Fluctuations, cycles, crises et politiques de stabilisation — programme de Spécialité SES Terminale
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
| Année | 2006 | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | 2012 | 2013 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Taux de chômage (%) | 8,8 | 8,0 | 7,4 | 9,1 | 9,3 | 9,2 | 9,8 | 10,3 |
Exercice 1 — Épreuve composée — Partie 1 (EC1) : Mobilisation de connaissances
Corrigé EC1 :
Question 1 — Un choc d'offre affecte les conditions de production (capacité productive, coûts). Exemple négatif : le choc pétrolier de 1973 (×4 du prix du pétrole → hausse des coûts → stagflation). Exemple positif : diffusion d'Internet dans les années 1990 (hausse de productivité). Un choc de demande affecte la demande globale. Exemple négatif : effondrement de la confiance des ménages lors de la crise de 2008. Exemple positif : plan de relance budgétaire de 2009.
Question 2 — Le multiplicateur keynésien ($k$) mesure l'effet total sur le revenu national d'une variation de la demande autonome : $k = \frac{1}{1-c}$. Avec $c = 0,75$ : $k = \frac{1}{1-0,75} = \frac{1}{0,25} = 4$. Cela signifie qu'une dépense publique supplémentaire de 1 € génère au total 4 € de revenu national (grâce aux dépenses successives induites).
Exercice 2 — Épreuve composée — Partie 2 (EC2) : Étude d'un document
Corrigé EC2 :
Question 1 — Variation = 9,3 % − 7,4 % = +1,9 point de % entre 2008 et 2010. On peut en déduire que les crises économiques (récession de 2009, PIB -2,9 %) entraînent une hausse du chômage, mais avec un décalage temporel : les licenciements et arrêts d'embauche prennent du temps à se matérialiser dans les statistiques. Le chômage est une variable retardée (ou 'lagging indicator').
Question 2 — Le phénomène d'hystérèse du chômage : même quand la croissance reprend (+2,0 % en 2010), les entreprises peuvent ne pas encore embaucher (incertitude sur la pérennité de la reprise, gains de productivité d'abord). Les chômeurs de longue durée peuvent aussi avoir perdu en employabilité. Par ailleurs, le dynamisme de la reprise (+2 %) peut être insuffisant pour absorber à la fois les destructions d'emploi passées et les nouveaux entrants sur le marché du travail. En SES, on dit que la croissance doit dépasser un seuil (environ 1,5 % en France) pour créer des emplois nets.
Exercice 3 — Épreuve composée — Partie 3 (EC3) : Raisonnement appuyé sur un dossier documentaire
Corrigé EC3 — Plan et éléments attendus :
Introduction : définir crise financière, instabilité de la croissance ; annoncer le plan.
I. Les crises financières naissent de déséquilibres financiers (bulles + endettement excessif)
— Doc A : bulle immobilière américaine (prix ×1,8 entre 2000-2006, puis −30 %). L'endettement des ménages alimenté par la hausse des prix des actifs crée un déséquilibre.
— Doc C : effet de levier excessif (ratio ×30) → vulnérabilité extrême des banques.
— Connaissances : mécanisme de bulle spéculative, euphorie des agents, asymétrie d'information, aléa moral.
II. Les crises financières se transmettent à l'économie réelle via plusieurs mécanismes
— Effet de richesse négatif : baisse des prix immobiliers → ménages se sentent moins riches → consomment moins.
— Credit crunch : banques fragilisées → réduisent le crédit → baisse de l'investissement (Doc B : chute de 21,6 % à 18,7 % du PIB entre 2007 et 2009).
— Déflation par la dette (Fisher) : désendettement forcé → ventes d'actifs → baisse des prix.
— Baisse de la confiance et incertitude : report des décisions d'investissement et consommation.
Conclusion : les crises financières sont un puissant mécanisme d'amplification de l'instabilité ; elles justifient une régulation financière (Bâle III) et des politiques de stabilisation coordonnées.
Exercice 4 — Dissertation — L'instabilité de la croissance : un phénomène inévitable ?
Corrigé — Dissertation : plan détaillé et éléments attendus :
Introduction : accroche (crise 2008, Covid 2020) ; définitions (instabilité, fluctuations, politiques de stabilisation) ; problématique : les politiques économiques sont-elles en mesure de lisser efficacement le cycle, ou l'instabilité est-elle structurelle ?
I. Les politiques économiques disposent d'instruments pour réduire l'instabilité
1. Les stabilisateurs automatiques (Doc 1) : jouent immédiatement, sans délai. Allocations chômage, impôt progressif. Effet estimé : −1 à −2 pts de PIB de moins en récession si absents.
2. La politique budgétaire discrétionnaire : multiplicateur keynésien. Plans de relance 2009. Efficace surtout quand les taux sont bas et l'économie en dessous de son potentiel.
3. La politique monétaire (Doc 3) : la BCE a baissé ses taux de 4 % à 0 % (2007-2016), puis utilisé le QE. Réaction rapide possible.
II. Mais les politiques de stabilisation ont des limites importantes
1. Délais et incertitude sur les multiplicateurs (Doc 2) : FMI a sous-estimé les multiplicateurs négatifs de l'austérité ; risque d'aggravation en cas de mauvais calibrage.
2. Contraintes structurelles : règles européennes, effet d'éviction, trappe à liquidité (BCE à 0 %).
3. Inefficacité face à certains chocs : chocs d'offre créent un dilemme (stagflation) ; crises financières majeures dépassent les outils standards.
Conclusion : Les politiques économiques réduisent mais ne suppriment pas l'instabilité. Elles sont d'autant plus efficaces qu'elles sont anticipatrices (stabilisateurs automatiques) et coordonnées (zone euro). L'instabilité reste en partie endogène au capitalisme (Minsky) et nécessite aussi une régulation financière préventive.
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