Histoire — Thème 1 : Fragilités des démocraties, totalitarismes et Seconde Guerre mondiale (rappel/prolongement) — programme de Terminale générale
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Composition : La Guerre froide, une bipolarisation du monde (1947-1991)
Plan détaillé attendu :
Introduction : Contexte post-1945 : monde dévasté, deux superpuissances émergent. Problématique : Comment la rivalité USA-URSS a-t-elle structuré l'ordre mondial entre 1947 et 1991 ? Annonce : I. La bipolarisation s'installe (1947-1953) / II. Un monde bipolaire aux crises récurrentes (1953-1975) / III. Détente, regain de tension et fin de la Guerre froide (1975-1991).
I. L'installation de la bipolarisation (1947-1953) :
• Rupture entre Alliés : idéologies opposées, désaccords de Potsdam.
• Construction des blocs : OTAN (1949), Plan Marshall, Pacte de Varsovie (1955).
• Premières crises : blocus de Berlin (1948-49), guerre de Corée (1950-53).
• Course aux armements : bombe soviétique (1949), course à l'hydrogène.
II. Un monde bipolaire traversé de crises (1953-1975) :
• Coexistence pacifique (1956) mais tensions : crise de Cuba (1962), moment le plus dangereux.
• Le Tiers-Monde : décolonisation, Bandung (1955), non-alignés (1961). Les superpuissances y affrontent par procuration (Vietnam 1955-75, Angola...).
• Le mur de Berlin (1961) : symbole de la division.
• Début de détente : SALT I (1972), Nixon à Pékin, Helsinki (1975).
III. Regain de tension et fin de la Guerre froide (1975-1991) :
• Retour des tensions : invasion Afghanistan (1979), doctrine Reagan.
• Gorbatchev (1985) : glasnost et perestroïka fragilisent l'URSS.
• Révolutions en Europe de l'Est (1989), chute du mur de Berlin (9 nov. 1989).
• Dissolution URSS (déc. 1991) : fin d'un monde bipolaire.
Conclusion : 44 ans de bipolarisation ont profondément structuré le monde : alliances militaires, modèles économiques et culturels, guerres par procuration. La fin de la Guerre froide ouvre un monde unipolaire (USA) mais aussi de nouveaux désordres.
Critères d'évaluation : problématique pertinente (2 pts), plan construit et annoncé (2 pts), connaissances précises et datées (4 pts), exemples variés (1 pt), conclusion nuancée (1 pt).
Exercice 2 — Analyse de document : Le discours de Churchill à Fulton (5 mars 1946)
Corrigé détaillé :
Question 1 (2 pts) : Discours d'un homme politique britannique, Winston Churchill (ancien Premier ministre du Royaume-Uni, 1940-1945), prononcé à Fulton (Missouri, États-Unis), le 5 mars 1946, en présence du président Truman. Contexte : la Seconde Guerre mondiale s'est achevée moins d'un an avant. Churchill prononce ce discours aux États-Unis car il cherche à alerter l'opinion américaine sur la menace soviétique et à promouvoir une alliance anglo-américaine face à l'URSS.
Question 2 (3 pts) : Le 'rideau de fer' est une métaphore désignant la frontière idéologique, politique et militaire séparant l'Europe occidentale (libre, capitaliste) de l'Europe orientale (sous contrôle soviétique). Churchill cite : Varsovie (Pologne), Berlin (Allemagne), Prague (Tchécoslovaquie), Vienne (Autriche), Budapest (Hongrie), Belgrade (Yougoslavie), Bucarest (Roumanie), Sofia (Bulgarie). Ce sont toutes des capitales d'États d'Europe centrale et orientale placés sous l'influence ou le contrôle de l'URSS après 1945, qui deviendront des démocraties populaires.
Question 3 (3 pts) : Ce discours annonce la Guerre froide à plusieurs égards : 1) Churchill dénonce publiquement l'expansionnisme soviétique, rompant avec l'alliance de guerre. 2) Il appelle à une solidarité des démocraties occidentales face à la menace communiste, préfigurant l'OTAN (1949). 3) Le discours est prononcé en présence de Truman, signe d'une convergence des vues américano-britanniques. Un an plus tard, en mars 1947, Truman proclame sa propre doctrine d'endiguement. La rupture est consommée entre Alliés.
Question 4 (2 pts) : Limites : Churchill n'est plus Premier ministre en 1946 (il a perdu les élections de 1945), il parle donc à titre personnel. Son discours est avant tout une prise de position politique visant à alerter et mobiliser, et non une analyse objective de la situation. Sa vision est celle d'un anticommuniste convaincu, proche des intérêts britanniques et occidentaux. L'URSS n'est pas entendue dans ce document. On peut aussi noter que Churchill exagère peut-être la menace pour forcer la main des Américains.
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