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Spécialité SES · Classe de Terminale

Quels sont les grands équilibres macroéconomiques et le rôle des politiques conjoncturelles ?

Équilibres macroéconomiques, politique budgétaire et politique monétaire — programme de Spécialité SES Terminale

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Quels sont les grands équilibres macroéconomiques et le rôle des politiques conjoncturelles ? » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en spécialité ses. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : Les grands équilibres macroéconomiques : l'identité emplois-ressources, Le circuit économique et les déséquilibres conjoncturels, Les objectifs des politiques conjoncturelles : le carré magique, La politique budgétaire et le multiplicateur keynésien. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser spécialité ses en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Maîtriser le vocabulaire macroéconomique

Pour chaque terme, rédigez une définition économique précise en une à deux phrases, sans recopier le cours mot pour mot.

  1. Définissez la « conjoncture » et opposez-la à la notion de « structure ».
  2. Définissez le « policy mix » et indiquez les deux politiques qu'il combine.
  3. Définissez les « stabilisateurs automatiques » et précisez ce qui les distingue d'une mesure discrétionnaire.
  4. Définissez la « politique monétaire non conventionnelle » et indiquez dans quelle situation la banque centrale y recourt.

Méthode. Une bonne définition isole la notion et ce qui la distingue des notions voisines, puis l'ancre dans le mécanisme macroéconomique. On évite la simple paraphrase et l'exemple isolé.

1. Conjoncture. La conjoncture désigne l'état de l'économie à court terme, marqué par des fluctuations cycliques (expansion, ralentissement, récession, reprise). Elle s'oppose à la structure, qui renvoie aux déterminants de long terme de la croissance potentielle (capital, travail, productivité, institutions). Les politiques conjoncturelles agissent sur la demande à court terme, les politiques structurelles sur l'offre à long terme.

2. Policy mix. C'est la combinaison de la politique budgétaire (État) et de la politique monétaire (banque centrale) en vue d'atteindre les objectifs macroéconomiques. Un policy mix expansif associe relance budgétaire et taux d'intérêt bas ; un policy mix restrictif associe austérité et hausse des taux.

3. Stabilisateurs automatiques. Ce sont des mécanismes budgétaires (impôt progressif, allocations chômage) qui amortissent spontanément les fluctuations conjoncturelles, sans nouvelle décision politique : en récession, les recettes baissent et les transferts augmentent, soutenant la demande. Ils se distinguent d'une mesure discrétionnaire, qui suppose une décision explicite (vote d'un plan de relance, par exemple) et souffre de délais.

4. Politique monétaire non conventionnelle. Il s'agit des instruments employés par la banque centrale lorsque les taux directeurs ont atteint leur plancher (zero lower bound) et ne peuvent plus baisser : quantitative easing (rachats massifs de titres), prêts ciblés aux banques (TLTRO), forward guidance. Elle vise à injecter des liquidités et à abaisser les taux longs quand la politique conventionnelle est devenue inopérante.

Exercice 2 — Rattacher chaque thèse à son auteur ou son concept

Identifiez l'auteur, l'économiste de référence ou le concept correspondant à chaque thèse.

  1. Une dépense publique initiale engendre une hausse du revenu national supérieure au choc initial grâce aux revenus redistribués : quel mécanisme et quel auteur de référence ?
  2. Les agents rationnels, anticipant les impôts futurs nécessaires pour rembourser la dette, épargnent davantage et neutralisent la relance : quel concept et quel auteur ?
  3. Quand les taux sont proches de zéro, les agents préfèrent détenir de la monnaie liquide plutôt qu'investir, rendant la politique monétaire inefficace : quel concept et quel auteur ?
  4. Les quatre grands objectifs macroéconomiques (croissance, plein emploi, stabilité des prix, équilibre extérieur) forment une figure qu'il faut maximiser : quel concept et quel auteur ?

Méthode. Repérer dans chaque énoncé le concept-signature, puis le rattacher à son auteur et à sa logique.

1. Le multiplicateur keynésien (Keynes). Une injection de dépense publique génère des revenus qui, consommés en partie, génèrent de nouveaux revenus, etc. : l'effet cumulé sur le PIB dépasse le choc initial. Le multiplicateur est d'autant plus fort que les « fuites » (épargne, impôts, importations) sont faibles.

2. L'équivalence ricardienne (Barro, 1974). Si les agents ont un horizon long et sont rationnels, ils comprennent qu'un déficit financé par emprunt implique des impôts futurs ; ils augmentent leur épargne en conséquence, ce qui annule l'effet expansif de la relance.

3. La trappe à liquidités (Keynes). Lorsque les taux sont déjà nuls, baisser encore les taux ne stimule plus la demande : les agents thésaurisent la monnaie. La politique monétaire expansive perd son efficacité.

4. Le carré magique (Kaldor). Kaldor représente les quatre objectifs sous forme d'un quadrilatère dont la surface, à maximiser, mesure la performance macroéconomique. Ces objectifs sont souvent contradictoires à court terme.

Exercice 3 — Application chiffrée du multiplicateur

Réalisez les calculs demandés en explicitant la formule mobilisée et en commentant le résultat.

  1. Dans une économie fermée sans impôts, la propension marginale à consommer vaut c = 0,9. Calculez le multiplicateur k = 1/(1−c) et interprétez sa valeur.
  2. L'État dépense 30 milliards d'euros supplémentaires et le multiplicateur vaut 1,6. Calculez la variation du PIB induite.
  3. En économie ouverte, on a c = 0,8, un taux d'imposition t = 0,25 et une propension à importer m = 0,15. Calculez k = 1/[1 − c(1−t) + m] et comparez-le au multiplicateur de la première question.
  4. Expliquez, à partir de ces calculs, pourquoi le multiplicateur est plus faible en économie ouverte et fortement fiscalisée.

Méthode. On pose la formule, on substitue les valeurs, on calcule puis on interprète économiquement le résultat (jamais le nombre seul).

1. k = 1/(1 − 0,9) = 1/0,1 = 10. Un multiplicateur de 10 signifie qu'1 euro de dépense publique génère, en théorie, 10 euros de PIB supplémentaire : la propension à consommer très élevée minimise les fuites, donc chaque vague de revenus est presque entièrement redépensée. C'est un cas extrême, peu réaliste.

2. ΔY = k × ΔG = 1,6 × 30 = 48 milliards d'euros. L'effet final sur le PIB (48 Md€) dépasse la dépense initiale (30 Md€) car celle-ci se diffuse en cascade dans l'économie.

3. Dénominateur : 1 − 0,8 × (1 − 0,25) + 0,15 = 1 − 0,8 × 0,75 + 0,15 = 1 − 0,6 + 0,15 = 0,55. Donc k = 1/0,55 ≈ 1,82. Ce multiplicateur est nettement plus faible que les 10 de la question 1.

4. En économie ouverte et fiscalisée, une partie du revenu supplémentaire « fuit » du circuit national : elle part en impôts (t), en importations (m) ou en épargne. Ces fuites n'alimentent pas la consommation intérieure et donc ne génèrent pas de nouveaux revenus nationaux. Plus les fuites sont importantes, plus le dénominateur est grand et plus le multiplicateur est petit : l'effet de relance est partiellement « exporté » ou stérilisé par la fiscalité.

Exercice 4 — Distinguer deux notions voisines

Pour chaque couple, formulez la distinction sur un critère précis et illustrez-la d'un exemple.

  1. Politique conjoncturelle / politique structurelle.
  2. Effet d'éviction / équivalence ricardienne.
  3. Politique monétaire conventionnelle / non conventionnelle.
  4. Déficit budgétaire / déficit commercial.

Méthode. On indique le critère précis sur lequel les deux notions diffèrent, puis on donne un exemple discriminant.

1. Conjoncturelle / structurelle. Critère : l'horizon temporel et la cible. La politique conjoncturelle agit à court terme sur la demande pour lisser le cycle (ex. un plan de relance budgétaire en récession) ; la politique structurelle agit à long terme sur l'offre et la croissance potentielle (ex. une réforme de la formation ou du marché du travail).

2. Effet d'éviction / équivalence ricardienne. Critère : le canal par lequel la relance est neutralisée. L'effet d'éviction passe par le marché des capitaux : l'emprunt public fait monter les taux et décourage l'investissement privé. L'équivalence ricardienne passe par le comportement d'épargne des ménages : anticipant des impôts futurs, ils épargnent davantage. L'un est un mécanisme de prix (taux d'intérêt), l'autre un mécanisme d'anticipation.

3. Monétaire conventionnelle / non conventionnelle. Critère : l'instrument employé. La politique conventionnelle manipule les taux directeurs ; la non conventionnelle (QE, TLTRO, forward guidance) intervient quand les taux ont atteint leur plancher et ne suffisent plus. Ex. : abaisser le taux directeur (conventionnel) vs. racheter massivement des obligations souveraines (non conventionnel).

4. Déficit budgétaire / déficit commercial. Critère : la nature du déséquilibre. Le déficit budgétaire concerne les finances publiques (dépenses de l'État > recettes fiscales) ; le déficit commercial concerne les échanges extérieurs (importations > exportations, soit X − M < 0). Un pays peut connaître l'un sans l'autre.

Exercice 5 — Repérer le mécanisme à l'œuvre

Pour chaque situation, identifiez le mécanisme économique et expliquez l'enchaînement de cause à effet.

  1. Face à une inflation de 8 %, la BCE relève ses taux directeurs : par quel canal cela freine-t-il la hausse des prix ?
  2. Un État lance un plan de relance par emprunt ; les taux d'intérêt montent et l'investissement privé recule : quel mécanisme ?
  3. En récession, le déficit public se creuse spontanément sans qu'aucune loi nouvelle ne soit votée : quel mécanisme et quel effet sur la demande ?
  4. La BCE fixe un taux unique alors que l'Espagne est en surchauffe et l'Allemagne en ralentissement : quel problème de la zone euro est illustré ?

Méthode. On nomme le mécanisme du programme, puis on déroule l'enchaînement cause → effet en reliant la situation au concept.

1. Canal du crédit (politique monétaire restrictive). En relevant ses taux directeurs, la BCE renchérit le refinancement des banques, qui répercutent cette hausse sur le coût des crédits. Le crédit plus cher décourage l'investissement des entreprises et la consommation à crédit des ménages : la demande globale ralentit, ce qui réduit les tensions sur les prix et l'inflation.

2. Effet d'éviction. Pour financer son déficit, l'État émet des obligations : cette demande accrue de fonds prêtables fait monter le taux d'intérêt d'équilibre sur le marché des capitaux. Or l'investissement privé est inversement lié au taux d'intérêt : il recule. La dépense publique « évince » donc partiellement l'investissement privé, ce qui ampute l'effet multiplicateur attendu.

3. Stabilisateurs automatiques. En récession, les revenus baissent : les recettes de l'impôt progressif diminuent et les dépenses d'indemnisation du chômage augmentent. Le déficit se creuse automatiquement, ce qui soutient le revenu disponible des ménages et amortit la chute de la demande, sans aucune décision discrétionnaire.

4. Choc asymétrique en union monétaire. La politique monétaire unique impose un seul taux directeur à toute la zone. Un taux adapté pour freiner la surchauffe espagnole serait trop restrictif pour l'Allemagne ralentie (et inversement). Les pays ne disposant plus de l'instrument du taux de change, le taux unique est nécessairement inadapté à au moins l'une des deux économies.

Exercice 6 — Étude de document : multiplicateur budgétaire et austérité

Lisez le document puis répondez aux questions, en combinant lecture des données et mobilisation des connaissances.

  1. Faites une phrase de lecture de la donnée correspondant à une récession avec taux proches de zéro.
  2. Comparez la valeur du multiplicateur en expansion et en récession, puis qualifiez l'écart.
  3. Expliquez pourquoi le multiplicateur est plus élevé lorsque les taux d'intérêt sont déjà proches de zéro.
  4. À partir du document et de vos connaissances, montrez qu'une politique d'austérité menée en récession peut être contre-productive.

Méthode. On lit la donnée (qui, quoi, unité), on compare, puis on interprète à l'aide des notions du chapitre.

1. Lecture. En récession et lorsque les taux d'intérêt sont proches de zéro, une variation des dépenses publiques de 1 point de PIB modifie le PIB de 1,5 point dans le même sens : le multiplicateur vaut alors 1,5.

2. Comparaison. Le multiplicateur passe de 0,3 en expansion à 2,0 en récession avec austérité coordonnée, soit un écart de 1,7 point. La valeur du multiplicateur n'est donc pas fixe : elle dépend fortement de la conjoncture et peut être multipliée par plus de six selon le contexte.

3. Rôle des taux à zéro. En temps normal, une relance budgétaire fait monter les taux d'intérêt (effet d'éviction) et la banque centrale peut resserrer sa politique, ce qui atténue l'effet sur le PIB. Mais quand les taux sont déjà à zéro (trappe à liquidités), la banque centrale n'a plus de marge pour les relever : il n'y a pas d'effet d'éviction ni de réaction monétaire, si bien que la dépense publique déploie tout son effet multiplicateur, qui devient élevé.

4. Austérité contre-productive. En récession, le multiplicateur est élevé (1,5 à 2). Une réduction du déficit de 1 point de PIB réduit alors le PIB de 1,5 à 2 points. Or, en se contractant, le PIB réduit aussi les recettes fiscales : le ratio dette/PIB peut paradoxalement augmenter au lieu de diminuer, et le chômage s'aggrave. C'est ce qu'a illustré la crise grecque : l'austérité simultanée dans plusieurs pays, alors que la politique monétaire était bloquée, a amplifié la récession au lieu d'assainir les finances publiques. L'effet récessif l'emporte sur l'effet d'assainissement recherché.

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