À propos de cette page
Ce cours de histoire-géographie en terminale sur « Le Proche et Moyen-Orient : un foyer de conflits » suit le programme officiel de histoire-géographie de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Une région au cœur de la géopolitique mondiale, Des ressources pétrolières et gazières convoitées, La question palestinienne : un conflit central, Des rivalités de puissances régionales. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en histoire-géographie.
Au programme
1 · Une région au cœur de la géopolitique mondiale
2 · Des ressources pétrolières et gazières convoitées
3 · La question palestinienne : un conflit central
4 · Des rivalités de puissances régionales
5 · L'islam politique et le terrorisme djihadiste
6 · La guerre en Syrie et les fractures régionales
7 · Les interventions extérieures et leurs conséquences
8 · Un espace fragmenté : vers une stabilisation ?
1Une région au cœur de la géopolitique mondiale
Le Proche-Orient désigne les pays riverains de la Méditerranée orientale (Syrie, Liban, Jordanie, Israël/Palestine, Égypte). Le Moyen-Orient englobe en plus l'Iran, l'Irak, la péninsule Arabique et parfois la Turquie. Ensemble, ils forment une région-charnière entre Europe, Asie et Afrique.
Foyer de conflits. Région où se concentrent des tensions armées répétées, alimentées par des facteurs structurels (ressources, frontières, identités) et des interférences extérieures.
Depuis le XIXe siècle, la région est au cœur de rivalités impérialistes (Empire ottoman, puissances européennes), puis de la décolonisation après 1945 et de la Guerre froide (États-Unis vs URSS). Aujourd'hui, elle concentre :
- 70 % des réserves mondiales prouvées de pétrole ;
- des conflits inter-étatiques et intra-étatiques persistants ;
- des recompositions géopolitiques majeures après le « Printemps arabe » (2010-2011).
Méthode carte. Pour analyser une carte géopolitique, identifiez les acteurs étatiques, les frontières contestées et les axes de communication (détroits d'Ormuz et de Bab el-Mandeb).
2Des ressources pétrolières et gazières convoitées
Le sous-sol du Moyen-Orient concentre les plus grandes réserves d'hydrocarbures du monde. L'Arabie Saoudite, l'Iran, l'Irak, le Koweït et les EAU détiennent à eux seuls plus de 60 % des réserves mondiales de pétrole prouvées.
Pétrole (or noir). Ressource fossile qui représente encore la première source d'énergie mondiale. Son contrôle est un enjeu stratégique majeur, générateur de richesses et de tensions.
| Pays | Réserves prouvées (milliards de barils, 2023) | Poids mondial approx. |
|---|
| Arabie Saoudite | 267 | ~17 % |
| Iran | 208 | ~13 % |
| Irak | 145 | ~9 % |
| Émirats arabes unis | 98 | ~6 % |
| Koweït | 102 | ~6 % |
Cette manne pétrolière explique :
- Les interventions militaires des grandes puissances (guerre du Golfe 1990-1991, invasion de l'Irak en 2003) ;
- Le financement d'États rentiers et de conflits par procuration ;
- Le rôle de l'OPEP (organisation des pays exportateurs de pétrole) fondée en 1960.
Attention ! Richesse pétrolière ne rime pas forcément avec développement : la « malédiction des ressources » ou « Dutch disease » désigne les effets négatifs d'une économie trop centrée sur les exportations d'hydrocarbures (négligence des autres secteurs, corruption, inégalités).
Le détroit d'Ormuz (entre Iran et Oman) est l'un des goulets stratégiques les plus sensibles du monde : 20 % du pétrole mondial y transite. Sa fermeture par l'Iran constitue une menace géopolitique majeure.
3La question palestinienne : un conflit central
La création de l'État d'Israël en 1948 (déclaration Ben Gourion, 14 mai 1948) entraîne la Nakba (« catastrophe » en arabe) : 700 000 Palestiniens fuient ou sont chassés. Depuis lors, le conflit israélo-palestinien est au cœur de la géopolitique régionale.
Nakba. Terme arabe signifiant « catastrophe », désignant l'exode de masse des Palestiniens lors de la guerre de 1948, lors de la création d'Israël.
Chronologie des grandes étapes du conflit :
Frise chronologique du conflit israélo-palestinien et des principales guerres régionales.
Depuis 1967, Israël occupe la Cisjordanie (où des colonies israéliennes se développent, illégales au regard du droit international) et a soumis Gaza à un blocus depuis 2007. La solution à deux États, prônée par la communauté internationale, reste bloquée.
Exemple. La résolution 242 du Conseil de sécurité de l'ONU (1967) demande le retrait israélien des « territoires occupés lors du récent conflit » et la reconnaissance de la souveraineté de chaque État. Elle n'a jamais été pleinement appliquée.
La question palestinienne structure les alliances régionales : l'Iran, le Hezbollah libanais et le Hamas (Gaza) forment l'axe de la « résistance » anti-israélienne, tandis que les pays du Golfe sunnites se rapprochent d'Israël (accords d'Abraham, 2020).
4Des rivalités de puissances régionales
Le Moyen-Orient est marqué par des rivalités entre plusieurs puissances régionales qui cherchent à étendre leur influence :
Schéma des principales puissances régionales en compétition au Moyen-Orient.
- L'Iran : depuis la révolution islamique de 1979 (ayatollah Khomeini), la République islamique exporte son modèle chiite, soutient le Hezbollah libanais, le Hamas à Gaza, les Houthis au Yémen, et cherche à développer un programme nucléaire (crise avec l'Occident).
- L'Arabie Saoudite : monarchie wahhabite sunnite, protégée des États-Unis, elle s'oppose à l'Iran (guerre par procuration au Yémen), exporte un islam conservateur et modernise son économie (Vision 2030, MBS).
- La Turquie : sous Erdogan, elle mène une politique étrangère néo-ottomane (intervention en Syrie, en Libye, soutien aux Frères musulmans), au croisement entre OTAN et monde arabe.
- Israël : seule démocratie libérale de la région, puissance nucléaire non déclarée, en paix avec l'Égypte (1979) et la Jordanie (1994), et désormais avec plusieurs pays du Golfe (accords d'Abraham 2020).
Guerre par procuration. Conflit dans lequel des grandes puissances (ou puissances régionales) s'affrontent indirectement en finançant et armant des acteurs locaux sans s'impliquer directement militairement.
La rivalité irano-saoudienne est la ligne de fracture la plus structurante de la région, opposant chiites et sunnites dans plusieurs pays (Liban, Irak, Bahreïn, Yémen).
5L'islam politique et le terrorisme djihadiste
L'islam politique désigne les mouvements qui cherchent à organiser la vie politique selon les principes de l'islam. Il se décline en tendances très diverses, des plus modérées (Frères musulmans, AKP turc) aux plus radicales (djihadisme, salafisme armé).
Djihadisme. Courant islamiste radical qui prône le recours à la violence armée au nom du jihad (effort/guerre sainte) pour imposer un État islamique. Il se distingue de la grande majorité des musulmans.
L'organisation Al-Qaïda, fondée par Oussama ben Laden, coordonne les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, déclenchant la « guerre contre le terrorisme » et les interventions en Afghanistan (2001) et en Irak (2003).
Après l'intervention américaine en Irak, l'État islamique (Daech / ISIS) émerge en 2013-2014 en Irak et en Syrie. Il proclame un « califat » en 2014 (al-Baghdadi), contrôle un territoire grand comme la Grande-Bretagne, finance sa guerre par le pétrole et la terreur, et est vaincu militairement en 2019 mais reste actif en tant que réseau clandestin.
Attention ! Ne pas confondre islam, islamisme et djihadisme. L'islamisme désigne la volonté de faire de l'islam la source du droit politique ; le djihadisme en est la forme violente et minoritaire. La grande majorité des 1,8 milliard de musulmans rejette ces formes extrémistes.
À retenir. Le « Printemps arabe » (2010-2011) a ouvert un espace pour les partis islamistes modérés (ex. : Ennahda en Tunisie), mais la plupart des transitions ont échoué, laissant place à des guerres civiles ou à des retours autoritaires.
6La guerre en Syrie et les fractures régionales
La Syrie de Bachar al-Assad est le théâtre depuis 2011 d'une guerre civile qui a fait plus de 500 000 morts et provoqué 13 millions de déplacés (dont 6 millions de réfugiés à l'étranger, principalement en Turquie, Liban et Jordanie).
La crise syrienne illustre la complexité des conflits régionaux modernes :
| Acteur | Soutient | Intérêt |
|---|
| Russie | Assad | Base navale de Tartous, influence régionale |
| Iran | Assad (Hezbollah) | Corridor chiite vers Liban |
| États-Unis | Kurdes (FDS) | Lutte contre Daech |
| Turquie | Rebelles sunnites | Bloquer les Kurdes (YPG/PKK) |
| Arabie Saoudite / Qatar | Rebelles islamistes | Contre-Iran, contre-Assad |
Exemple. La reconquête d'Alep par Assad en décembre 2016, avec le soutien de bombardements russes et de troupes iraniennes et du Hezbollah, marque un tournant stratégique dans la guerre. Alep était la 2e ville de Syrie et un symbole de la résistance à Assad.
Schéma cause-conséquence : le cercle vicieux des conflits au Moyen-Orient.
La crise des réfugiés syriens a des répercussions en Europe (crise migratoire de 2015), au Liban (les réfugiés représentent jusqu'à 30 % de la population) et en Jordanie. Elle fragilise la cohésion sociale et politique de ces pays d'accueil.
7Les interventions extérieures et leurs conséquences
Les grandes puissances mondiales (États-Unis, Russie, mais aussi France et Royaume-Uni) ont régulièrement interféré militairement dans la région, souvent avec des conséquences déstabilisatrices à long terme.
Interventionnisme. Politique d'une puissance qui s'implique militairement, économiquement ou diplomatiquement dans les affaires intérieures d'un autre État ou d'une région.
- Guerre du Golfe (1990-1991) : coalition internationale conduite par les États-Unis pour libérer le Koweït envahi par l'Irak de Saddam Hussein. L'Irak est défait mais Saddam reste au pouvoir.
- Invasion de l'Irak (2003) : opération américano-britannique fondée sur de fausses informations (prétendu programme d'armes de destruction massive irakien). Elle déstabilise l'Irak, favorise l'émergence de Daech et renforce l'Iran.
- Intervention en Libye (2011) : sous mandat de l'ONU, coalition occidentale soutient les rebelles contre Kadhafi. Sa mort laisse un vide de pouvoir et un chaos durable.
- Russie en Syrie (2015) : intervention militaire russe directe qui permet à Assad de reprendre l'initiative militaire et consolide la présence russe en Méditerranée.
Attention ! L'intervention extérieure peut paraître justifiée à court terme (protection des civils, lutte contre le terrorisme) mais souvent aggrave les conditions à long terme en créant des vides de pouvoir, en exacerbant les ressentiments nationalistes et en favorisant des groupes armés.
Méthode composition. Pour analyser une intervention extérieure, distinguez : causes officielles (prétexte), causes réelles (enjeux stratégiques/économiques), déroulement, conséquences immédiates et bilan à long terme.
8Un espace fragmenté : vers une stabilisation ?
Aujourd'hui, le Proche et Moyen-Orient est un espace profondément fragmenté, marqué par des États faillis (Liban, Libye, Yémen), des conflits prolongés et des recompositions diplomatiques inédites.
Quelques signaux positifs existent :
- Les accords d'Abraham (2020) : normalisation des relations entre Israël, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan.
- Le rapprochement irano-saoudien (2023, médiation chinoise) : accord pour rétablir leurs relations diplomatiques, rompues en 2016.
- La reconstruction de certains pays (Irak) grâce aux revenus pétroliers retrouvés.
Mais les obstacles à la paix restent considérables : la question palestinienne non résolue, les divisions confessionnelles sunnite/chiite, la prolifération des groupes armés non étatiques (Hezbollah, Houthis, milices irakiennes), et la compétition entre grandes puissances (États-Unis, Russie, Chine).
État failli. État qui n'est plus en mesure d'assurer ses fonctions régaliennes (sécurité, justice, services de base) sur l'ensemble de son territoire. Le Liban, le Yémen et la Libye en sont des exemples actuels.
★À retenir
En bref :
• Le Proche et Moyen-Orient concentre les plus grandes réserves de pétrole mondiales et est depuis 1948 le théâtre de conflits répétés.
• La question palestinienne (non-résolution, occupation israélienne, blocus de Gaza) reste le conflit central de la région.
• L'axe de rivalité Iran (chiite) vs Arabie Saoudite (sunnite) structure les alliances et guerres par procuration régionales.
• Les interventions extérieures (USA 2003, Russie 2015) ont souvent aggravé l'instabilité.
• Le djihadisme (Al-Qaïda, Daech) est né dans ce contexte de chaos et d'ingérences.
• Des recompositions récentes (accords d'Abraham, rapprochement irano-saoudien 2023) esquissent de nouvelles dynamiques sans résoudre les conflits de fond.