Géographie — Thème 6 : L'intégration européenne, ses dynamiques et ses limites (programme de Terminale générale)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Rédigez une composition organisée (introduction, deux ou trois parties, conclusion) traitant le sujet ci-dessous, en l'illustrant d'exemples précis (dates, acteurs, politiques, exemples géographiques).
Confrontez les deux documents et répondez aux questions en mobilisant vos connaissances ; la dernière question appelle une réponse organisée.
Exercice 1 — L'Union européenne, un territoire intégré confronté à ses défis
Corrigé — plan détaillé, méthode et connaissances attendues :
Méthode : le « dans quelle mesure » appelle une réponse nuancée. L'introduction définit l'intégration européenne, pose la problématique (l'UE est-elle un territoire cohérent malgré ses tensions ?) et annonce le plan. Chaque sous-partie s'appuie sur un exemple daté et localisé. La conclusion fait un bilan et ouvre.
Introduction : accroche (27 États, environ 447 millions d'habitants). Définition de l'intégration (transfert progressif de compétences à des institutions communes). Problématique. Annonce du plan.
I. Un territoire progressivement intégré
1. Construction institutionnelle : CECA (1951), traités de Rome (1957), Maastricht (1992), Lisbonne (2007) ; institutions (Commission, Parlement élu depuis 1979, Conseil européen, CJUE).
2. Intégration économique et monétaire : marché unique (1993, libre circulation des quatre facteurs), zone euro (20 membres), BCE.
3. Politiques communes et solidarité : PAC, politique de cohésion (FEDER, FSE+), Schengen, Next Generation EU (2020).
II. Un territoire marqué par de fortes inégalités et des tensions
1. Fractures territoriales : Est/Ouest, Nord/Sud, métropolisation contre périphéries (banane bleue contre marges rurales).
2. Limites des politiques communes : sous-utilisation des fonds structurels, contraintes de la monnaie unique (crise grecque 2010-2015), « convergence des capitales ».
3. Crise du projet : Brexit (2020), montée des populismes et de l'euroscepticisme, mécanisme de conditionnalité État de droit (Hongrie, Pologne).
III. Des défis majeurs pour l'avenir
1. Défi migratoire et démographique : vieillissement (fécondité d'environ 1,5), crise de 2015, règlement de Dublin, Frontex.
2. Défi environnemental : Pacte vert (2019), Fit for 55, SEQE, transition juste.
3. Défi géopolitique : guerre en Ukraine, dépendance énergétique, boussole stratégique, élargissement aux Balkans et à l'Ukraine.
Conclusion : l'UE est un modèle original d'intégration régionale, à la fois abouti et inachevé. Résiliente face aux crises (réponse commune au Covid, soutien à l'Ukraine), elle doit concilier approfondissement et élargissement, cohésion et diversité. Ouverture possible : quelle Europe à 30 ou 35 membres ?
Connaissances clés attendues : dates (1951, 1957, 1992, 2002, 2004, 2020), acteurs (Schuman, Monnet, von der Leyen, institutions), politiques (PAC, FEDER, Green Deal, Next Generation EU), exemples géographiques (mégalopole, inégalités régionales, Varsovie/PECO), défis contemporains.
Exercice 2 — Étude critique de documents : inégalités régionales et cohésion dans l'Union
Corrigé — étude critique de documents : méthode et attendus :
Méthode : on présente brièvement la nature et l'idée de chaque document, on prélève les données utiles, on les met en relation avec ses connaissances, puis on critique portée et limites. Le document 2 nuance et explique les écarts chiffrés du document 1.
Q1 (4 pts) — Ampleur et fractures : les écarts sont considérables, de l'ordre de 1 à 7 (environ 35 pour la Bulgarie ou la Roumanie contre environ 250 pour le Luxembourg). On lit une fracture Est/Ouest (régions roumaines et bulgares très en deçà de la moyenne) et une fracture centre/périphérie : les régions-capitales (Varsovie environ 160, Île-de-France environ 165) dominent largement les espaces ruraux voisins (Pologne orientale environ 50). Même dans un pays comme la Pologne, l'écart interne entre Varsovie et l'Est rural est massif.
Q2 (3 pts) — Convergence des capitales : l'expression désigne le fait que les grandes métropoles de l'Est rattrapent vite la moyenne UE alors que leurs campagnes décrochent. Le croisement des documents l'illustre parfaitement : le document 1 montre Varsovie à environ 160 contre environ 50 pour la Pologne orientale, ce que le document 2 explique par la concentration urbaine des gains (métropolisation).
Q3 (3 pts) — Limites de la politique de cohésion : 1) la complexité des règles d'éligibilité ralentit l'absorption des fonds et certains pays (Roumanie, Bulgarie) n'utilisent pas toute leur enveloppe faute de capacité administrative ; 2) une part des fonds profite aux entreprises d'Europe de l'Ouest investissant à l'Est plutôt qu'aux populations locales. À compléter : la métropolisation concentre les bénéfices dans les capitales, et les écarts de capital humain, d'infrastructures et de tissu économique ne se comblent pas en quelques décennies.
Q4 (4 pts) — Réponse organisée : attendu en un ou deux paragraphes structurés.
• Des résultats réels : 454 milliards d'euros (2014-2020), infrastructures financées, convergence nationale des PECO (document 2) ; les capitales de l'Est se rapprochent ou dépassent la moyenne UE (document 1).
• Des inégalités persistantes : fractures Est/Ouest et centre/périphérie visibles dans le document 1, convergence des capitales sans convergence des territoires, freins administratifs et captation des fonds (document 2).
• Bilan : la politique de cohésion atténue mais ne supprime pas les inégalités ; il faut distinguer convergence entre États (acquise) et convergence entre régions (inachevée). La confrontation des deux documents montre une réussite partielle et nuancée.
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