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Histoire-Géographie · Classe de Terminale

Ordre et désordres du monde depuis 1945 : bipolarisation et Guerre froide

Histoire — Thème 1 : Fragilités des démocraties, totalitarismes et Seconde Guerre mondiale (rappel/prolongement) — programme de Terminale générale

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Ordre et désordres du monde depuis 1945 : bipolarisation et Guerre froide » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en histoire-géographie. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : Les origines de la bipolarisation (1945-1947), Les deux blocs face à face : alliances et idéologies, Frise chronologique des crises de la Guerre froide, Les crises majeures de la Guerre froide (1948-1962). Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser histoire-géographie en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Dater les repères de la Guerre froide

Donne l'année (ou les années) correspondant à chacun de ces événements de la Guerre froide.

  1. Création du Conseil d'assistance économique mutuelle (CAEM/Comecon) par l'URSS pour ses satellites.
  2. Premier essai réussi de la bombe atomique soviétique et proclamation de la République populaire de Chine.
  3. Signature des accords SALT I entre Nixon et Brejnev.
  4. Écrasement du Printemps de Prague par les chars du Pacte de Varsovie.
  5. Retrait définitif des troupes soviétiques d'Afghanistan.
  6. Réunification officielle de l'Allemagne après la chute du mur.
Méthode : placer chaque fait sur la frise mentale 1947 → 1991. On distingue les fondations (1947-1955), les crises (1948-1962), la détente (1969-1975), le regain de tension (1979-1985) et le dénouement (1989-1991).

1. 1949 : le CAEM (Comecon) est créé en janvier 1949, riposte économique de l'URSS au plan Marshall, la même année que l'OTAN.
2. 1949 : l'URSS fait exploser sa première bombe A (août) et Mao proclame la République populaire de Chine (1er octobre). Double choc qui inquiète l'Occident et accélère la militarisation de la Guerre froide.
3. 1972 : les accords SALT I (Strategic Arms Limitation Talks) limitent les armements stratégiques ; ils sont le cœur de la détente.
4. 1968 : en août, les troupes du Pacte de Varsovie écrasent le Printemps de Prague, illustrant la doctrine Brejnev de souveraineté limitée.
5. 1989 : le retrait soviétique d'Afghanistan s'achève en février 1989, après dix ans d'enlisement (« Vietnam soviétique »).
6. 1990 : la réunification allemande est officialisée le 3 octobre 1990, un an après la chute du mur (9 novembre 1989).

Exercice 2 — Définir les notions clés

Rédige une définition précise (une à deux phrases) pour chacune de ces notions du programme.

  1. Containment (endiguement).
  2. Démocratie populaire.
  3. Détente.
  4. Soft power.
  5. Monde unipolaire.
Méthode : une bonne définition donne le sens du mot, son auteur ou sa date quand c'est pertinent, et un exemple bref.

Containment (endiguement) : stratégie américaine, théorisée par George Kennan et adoptée par la doctrine Truman (1947), visant à contenir l'expansion du communisme sans chercher à le renverser là où il est déjà installé. Exemple : aide à la Grèce et à la Turquie en 1947.
Démocratie populaire : nom donné aux États d'Europe de l'Est passés sous contrôle communiste après 1945 (Pologne, RDA, Tchécoslovaquie, Hongrie...) ; régimes à parti unique alignés sur Moscou, malgré l'appellation trompeuse de « démocratie ».
Détente : phase de la Guerre froide (fin des années 1960-années 1970) marquée par des négociations et des accords effectifs entre les deux blocs (SALT I 1972, Helsinki 1975), allant plus loin que la simple coexistence pacifique.
Soft power : capacité d'un État à influencer les autres par sa culture, ses valeurs et son mode de vie (cinéma, musique, consommation) plutôt que par la force ; notion forgée par Joseph Nye, atout majeur des États-Unis pendant la Guerre froide.
Monde unipolaire : organisation du monde dominée par une seule superpuissance ; après la dissolution de l'URSS en 1991, les États-Unis se retrouvent seule superpuissance, mais ce monde unipolaire est rapidement contesté.

Exercice 3 — Acteurs et décisions

Indique le dirigeant ou l'acteur associé à chacune de ces décisions ou prises de position.

  1. Proclame la doctrine de soutien aux « peuples libres » menacés en mars 1947.
  2. Lance la politique de coexistence panifique et déstalinise l'URSS à partir de 1956.
  3. Sort la France du commandement intégré de l'OTAN en 1966.
  4. Fonde, avec Nehru et Tito, le Mouvement des non-alignés à Belgrade en 1961.
  5. Lance l'Initiative de défense stratégique (« Guerre des étoiles ») en 1983.
Méthode : associer chaque décision à un nom, puis préciser le camp et l'enjeu, pour montrer qu'on comprend le rôle de l'acteur.

1. Harry Truman, président des États-Unis : la doctrine Truman (mars 1947) engage les États-Unis à soutenir les peuples menacés par le communisme. Acte fondateur du containment.
2. Nikita Khrouchtchev, dirigeant de l'URSS : il dénonce les crimes de Staline (rapport secret de 1956) et propose la coexistence pacifique, sans renoncer à la rivalité.
3. Charles de Gaulle, président de la République française : en 1966, il retire la France du commandement intégré de l'OTAN pour affirmer l'indépendance nationale et la force de frappe française.
4. Gamal Abdel Nasser (Égypte), aux côtés de Nehru (Inde) et Tito (Yougoslavie) : ils fondent le Mouvement des non-alignés (Belgrade, 1961), prolongement de la conférence de Bandung (1955).
5. Ronald Reagan, président des États-Unis : l'IDS (1983) vise un bouclier antimissiles spatial qui force l'URSS à des dépenses militaires ruineuses, accentuant sa crise.

Exercice 4 — Vrai ou faux justifié

Indique si chaque affirmation est vraie ou fausse, puis justifie ta réponse en une phrase.

  1. La Guerre froide a opposé directement, sur les champs de bataille, les armées américaine et soviétique.
  2. Le plan Marshall a été accepté aussi bien par l'Europe de l'Ouest que par les pays d'Europe de l'Est.
  3. Lors de la crise de Cuba (1962), c'est finalement l'URSS qui retire ses missiles.
  4. Les accords d'Helsinki (1975) n'engageaient les signataires que sur les questions de frontières.
  5. La fin de la Guerre froide a ouvert une ère sans conflits dans le monde.
Méthode : repérer le mot qui rend l'affirmation vraie ou fausse, puis corriger précisément.

1. Faux. Les deux superpuissances ne se sont jamais affrontées directement : elles se sont opposées par alliés interposés (Corée, Vietnam, Afghanistan), d'où le terme « guerre froide ».
2. Faux. L'URSS a refusé le plan Marshall et a contraint ses satellites à le refuser, leur imposant le Kominform (1947) puis le CAEM (1949).
3. Vrai. Après treize jours de tension, Khrouchtchev accepte de retirer les missiles soviétiques de Cuba, en échange de l'engagement américain de ne pas envahir l'île (et du retrait discret de missiles américains de Turquie).
4. Faux. Helsinki comportait aussi une « troisième corbeille » sur les droits de l'homme, qui donnera des arguments aux dissidents de l'Est et fragilisera le bloc soviétique.
5. Faux. La fin de la Guerre froide libère au contraire des tensions longtemps contenues : guerres en ex-Yougoslavie, génocide du Rwanda (1994), conflits ethniques et prolifération nucléaire.

Exercice 5 — Expliquer en quelques lignes

Réponds en trois ou quatre phrases argumentées à chacune de ces questions de réflexion.

  1. Pourquoi peut-on dire que Berlin est le symbole le plus visible de la bipolarisation du monde ?
  2. En quoi la dissuasion nucléaire a-t-elle paradoxalement stabilisé la Guerre froide ?
  3. Comment les pays du Tiers-Monde ont-ils tenté de tirer profit de la rivalité Est-Ouest ?
Méthode : annoncer l'idée, l'expliquer, l'illustrer par un fait précis, conclure.

1. Berlin, symbole de la bipolarisation : ville divisée en quatre zones d'occupation et enclavée en RDA, elle concentre les tensions. Le blocus de 1948-1949 puis la construction du mur en 1961 matérialisent physiquement le rideau de fer. La chute du mur, le 9 novembre 1989, devient à l'inverse le symbole de la fin de la division du monde.
2. La dissuasion stabilisatrice : chaque superpuissance disposant d'un arsenal capable de détruire l'autre, toute attaque entraînerait une riposte mutuellement destructrice (logique MAD). La peur d'une apocalypse nucléaire rend l'affrontement direct irrationnel : c'est l'« équilibre de la terreur ». La crise de Cuba (1962), frôlée puis désamorcée, illustre cette retenue mutuelle.
3. Le Tiers-Monde et la rivalité Est-Ouest : les jeunes États issus de la décolonisation jouent souvent les deux blocs l'un contre l'autre pour obtenir aides économiques et militaires tout en proclamant leur non-alignement (Bandung 1955, Belgrade 1961). Nasser, par exemple, obtient le financement du barrage d'Assouan de l'URSS après le refus occidental. Cette stratégie leur permet de peser davantage sur la scène internationale.

Exercice 6 — Analyse de document : un appel au non-alignement (Bandung, 1955)

Analyse l'extrait du communiqué final de la conférence de Bandung, puis réponds aux questions guidées.

  1. Présente le document : nature, lieu, date et contexte de la conférence de Bandung.
  2. Relève deux principes énoncés dans le texte et explique contre quelles pratiques de la Guerre froide ils s'élèvent.
  3. Quels grands dirigeants ont incarné ce mouvement, et quelle organisation en est issue en 1961 ?
  4. En t'appuyant sur le texte et tes connaissances, montre en quoi Bandung exprime la volonté d'une « troisième voie » entre les deux blocs.
Méthode (analyse de document) : présenter le document, prélever des citations, les expliquer avec ses connaissances, prendre du recul.

1. Présentation : il s'agit d'un extrait du communiqué final (texte officiel collectif) de la conférence afro-asiatique de Bandung, tenue en Indonésie le 24 avril 1955. Elle réunit 29 États d'Asie et d'Afrique, en grande partie nouvellement décolonisés, en pleine Guerre froide, alors que le monde se structure en deux blocs.

2. Deux principes : le « respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale » s'oppose aux interventions des superpuissances dans les affaires d'États plus faibles ; l'« abstention de pressions exercées par un pays sur un autre » vise les logiques de blocs et la mise sous tutelle des pays satellites (plan Marshall lié à l'Ouest, démocraties populaires à l'Est). Le texte rejette ainsi la bipolarisation imposée.

3. Acteurs et héritage : le non-alignement est incarné par Nasser (Égypte), Nehru (Inde) et Tito (Yougoslavie), rejoints par Soekarno (Indonésie). De Bandung naît le Mouvement des non-alignés, fondé officiellement à Belgrade en 1961.

4. Une troisième voie : en réclamant la coexistence pacifique, le règlement pacifique des différends et la coopération mutuelle, les pays de Bandung refusent d'être absorbés par l'un ou l'autre bloc. Ils affirment l'existence d'un « Tiers-Monde » (Sauvy, 1952) qui veut peser collectivement sur la scène internationale sans se soumettre à Washington ni à Moscou. Bandung pose ainsi les bases d'une diplomatie autonome des pays décolonisés.
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