Géographie — Thème 3 : dynamiques territoriales, inégalités de développement et tensions géopolitiques sur le continent africain (programme de Terminale)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
| Acteur | Présence militaire | Présence économique | Présence diplomatique |
|---|---|---|---|
| France | En fort recul (retraits du Mali, Burkina, Niger) | Forte (entreprises, zone franc CFA) | Réseau d'ambassades dense, Francophonie |
| Chine | Base à Djibouti uniquement | Très forte (1er partenaire commercial) | FOCAC, financement OA, nombreuses ambassades |
| Russie | Forte (Wagner/Africa Corps au Sahel, Libye, RCA) | Limitée (armes, céréales) | Croissante (soutien aux juntes) |
| États-Unis | AFRICOM, bases à Djibouti, Somalie | Modérée (AGOA, IDE limités) | Forte (ONU, aide au développement) |
Exercice 1 — Composition — Les ressources naturelles africaines : atout ou malédiction pour le développement ?
Corrigé — Plan détaillé et connaissances attendues :
Introduction : Accroche (ex. : la RDC, pays le plus pauvre, est aussi l'un des plus riches en minerais). Définir : ressources naturelles, développement, malédiction des ressources. Problématique. Annonce du plan.
I. L'Afrique, un continent doté de ressources naturelles exceptionnelles
1. Les hydrocarbures : Nigeria, Angola (pétrole) ; Algérie, Libye (pétrole + gaz) ; Mozambique (gaz offshore). Ils représentent une part importante des recettes d'exportation.
2. Les minerais : cobalt (RDC, 70 % mondial), or (Ghana, Afrique du Sud), platine (Afrique du Sud), coltan, terres rares. Indispensables à la transition énergétique mondiale.
3. Les ressources agricoles et hydrauliques : 60 % des terres arables mondiales non cultivées en Afrique ; ressources en eau (Nil, Congo).
II. Ces ressources peuvent être un levier de développement
1. Revenus d'exportation : financement d'infrastructures, budgets publics (exemples : Angola, Algérie).
2. Contre-exemples à la malédiction : Botswana (diamants gérés via le Fonds Pula), Namibie. Revenus réinvestis dans l'éducation et les services publics.
3. Opportunités liées à la transition énergétique : la demande mondiale de cobalt, lithium crée des opportunités si les États africains négocient mieux les contrats (exemple : loi sur la mining en Zambie, DRC).
III. Mais elles freinent souvent le développement : la « malédiction des ressources »
1. Syndrome hollandais : les rentrées de devises surévaluent la monnaie et désindustrialisent (Nigeria : « maladie du pétrole »).
2. Corruption et faible redistribution : rentes captées par des élites ou par des entreprises multinationales (Nigeria, Angola sous dos Santos).
3. Conflits armés : est de la RDC (coltan, cobalt, M23), Sierra Leone (diamants de sang années 1990-2000).
4. Dépendance : les économies africaines restent spécialisées dans l'exportation de matières premières brutes sans industrialisation locale.
Conclusion : Les ressources sont potentiellement un atout, mais leur transformation en levier de développement nécessite une gouvernance transparente, une diversification économique et une meilleure intégration des chaînes de valeur (transformation locale). Le défi africain est de transformer la richesse du sous-sol en richesse humaine.
Exercice 2 — Analyse de document — La géopolitique africaine face aux nouvelles rivalités
Corrigé — Analyse de document :
Q1 — Stratégies comparées (4 pts) :
• France : présence historique (post-coloniale), militaire (mais en fort recul depuis 2020-2023) et économique (CFA, entreprises). Sa légitimité est contestée (accusations de néo-colonialisme).
• Chine : stratégie essentiellement économique (commerce, Routes de la Soie, financement d'infrastructures via FOCAC). Présence militaire volontairement limitée pour ne pas heurter la sensibilité africaine à l'ingérence. Diplomatie de la non-ingérence = avantage comparatif face à l'Occident.
• Russie : présence militaire via Wagner (paramilitaires) offrant des services de sécurité aux juntes en échange de ressources. Présence économique limitée mais influence diplomatique croissante (soutien aux régimes anti-occidentaux à l'ONU).
Bonne réponse : identifier les 3 logiques (France = héritage colonial + recul ; Chine = économie + non-ingérence ; Russie = sécurité + opportunisme).
Q2 — Reconfiguration des influences (3 pts) :
Le document montre que la France (historiquement dominante militairement) est en recul, tandis que la Russie (via Wagner) comble le vide sécuritaire au Sahel avec l'appui des juntes. La Chine consolide sa position économique. Les États-Unis maintiennent une présence discrète (AFRICOM, Djibouti). Cette recomposition s'explique par : montée du sentiment anti-français, coup d'États sahéliens (2020-2023), retrait français, appel aux Russes. Parler du « pivot » des pays sahéliens vers la Russie.
Q3 — L'Afrique, enjeu géopolitique mondial (3 pts) :
L'Afrique est convoitée pour : 1/ ses ressources naturelles (pétrole, cobalt, terres rares essentielles à la transition énergétique) ; 2/ sa position géostratégique (contrôle des routes maritimes, mer Rouge, golfe de Guinée) ; 3/ son poids démographique croissant (2,5 Mds en 2050 = votes à l'ONU, marchés potentiels) ; 4/ sa position de « bastion du Sud global » dans la recomposition multipolaire du monde. Citer Djibouti comme symbole de cette compétition (bases américaine, française, chinoise, japonaise).
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