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Ces exercices corrigés sur « L'Europe : un territoire en construction, des défis à relever » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en histoire-géographie. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : Un espace géographique hétérogène, La construction européenne : étapes et institutions, L'intégration économique et la zone euro, Les politiques communes : cohésion et agriculture. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser histoire-géographie en terminale.
Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.
Exercice 1 — Repères chronologiques de la construction européenne
Datez précisément chaque événement et indiquez en une phrase son importance dans le processus d'intégration européenne.
- La signature du traité instituant la Communauté économique européenne et l'Euratom par les six pays fondateurs.
- L'instauration des premières élections du Parlement européen au suffrage universel direct.
- La signature des accords ouvrant la voie à la suppression des contrôles aux frontières intérieures.
- Le « grand élargissement » qui fait passer l'Union de quinze à vingt-cinq membres, principalement à l'Est.
- La sortie effective d'un État membre de l'Union, première de l'histoire de la construction européenne.
Méthode : un repère solide associe toujours une date, un acte (traité, accord, scrutin) et une portée. On situe la date dans la logique d'ensemble : approfondissement (plus d'intégration) ou élargissement (plus de membres).
1. 1957 : traités de Rome, signés par les six fondateurs (France, RFA, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg), créant la CEE et l'Euratom. Importance : naissance du marché commun, socle économique de l'intégration.
2. 1979 : premières élections du Parlement européen au suffrage universel direct. Importance : amorce d'une légitimité démocratique des institutions communautaires.
3. 1985 : accords de Schengen (entrés en vigueur en 1995). Importance : suppression progressive des frontières intérieures, pilier de la libre circulation des personnes.
4. 2004 : adhésion de dix nouveaux États, dont huit anciens pays du bloc de l'Est (PECO) plus Chypre et Malte. Importance : réunification du continent après la guerre froide, mais accentuation de l'hétérogénéité interne.
5. 2020 : Brexit, sortie effective du Royaume-Uni (31 janvier 2020). Importance : preuve que l'intégration n'est pas irréversible, l'UE passe à 27 membres.
Exercice 2 — Distinguer les notions et institutions proches
Pour chaque couple, expliquez en une ou deux phrases la différence afin d'éviter les confusions fréquentes au baccalauréat.
- L'Union européenne et le Conseil de l'Europe.
- Le Conseil européen et le Conseil de l'Union européenne.
- L'espace Schengen et la zone euro.
- L'euroscepticisme et le souverainisme.
- L'approfondissement et l'élargissement de l'Union.
Méthode : on précise pour chaque terme son champ exact (membres, fonction, échelle), ce qui suffit à révéler la différence.
1. L'Union européenne (27 États) est une organisation d'intégration économique, monétaire et politique. Le Conseil de l'Europe est une organisation distincte (46 membres), axée sur les droits de l'homme et la démocratie, à laquelle est rattachée la Cour européenne des droits de l'homme : aucun lien institutionnel avec l'UE.
2. Le Conseil européen réunit les chefs d'État et de gouvernement et fixe les grandes orientations. Le Conseil de l'UE (Conseil des ministres) rassemble les ministres compétents et co-vote les textes de loi avec le Parlement.
3. L'espace Schengen concerne la libre circulation des personnes (27 pays dont quatre non-membres de l'UE). La zone euro concerne la monnaie unique (20 États). Les deux ne se recouvrent pas : la Pologne est dans Schengen mais hors zone euro.
4. L'euroscepticisme est un spectre de critiques visant certaines politiques de l'UE. Le souverainisme revendique le retour de compétences aux États nationaux ; il est plus radical et politiquement structuré.
5. L'approfondissement consiste à intensifier l'intégration (nouvelles compétences, fédéralisme). L'élargissement consiste à accueillir de nouveaux membres. Les deux dynamiques sont parfois jugées contradictoires (« élargir ou approfondir ? »).
Exercice 3 — Vrai ou faux justifié
Indiquez si chaque affirmation est vraie ou fausse et justifiez systématiquement par une connaissance précise.
- « Tous les États membres de l'Union européenne utilisent l'euro comme monnaie. »
- « La politique de cohésion a totalement supprimé les inégalités régionales au sein de l'Union. »
- « L'Union européenne forme un territoire démographiquement dynamique grâce à une forte natalité. »
- « La Politique agricole commune reste aujourd'hui le premier poste du budget européen, comme à ses débuts. »
- « Le règlement de Dublin répartit équitablement les demandeurs d'asile entre tous les États membres. »
Méthode : on n'affirme jamais sans preuve : chaque réponse s'appuie sur un chiffre, une date ou un exemple, et on nuance quand c'est nécessaire.
1. Faux. Seuls 20 États appartiennent à la zone euro (2023). La Pologne, la Suède, la Hongrie, la Tchéquie, etc., ont conservé leur monnaie nationale ; le Danemark dispose d'un opt-out.
2. Faux. La politique de cohésion (FEDER, FSE+) a réduit certains écarts (convergence des États), mais d'importantes inégalités persistent, notamment entre métropoles et espaces ruraux et entre l'Est et l'Ouest (de moins de 35 % à plus de 250 % de la moyenne UE pour le PIB/hab.).
3. Faux. L'UE connaît un vieillissement marqué : taux de fécondité d'environ 1,5 enfant par femme (inférieur au seuil de renouvellement de 2,1) et part des 65 ans et plus proche de 21 %. Le dynamisme démographique repose surtout sur le solde migratoire.
4. Faux. La PAC, qui dépassait 80 % du budget dans les années 1970, n'en représente plus qu'environ 37 % (2021-2027), désormais talonnée par la politique de cohésion (environ 35 %).
5. Faux. Le règlement de Dublin attribue la responsabilité de la demande d'asile au premier pays d'entrée, ce qui fait peser une charge disproportionnée sur les pays méditerranéens (Grèce, Italie, Espagne), loin de toute répartition équitable.
Exercice 4 — Du fait à l'explication : raisonner en géographe
Pour chaque situation, formulez une explication argumentée en deux ou trois phrases mobilisant une notion du programme.
- Pourquoi la « mégalopole européenne » (banane bleue) concentre-t-elle l'essentiel de la richesse et des fonctions de commandement de l'Union.
- Pourquoi la métropolisation amplifie-t-elle les fractures politiques à l'intérieur même des États membres.
- Pourquoi la crise de la zone euro (2010-2015) a-t-elle révélé une fragilité structurelle de l'union monétaire.
- Pourquoi la guerre en Ukraine (depuis 2022) a-t-elle relancé le débat sur l'autonomie stratégique de l'Union.
- Pourquoi parle-t-on d'une « convergence des capitales » sans convergence des territoires.
Méthode : on part du fait, on nomme la notion mobilisable, puis on construit un lien de cause à effet appuyé sur un exemple localisé.
1. La banane bleue, axe urbanisé reliant Londres/Amsterdam à Milan via la Ruhr et la Suisse, bénéficie d'une accessibilité maximale (ports de la Northern Range, axes rhénans), d'une longue tradition industrielle et d'une concentration de sièges sociaux et de places financières (Francfort, Paris). Cette polarisation cumulative en fait le cœur économique de l'UE.
2. La métropolisation crée des territoires gagnants (grandes villes, emplois qualifiés) et des territoires perdants (zones rurales et désindustrialisées). Le sentiment d'abandon de ces derniers nourrit le vote eurosceptique ou populiste, par exemple le vote RN dans la « France périphérique » ou le vote en faveur du Brexit dans le Nord industriel anglais.
3. La zone euro est une union monétaire sans union budgétaire complète : un État en difficulté ne peut plus dévaluer sa monnaie. La Grèce, privée de cet instrument, a dû subir une austérité imposée par la Troïka (BCE, Commission, FMI), révélant le coût social et démocratique d'une intégration monétaire inachevée.
4. L'invasion russe a montré la vulnérabilité énergétique de l'UE (dépendance gazière) et sa dépendance militaire à l'OTAN/aux États-Unis. La boussole stratégique (mars 2022) et l'octroi du statut de candidat à l'Ukraine (juin 2022) traduisent une volonté de renforcer la défense et l'autonomie stratégique européennes.
5. Les grandes métropoles de l'Est (Varsovie, Prague, Bratislava) ont rapidement rejoint, voire dépassé, la moyenne UE, alors que les régions rurales environnantes restent à la traîne. La convergence profite donc aux capitales mais pas à l'ensemble du territoire national, d'où l'expression.
Exercice 5 — Analyse de document : le Pacte vert et la transition écologique européenne
Lisez le document puis répondez aux questions guidées en vous appuyant sur le texte et sur vos connaissances.
- Relevez dans le document l'objectif fixé pour 2050 et l'objectif intermédiaire fixé pour 2030.
- Expliquez en quoi consiste le marché du carbone (SEQE) évoqué dans le texte.
- Quelles régions et quels secteurs sont présentés comme les plus exposés à la transition, et quel outil l'Union mobilise-t-elle pour les accompagner ?
- Montrez, à l'aide du document et de vos connaissances, en quoi la guerre en Ukraine a constitué à la fois un frein et un accélérateur pour la transition.
- Le texte parle de « ne laisser personne au bord du chemin » : reliez cette idée à la notion de cohésion territoriale étudiée en géographie.
Méthode : on distingue les questions de prélèvement (réponse dans le texte) des questions d'analyse (texte + connaissances), et l'on cite toujours le document avant de l'enrichir.
1. Objectif 2050 : neutralité climatique (premier continent climatiquement neutre). Objectif 2030 : réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 (« Fit for 55 ») — informations directement présentes au paragraphe 1.
2. Le SEQE (système d'échange de quotas d'émission) fixe un plafond global d'émissions et alloue ou vend des quotas aux industriels ; ceux-ci peuvent les échanger. En mettant un prix sur la tonne de CO2, il crée une incitation économique à décarboner : émettre coûte cher, réduire devient rentable.
3. Les régions les plus exposées sont les bassins charbonniers (Pologne) et les zones de sidérurgie et d'industrie lourde d'Europe centrale ; le secteur fossile est le plus menacé. L'Union mobilise le Fonds pour une transition juste pour amortir le choc social.
4. Frein : pour se passer du gaz russe, certains États (Allemagne, Pologne) ont temporairement relancé des centrales à charbon, allant à rebours des objectifs climatiques. Accélérateur : la même crise a poussé à investir massivement dans les renouvelables et les économies d'énergie (plan REPowerEU), réduisant la dépendance fossile à moyen terme. La sécurité énergétique et la transition convergent finalement.
5. « Ne laisser personne au bord du chemin » renvoie à la cohésion territoriale : l'Union cherche à éviter que la transition écologique creuse les inégalités entre régions prospères et régions industrielles fragilisées. C'est la même logique que la politique de cohésion (FEDER, FSE+), qui vise à réduire les écarts de développement et à préserver l'acceptabilité sociale du projet européen.
Exercice 6 — Mobiliser le vocabulaire spécialisé
Reliez chaque notion à une définition précise et illustrez chacune par un exemple concret tiré du programme.
- Le principe de subsidiarité.
- La « convergence régionale ».
- L'acquis communautaire de la libre circulation des « quatre facteurs ».
- La « solidarité conditionnelle » apparue lors de la crise de la Covid-19.
- La métropolisation.
Méthode : une bonne définition est précise et toujours accompagnée d'un exemple territorialisé ou institutionnel pour prouver la maîtrise.
1. Subsidiarité : principe selon lequel l'Union n'intervient que si une action à l'échelle européenne est plus efficace qu'une action nationale, protégeant ainsi les compétences des États. Exemple : l'éducation reste une compétence nationale, l'UE n'y intervenant qu'à la marge.
2. Convergence régionale : réduction des écarts de développement entre les régions de l'UE, mesurée par le PIB/hab. en standard de pouvoir d'achat (SPA). Exemple : l'Irlande, l'Espagne puis les PECO ont rattrapé une partie de leur retard depuis les années 1990.
3. Libre circulation des quatre facteurs : le marché unique (achevé en 1993) garantit la libre circulation des marchandises, des services, des capitaux et des personnes. Exemple : un travailleur polonais peut s'installer et travailler librement en Allemagne grâce à Schengen.
4. Solidarité conditionnelle : aide financière commune accordée sous conditions et remboursée collectivement, marquant un pas vers une union de transferts. Exemple : le plan Next Generation EU (750 milliards d'euros, 2020), premier grand emprunt commun de l'UE.
5. Métropolisation : captation croissante de la valeur ajoutée, des sièges sociaux, des universités et des flux qualifiés par les grandes villes. Exemple : Varsovie dépasse 160 % de la moyenne UE alors que les régions rurales de l'Est polonais restent sous 50 %.