Thème 8 : Les États et le gouvernement du monde — coopérer pour réguler un monde multipolaire (programme de Spécialité HGGSP Tle)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Dissertation
Corrigé détaillé :
Analyse du sujet : il faut interroger l'écart entre l'ambition de réguler le monde et la réalité d'une gouvernance dépourvue de pouvoir contraignant. Le cœur du sujet est la distinction « gouvernance n'est pas gouvernement ».
Problématique possible : Dans quelle mesure les institutions et coopérations internationales parviennent-elles à réguler le monde, malgré l'absence d'une autorité supérieure aux États souverains ?
Plan détaillé proposé :
I. Une gouvernance mondiale construite pour réguler le monde.
• Naissance d'un ordre international : de la SDN (1919) à l'ONU (1945, 193 États, charte de San Francisco), maintien de la paix par le Conseil de sécurité et les Casques bleus.
• Régulation économique : Bretton Woods (1944, FMI, Banque mondiale), OMC (1995).
• Une gouvernance élargie : ONG, organisations régionales (UE), nouveaux enjeux (climat avec l'Accord de Paris 2015, santé/OMS, justice/CPI), forums G7 et G20.
II. Mais une régulation limitée, inégalitaire et impuissante face aux États souverains.
• Gouvernance n'est pas gouvernement : aucune armée ni pouvoir contraignant supérieur aux États ; engagements souvent volontaires (Accord de Paris non contraignant).
• Paralysie de l'ONU par le veto (Syrie, Ukraine 2022) : on ne peut agir contre un membre permanent.
• Institutions reflétant le monde de 1945, surreprésentation occidentale contestée, OMC bloquée, FMI critiqué.
III. Une gouvernance en crise mais irremplaçable dans un monde multipolaire.
• Crise du multilatéralisme : unilatéralisme de Trump (retraits Paris, OMS), rivalités de puissances, montée des émergents et institutions alternatives (BRICS, AIIB).
• Mais des réussites : éradication de la variole, droits humains (DUDH 1948), justice internationale, absence de conflit mondial depuis 1945.
• Une gouvernance fragile mais nécessaire face aux défis globaux qu'aucun État ne peut résoudre seul.
Conclusion : la gouvernance mondiale ne « gouverne » pas le monde au sens strict — elle coordonne sans contraindre — mais elle demeure indispensable. Ouverture possible sur les défis transnationaux (climat, numérique) qui exigent plus de coopération alors même que le multilatéralisme est contesté.
Exercice 2 — Étude critique de document
Corrigé détaillé :
Méthode attendue : présenter le document (nature, thème), expliquer ses idées en les confrontant aux connaissances, puis porter un regard critique (apports / limites).
1. Présentation et idées principales : texte d'analyse en relations internationales portant sur l'ONU et son Conseil de sécurité. Trois idées : (a) l'ONU a réussi à éviter un nouveau conflit mondial depuis 1945 ; (b) le Conseil de sécurité est prisonnier de 1945, le droit de veto des 5 permanents le paralysant ; (c) sa réforme est bloquée par un paradoxe, alors que le monde est devenu multipolaire.
2. Confrontation aux connaissances : on illustrera. La réussite : pas de troisième guerre mondiale, opérations de maintien de la paix, action collective au Koweït (1991), DUDH (1948). Le veto : blocages sur la Syrie (depuis 2011) et l'Ukraine (2022), où la Russie bloque la condamnation de sa propre agression. Le paradoxe de la réforme : toute modification suppose l'accord des permanents, peu enclins à partager leur pouvoir. La multipolarité : montée des émergents, G20, absence de siège permanent pour l'Afrique, l'Amérique latine ou l'Inde.
3. Regard critique — apports : le document met bien en évidence la tension entre l'utilité de l'ONU et le blocage hérité de 1945, et le paradoxe de sa réforme. Limites / ce qu'il n'aborde pas : il se concentre sur le seul volet politique (Conseil de sécurité) et néglige la gouvernance économique (FMI, OMC), sanitaire (OMS), environnementale (Accord de Paris) ; il n'évoque pas les acteurs non étatiques (ONG, FTN) ni la crise plus large du multilatéralisme (unilatéralisme de Trump). On peut donc le compléter pour saisir l'ensemble de la gouvernance mondiale.
Conclusion : le document offre une analyse juste et nuancée des forces et faiblesses de l'ONU, mais doit être élargi aux autres dimensions de la gouvernance mondiale pour en mesurer toute la portée.
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