Socialisation, intégration et cohésion sociale — programme de Spécialité SES Terminale
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Question 1 (3 points). Montrez que la socialisation est un processus qui contribue à la construction du lien social.
Question 2 (3 points). Comment la division du travail social peut-elle, selon Durkheim, être source de cohésion sociale ?
Document. En France, le taux de pauvreté monétaire (seuil à 60 % du niveau de vie médian) était de 14,5 % en 2021 (soit environ 9,1 millions de personnes). Parmi eux, 800 000 personnes étaient en situation de grande pauvreté. Selon l'INSEE, les ménages monoparentaux, les jeunes de 18-29 ans et les personnes sans diplôme sont les plus exposés. La pauvreté en conditions de vie (manque de chauffage, alimentation insuffisante, absence de logement stable) touche 13 % des ménages.
Question. À l'aide du document et de vos connaissances, montrez que la pauvreté peut conduire à une fragilisation du lien social.
Sujet. À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que l'individualisme contemporain fragilise mais recompose aussi le lien social.
Document 1. Selon une enquête de l'IFOP (2022), 68 % des Français déclarent que 'chacun doit d'abord penser à lui-même'. Simultanément, 36 % des Français déclarent faire du bénévolat régulier (Recherches et Solidarités, 2023), contre 25 % en 2000.
Document 2. Robert Bellah et al. (Habits of the Heart, 1985, adapté) : « L'individualisme expressif valorise l'épanouissement personnel et l'authenticité. Il peut conduire au repli sur soi et à l'érosion de l'engagement civique. Mais il peut aussi nourrir de nouvelles formes d'engagement, plus choisi, moins contraint par la tradition. »
Exercice 1 — Épreuve composée — Partie 1 (EC1) : Mobilisation des connaissances
Éléments attendus :
Q1 — La socialisation est le processus par lequel l'individu intériorise normes et valeurs. Elle fabrique du lien social en créant des références communes (conscience collective), en intégrant l'individu à des groupes (famille, école, travail), en transmettant un habitus (Bourdieu) qui oriente les pratiques de façon convergente. La socialisation primaire pose les bases identitaires ; la secondaire les enrichit et les adapte. Elle transforme un individu biologique en acteur social inscrit dans des collectifs.
Q2 — Pour Durkheim, dans les sociétés modernes industrielles, la division du travail spécialise les individus. Chacun dépend des autres pour satisfaire ses besoins (interdépendance). Cette dépendance mutuelle crée une solidarité organique qui remplace la solidarité mécanique des sociétés traditionnelles (fondée sur la ressemblance). La division du travail est ainsi un vecteur de cohésion : elle lie les individus différents par des rapports d'échange et de complémentarité.
Exercice 2 — Épreuve composée — Partie 2 (EC2) : Étude d'un document
Éléments attendus :
• Lecture du document : 14,5 % de pauvres en France (2021), soit 9,1 millions de personnes. Populations vulnérables : ménages monoparentaux, jeunes, sans-diplômes. La pauvreté en conditions de vie aggrave les difficultés (logement, alimentation).
• Articulation avec les notions : La pauvreté fragilise les deux axes du lien social selon Castel — insertion professionnelle (sans emploi stable ou sans diplôme) et insertion relationnelle (isolement lié à la honte, repli). Elle peut entraîner une désaffiliation progressive : zone de vulnérabilité (emploi précaire + liens fragilisés) puis de désaffiliation (chômage + isolement). Elle peut aussi générer une anomie si les normes de consommation et de réussite restent inatteignables.
• Nuance : La pauvreté ne conduit pas automatiquement à la désaffiliation (des liens communautaires ou familiaux solides peuvent être des ressources). L'exclusion est multidimensionnelle.
Exercice 3 — Épreuve composée — Partie 3 (EC3) : Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire
Plan et éléments attendus :
Introduction : définir l'individualisme (tendance à se percevoir comme entité autonome), rappeler la tension avec le lien social collectif.
I. L'individualisme fragilise le lien social
• Repli sur la sphère privée (Tocqueville), affaiblissement de l'engagement civique (abstention, désertion des partis politiques, déclin des grandes institutions).
• Lecture du doc 1 : 68 % pensent d'abord à eux-mêmes → logique individualiste dominante.
• Bellah : risque d'érosion des liens communautaires et civiques.
• Anomie possible : perte de références normatives communes (Durkheim).
II. L'individualisme recompose le lien social sans le détruire
• Doc 1 : 36 % de bénévoles en 2023, en hausse depuis 2000 → l'individualisme peut coexister avec l'engagement.
• Bellah : nouvelles formes d'engagement plus choisi, plus authentique (associations, mouvements sociaux).
• Granovetter : multiplication des liens faibles dans les sociétés individualisées → réseau plus large mais moins dense.
• Beck : la société du risque individualise mais crée de nouvelles interdépendances (risques globaux, mobilisations collectives sur l'environnement).
• Nouvelles solidarités : économie collaborative, associations, réseaux numériques.
Conclusion : L'individualisme est ambigu : il fragilise certaines formes de lien collectif traditionnel mais en favorise de nouvelles, plus réflexives et choisies. L'enjeu est de construire une solidarité qui articule autonomie individuelle et responsabilité collective.
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