normes (réciprocité, clauses environnementales) — la puissance commerciale se double d'une puissance normative (2 pts). Exemple valorisé : tarif extérieur commun, accords de libre-échange (CETA), mesures antidumping, MACF (1 pt).
Question 2 (4 pts) — Deux limites parmi (2 pts chacune, notion nommée + mécanisme) : la représentation fragmentée au FMI (États siégeant séparément, pas de vote en bloc malgré des droits de vote cumulés importants) ; l'hétérogénéité interne et la règle de l'unanimité en matière fiscale (un seul veto bloque) ; la dépendance au dollar et l'extraterritorialité du droit américain ; la montée des puissances émergentes qui réduit mécaniquement le poids relatif des Européens. On valorise l'idée que poids économique ne vaut pas automatiquement influence politique.
Exercice 2 — Étude d'un document (EC2)
Présentation (1,5 pt) : diagramme en barres d'origine FMI mesurant la part (en %) de chaque monnaie dans les réserves de change détenues par les banques centrales du monde.
Comparaison et analyse (2,5 pts) : lecture chiffrée attendue : le dollar représente 58 % des réserves, l'euro 20 %, soit un rapport d'environ 1 à 3 ; l'euro est néanmoins très loin devant les autres monnaies (yen 5,5 %, yuan 2,6 %). Atout : l'euro est la deuxième monnaie de réserve mondiale, ce qui confère à la zone euro un pouvoir de négociation et réduit la dépendance au dollar pour les échanges intra-européens. Limite : l'écart avec le dollar reste considérable ; la domination du dollar dans les réserves et les paiements internationaux maintient l'UE en situation de dépendance (extraterritorialité, facturation de l'énergie en dollars). Barème : 1 pt données correctes avec unités, 1 pt atout/limite reliés au cours, 0,5 pt qualité de la formulation.
Exercice 3 — Raisonnement appuyé sur un dossier documentaire (EC3)
Attendus (6 pts) — Un raisonnement organisé, pas une paraphrase du dossier.
Idée 1 — L'UE, puissance normative (effet Bruxelles) : en s'appuyant sur l'attractivité du marché unique, l'UE impose ses standards sans contrainte militaire ni achat de concessions (doc. 1). Les entreprises étrangères préfèrent adopter un standard unique (européen) plutôt que de maintenir des systèmes différents. Exemples (doc. 2) : RGPD pour les données, AI Act pour l'IA, MACF pour le carbone, rôle moteur dans l'accord OCDE/G20 sur le taux minimum de 15 %.
Idée 2 — Des résistances externes : d'autres puissances ne se soumettent pas et peuvent jouer une concurrence réglementaire ou des subventions. L'IRA américain (doc. 3) détourne des investissements vers les États-Unis et illustre la fragilité du multilatéralisme même entre alliés ; la Chine développe ses propres standards (risque de fragmentation).
Idée 3 — Des résistances internes : l'hétérogénéité des 27 et la règle de l'unanimité en fiscalité retardent l'action commune (doc. 3 : transposition du taux de 15 % freinée par certains États). La représentation fragmentée au FMI affaiblit la voix européenne.
Exploitation des documents : doc. 1 = mécanisme de l'effet Bruxelles ; doc. 2 = illustration de la diversité des normes exportées ; doc. 3 = données chiffrées (370 Md$) et exemples des limites.
Barème indicatif : 1,5 pt mécanisme de la puissance normative, 1,5 pt résistances externes, 1,5 pt résistances internes, 1,5 pt organisation et exploitation rigoureuse des documents. On valorise une conclusion nuancée : l'UE est un régulateur influent mais non hégémonique, dont l'influence dépend de sa capacité à parler d'une seule voix.
Exercice 4 — Calcul et lecture appliqués : poids commercial comparé
Question 1 (1 pt) : écart = 14,8 − 14,4 = 0,4 point de pourcentage (on raisonne en points, pas en %). L'UE n'est première que d'une très courte avance ; la configuration est tripolaire (UE, Chine, États-Unis). Parler de « domination » serait abusif : la première place est fragile et contestée par le rattrapage chinois.
Question 2 (1 pt) : part des États-Unis = 450 / 2 600 = 0,173, soit ≈ 17,3 % des exportations extra-UE. Interprétation : les États-Unis sont le premier client de l'UE hors marché unique, ce qui crée une dépendance commerciale ; toute mesure protectionniste américaine (droits de douane, IRA) affecte donc fortement les exportateurs européens, d'où l'importance pour l'UE de diversifier ses partenaires (accords bilatéraux) et de défendre les règles multilatérales.
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