Partis politiques, syndicats et mouvements sociaux : acteurs et médiateurs de la démocratie (programme de Terminale Spécialité SES)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Répondez aux deux questions de manière rédigée et structurée, en mobilisant vos connaissances.
Lisez le document, puis répondez aux questions en prélevant des données précises et en les interprétant.
Rédigez un raisonnement organisé (introduction, développement argumenté, conclusion) répondant au sujet, en exploitant les deux documents et vos connaissances.
Exercice 1 — Mobilisation des connaissances (EC1)
Éléments attendus.
Question 1 (3 pts). Présenter deux fonctions parmi les quatre, en les nommant ET en les expliquant : représentation (agréger et articuler les intérêts des citoyens en une offre politique cohérente) ; recrutement (sélectionner et former les élites politiques, ex. primaires) ; légitimation (organiser la compétition électorale qui confère sa légitimité au pouvoir élu) ; socialisation politique (contribuer à la formation des opinions et identités politiques). Toute illustration concrète est valorisée.
Question 2 (3 pts). Définir la crise de la représentation (défiance envers partis et syndicats, montée de l'abstention, déclin des adhésions). Montrer ensuite qu'elle s'accompagne d'un déplacement des formes de participation et non d'un retrait : essor de la participation protestataire (pétitions, manifestations), de la démocratie participative (conventions citoyennes, budgets participatifs), de l'engagement associatif et des mobilisations numériques (#MeToo, Fridays for Future). Conclusion attendue : les citoyens restent actifs, mais sous des formes plus directes et moins institutionnelles (engagement distancié).
Exercice 2 — Étude d'un document chiffré (EC2)
Éléments attendus.
Lecture (2 pts). Nature : graphique en barres comparant le taux de syndicalisation des salariés dans plusieurs pays de l'OCDE en 2020. Données : en France, environ 10 % des salariés sont syndiqués ; en Islande, environ 91 % le sont. Phrase de lecture attendue : « En 2020, sur 100 salariés français, environ 10 étaient adhérents d'un syndicat. » Constat : la France a l'un des taux les plus bas, loin derrière les pays scandinaves.
Interprétation (2 pts). L'écart s'explique surtout par le système de Gand : dans les pays scandinaves, les syndicats gèrent l'assurance chômage, ce qui crée une forte incitation individuelle à adhérer. En France, à l'inverse, les accords collectifs sont étendus à tous les salariés, syndiqués ou non : il n'y a pas d'incitation individuelle à adhérer pour bénéficier des avantages négociés (paradoxe français : faible adhésion mais forte influence syndicale).
Exercice 3 — Raisonnement appuyé sur un dossier documentaire (EC3)
Plan détaillé et éléments attendus.
Introduction. Accroche (un mouvement récent : Gilets jaunes, Fridays for Future). Définitions : mouvement social (action collective organisée et durable, hors des voies institutionnelles), démocratie représentative et participative. Problématique : en quoi les mouvements sociaux contribuent-ils à la vie démocratique ? Annonce du plan.
I — Les mouvements sociaux enrichissent et complètent la démocratie. Doc. 1 : ils assurent une fonction de mise sur agenda, en faisant émerger des enjeux ignorés par les partis (droits des femmes, écologie, conditions de travail), ensuite institutionnalisés par le travail législatif. Ils élargissent le répertoire d'action collective (Tilly) et offrent une participation directe (manifestations, pétitions, mobilisations numériques) face à la crise de la représentation. Ils jouent le rôle de corps intermédiaires (au sens de Tocqueville) et de contre-pouvoir.
II — Mais leur rôle dans la démocratie est aussi source de tensions. Doc. 2 : en agissant « hors des urnes », ils peuvent contester la légitimité des élus issus du suffrage universel. Risque qu'une minorité mobilisée impose ses vues à la majorité. Tensions également avec les partis et syndicats institutionnalisés (critique des Gilets jaunes), et limites des mobilisations numériques (slacktivisme, faible portée institutionnelle directe, manipulation possible).
Conclusion. Les mouvements sociaux participent pleinement à la démocratie en faisant émerger de nouveaux enjeux et en offrant des formes de participation directe, complétant la démocratie représentative. Mais leur action hors des institutions entretient une tension permanente avec la légitimité du suffrage universel. Ouverture possible sur la démocratie délibérative (conventions citoyennes) comme tentative d'articulation.
Connaissances valorisées : mouvement social, répertoire d'action collective (Tilly), WUNC, Nouveaux Mouvements Sociaux (Touraine), corps intermédiaires (Tocqueville), mise sur agenda, crise de la représentation, démocratie participative et délibérative, complémentarités/tensions entre acteurs.
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