À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Immigration et société française depuis le XXe siècle » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en histoire-géographie. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : Notions fondamentales : immigré, étranger, réfugié, Les vagues migratoires avant 1945, L'immigration pendant les Trente Glorieuses (1945-1974), Le tournant de 1974 : fermeture des frontières et regroupement familial. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser histoire-géographie en terminale.
Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.
Exercice 1 — Dater les jalons de l'histoire migratoire
Donnez l'année exacte correspondant à chacun de ces repères majeurs de l'histoire de l'immigration en France.
- Loi renforçant l'accès à la nationalité française par le droit du sol.
- Accords bilatéraux organisant le recrutement de mineurs polonais dans le Nord et la Lorraine.
- Création de l'office public chargé de recruter la main-d'œuvre étrangère après la guerre.
- Circulaire suspendant l'immigration de travail non qualifiée.
- Reconnaissance du droit au regroupement familial par le Conseil d'État.
Méthode : pour un exercice de repères, on mobilise sa mémoire chronologique en s'aidant des grandes ruptures (avant-guerre, Trente Glorieuses, choc pétrolier) pour situer chaque mesure dans son contexte.
Réponses :
• Droit du sol renforcé : 1889 (loi du 26 juin 1889 : l'enfant né en France d'un parent étranger devient français à sa majorité).
• Accords France-Pologne : 1919 (recrutement de dizaines de milliers de mineurs polonais pour les bassins houillers).
• Création de l'ONI (Office National d'Immigration) : 1945, pour répondre aux besoins de la reconstruction.
• Suspension de l'immigration de travail : 1974 (circulaire de juillet, sous le gouvernement Giscard-Chirac, après le choc pétrolier de 1973).
• Regroupement familial reconnu par le Conseil d'État : 1978.
Exercice 2 — Distinguer les notions-clés
Définissez précisément chacune de ces notions en une à deux phrases, en évitant toute confusion entre elles.
- Flux migratoire.
- Naturalisation.
- Politique d'assimilation.
- Demandeur d'asile.
- Communautarisme.
Méthode : une bonne définition associe une catégorie générale et une caractéristique distinctive ; en histoire-géographie, on l'ancre si possible dans le contexte français.
• Flux migratoire : déplacement de population d'un territoire vers un autre ; on distingue les flux entrants (immigration) et sortants (émigration). En France, les flux sont avant tout des entrées depuis le XIXe siècle.
• Naturalisation : acquisition de la nationalité française par une personne née étrangère, par décision de l'administration ou de plein droit. Un immigré naturalisé reste statistiquement « immigré » mais cesse d'être « étranger ».
• Politique d'assimilation : politique visant à faire adopter par les immigrés la langue, les usages et les valeurs de la société d'accueil, au point de les fondre dans la communauté nationale. C'est le cœur du modèle républicain français.
• Demandeur d'asile : personne sollicitant la protection de la France au titre de persécutions et dont le dossier est en cours d'examen par l'OFPRA ; elle n'est pas encore reconnue comme réfugiée.
• Communautarisme : attitude consistant à privilégier l'appartenance à un groupe ethnique, religieux ou culturel sur l'appartenance à la communauté nationale ; le modèle républicain français le refuse au nom de l'égalité individuelle.
Exercice 3 — Vrai ou faux et correction
Indiquez si chaque affirmation est vraie ou fausse, puis justifiez ou rectifiez en une phrase précise.
- La fermeture des frontières de 1974 a fait baisser durablement le nombre total d'immigrés présents en France.
- Un étranger est nécessairement une personne née à l'étranger.
- Dans les années 1930, la France comptait la plus forte proportion d'étrangers d'Europe.
- Avant 1962, les Algériens étaient des étrangers soumis aux mêmes contrôles d'entrée que les autres immigrés.
- Le « million Stoleru » a permis le retour massif des travailleurs immigrés dans leur pays d'origine.
Méthode : pour un vrai/faux, on ne tranche jamais sans justifier ; on corrige précisément l'erreur de l'affirmation fausse.
• Faux. La fermeture n'a pas réduit le nombre d'immigrés : les travailleurs déjà présents sont restés (de peur de ne plus pouvoir revenir) et le regroupement familial a pris le relais. L'immigration a été transformée, pas stoppée.
• Faux. Un étranger est une personne n'ayant pas la nationalité française, qu'elle soit née en France ou à l'étranger ; un enfant né en France de parents étrangers peut être étranger jusqu'à sa majorité.
• Vrai. En 1931, la France dépasse 7 % d'étrangers, première proportion d'Europe, grâce aux Polonais, Italiens, Espagnols et Russes.
• Faux. Entre 1947 et 1962, l'Algérie étant un département français, les Algériens étaient des « sujets français » circulant librement entre l'Algérie et la métropole, sans être traités comme des étrangers.
• Faux. L'aide au retour de Lionel Stoleru (1977-1980) a été un échec : très peu d'immigrés sont partis, beaucoup craignant de ne pouvoir revenir.
Exercice 4 — Relier acteurs, institutions et organismes
Indiquez à quoi correspond chacun de ces acteurs ou organismes et précisez son rôle dans l'histoire de l'immigration.
- OFPRA.
- Sonacotra.
- SOS Racisme.
- Haut Conseil à l'Intégration.
- Défenseur des droits.
Méthode : on identifie d'abord la nature de l'organisme (institution publique, société, association) puis sa fonction et, si possible, sa date de création.
• OFPRA : Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides, établissement public qui instruit les demandes d'asile et reconnaît le statut de réfugié au titre de la Convention de Genève (1951).
• Sonacotra : Société Nationale de Construction de Logements pour les Travailleurs, qui gère à partir des années 1950-1960 les foyers de travailleurs immigrés, souvent en remplacement des bidonvilles.
• SOS Racisme : association antiraciste fondée en 1984 par Harlem Désir, popularisée par le badge « Touche pas à mon pote », en réaction à la montée du Front national.
• Haut Conseil à l'Intégration : instance créée en 1989, chargée de conseiller le gouvernement sur les politiques d'intégration des populations immigrées.
• Défenseur des droits : autorité administrative indépendante créée en 2011, qui a notamment repris la mission de lutte contre les discriminations exercée auparavant par la HALDE (2004).
Exercice 5 — Expliquer un mécanisme migratoire
Rédigez une réponse argumentée de quelques lignes à chacune de ces questions de compréhension.
- Pourquoi la France est-elle devenue un pays d'immigration dès la fin du XIXe siècle, alors que ses voisins étaient plutôt des pays de départ ?
- En quoi le passage de l'immigration de travail à l'immigration familiale après 1974 modifie-t-il le visage de la population immigrée ?
- Pourquoi la mémoire de l'immigration coloniale et postcoloniale pèse-t-elle sur les débats actuels d'intégration ?
Méthode : chaque réponse énonce une thèse, l'explique par un mécanisme (démographique, économique, mémoriel) et l'illustre par un fait précis.
• France pays d'immigration précoce : contrairement à l'Italie, l'Espagne ou la Pologne, la France connaît dès le XIXe siècle une dénatalité chronique. La révolution industrielle crée des besoins massifs de main-d'œuvre que la population française, peu nombreuse, ne peut combler. La France attire donc des Belges, Italiens et Espagnols dans les mines, l'industrie et l'agriculture du Midi.
• De l'immigration de travail à l'immigration familiale : avant 1974, l'immigration est essentiellement masculine (hommes seuls venus travailler, logés en foyers). Après la suspension de 1974 et le développement du regroupement familial, des femmes et des enfants rejoignent les travailleurs : la population immigrée se féminise, rajeunit et s'installe durablement, ce qui pose pour la première fois pleinement la question de l'intégration sur le long terme.
• Poids de la mémoire coloniale : une partie importante de l'immigration vient d'anciennes colonies (Maghreb, Afrique subsaharienne). Le statut ambigu des « sujets » coloniaux, la guerre d'Algérie et les discriminations héritées nourrissent un rapport mémoriel sensible. Cette histoire explique en partie les tensions identitaires et le sentiment, chez certains descendants d'immigrés, d'une intégration inachevée malgré l'égalité juridique proclamée.
Exercice 6 — Analyse de document — Le démantèlement du bidonville de Nanterre
Lisez le témoignage puis répondez aux questions en vous appuyant sur le document et sur vos connaissances.
- Présentez le document : nature, auteur, période évoquée et contexte historique.
- Relevez dans le texte les éléments qui décrivent les conditions de vie des travailleurs immigrés pendant les Trente Glorieuses.
- Expliquez la phrase « On nous disait que nous étions là pour quelque temps ». À quelle conception de l'immigration renvoie-t-elle ?
- Montrez, à l'aide du document et de vos connaissances, en quoi ce témoignage illustre le passage d'une immigration perçue comme temporaire à une installation durable.
Méthode : on présente d'abord rigoureusement le document, on prélève des informations explicites, puis on confronte le texte à ses connaissances pour la question de synthèse.
1. Présentation : il s'agit d'un témoignage (source écrite et subjective) d'un ancien habitant du bidonville de Nanterre, travailleur immigré algérien arrivé au début des années 1960. La période évoquée est celle des Trente Glorieuses, marquée par un recours massif à la main-d'œuvre étrangère pour l'industrie et le BTP en région parisienne.
2. Conditions de vie : le texte décrit des habitats précaires (baraques en planches et tôles), l'absence d'eau courante et d'électricité, la promiscuité (« des centaines de familles entassées ») et l'insalubrité (« dans la boue »). Ces conditions correspondent aux bidonvilles qui se développent à la périphérie des villes avant leur destruction dans les années 1960-1970 et le relogement en cités HLM.
3. « Là pour quelque temps » : cette phrase renvoie à la conception dominante de l'époque, selon laquelle l'immigration de travail est temporaire et utilitaire : les travailleurs sont censés repartir une fois la mission accomplie. Cette vision, portée par les pouvoirs publics, néglige la dimension humaine et durable de l'installation.
4. D'une immigration temporaire à une installation durable : le témoignage montre concrètement le décalage entre l'intention (un séjour provisoire) et la réalité (« beaucoup d'entre nous ne sont jamais repartis »). Avec le relogement, le regroupement familial et la naissance d'enfants français sur le sol national, l'immigration de main-d'œuvre se transforme en installation pérenne. C'est l'illustration locale d'un phénomène national : l'immigration pensée comme provisoire est devenue définitive, posant la question de l'intégration des familles et des générations suivantes.