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Quelle est la place des partis, des syndicats et des mouvements sociaux dans la vie démocratique ?
Partis politiques, syndicats et mouvements sociaux : acteurs et médiateurs de la démocratie (programme de Terminale Spécialité SES)
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Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.
Exercice 1 — Distinguer les acteurs de la vie démocratique
Pour chaque situation, indiquez de quel acteur il s'agit (parti politique, syndicat, mouvement social ou ONG transnationale) et justifiez par sa finalité propre.
- Une organisation présente des candidats aux élections législatives et propose un programme de gouvernement complet.
- Une organisation négocie une convention collective fixant les grilles de salaires d'une branche professionnelle.
- Des citoyens se rassemblent durablement, hors de toute structure établie, pour obtenir l'abandon d'un projet d'aéroport.
- Une organisation coordonne dans plusieurs pays des campagnes de défense des droits humains et publie des rapports sur les États.
- Une organisation patronale participe à une table ronde avec le gouvernement sur la réforme de l'assurance chômage.
• Présenter des candidats et un programme de gouvernement → parti politique : sa visée est la conquête et l'exercice du pouvoir d'État par la voie électorale.
• Négocier une convention collective de branche → syndicat de salariés : il défend des intérêts professionnels par la négociation collective.
• Rassemblement durable hors structure pour bloquer un projet → mouvement social : action collective organisée, hors des voies institutionnelles, visant à transformer ou empêcher une décision.
• Campagnes transnationales de défense des droits humains → ONG transnationale (type Amnesty International) : acteur de la société civile mondiale agissant au-delà des frontières.
• Table ronde gouvernementale sur l'assurance chômage → organisation patronale (type MEDEF), un syndicat au sens large : c'est un partenaire social participant à la démocratie sociale.
Exercice 2 — Les fonctions des partis et des syndicats
Reliez chaque action décrite à la fonction démocratique remplie, en nommant précisément la fonction et l'acteur concerné.
- Un parti organise des primaires ouvertes pour désigner son candidat à la présidentielle.
- Un syndicat siège au Conseil économique, social et environnemental pour rendre un avis sur un projet de loi.
- Un parti rassemble les revendications de plusieurs catégories sociales dans un programme cohérent.
- Un parti diffuse pendant une campagne des analyses qui contribuent à forger les convictions des électeurs.
- Un syndicat appelle à la grève puis négocie une augmentation salariale applicable à toute la branche.
• Primaires pour désigner un candidat → fonction de recrutement du parti : sélection et formation des élites politiques.
• Avis rendu au CESE → participation à la démocratie sociale : le syndicat agit comme corps intermédiaire dans une instance consultative paritaire.
• Agréger les revendications en un programme → fonction de représentation (agrégation des intérêts) du parti : il structure et articule les préférences des citoyens.
• Diffuser des analyses qui forgent les convictions → fonction de socialisation politique du parti : formation des opinions et identités politiques.
• Grève puis négociation d'un accord de branche → défense des intérêts des salariés par le syndicat, via la mobilisation et la négociation collective (accord étendu à toute la branche).
Exercice 3 — Vrai ou faux justifié
Indiquez si chaque affirmation est vraie ou fausse et justifiez systématiquement par la notion ou le mécanisme pertinent.
- « Le faible taux de syndicalisation français prouve que les syndicats y ont peu d'influence. »
- « Un parti attrape-tout (catch-all) cherche à se recentrer sur sa base sociale d'origine. »
- « La montée de l'abstention signifie nécessairement un désengagement total des citoyens. »
- « La fragmentation et la polarisation d'un système partisan désignent la même réalité. »
• Faux. C'est le « paradoxe français » : malgré un taux d'adhésion d'environ 10 % (l'un des plus bas de l'OCDE), les syndicats conservent une forte influence, car les accords collectifs qu'ils négocient sont étendus à tous les salariés (syndiqués ou non) et ils siègent dans des instances paritaires (CESE, prud'hommes, Sécurité sociale). Faible adhésion n'égale pas faible influence.
• Faux. Le parti attrape-tout (Kirchheimer) fait exactement l'inverse : il abandonne sa base sociale et idéologique étroite pour élargir son électorat, au risque d'un brouillage programmatique.
• Faux. La crise de la représentation s'accompagne souvent d'un déplacement vers d'autres formes de participation (associations, pétitions, mobilisations numériques, démocratie participative), et non d'un désengagement intégral.
• Faux. Chez Sartori, la fragmentation renvoie au nombre de partis, la polarisation à la distance idéologique entre eux. Un système peut être très fragmenté sans être très polarisé, et inversement : ce sont deux dimensions distinctes.
Exercice 4 — Identifier l'auteur et son concept
Pour chaque analyse, identifiez l'auteur ou l'approche concernée et reformulez précisément le concept mobilisé.
- Les partis se distinguent par leur structure : peu d'adhérents financés par des notables, ou au contraire de nombreux cotisants encadrés idéologiquement.
- Un mouvement social efficace doit donner à voir publiquement sa valeur morale, son unité, son nombre et l'engagement de ses membres.
- Les associations intermédiaires sont indispensables à la démocratie, car elles relient les individus à l'État et protègent contre la tyrannie de la majorité.
- Les mouvements apparus depuis les années 1970 défendent moins des revendications économiques que des enjeux identitaires et post-matérialistes.
• Partis de cadres vs partis de masses → Maurice Duverger : typologie selon la structure organisationnelle (faible effectif financé par les notables / fort effectif de cotisants à encadrement idéologique).
• Démonstration publique de valeur morale, unité, nombre, engagement → Charles Tilly : le concept de WUNC (Worthiness, Unity, Numbers, Commitment), attribut de légitimité d'un mouvement social.
• Associations reliant l'individu à l'État et prévenant la tyrannie de la majorité → Alexis de Tocqueville : les corps intermédiaires de la société civile.
• Enjeux identitaires et post-matérialistes → Alain Touraine (et Melucci) : la théorie des Nouveaux Mouvements Sociaux (féminisme, écologie, droits LGBT), centrés sur l'identité plutôt que sur la redistribution.
Exercice 5 — Lire un graphique sur l'abstention
À partir du graphique d'évolution de l'abstention, lisez et interprétez les données demandées en rédigeant des phrases complètes.
- Faites une phrase exprimant correctement la signification de la donnée de 2022.
- Calculez la variation, en points de pourcentage, du taux d'abstention entre 1978 et 2022.
- L'abstention a-t-elle progressé de manière régulière sur toute la période ? Justifiez à partir d'une comparaison de deux dates.
- Quelle notion du programme cette évolution illustre-t-elle ? Expliquez le lien en une ou deux phrases.
• Lecture 2022. En 2022, au premier tour des élections législatives françaises, environ 52,5 % des électeurs inscrits se sont abstenus, soit plus d'un inscrit sur deux.
• Variation 1978-2022. 52,5 − 16,8 = +35,7 points de pourcentage. L'abstention a donc plus que triplé sur la période.
• Régularité. Non : la hausse n'est pas parfaitement linéaire. Entre 1988 (34,3 %) et 1997 (32,0 %), l'abstention recule légèrement, avant de repartir fortement à la hausse. La tendance de fond est néanmoins nettement croissante.
• Notion illustrée. Cette montée durable de l'abstention illustre la crise de la représentation politique : une distance croissante s'installe entre les citoyens et les partis/institutions, sans pour autant signifier un désengagement total (déplacement vers d'autres formes de participation).
Exercice 6 — Complémentarités et tensions entre acteurs
Pour chaque situation, indiquez s'il s'agit d'une relation de complémentarité ou de tension entre les acteurs de la démocratie, et expliquez le mécanisme à l'œuvre.
- Un enjeu porté d'abord par un mouvement écologiste est repris des années plus tard dans le programme d'un parti, qui le transforme en projet de loi.
- Un mouvement spontané critique ouvertement les syndicats et les partis, jugés trop institutionnalisés, et refuse de désigner des porte-parole.
- Un parti de gauche et une grande centrale syndicale entretiennent historiquement des liens étroits et coordonnent certaines de leurs positions.
- La concurrence entre plusieurs syndicats représentatifs complique l'aboutissement d'une négociation collective.
• Enjeu écologiste repris par un parti puis traduit en loi → complémentarité : les mouvements sociaux font émerger des enjeux que les partis institutionnalisent et inscrivent à l'agenda politique (mise sur agenda). Exemple type : l'écologie passée des mouvements environnementaux aux partis Verts.
• Mouvement spontané critiquant partis et syndicats, sans porte-parole → tension : les mobilisations récentes (Gilets jaunes, Nuit Debout) reprochent aux corps intermédiaires d'être trop bureaucratisés et revendiquent une organisation horizontale.
• Liens historiques parti de gauche / centrale syndicale → complémentarité : alliance traditionnelle entre partis de gauche et syndicats (ex. Labour/TUC, PCF/CGT), articulant action électorale et démocratie sociale.
• Concurrence entre syndicats freinant une négociation → tension : le pluralisme syndical français peut diviser le camp salarial et limiter l'efficacité de la négociation collective face au patronat.
Exercice 7 — Étude de document — Mobilisations numériques
Lisez le document, puis répondez aux questions en mobilisant le texte ET vos connaissances du cours.
- Selon le document, en quoi les réseaux sociaux ont-ils transformé l'entrée dans l'action collective ? Relevez l'expression du texte.
- Qu'est-ce que le « slacktivisme » évoqué dans le document ? Donnez un exemple concret.
- À l'aide du document et de vos connaissances, expliquez pourquoi l'horizontalité de ces mobilisations est en partie une illusion.
- En quoi ces mobilisations numériques illustrent-elles l'évolution du répertoire d'action collective ?
1. Transformation de l'engagement. Les plateformes ont « abaissé les coûts de l'engagement » : participer ne demande plus « qu'un clic » (signer, relayer, rejoindre un appel). L'entrée dans l'action collective devient quasi instantanée et mondiale (#MeToo, Fridays for Future), sans passer par un parti ni un syndicat.
2. Slacktivisme. C'est un engagement en ligne superficiel où « le partage se substitue à l'action » : on a l'impression de militer en likant ou en partageant, sans implication réelle ni effet sur les politiques publiques. Exemple : changer sa photo de profil ou retweeter un hashtag de soutien sans aucune autre forme de participation.
3. Illusion d'horizontalité. Le document indique que « des comptes influents, des organisations et les algorithmes » structurent la diffusion. Connaissances : derrière une mobilisation qui paraît spontanée et sans leader, des acteurs centraux (influenceurs, ONG, plateformes) orientent la visibilité des causes ; les algorithmes hiérarchisent ce qui est vu. La « spontanéité affichée masque des logiques de pouvoir réelles » : l'horizontalité est donc partielle.
4. Répertoire d'action collective. Le numérique élargit le répertoire d'action collective (Tilly) avec des formes nouvelles (hashtags, pétitions en ligne, appels viraux), transnationales et rapides. On passe d'un répertoire moderne (grève, manifestation nationale) à un répertoire contemporain, mondialisé et connecté, conforme à la transnationalisation des mobilisations.
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