À propos de cette page
Ce cours de spécialité hggsp en terminale sur « Genre, égalité et démocratie » suit le programme officiel de spécialité hggsp de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Égalité, genre, démocratie : définir les notions, La citoyenneté longtemps réservée aux hommes, La conquête des droits civiques et politiques des femmes, De l'égalité de droit à l'égalité réelle : la parité. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité hggsp.
Au programme
1 · Égalité, genre, démocratie : définir les notions
2 · La citoyenneté longtemps réservée aux hommes
3 · La conquête des droits civiques et politiques des femmes
4 · De l'égalité de droit à l'égalité réelle : la parité
5 · Lutter contre les discriminations : un enjeu démocratique
6 · Mouvements féministes et débats contemporains
7 · Démocratie, genre et égalité dans le monde
8 · Approche critique : les limites et les débats
1Égalité, genre, démocratie : définir les notions
Cet axe relie la valeur d'égalité, la notion de genre et le fonctionnement de la démocratie. Distinguer ces notions est indispensable au Bac.
Démocratie. Régime politique fondé sur la souveraineté du peuple, le pluralisme et l'égalité des citoyens devant la loi. Une démocratie se juge donc aussi à sa capacité à rendre cette égalité réelle, et pas seulement formelle.
Égalité. Principe selon lequel tous les individus ont les mêmes droits et la même dignité. On distingue l'égalité de droit (juridique, formelle : les mêmes lois pour tous) et l'égalité réelle (de fait : des situations effectivement comparables).
Sexe et genre. Le sexe renvoie aux caractéristiques biologiques ; le genre désigne la construction sociale et culturelle des rôles, comportements et statuts attribués au féminin et au masculin. Simone de Beauvoir (Le Deuxième Sexe, 1949) formule l'idée fondatrice : « On ne naît pas femme, on le devient. »
Attention ! Ne confondez pas égalité et identité : l'égalité ne signifie pas l'uniformité mais l'égale dignité et l'égal accès aux droits. De même, le genre n'est pas le sexe : c'est une catégorie d'analyse des rapports sociaux.
2La citoyenneté longtemps réservée aux hommes
Les démocraties modernes ont d'abord été des démocraties masculines : la citoyenneté politique a longtemps exclu les femmes, malgré la proclamation de l'égalité.
- 1789 : la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen proclame l'égalité, mais les femmes en sont exclues de la citoyenneté active.
- 1791 : Olympe de Gouges rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, qui réclame l'égalité ; elle est guillotinée en 1793.
- XIXe siècle : le Code civil de 1804 place la femme mariée sous l'autorité du mari (« incapacité juridique »). Le suffrage « universel » de 1848 est en réalité masculin.
- La citoyenneté reste pensée à partir d'une figure : l'homme, chef de famille et soldat.
Exemple. En 1848, lorsque la République proclame le suffrage « universel », il ne concerne que les hommes : les femmes devront attendre près d'un siècle pour voter en France.
Suffrage universel. Droit de vote reconnu à tous les citoyens. Il fut d'abord « universel masculin » (1848 en France), avant de devenir réellement universel avec le vote des femmes (1944).
3La conquête des droits civiques et politiques des femmes
L'extension de la démocratie passe par la conquête progressive des droits par et pour les femmes, fruit de longues luttes (suffragettes, mouvements féministes).
Suffragettes. Militantes (surtout au Royaume-Uni, dès la fin du XIXe siècle, autour d'Emmeline Pankhurst) réclamant le droit de vote des femmes par des actions parfois spectaculaires. Le terme désigne plus largement les militantes du suffrage féminin.
Quelques repères majeurs de l'accès des femmes à la citoyenneté et aux droits :
- 1893 : la Nouvelle-Zélande est le premier pays à accorder le droit de vote aux femmes.
- 1944 : en France, ordonnance du Gouvernement provisoire (de Gaulle) accordant le droit de vote et d'éligibilité aux femmes ; premier vote en 1945.
- 1965 : les femmes peuvent travailler et ouvrir un compte bancaire sans l'autorisation de leur mari.
- 1975 : loi Veil dépénalisant l'interruption volontaire de grossesse (IVG).
- 2024 : la France inscrit dans la Constitution la liberté de recourir à l'IVG.
Frise : les grandes étapes de la conquête des droits des femmes.
4De l'égalité de droit à l'égalité réelle : la parité
Obtenir l'égalité de droit (le vote, l'éligibilité) ne suffit pas : la sous-représentation persistante des femmes en politique a conduit à imposer la parité.
Parité. Égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives. Inscrite dans la Constitution en 1999 (« la loi favorise l'égal accès… »), elle est appliquée par la loi de 2000 qui impose 50 % de candidates sur les listes (avec sanctions financières pour les partis).
La parité illustre le passage d'une égalité formelle à une volonté d'égalité effective :
| Mesure | Logique | Exemple |
|---|
| Parité électorale | Imposer la mixité des candidatures | Loi de 2000, scrutins de liste alternés femme/homme |
| Quotas | Garantir une part minimale de femmes | Conseils d'administration (loi Copé-Zimmermann, 2011) |
| Égalité salariale | Réduire l'écart de rémunération | Index de l'égalité professionnelle (2018) |
Attention ! La parité reste inégalement appliquée : très efficace pour les scrutins de liste (régionales, municipales des grandes villes), elle l'est moins pour les scrutins uninominaux (Assemblée nationale), où les partis préfèrent parfois payer l'amende.
Graphique : la progression de la part des femmes à l'Assemblée nationale (valeurs indicatives, ordres de grandeur).
5Lutter contre les discriminations : un enjeu démocratique
L'égalité démocratique ne concerne pas que les femmes : la démocratie progresse aussi en luttant contre toutes les discriminations (origine, handicap, orientation sexuelle…).
Discrimination. Traitement défavorable et illégal d'une personne en raison d'un critère prohibé par la loi (sexe, origine, religion, handicap, orientation sexuelle, âge…). La loi française reconnaît une vingtaine de critères de discrimination.
- 1972 : première loi contre le racisme (loi Pleven) ; création de structures de lutte contre les discriminations.
- 1999 : le PACS ouvre une reconnaissance juridique aux couples, y compris de même sexe.
- 2013 : loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe (« mariage pour tous »), après d'intenses débats de société.
- Défenseur des droits (créé en 2011) : autorité indépendante qui veille au respect des droits et lutte contre les discriminations.
Discrimination positive (action positive). Mesures temporaires favorisant un groupe désavantagé pour rétablir l'égalité réelle (quotas, dispositifs d'accès). Débattue en France au nom de l'universalisme républicain.
Exemple. Les conventions d'éducation prioritaire de Sciences Po (à partir de 2001) facilitent l'accès d'élèves de lycées défavorisés : c'est une forme d'action positive visant l'égalité réelle des chances.
6Mouvements féministes et débats contemporains
Les avancées démocratiques sont portées par des mouvements sociaux. Le féminisme connaît plusieurs « vagues » et reste un acteur central des débats actuels.
- 1re vague (fin XIXe-début XXe) : conquête des droits civiques et politiques (suffragettes, droit de vote).
- 2e vague (années 1960-1970) : contrôle du corps et égalité dans la vie privée (contraception, IVG, MLF — Mouvement de libération des femmes en France).
- 3e vague et mouvements récents : lutte contre les violences et le harcèlement (mouvement #MeToo, 2017), questions d'intersectionnalité.
Intersectionnalité. Notion (Kimberlé Crenshaw, 1989) selon laquelle les discriminations (de genre, de « race », de classe…) se combinent et se renforcent : une personne peut cumuler plusieurs formes de domination.
Exemple. Le mouvement #MeToo (2017), né de la dénonciation publique d'agressions, a contribué à libérer la parole sur les violences sexistes et sexuelles et à faire évoluer la législation et les mentalités à l'échelle mondiale.
Flashcards : les auteurs et notions clés à mémoriser pour le Bac.
7Démocratie, genre et égalité dans le monde
L'égalité de genre est un marqueur démocratique inégalement réparti dans le monde : elle progresse, mais reste fragile et menacée.
- Échelle internationale : la CEDAW (Convention de l'ONU sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, 1979) ; l'ODD n°5 (Objectif de développement durable « égalité entre les sexes », 2015).
- Modèles avancés : les pays nordiques (Suède, Islande, Norvège) figurent en tête des classements d'égalité de genre.
- Reculs et résistances : dans certains pays, les droits des femmes régressent (ex. : restrictions de l'accès à l'éducation et à la vie publique sous le régime taliban en Afghanistan depuis 2021).
- Reculs sur l'avortement : aux États-Unis, l'arrêt Dobbs (2022) revient sur le droit constitutionnel à l'avortement reconnu en 1973 (Roe v. Wade), illustrant la réversibilité des droits.
Indice d'inégalité de genre. Indicateurs (ONU, Forum économique mondial) mesurant les écarts hommes/femmes en matière de santé, d'éducation, d'économie et de participation politique. Ils permettent de comparer les démocraties.
Graphique : la représentation politique des femmes varie fortement selon les pays (valeurs indicatives).
8Approche critique : les limites et les débats
L'égalité de genre nourrit des débats vifs : approfondir la démocratie, c'est aussi savoir penser ses tensions.
Attention ! L'égalité de droit ne garantit pas l'égalité réelle : écarts de salaires, « plafond de verre », inégale répartition des tâches domestiques, violences persistantes. La démocratie formelle peut masquer des inégalités de fait.
- Universalisme vs reconnaissance des différences : la tradition républicaine française se méfie des quotas et de la discrimination positive (l'égalité abstraite des citoyens) ; d'autres y voient le seul moyen d'obtenir l'égalité réelle.
- Parité : avancée ou contrainte ? Pour les uns, elle corrige une injustice historique ; pour les autres, elle introduit une logique de quota contraire au mérite individuel.
- Débats sur le genre : la notion de genre comme construction sociale fait l'objet de controverses scientifiques et politiques (rôles, identités, éducation).
Exemple. Le débat de 2013 sur le « mariage pour tous » a montré comment une avancée des droits (égalité des couples) peut provoquer de fortes mobilisations contradictoires, signe que l'égalité reste un enjeu démocratique conflictuel et vivant.
Plafond de verre. Ensemble d'obstacles invisibles freinant l'accès des femmes (et de groupes minorisés) aux postes de responsabilité, malgré l'égalité juridique : c'est l'illustration de l'écart entre égalité de droit et égalité réelle.
★À retenir
En bref :
• Distinguez égalité de droit (formelle) et égalité réelle (de fait) ; le genre est la construction sociale des rôles (Beauvoir, « On ne naît pas femme, on le devient »).
• La citoyenneté fut longtemps masculine : exclusion en 1789, combat d'Olympe de Gouges (1791), suffrage « universel » masculin de 1848.
• Conquête des droits : vote des femmes en 1944 en France (1893 en Nouvelle-Zélande), loi Veil 1975, IVG dans la Constitution en 2024.
• De l'égalité de droit à l'égalité réelle : parité (Constitution 1999, loi 2000), quotas, lutte contre les discriminations (mariage pour tous 2013, Défenseur des droits).
• Acteurs et débats : féminisme (vagues, MLF, #MeToo 2017), intersectionnalité (Crenshaw), tension universalisme/discrimination positive, plafond de verre.
• Dans le monde : CEDAW (1979), ODD n°5, mais reculs possibles (Dobbs 2022, Afghanistan) : les droits sont réversibles.