Fluctuations, cycles, crises et politiques de stabilisation — programme de Spécialité SES Terminale
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Répondez de façon rigoureuse, en mobilisant les mécanismes étudiés.
Vous présenterez le document puis vous décrirez l'évolution qu'il met en évidence.
À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les crises financières sont une source majeure d'instabilité de la croissance.
Vous mènerez les calculs en posant les formules, puis vous commenterez la portée du résultat.
Exercice 1 — Mobilisation de connaissances (EC1)
Question 1 (4 pts) — Éléments attendus : définir le choc d'offre négatif (perturbation dégradant les conditions de production : hausse des coûts, baisse de la production potentielle) ; montrer le mécanisme : hausse des coûts → baisse de la production et/ou hausse des prix → ralentissement de l'activité, voire stagflation. Exemple attendu et valorisé : le choc pétrolier de 1973 (prix du baril ×4, inflation importée, fin des Trente Glorieuses). Barème : 2 pts mécanisme, 1 pt exemple précis et daté, 1 pt rédaction/lien avec l'instabilité.
Question 2 (4 pts) — Deux limites parmi : les délais d'action (reconnaissance du choc, vote du budget, mise en œuvre) qui peuvent rendre la relance procyclique ; l'effet d'éviction (le déficit pousse les taux à la hausse et réduit l'investissement privé) ; la contrainte de la dette publique et des règles européennes (déficit ≤ 3 %, dette ≤ 60 % du PIB) ; la fuite vers les importations en économie ouverte (multiplicateur faible). Barème : 2 pts par limite correctement expliquée (notion nommée + mécanisme).
Exercice 2 — Étude d'un document (EC2)
Présentation (1,5 pt) : graphique (courbes) d'origine INSEE, portant sur la France de 2006 à 2011, mesurant les taux de croissance annuels du PIB et de la FBCF (investissement), exprimés en %.
Lecture et explication (2,5 pts) : lecture chiffrée attendue : en 2009 le PIB recule de −2,9 % tandis que la FBCF chute de −9,1 % ; l'investissement baisse donc beaucoup plus fortement que le PIB (environ trois fois plus). Explication par l'accélérateur : l'investissement dépend de la variation de la demande (I = v × ΔY). Le retournement de l'activité provoque une chute brutale et amplifiée de l'investissement : une baisse modérée de la demande entraîne une contraction bien plus marquée de la FBCF. On peut valoriser le lien avec le caractère plus volatil de l'investissement dans le cycle. Barème : 1 pt données correctes avec unités, 1 pt mécanisme de l'accélérateur, 0,5 pt formulation/comparaison.
Exercice 3 — Raisonnement appuyé sur un dossier documentaire (EC3)
Attendus (6 pts) — Un raisonnement organisé, pas une simple paraphrase.
Idée 1 — De la sphère financière à la sphère réelle : une bulle spéculative (immobilier américain, subprimes) éclate et fragilise les banques ; le credit crunch (doc. 1) prive entreprises et ménages de financement, ce qui fait reculer investissement et consommation. À mobiliser aussi : l'effet de richesse négatif (chute des actifs → appauvrissement → baisse de la consommation).
Idée 2 — Des mécanismes d'amplification : les canaux financiers se conjuguent à l'accélérateur (effondrement de l'investissement) et au multiplicateur à la baisse (la baisse des revenus déprime la demande), donnant une contraction cumulative. La déflation par la dette (Fisher) peut renforcer le processus.
Usage des documents : le doc. 2 quantifie l'ampleur du choc réel : PIB −2,9 %, production industrielle −12 %, chômage de 7,4 % à 9,1 % ; ces chiffres montrent la transmission massive à l'économie réelle et au marché du travail.
Barème indicatif : 1,5 pt maîtrise des mécanismes financiers, 1,5 pt mécanismes d'amplification, 1,5 pt exploitation rigoureuse et chiffrée des documents, 1,5 pt organisation et qualité de l'argumentation. On valorise une réponse nuancée (rôle des politiques de stabilisation pour limiter la chute).
Exercice 4 — Calcul appliqué : multiplicateur et effet d'une relance
Question 1 (1 pt) : k = 1/(1 − 0,8) = 1/0,2 = 5 ; effet total = 30 × 5 = 150 milliards d'euros de revenu national créé : la dépense initiale est fortement amplifiée par les vagues successives de consommation.
Question 2 (1 pt) : effet total = 30 × 1,2 = 36 milliards d'euros. L'écart considérable (150 → 36) s'explique par les fuites du circuit (importations, épargne) qui n'alimentent pas la production nationale. Conclusion attendue : en économie ouverte, l'efficacité d'une relance budgétaire est limitée par les importations ; cela nuance la portée des politiques de relance et plaide pour une coordination entre partenaires commerciaux.
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