À propos de cette page
Ce cours de enseignement scientifique en terminale sur « Les défis du numérique » suit le programme officiel de enseignement scientifique de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Numériser l'information : du continu au discret, Le codage binaire : bits et octets, Numériser le son et l'image, Stocker l'information : unités et supports. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en enseignement scientifique.
Au programme
1 · Numériser l'information : du continu au discret
2 · Le codage binaire : bits et octets
3 · Numériser le son et l'image
4 · Stocker l'information : unités et supports
5 · Compresser les données : avec ou sans perte
6 · Sécuriser et protéger les données
7 · Le coût énergétique et environnemental du numérique
1Numériser l'information : du continu au discret
Une information du monde réel (la hauteur d'un son, la couleur d'un point, une température) est souvent continue : elle peut prendre une infinité de valeurs. Un ordinateur, lui, ne manipule que des nombres : il faut donc numériser l'information.
Définition — Numériser. Numériser une information, c'est la transformer en une suite finie de nombres (des entiers), donc en une suite de 0 et de 1, afin qu'elle puisse être stockée, transmise et traitée par une machine.
La numérisation d'un signal continu (comme le son) repose sur deux opérations :
- Échantillonnage : on relève la valeur du signal à intervalles de temps réguliers (la fréquence d'échantillonnage).
- Quantification : on arrondit chaque valeur relevée à l'une des valeurs autorisées (en nombre fini).
Astuce. Plus la fréquence d'échantillonnage et le nombre de valeurs de quantification sont grands, plus la copie numérique est fidèle… mais plus le fichier est lourd. Tout est affaire de compromis qualité/taille.
2Le codage binaire : bits et octets
L'unité élémentaire d'information en informatique est le bit (de l'anglais binary digit), qui vaut 0 ou 1. Avec plusieurs bits, on code des nombres en base 2.
Définition — Bit et octet. Un bit est un chiffre binaire (0 ou 1). Un octet (anglais byte) est un groupe de 8 bits. Avec $n$ bits, on peut coder $2^n$ valeurs différentes.
Convertir un nombre en binaire revient à l'écrire comme somme de puissances de 2. Par exemple, sur un octet :
Exemple — codage de 13. $13 = 8 + 4 + 1 = 1\times 2^3 + 1\times 2^2 + 0\times 2^1 + 1\times 2^0$. En binaire sur 4 bits : $\mathbf{1101}$. Sur un octet : $00001101$.
| Nombre de bits | Valeurs possibles ($2^n$) | Exemple d'usage |
|---|
| 1 bit | 2 | oui / non, vrai / faux |
| 8 bits (1 octet) | 256 | un caractère (code ASCII étendu) |
| 24 bits | ≈ 16,7 millions | une couleur en RVB |
Attention ! Ne confonds pas bit (b minuscule) et octet (B). 1 octet = 8 bits. Les débits internet sont souvent donnés en bits par seconde (Mb/s), les tailles de fichiers en octets (Mo).
3Numériser le son et l'image
Le son. Un son est une variation continue de pression. On l'échantillonne (par exemple 44 100 fois par seconde pour un CD audio) et on quantifie chaque échantillon (par exemple sur 16 bits). Le fichier est alors une longue suite de nombres.
Exemple — taille d'un son. Pour 1 seconde de son mono à 44 100 Hz et 16 bits : $44\,100 \times 16 = 705\,600$ bits, soit environ 88 ko. En stéréo (2 voies), on double : ~176 ko par seconde.
L'image. Une image numérique est une grille de points élémentaires, les pixels. Chaque pixel porte une couleur, codée le plus souvent en RVB (Rouge, Vert, Bleu), chaque composante sur 1 octet, soit 3 octets (24 bits) par pixel.
Définition — Pixel et définition. Un pixel est le plus petit élément d'une image numérique. La définition d'une image est son nombre total de pixels (ex. $1920 \times 1080$).
Exemple — taille d'une image brute. Une image de $1920 \times 1080$ pixels en couleurs RVB (3 octets/pixel) occupe $1920 \times 1080 \times 3 \approx 6,2$ millions d'octets, soit environ 6 Mo non compressés.
Astuce. Que ce soit le son ou l'image, on retrouve toujours la même logique : découper en éléments (échantillons, pixels), puis coder chaque élément par un nombre binaire.
4Stocker l'information : unités et supports
La quantité d'information se mesure en octets et ses multiples. Les préfixes suivent (en première approche) les puissances de 1000.
| Unité | Valeur (≈) | Ordre de grandeur |
|---|
| 1 kilooctet (ko) | $10^3$ octets | une page de texte |
| 1 mégaoctet (Mo) | $10^6$ octets | une photo, une chanson |
| 1 gigaoctet (Go) | $10^9$ octets | un film, des centaines de photos |
| 1 téraoctet (To) | $10^{12}$ octets | un disque dur, des milliers de films |
Supports de stockage. L'information est conservée sur des supports physiques : disques durs magnétiques (HDD), mémoires flash (SSD, clés USB), serveurs de centres de données (data centers) pour le « cloud ». Aucun stockage n'est éternel : les supports vieillissent.
Attention ! Le « cloud » n'est pas immatériel : ce sont des fichiers stockés dans des centres de données bien réels, qui consomment de l'électricité et nécessitent un refroidissement permanent.
5Compresser les données : avec ou sans perte
Les fichiers bruts (son, image, vidéo) sont volumineux. La compression réduit leur taille pour économiser le stockage et accélérer les transferts.
Définition — Compression. Réduire le nombre de bits nécessaires pour représenter une information. On distingue deux familles : sans perte (l'information d'origine est restituée à l'identique) et avec perte (on supprime définitivement des détails peu perceptibles).
| Type | Principe | Exemples de formats |
|---|
| Sans perte | Coder l'information plus efficacement (répétitions, fréquences) | ZIP, PNG, FLAC |
| Avec perte | Supprimer des détails peu perceptibles à l'œil ou à l'oreille | JPEG, MP3, MP4 |
Exemple — taux de compression. Une photo brute de 6 Mo enregistrée en JPEG peut tomber à 0,6 Mo. Le taux de compression est alors $\frac{6}{0,6} = 10$ : le fichier est 10 fois plus léger, au prix d'une légère perte de détails.
Astuce. Choisis sans perte quand chaque détail compte (texte, archive, image médicale) et avec perte quand l'œil ou l'oreille ne verra pas la différence (photo de vacances, musique d'écoute courante).
6Sécuriser et protéger les données
Une fois numérisée, l'information circule sur les réseaux. Elle doit être protégée : confidentialité (que seuls les destinataires y accèdent), intégrité (qu'elle ne soit pas modifiée) et disponibilité.
Définition — Chiffrement (cryptographie). Transformer un message en un message illisible (chiffré) à l'aide d'une clé, de sorte que seul le détenteur de la clé puisse le déchiffrer. C'est la base de la sécurité des communications (paiements, messagerie, sites en « https »).
Autres mesures de protection des données :
- Mots de passe robustes et identification (authentification).
- Sauvegardes régulières pour faire face à une panne ou une attaque.
- Protection des données personnelles : en Europe, le RGPD (2018) encadre la collecte et l'usage des données personnelles.
Attention ! Les données personnelles ont une valeur économique : elles sont collectées par les entreprises (publicité ciblée, profilage). D'où des enjeux d'éthique, de consentement et de respect de la vie privée.
7Le coût énergétique et environnemental du numérique
Chaque action numérique — un message, une vidéo en ligne, une recherche — consomme de l'énergie. Le numérique a donc une empreinte écologique souvent invisible mais réelle.
Trois postes de consommation. L'empreinte du numérique se répartit entre : les terminaux (smartphones, ordinateurs : leur fabrication est très consommatrice), les réseaux (transport des données) et les centres de données (data centers : fonctionnement et refroidissement permanents).
Le numérique représente environ 3 à 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, une part comparable à celle du transport aérien et en forte croissance. C'est un défi car le numérique est aussi un outil de la transition (optimisation, télétravail, modélisation du climat) : il faut donc un usage sobre.
Astuce — la sobriété numérique. Allonger la durée de vie des appareils, limiter le streaming en très haute définition inutile, supprimer les données superflues : autant de gestes qui réduisent l'empreinte du numérique sans renoncer à ses bénéfices.
★À retenir
En bref :
• Numériser, c'est transformer une information en suite de 0 et 1 ; pour un signal continu, on procède par échantillonnage puis quantification.
• L'unité de base est le bit ; 1 octet = 8 bits ; avec $n$ bits on code $2^n$ valeurs. Son (échantillons) et image (pixels RVB) suivent la même logique.
• On mesure le stockage en octets et multiples (ko, Mo, Go, To) ; le volume mondial de données explose.
• La compression réduit la taille, sans perte (PNG, ZIP) ou avec perte (JPEG, MP3).
• Les données se sécurisent (chiffrement, mots de passe, sauvegardes) et se protègent (RGPD).
• Le numérique a un coût énergétique (~3-4 % des émissions mondiales), dominé par la fabrication des terminaux : d'où l'enjeu de sobriété numérique.