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Ces exercices corrigés sur « Comment le lien social se construit-il et quelles en sont les fragilités ? » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en spécialité ses. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : Le lien social : définition et enjeux, La socialisation : un processus fondateur du lien social, Les instances de socialisation, La solidarité comme fondement de la cohésion sociale. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser spécialité ses en terminale.
Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.
Exercice 1 — Distinguer les notions proches du lien social
Pour chaque couple de notions, indiquez la distinction essentielle en une phrase précise, sans paraphraser une simple définition.
- Distinguez la solidarité formelle (institutionnelle) de la solidarité informelle (de proximité).
- Distinguez l'intégration sociale de la cohésion sociale.
- Distinguez la pauvreté monétaire de l'exclusion sociale.
- Distinguez un lien fort d'un lien faible au sens de la sociabilité.
- Distinguez la socialisation anticipatrice de la resocialisation.
Méthode. Pour distinguer deux notions, identifiez le critère qui les sépare (acteur, échelle, dimension) plutôt que de les définir l'une après l'autre.
• Solidarité formelle / informelle. La solidarité formelle est organisée par des institutions selon des règles de droit (Sécurité sociale, assurance chômage, minima sociaux) ; la solidarité informelle repose sur des relations interpersonnelles non codifiées (entraide familiale, amicale, voisinage, bénévolat). Le critère : le caractère institutionnel et obligatoire contre le caractère spontané et relationnel.
• Intégration / cohésion. L'intégration est un processus qui concerne l'individu (sa participation et sa place reconnue dans la société) ; la cohésion est une propriété du système social tout entier (sa capacité à tenir ensemble, à éviter les fractures). L'intégration de nombreux individus contribue à la cohésion de l'ensemble.
• Pauvreté / exclusion. La pauvreté est une situation économique mesurable (revenu inférieur à un seuil) ; l'exclusion est une rupture multidimensionnelle des liens (emploi, relations, reconnaissance). On peut être pauvre sans être exclu (liens forts maintenus) et inversement.
• Lien fort / lien faible. Un lien fort est intense, fréquent et chargé d'affect (famille, amis proches) ; un lien faible est plus distant et occasionnel (connaissances, anciens collègues) mais ouvre sur d'autres cercles sociaux et de nouvelles informations.
• Socialisation anticipatrice / resocialisation. La socialisation anticipatrice consiste à intérioriser par avance les normes d'un groupe que l'on souhaite rejoindre ; la resocialisation transforme ou remplace des dispositions déjà acquises, généralement lors d'un changement de milieu ou d'institution.
Exercice 2 — Mesurer la solidarité institutionnelle
Réalisez chaque calcul en posant la formule, donnez le résultat arrondi à une décimale, puis interprétez-le en une phrase.
- Les dépenses de protection sociale d'un pays s'élèvent à 850 milliards d'euros pour un PIB de 2 500 milliards d'euros : calculez leur part dans le PIB.
- Dans ce pays, les prestations vieillesse représentent 374 milliards d'euros sur les 850 milliards de protection sociale : calculez leur part dans le total des prestations.
- Le taux de pauvreté avant redistribution est de 22,0 % et de 14,5 % après redistribution : calculez l'écart en points de pourcentage et interprétez l'effet de la redistribution.
- Le nombre de bénéficiaires d'un minimum social passe de 1,9 million à 2,09 millions en un an : calculez le taux de variation et distinguez-le d'une variation en points.
Méthode. Distinguez une part (sous-ensemble / total × 100), une variation en points (différence de deux pourcentages) et un taux de variation (variation rapportée à la valeur de départ, en %).
• Part dans le PIB = 850 / 2 500 × 100 = 34,0 % : la protection sociale mobilise plus d'un tiers de la richesse produite, signe d'une forte solidarité formelle.
• Part des prestations vieillesse = 374 / 850 × 100 = 44,0 % : près de la moitié des prestations va aux retraites, ce qui pèse sur le financement avec le vieillissement.
• Effet de la redistribution = 14,5 − 22,0 = −7,5 points de pourcentage : la redistribution (prestations et impôts) réduit le taux de pauvreté de 7,5 points, ce qui montre son rôle dans la cohésion sociale.
• Bénéficiaires : taux de variation = (2,09 − 1,9) / 1,9 × 100 = +10,0 %. Attention : le nombre de bénéficiaires a augmenté de 10 %, ce qui n'est pas « +10 points » (les points ne s'emploient que pour comparer deux pourcentages).
Exercice 3 — Qualifier les fragilités du lien social
Pour chaque situation, indiquez si elle relève surtout de l'anomie ou de la désaffiliation, puis justifiez en nommant le mécanisme en jeu.
- Après une crise économique brutale, des individus voient leurs repères de réussite (statut, consommation) devenir inatteignables et perdent le sens des règles qui les guidaient.
- Un salarié au chômage de longue durée voit s'effilocher d'abord son emploi, puis ses relations professionnelles et enfin ses liens amicaux, jusqu'à l'isolement.
- Dans une période de changement social très rapide, les normes anciennes ne sont plus valides et les nouvelles ne sont pas encore stabilisées.
- Un travailleur précaire enchaîne les CDD : il conserve un emploi mais ses liens professionnels et son statut social restent instables.
Méthode. L'anomie (Durkheim) désigne une défaillance de la régulation normative ; la désaffiliation (Castel) désigne la rupture progressive des supports sociaux (emploi, relations). Demandez-vous si le problème est d'abord une perte de repères ou une perte de liens.
• Crise et repères de réussite inatteignables → anomie : les normes ne régulent plus les aspirations, c'est l'anomie économique décrite par Durkheim.
• Effilochement emploi puis relations puis amis → désaffiliation : c'est le processus graduel de Castel, la double rupture professionnelle et relationnelle conduisant à l'isolement.
• Changement social rapide, normes anciennes invalides et nouvelles non stabilisées → anomie : c'est précisément la situation de vide normatif que Durkheim associe à l'anomie.
• CDD à répétition, emploi conservé mais liens instables → situation de vulnérabilité au sens de Castel, première étape vers la désaffiliation : l'axe travail est fragilisé sans rupture totale.
Exercice 4 — Vrai ou faux justifié sur le lien social
Indiquez si chaque affirmation est vraie ou fausse, et justifiez systématiquement par la notion ou le mécanisme adéquat.
- « La montée de l'individualisme entraîne mécaniquement la disparition de toute solidarité. »
- « Les liens faibles sont moins utiles que les liens forts pour trouver un emploi. »
- « Le travail n'est qu'une source de revenu et ne joue aucun rôle dans l'intégration sociale. »
- « Une société peut maintenir sa cohésion uniquement grâce à la solidarité informelle, sans intervention de l'État. »
- « Les nouvelles technologies numériques ne créent que de l'isolement et détruisent le lien social. »
Méthode. Repérez la notion mobilisée, confrontez l'affirmation au mécanisme exact, et nuancez plutôt que de trancher de façon caricaturale.
• Faux. L'individualisme recompose le lien social sans le détruire : il peut s'accompagner d'un individualisme moral (Durkheim), de nouvelles formes d'engagement choisi (associations, bénévolat) et d'une société du risque où les interdépendances se reconfigurent (Beck).
• Faux. Granovetter montre au contraire la « force des liens faibles » : les liens faibles donnent accès à des informations et des réseaux différents des siens, donc à davantage d'opportunités d'emploi que les liens forts, qui partagent souvent la même information.
• Faux. Le travail est un vecteur essentiel d'intégration : il procure un revenu mais aussi un statut, une identité sociale et des réseaux de sociabilité. Sa perte ou sa précarisation fragilise donc le lien social (zone de vulnérabilité de Castel).
• Faux (ou très discutable). La solidarité informelle est inégalement distribuée selon les milieux et ne couvre pas les grands risques (chômage, vieillesse, maladie). La solidarité formelle organisée par l'État est nécessaire pour assurer une cohésion à l'échelle de la société entière.
• Faux. Le numérique reconfigure le lien social : il peut créer de l'isolement (chambres d'écho, repli) mais aussi de nouvelles sociabilités, des solidarités en ligne et le maintien de liens à distance. L'effet dépend des usages, il n'est pas univoque.
Exercice 5 — Lecture de graphique — solidarité et formes d'engagement
Observez le graphique, puis répondez aux questions en prélevant des données chiffrées précises.
- Quelle est la part de bénévoles en 2000, et quelle est-elle en 2023 ?
- Décrivez en une phrase l'évolution de l'adhésion syndicale sur l'ensemble de la période.
- Quelle forme d'engagement connaît la progression la plus spectaculaire ? Justifiez par les chiffres.
- À partir du graphique, montrez en quoi ces évolutions illustrent une recomposition du lien social plutôt que sa disparition.
Méthode. Lisez d'abord les valeurs (lecture), puis dégagez les tendances (interprétation), sans confondre déclin d'une forme d'engagement et déclin du lien social en général.
• Bénévolat : 25 % en 2000 ; 32 % en 2023.
• L'adhésion syndicale recule légèrement et continûment, passant de 12 % en 2000 à 10 % en 2023 : c'est un déclin des formes d'engagement traditionnelles et institutionnalisées.
• La progression la plus spectaculaire est celle de la participation à l'économie collaborative : de 3 % à 28 %, soit une multiplication par plus de neuf ; c'est de loin la plus forte hausse relative du graphique.
• Interprétation. Le graphique illustre une recomposition du lien social : les formes traditionnelles d'engagement (syndicalisme) reculent, mais d'autres formes, plus choisies et plus souples, progressent fortement (économie collaborative, bénévolat en hausse récente). Le lien social ne disparaît pas, il change de forme : déclin des liens institutionnels classiques, essor de solidarités plus horizontales et d'engagements ponctuels, conformément à l'individualisme contemporain.
Exercice 6 — Étude de document — le numérique et les sociabilités
Lisez le document, puis répondez aux questions en mobilisant le texte ET vos connaissances.
- Selon le document, le numérique remplace-t-il les relations en face à face ? Justifiez par le texte.
- Reliez l'expression « démultiplient les liens faibles » à une notion sociologique vue en cours.
- Relevez dans le texte un effet positif et un effet négatif du numérique sur le lien social.
- En quoi ce document invite-t-il à analyser le numérique comme une recomposition ambivalente du lien social ?
Méthode. Mobiliser un document, c'est prélever les informations utiles (avec citations) puis les éclairer par les notions du cours, ici la sociabilité, les liens faibles et la recomposition du lien social.
1. Non : le texte indique que le numérique « n'a pas remplacé les relations en face à face : il les prolonge ». La plupart des échanges en ligne se font avec des personnes déjà connues, et les outils servent à « maintenir des liens distendus ». Le numérique complète les sociabilités existantes plutôt qu'il ne les supprime.
2. « Démultiplient les liens faibles » renvoie à la force des liens faibles de Granovetter : des relations nombreuses et peu intenses qui donnent accès à des informations et des milieux variés, précieuses notamment pour l'insertion.
3. Effet positif : le numérique « favorise de nouvelles solidarités » (cagnottes en ligne, réseaux d'entraide de quartier) et maintient des liens à distance. Effet négatif : il peut enfermer les individus dans des « chambres d'écho » et un entre-soi qui fragilisent le « sentiment d'appartenir à une société commune ».
4. Le document montre que le numérique a des effets ambivalents : il recompose le lien social en élargissant les sociabilités et en créant de nouvelles solidarités, mais il peut aussi le fragiliser par le repli sur l'entre-soi. Il ne détruit donc pas le lien social et n'est pas non plus purement bénéfique : il en transforme les formes, ce qui en fait un bon exemple de la recomposition contemporaine du lien social.