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Spécialité HGGSP · Classe de Terminale

Genre, égalité et démocratie

Thème 9 — La démocratie : les valeurs, les pratiques (axe genre et égalité, Tle spécialité HGGSP)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Genre, égalité et démocratie » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en spécialité hggsp. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : Égalité, genre, démocratie : définir les notions, La citoyenneté longtemps réservée aux hommes, La conquête des droits civiques et politiques des femmes, De l'égalité de droit à l'égalité réelle : la parité. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser spécialité hggsp en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Définir les notions clés

Donnez une définition précise et nuancée de chacune des notions suivantes de l'axe genre et démocratie.

  1. Genre (par opposition au sexe)
  2. Parité
  3. Égalité réelle
  4. Intersectionnalité
Méthode : une bonne définition donne le sens, ajoute l'auteur ou la date de référence, et précise une nuance.
Genre : construction sociale et culturelle des rôles, comportements et statuts attribués au masculin et au féminin, par opposition au sexe (caractéristiques biologiques). Référence : Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe (1949), « On ne naît pas femme, on le devient ».
Parité : égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives. Inscrite dans la Constitution (1999) et appliquée par la loi de 2000 (50 % de candidates sur les listes).
Égalité réelle : égalité de fait (situations effectivement comparables), distincte de l'égalité de droit (formelle, juridique). L'enjeu démocratique est de combler l'écart entre les deux (ex. : écarts de salaires, plafond de verre).
Intersectionnalité : notion de Kimberlé Crenshaw (1989) : les discriminations (genre, origine, classe…) se combinent et se renforcent ; une même personne peut cumuler plusieurs dominations.

Exercice 2 — Replacer les repères chronologiques

Associez chaque date à l'avancée ou à l'événement correspondant et expliquez sa portée en une phrase.

  1. 1791
  2. 1944
  3. 1975
  4. 2000
Méthode : mémorisez les repères du programme et reliez chaque date à un enjeu (droits civiques, égalité réelle…).
1791 : Olympe de Gouges rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, réclamant l'égalité des droits ; acte fondateur du féminisme politique.
1944 : ordonnance accordant le droit de vote et d'éligibilité aux femmes en France (premier vote en 1945) : le suffrage devient enfin réellement universel.
1975 : loi Veil dépénalisant l'IVG ; étape majeure du contrôle des femmes sur leur corps et de la « deuxième vague » féministe.
2000 : loi sur la parité imposant 50 % de candidates sur les listes électorales ; passage de l'égalité de droit à une recherche d'égalité réelle dans la représentation politique.

Exercice 3 — Identifier les acteurs et leurs apports

Pour chaque auteur ou acteur, indiquez son domaine et l'apport précis pour lequel il est cité au programme.

  1. Olympe de Gouges
  2. Simone de Beauvoir
  3. Les suffragettes
  4. Kimberlé Crenshaw
Méthode : au Bac, citer un acteur avec sa thèse ou son œuvre vaut beaucoup.
Olympe de Gouges : femme de lettres et révolutionnaire ; Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791), qui réclame l'égalité civique. Guillotinée en 1793, elle devient une figure du combat pour les droits.
Simone de Beauvoir : philosophe ; Le Deuxième Sexe (1949) théorise le genre comme construction sociale (« On ne naît pas femme, on le devient ») ; figure majeure du féminisme.
Les suffragettes : militantes (notamment britanniques, autour d'Emmeline Pankhurst) qui, dès la fin du XIXe siècle, réclament par l'action le droit de vote des femmes.
Kimberlé Crenshaw : juriste américaine ; forge la notion d'intersectionnalité (1989), montrant que les discriminations se cumulent et se renforcent.

Exercice 4 — Raisonner sur l'égalité démocratique

Répondez en quelques lignes argumentées à chacune des questions de réflexion suivantes.

  1. Pourquoi peut-on dire que l'égalité de genre est un approfondissement de la démocratie ?
  2. En quoi la parité illustre-t-elle le passage de l'égalité de droit à l'égalité réelle ?
  3. Pourquoi dit-on que les droits des femmes sont « réversibles » ? Donnez un exemple.
Méthode : annoncez la notion, illustrez par un exemple précis, concluez sur l'enjeu.
1. Une démocratie repose sur l'égalité des citoyens. Tant que les femmes (ou des minorités) sont exclues du vote, sous-représentées ou discriminées, l'égalité reste formelle. Élargir les droits civiques et politiques (vote 1944, parité, lutte contre les discriminations) rend la démocratie plus inclusive : c'est donc un approfondissement, et non un simple ajout.
2. Le droit de vote et l'éligibilité (égalité de droit) n'ont pas suffi : les femmes restaient très minoritaires en politique. La parité (loi de 2000) impose une mixité effective des candidatures pour rapprocher la représentation de l'égalité réelle. Elle corrige une inégalité de fait que l'égalité juridique seule laissait subsister.
3. Les droits ne sont jamais définitivement acquis : ils peuvent être restreints ou supprimés. Exemple : aux États-Unis, l'arrêt Dobbs (2022) revient sur le droit constitutionnel à l'avortement reconnu par Roe v. Wade (1973) ; en Afghanistan, les talibans restreignent depuis 2021 l'accès des femmes à l'éducation et à la vie publique.

Exercice 5 — Analyse de document — Olympe de Gouges

Lisez cet extrait, puis répondez aux questions d'analyse.

  1. Document : Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, 1791 (extraits adaptés).
    « Article premier. La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune. [...] Article X. La femme a le droit de monter sur l'échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune. [...] Femme, réveille-toi ; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l'univers ; reconnais tes droits. »
  2. Présentez le document (autrice, nature, date, contexte) et dégagez son idée principale.
  3. Expliquez l'Article X : que dénonce Olympe de Gouges par cette formule ?
  4. En quoi ce texte annonce-t-il les combats féministes des XIXe et XXe siècles ? Apportez vos connaissances.
Méthode (analyse de document) : présenter, expliquer en répondant à la consigne, puis ouvrir avec ses connaissances ; ne jamais paraphraser.
Présentation : texte d'Olympe de Gouges, femme de lettres et révolutionnaire, écrit en 1791, en pleine Révolution française, en réponse à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (1789) qui excluait les femmes de la citoyenneté. C'est un manifeste politique. Idée principale : revendiquer l'égalité des droits entre les femmes et les hommes.
Article X : Olympe de Gouges souligne un paradoxe : la femme peut être condamnée à mort (« monter sur l'échafaud ») mais n'a pas le droit de s'exprimer politiquement (« monter à la Tribune »). Elle dénonce ainsi l'incohérence d'une République qui reconnaît la responsabilité pénale des femmes mais leur refuse les droits politiques. (De fait, elle sera elle-même guillotinée en 1793.)
Ouverture : ce texte fondateur annonce les combats à venir : la conquête du droit de vote (suffragettes, vote des femmes en 1944 en France), la lutte pour l'égalité civile et la maîtrise du corps (loi Veil 1975), puis pour l'égalité réelle (parité, 1999-2000). Olympe de Gouges est devenue une figure de la mémoire du féminisme et de la démocratie inclusive.

Exercice 6 — Parité et discrimination positive : débat de synthèse

Construisez une réponse argumentée et nuancée à la question posée, en présentant les deux thèses.

  1. Imposer des quotas (parité, discrimination positive) est-il compatible avec l'égalité républicaine ? Présentez les arguments pour et contre, puis nuancez.
Méthode : thèse / antithèse / nuance, avec exemples datés.
Arguments favorables : les quotas corrigent une inégalité de fait que l'égalité de droit ne suffit pas à effacer (faible part de femmes en politique avant la parité). La loi de 2000 a nettement augmenté la présence des femmes dans les scrutins de liste ; la loi Copé-Zimmermann (2011) a féminisé les conseils d'administration. Sans contrainte, l'égalité réelle stagne.
Critiques : au nom de l'universalisme républicain, on objecte que la citoyenneté est abstraite (on est citoyen indépendamment de son sexe ou de son origine) ; les quotas introduiraient une logique de groupe contraire au mérite individuel et risqueraient de stigmatiser les bénéficiaires. La France s'est longtemps méfiée de la discrimination positive « à l'américaine ».
Nuance : on peut distinguer la parité (qui ne concerne que la moitié de l'humanité et vise un rééquilibrage simple) d'une discrimination positive plus large (origine, territoire). Les quotas apparaissent comme un outil temporaire et correctif : efficaces là où l'égalité formelle échoue, ils doivent rester compatibles avec l'égalité des droits et viser, à terme, leur propre disparition.
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