À propos de cette page
Ce cours de spécialité hggsp en terminale sur « Les organisations internationales et la gouvernance mondiale » suit le programme officiel de spécialité hggsp de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Gouvernance mondiale et multilatéralisme : définir les notions, De la SDN à l'ONU : naissance d'un ordre international, L'architecture de l'ONU et le maintien de la paix, La gouvernance économique et financière mondiale. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité hggsp.
Au programme
1 · Gouvernance mondiale et multilatéralisme : définir les notions
2 · De la SDN à l'ONU : naissance d'un ordre international
3 · L'architecture de l'ONU et le maintien de la paix
4 · La gouvernance économique et financière mondiale
5 · Une gouvernance élargie : acteurs non étatiques et nouveaux enjeux
6 · Les forums informels : G7, G20 et clubs de puissances
7 · Limites, contestations et crise du multilatéralisme
1Gouvernance mondiale et multilatéralisme : définir les notions
Depuis le XXe siècle, les États ne sont plus les seuls maîtres du jeu international : face à des défis transnationaux (guerres, crises économiques, pandémies, réchauffement climatique), ils ont créé des institutions et des règles communes. On parle alors de gouvernance mondiale.
Définition. La gouvernance mondiale désigne l'ensemble des règles, institutions, normes et formes de coopération par lesquelles les acteurs internationaux tentent de réguler des problèmes communs à l'échelle planétaire, en l'absence d'un gouvernement mondial unique. Elle se distingue d'un « gouvernement » : il n'existe ni autorité supérieure aux États, ni armée mondiale, ni Parlement planétaire.
Définition. Le multilatéralisme est le mode de coopération qui associe au moins trois États autour de règles communes et d'institutions partagées (par opposition au bilatéralisme, entre deux États, et à l'unilatéralisme, où un État agit seul). Il repose sur le droit international.
La gouvernance mondiale poursuit plusieurs objectifs : maintenir la paix, réguler l'économie, protéger les droits humains et répondre aux défis globaux (climat, santé, migrations).
Astuce. Retenez la distinction-clé du chapitre : « gouvernance n'est pas gouvernement ». C'est tout le paradoxe : on cherche à réguler le monde sans qu'aucun acteur ne détienne le pouvoir de contraindre les États souverains.
2De la SDN à l'ONU : naissance d'un ordre international
L'idée d'une organisation chargée de garantir la paix mondiale naît du traumatisme de la Première Guerre mondiale. Inspirée des « Quatorze Points » du président américain Woodrow Wilson, la Société des Nations (SDN) est créée en 1919 par le traité de Versailles, siégeant à Genève.
Attention ! La SDN est un échec. Plusieurs faiblesses l'expliquent : les États-Unis n'y adhèrent jamais (le Sénat rejette le traité, repli isolationniste) ; la règle de l'unanimité paralyse les décisions ; elle ne dispose d'aucune force armée. Elle ne peut empêcher les agressions des années 1930 (Mandchourie 1931, Éthiopie 1935) ni la Seconde Guerre mondiale.
De ce constat naît une seconde tentative, plus ambitieuse. Le 26 juin 1945, 51 États signent à San Francisco la Charte des Nations unies : l'ONU remplace la SDN. Son siège est à New York. Elle vise à « préserver les générations futures du fléau de la guerre ».
| SDN (1919-1946) | ONU (depuis 1945) |
|---|
| Membres | ~60 max, sans les États-Unis | 51 à l'origine, 193 aujourd'hui (quasi universelle) |
| Décisions | Règle de l'unanimité | Vote majoritaire + Conseil de sécurité |
| Force | Aucune armée | Casques bleus, possibilité d'autoriser la force |
3L'architecture de l'ONU et le maintien de la paix
L'ONU repose sur six organes principaux, mais deux sont essentiels pour comprendre la gouvernance politique du monde.
| Organe | Rôle |
|---|
| Assemblée générale | 193 États, « un État = une voix ». Vote des résolutions (non contraignantes), forum de débat universel. |
| Conseil de sécurité | Organe central du maintien de la paix. 15 membres dont 5 permanents (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) dotés du droit de veto. Ses résolutions sont contraignantes. |
| Secrétariat général | Dirigé par le Secrétaire général (António Guterres depuis 2017). Administration et diplomatie. |
| Cour internationale de justice | Siège à La Haye, règle les différends entre États. |
Définition. Le droit de veto permet à chacun des 5 membres permanents du Conseil de sécurité (les vainqueurs de 1945) de bloquer toute résolution. C'est à la fois le pilier de l'ONU (il a évité une rupture entre grandes puissances) et son principal facteur de paralysie.
Pour maintenir la paix, l'ONU dispose des Casques bleus (opérations de maintien de la paix, OMP) et peut autoriser le recours à la force (chapitre VII de la Charte). Elle promeut aussi les droits humains via la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948) et, depuis 2005, le principe de responsabilité de protéger (R2P).
Exemple. En 1991, le Conseil de sécurité autorise une coalition à libérer le Koweït envahi par l'Irak : c'est l'un des rares cas de véritable action collective. À l'inverse, le blocage du Conseil sur la Syrie (vetos russes et chinois répétés depuis 2011) montre les limites du système.
Attention ! L'ONU ne peut agir contre l'un de ses 5 membres permanents : aucune intervention n'est possible contre la Russie en Ukraine (2022) ou contre les États-Unis. Le veto protège les puissants.
4La gouvernance économique et financière mondiale
La régulation du monde n'est pas seulement politique : elle est aussi économique et financière. Dès 1944, avant même la fin de la guerre, les Alliés organisent l'ordre économique d'après-guerre lors de la conférence de Bretton Woods.
Définition. Les accords de Bretton Woods (1944) créent deux institutions toujours actives : le FMI (Fonds monétaire international), qui veille à la stabilité monétaire et prête aux États en difficulté, et la Banque mondiale (issue de la BIRD), qui finance le développement. Le dollar devient la monnaie de référence mondiale.
Le commerce mondial est encadré à partir de 1947 par le GATT, remplacé en 1995 par l'OMC (Organisation mondiale du commerce), qui fixe les règles du libre-échange et arbitre les conflits commerciaux.
| Institution | Création | Mission |
|---|
| FMI | 1944 | Stabilité monétaire et financière, prêts aux États |
| Banque mondiale | 1944 | Financement du développement et lutte contre la pauvreté |
| OMC | 1995 (GATT 1947) | Règles du commerce mondial, règlement des litiges |
Attention ! Ces institutions sont critiquées. Le FMI et la Banque mondiale ont longtemps imposé des plans d'ajustement structurel (austérité) aux pays du Sud, jugés brutaux et favorables aux pays riches. L'OMC est aujourd'hui paralysée : son organe de règlement des différends est bloqué depuis 2019 (les États-Unis refusent de nommer des juges).
Astuce. Pour le Bac, montrez que la gouvernance économique reflète les rapports de force de 1945 : les pays occidentaux y restent surreprésentés, ce que contestent désormais les puissances émergentes (Chine, BRICS, qui créent leurs propres institutions comme la Banque asiatique d'investissement, l'AIIB).
5Une gouvernance élargie : acteurs non étatiques et nouveaux enjeux
La gouvernance mondiale ne se limite plus aux États et aux grandes institutions de 1945. Elle est devenue polycentrique : une multitude d'acteurs y participent.
- Les ONG (organisations non gouvernementales) : Amnesty International, Médecins sans frontières, Greenpeace, Human Rights Watch. Elles alertent l'opinion, agissent sur le terrain et pèsent sur les négociations (climat, droits humains).
- Les firmes transnationales (FTN) : leur poids économique dépasse parfois celui d'États ; elles influencent normes et réglementations (numérique, environnement).
- Les organisations régionales : l'Union européenne, l'ASEAN, l'Union africaine, qui constituent des échelons intermédiaires de coopération.
Cette gouvernance élargie se déploie sur de nouveaux enjeux globaux qui dépassent les frontières :
| Enjeu | Cadre / acteur |
|---|
| Climat | COP, Accord de Paris (2015), GIEC |
| Santé | OMS (ex. pandémie de Covid-19, 2020) |
| Justice internationale | CPI (Cour pénale internationale, 2002, La Haye) |
| Numérique et cyberespace | Régulation émergente, peu institutionnalisée |
Exemple. La pandémie de Covid-19 (2020) illustre à la fois le besoin de gouvernance mondiale (l'OMS coordonne, le dispositif COVAX vise à partager les vaccins) et ses limites (« nationalisme vaccinal », accusations de lenteur contre l'OMS, retrait américain). Un défi global révèle la fragilité de la coopération.
6Les forums informels : G7, G20 et clubs de puissances
À côté des institutions « lourdes » de l'ONU, la gouvernance mondiale s'organise aussi par des forums informels, plus souples, qui réunissent les principaux dirigeants de la planète.
Définition. Le G7 (créé en 1975 sous le nom de G6) réunit les sept grandes puissances industrielles occidentales (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada). Le G20, élargi aux principales puissances émergentes (Chine, Inde, Brésil, etc.), représente environ 85 % du PIB mondial. Ce ne sont pas des organisations dotées de pouvoir contraignant, mais des lieux de concertation.
Le G20 prend une importance majeure lors de la crise financière de 2008 : pour la première fois, il se réunit au niveau des chefs d'État et coordonne la réponse mondiale. Il illustre le passage d'un monde dominé par l'Occident (G7) à un monde multipolaire où comptent les émergents.
Astuce. Le couple G7 / G20 est un excellent argument pour montrer l'évolution de la gouvernance : on est passé d'une régulation occidentale (G7) à une concertation élargie aux émergents (G20), signe d'un monde devenu multipolaire.
7Limites, contestations et crise du multilatéralisme
Malgré ces institutions, la gouvernance mondiale connaît depuis les années 2010 une crise profonde. Plusieurs facteurs la fragilisent.
- La paralysie de l'ONU : le droit de veto bloque le Conseil de sécurité sur les grands conflits (Syrie, Ukraine). L'ONU apparaît impuissante face aux guerres.
- Le retour de l'unilatéralisme : les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump (2017-2021), se retirent de l'Accord de Paris, de l'OMS, de l'UNESCO, et adoptent une logique « America First ». Le multilatéralisme est ouvertement contesté.
- Les rivalités de puissances : la rivalité sino-américaine, la guerre en Ukraine (2022) et le retour des logiques de blocs affaiblissent la coopération.
- La représentativité contestée : le Conseil de sécurité reflète le monde de 1945 (aucun siège permanent pour l'Afrique, l'Amérique latine, l'Inde). Sa réforme, réclamée depuis des décennies, n'aboutit pas.
Attention ! Ne concluez pas trop vite à la « fin » de la gouvernance mondiale. Malgré ses crises, elle subsiste et obtient des résultats : éradication de la variole (OMS), accords climatiques, justice internationale (CPI), aide humanitaire. La gouvernance mondiale est fragile et imparfaite, mais irremplaçable face aux défis globaux.
Exemple. L'Accord de Paris (2015) illustre cette ambivalence : 196 pays s'engagent à limiter le réchauffement sous 2 °C, ce qui est une réussite diplomatique majeure. Mais les engagements sont volontaires et non contraignants, le retrait américain (2017) l'a fragilisé, et les objectifs sont loin d'être tenus. La gouvernance climatique progresse sans pouvoir contraindre.
Astuce. Plan de nuance pour le Bac : I. Une gouvernance mondiale construite et utile → II. Mais limitée, inégalitaire et aujourd'hui contestée. Vous montrez ainsi le caractère nécessaire mais insuffisant de la régulation du monde.
★À retenir
En bref :
• La gouvernance mondiale régule des problèmes communs sans gouvernement mondial : « gouvernance n'est pas gouvernement ». Elle repose sur le multilatéralisme et le droit international.
• De la SDN (1919, échec) à l'ONU (1945, charte de San Francisco, 193 États) : le maintien de la paix repose sur le Conseil de sécurité (5 permanents, droit de veto).
• Gouvernance économique : Bretton Woods (1944) → FMI, Banque mondiale ; OMC (1995) pour le commerce.
• Une gouvernance élargie et polycentrique : ONG, FTN, organisations régionales (UE), nouveaux enjeux (climat avec l'Accord de Paris 2015, santé/OMS, justice/CPI).
• Des forums informels : G7 (1975, occidentaux) et G20 (~85 % du PIB, depuis la crise de 2008) → monde multipolaire.
• Une crise du multilatéralisme : blocages des vetos, unilatéralisme (Trump), rivalités de puissances, Conseil de sécurité non réformé. Une gouvernance fragile mais irremplaçable.