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Ces exercices corrigés sur « L'Afrique : enjeux de développement et géopolitique » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en histoire-géographie. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : Un continent aux contrastes multiples, Les dynamiques démographiques, Les inégalités de développement, Les ressources naturelles : atouts et malédiction. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser histoire-géographie en terminale.
Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.
Exercice 1 — Repères chronologiques de la géopolitique africaine
Datez précisément chaque événement et indiquez en une phrase son importance pour la compréhension du continent.
- Les indépendances de la majorité des colonies françaises d'Afrique subsaharienne (l'« année de l'Afrique »).
- L'éclatement du génocide des Tutsi au Rwanda, point de départ d'une trajectoire de reconstruction souvent citée en exemple.
- L'entrée en vigueur effective de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf).
- Le déclenchement de la guerre civile au Soudan opposant l'armée régulière aux paramilitaires.
- Le retrait définitif des dernières forces françaises engagées dans l'opération Barkhane au Sahel.
Méthode : en histoire-géographie, un repère se compose toujours d'une date, d'un acteur et d'une portée. On vérifie la cohérence en reliant la date à son contexte.
1. 1960 : dix-sept États africains accèdent à l'indépendance, dont quatorze anciennes colonies françaises. C'est l'« année de l'Afrique ». Importance : naissance d'États dans des frontières héritées de la colonisation, terreau de tensions futures.
2. 1994 : génocide des Tutsi au Rwanda (environ 800 000 morts en cent jours). Importance : sert ensuite de point de départ à une reconstruction parfois présentée comme un modèle de gouvernance.
3. 2021 : entrée en vigueur de la ZLECAf (signée en 2018, lancée formellement en 2019). Importance : tentative d'intégration économique continentale pour dépasser la faiblesse du commerce intra-africain.
4. Avril 2023 : guerre civile au Soudan entre les Forces armées soudanaises (FAS) du général al-Burhan et les Forces de soutien rapide (RSF) du général Hemeti. Importance : catastrophe humanitaire majeure et illustration de la fragilité étatique.
5. 2022-2023 : retrait de Barkhane du Mali puis du Burkina Faso (2022) et du Niger (2023). Importance : symbole du recul de l'influence militaire française au Sahel.
Exercice 2 — Localiser les espaces clés du continent
Pour chaque description, identifiez le lieu (pays, ville, détroit ou région) concerné.
- Le détroit, contrôlant l'accès sud à la mer Rouge, à proximité duquel se concentrent les bases militaires étrangères (chinoise, américaine, française).
- La mégapole côtière du golfe de Guinée, plus grande agglomération d'Afrique subsaharienne, dont la population dépasse quinze millions d'habitants.
- La région orientale d'un pays d'Afrique centrale où les groupes armés se disputent les mines de coltan et de cobalt.
- Le hub économique d'Afrique de l'Est, surnommé « Silicon Savannah » et berceau du paiement mobile M-Pesa.
- La bande aride traversant le continent d'ouest en est, principal foyer du jihadisme africain.
Méthode : on relie chaque indice (fonction, situation, ressource) à un repère spatial appris en cours, puis on précise sa localisation à l'échelle continentale.
1. Le détroit de Bab-el-Mandeb, à l'entrée de la mer Rouge, près duquel se trouve Djibouti, qui accueille des bases françaises, américaine et la seule base militaire chinoise à l'étranger.
2. Lagos (Nigeria), métropole du golfe de Guinée, première agglomération d'Afrique subsaharienne (plus de 15 millions d'habitants).
3. L'est de la République démocratique du Congo (RDC), notamment le Nord-Kivu, où opère le M23 et où se concentrent coltan et cobalt.
4. Nairobi (Kenya), « Silicon Savannah », berceau du paiement mobile M-Pesa.
5. Le Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad), bande sahélienne entre Sahara et savane, principal foyer du jihadisme (AQMI, EIGS).
Exercice 3 — Vrai ou faux justifié
Indiquez si chaque affirmation est vraie ou fausse et justifiez systématiquement votre réponse par une connaissance précise.
- « L'Afrique forme un ensemble homogène que l'on peut traiter comme un bloc unique. »
- « Une forte croissance démographique constitue en elle-même un frein automatique au développement. »
- « La richesse en matières premières garantit toujours la prospérité d'un pays africain. »
- « Le commerce entre pays africains représente une part comparable à celle observée en Europe. »
- « Le retrait militaire français du Sahel signifie la disparition totale de l'influence française en Afrique. »
Méthode : on évite les réponses tranchées : chaque jugement doit être nuancé par un fait, un chiffre ou un exemple.
1. Faux. L'Afrique compte 54 États très contrastés : puissances émergentes (Nigeria, Kenya), pays d'Afrique du Nord à revenus intermédiaires, États fragiles (Mali, RCA, Soudan). On ne raisonne jamais « en bloc ».
2. Faux. La croissance démographique peut devenir un atout (dividende démographique) si l'État crée des emplois, éduque et nourrit sa population. C'est la capacité d'absorption, non le nombre, qui est déterminante.
3. Faux. C'est même souvent l'inverse (malédiction des ressources) : RDC riche en cobalt mais déchirée par les conflits. Contre-exemple positif : le Botswana et ses diamants.
4. Faux. Le commerce intra-africain ne pèse qu'environ 15 à 17 % des échanges des pays africains, contre près de 60 % en Europe, d'où l'enjeu de la ZLECAf.
5. Faux. Le retrait militaire (Mali, Burkina, Niger) n'efface pas l'influence économique (zone franc CFA, entreprises) ni culturelle (francophonie) de la France.
Exercice 4 — Du fait à l'explication : raisonner en géographe
Pour chaque situation, formulez une explication argumentée en deux ou trois phrases mobilisant une notion du programme.
- Pourquoi les frontières actuelles de l'Afrique sont-elles souvent désignées comme un facteur structurel de conflits.
- Pourquoi certaines puissances étrangères s'intéressent davantage à l'Afrique depuis le lancement de la transition énergétique mondiale.
- Pourquoi la « diplomatie de la non-ingérence » chinoise séduit certains dirigeants africains.
- Pourquoi l'urbanisation rapide du continent constitue à la fois une opportunité et un défi.
- Pourquoi la ZLECAf est présentée comme un levier d'autonomie pour le continent.
Méthode : on part du fait observé, on identifie la notion mobilisable, puis on construit un lien de cause à effet avec un exemple.
1. Les frontières issues de la conférence de Berlin (1884-1885) ont été tracées selon des logiques européennes, divisant des peuples (Touaregs répartis entre plusieurs États) ou rassemblant des groupes rivaux dans un même État. Ce découpage artificiel nourrit les tensions contemporaines.
2. Les véhicules électriques et les énergies renouvelables exigent du cobalt, du lithium et des terres rares dont l'Afrique détient d'immenses réserves (cobalt de RDC). La transition énergétique transforme ces minerais en ressources stratégiques convoitées.
3. La Chine n'assortit pas son aide de conditions politiques (démocratie, droits humains). Des dirigeants y voient un partenariat « sans leçons », contrairement à la conditionnalité occidentale perçue comme un néo-colonialisme.
4. L'urbanisation (Lagos, Kinshasa, Nairobi) crée des marchés, des pôles d'innovation et un dividende démographique potentiel, mais aussi des bidonvilles, un chômage de masse et une pression sur les services publics.
5. En augmentant le commerce intra-africain (aujourd'hui faible), la ZLECAf réduirait la dépendance aux partenaires extérieurs (Chine, UE) et favoriserait une industrialisation et une transformation locale des ressources.
Exercice 5 — Analyse de document : un regard sur le Sahel
Lisez le document puis répondez aux questions guidées en vous appuyant sur le texte et sur vos connaissances.
- Relevez dans le document les pays touchés par des coups d'État depuis 2020 et indiquez les années correspondantes.
- Expliquez l'expression « vide sécuritaire » employée à propos du Sahel.
- Quel acteur a comblé ce vide après le retrait français, et selon quelle logique d'échange ?
- Montrez, à l'aide du document et de vos connaissances, en quoi le Sahel illustre la notion d'« État fragile ».
- Le document affirme que « la situation sécuritaire ne s'est pas améliorée » : comment l'interpréter au regard des changements d'alliances décrits ?
Méthode : on distingue les questions de prélèvement (réponse dans le texte) des questions d'analyse (texte + connaissances). On cite toujours le document.
1. Mali (2020 et 2021), Guinée (2021), Burkina Faso (2022), Niger (2023) — information directement présente au paragraphe 1.
2. Le « vide sécuritaire » désigne l'absence d'une force capable de garantir la sécurité après le départ des troupes françaises (fin de Barkhane), alors que les États sahéliens n'ont pas les moyens de contrôler seuls leur territoire.
3. La Russie, via le groupe Wagner devenu Africa Corps : elle fournit des services de sécurité aux juntes en échange d'un accès aux ressources minières et d'un soutien diplomatique (logique de troc sécurité contre ressources).
4. Un État fragile ne parvient pas à exercer ses fonctions régaliennes (sécurité, justice, services publics) sur tout son territoire. Au Sahel, les attaques jihadistes persistent, des zones échappent au contrôle de l'État et les civils sont les premières victimes : c'est l'illustration même de la fragilité étatique.
5. Le changement d'alliances (départ de la France, arrivée de la Russie, création de l'AES, retrait de la CEDEAO) a modifié la géopolitique régionale mais n'a pas réglé le problème de fond : la menace jihadiste demeure. Cela montre que la sécurité ne dépend pas seulement du choix d'un partenaire extérieur mais de la capacité des États à se reconstruire.
Exercice 6 — Mobiliser le vocabulaire spécialisé
Reliez chaque notion à une définition correcte et donnez un exemple africain illustrant chacune.
- Le « leapfrogging » technologique.
- Le « syndrome hollandais » appliqué à une économie de rente.
- L'« extraversion » d'une économie.
- Le principe de « non-indifférence » défendu par l'Union africaine.
- Le « dividende démographique ».
Méthode : une bonne définition est précise et toujours accompagnée d'un exemple territorialisé pour montrer la maîtrise.
1. Leapfrogging : capacité à sauter une étape technologique en adoptant directement une innovation récente. Exemple : le paiement mobile M-Pesa au Kenya, sans passer par la bancarisation classique.
2. Syndrome hollandais : les recettes massives d'exportation d'une matière première surévaluent la monnaie et freinent l'industrie non extractive. Exemple : le Nigeria, dont le pétrole a marginalisé l'agriculture et l'industrie locales.
3. Extraversion : orientation d'une économie vers l'extérieur, spécialisée dans l'exportation de matières premières brutes plutôt que vers son marché intérieur. Exemple : l'Angola, très dépendant des exportations pétrolières.
4. Non-indifférence : principe inscrit dans l'Acte constitutif de l'UA (2000) autorisant une intervention en cas de génocide, crimes de guerre ou crimes contre l'humanité, rompant avec la non-ingérence classique. Exemple : justification d'interventions de l'UA dans des crises continentales.
5. Dividende démographique : accélération potentielle de la croissance lorsque la part des actifs augmente par rapport aux dépendants. Exemple : potentiel des pays à population très jeune comme l'Éthiopie, à condition de créer des emplois.