À propos de cette page
Nourrir une humanité en croissance
La planète compte aujourd'hui plus de 8,2 milliards d'habitants, et ce chiffre continue d'augmenter chaque année. Produire assez de nourriture pour tous, tout en préservant les ressources de la planète, est l'un des grands défis du XXIe siècle.
Pour être en sécurité alimentaire, il ne suffit pas qu'un pays produise de la nourriture : encore faut-il que cette nourriture soit accessible à tous, disponible régulièrement et de bonne qualité nutritionnelle. C'est pourquoi certains pays qui produisent beaucoup de céréales comptent malgré tout des habitants sous-alimentés : le problème est souvent celui de la répartition et de l'accès, plus que celui de la quantité produite.
Une alimentation très inégale dans le monde
Malgré les progrès de l'agriculture mondiale, l'accès à la nourriture reste profondément inégal selon les régions du monde.
Lecture : environ 9 personnes sur 100 dans le monde ne mangent pas suffisamment, tandis que près de 4 sur 10 consomment trop de calories.
La sous-alimentation touche surtout l'Afrique subsaharienne et certaines régions d'Asie du Sud, où la pauvreté, le manque de terres fertiles et les aléas climatiques limitent la production. La suralimentation, elle, concerne davantage les pays riches et les classes urbaines aisées des pays émergents.
Deux grands systèmes agricoles : vivrier et productiviste
Il n'existe pas une seule façon de cultiver la terre. On distingue schématiquement deux grands modèles agricoles, même si de nombreuses formes intermédiaires existent.
| Critère | Agriculture vivrière | Agriculture productiviste |
|---|---|---|
| Objectif | Nourrir la famille de l'agriculteur | Produire en grande quantité pour vendre |
| Outils | Outils rudimentaires, traction animale | Machines, engrais et pesticides (intrants) |
| Surfaces | Petites parcelles | Grandes exploitations mécanisées |
| Exemples | Sahel, Asie du Sud-Est rurale | Plaines d'Europe, Midwest américain |
L'écart entre ces rendements montre pourquoi les paysans pratiquant l'agriculture vivrière restent très vulnérables : une mauvaise saison des pluies peut réduire de moitié une récolte déjà modeste, alors qu'une exploitation productiviste dispose de réserves et d'assurances.
Du champ à l'assiette : circuits courts et circuits longs
Une fois récoltés, les aliments doivent être transportés, parfois transformés, puis vendus. Le chemin qu'ils empruntent entre le champ et l'assiette peut être plus ou moins long.
Circuit long : l'aliment passe par plusieurs étapes — transformation, transport longue distance, grossiste, distributeur — avant d'arriver dans l'assiette du consommateur.
Les circuits longs permettent de nourrir les grandes villes toute l'année, même hors saison, grâce à des produits venus d'ailleurs. Mais ils augmentent le nombre d'intermédiaires (donc le prix final) et l'empreinte environnementale liée au transport.
Les limites environnementales de l'agriculture productiviste
L'agriculture productiviste permet de nourrir un grand nombre de personnes, mais elle a aussi des conséquences négatives sur l'environnement.
- Pollution des sols et de l'eau : les nitrates des engrais et les résidus de pesticides s'infiltrent dans les nappes phréatiques et les rivières.
- Déforestation : de vastes forêts sont défrichées pour créer de nouvelles terres agricoles, notamment pour les cultures d'exportation (soja, huile de palme) et l'élevage.
- Épuisement des sols : la monoculture répétée sur les mêmes parcelles appauvrit la terre à long terme.
Vers une meilleure sécurité alimentaire
Face à ces défis, plusieurs pistes permettent d'améliorer la sécurité alimentaire mondiale, sans se limiter à produire toujours plus.
L'agroécologie s'inspire des équilibres naturels (rotation des cultures, haies, compost) pour cultiver sans dépendre des produits chimiques. Des organisations internationales comme la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) et le PAM (Programme alimentaire mondial) coordonnent l'aide alimentaire d'urgence et accompagnent les pays vers des systèmes plus résilients.
Réduire le gaspillage alimentaire — environ un tiers de la nourriture produite dans le monde est perdue ou jetée — est aussi une piste importante : cela reviendrait à nourrir des centaines de millions de personnes supplémentaires sans produire un hectare de plus.
- La sécurité alimentaire suppose disponibilité, accès, qualité et stabilité de l'alimentation, pas seulement une production suffisante.
- L'alimentation mondiale est inégale : sous-alimentation dans certaines régions (Afrique subsaharienne, Asie du Sud), suralimentation ailleurs.
- L'agriculture vivrière nourrit la famille du paysan ; l'agriculture productiviste vise de hauts rendements pour la vente, grâce aux intrants et à la mécanisation.
- Les aliments suivent des circuits courts (peu d'intermédiaires) ou des circuits longs (transformation, transport, distribution).
- L'agriculture productiviste pollue, déforeste et épuise les sols.
- La souveraineté alimentaire (produire soi-même) est différente de la sécurité alimentaire (accès pour tous). La FAO et le PAM luttent contre la faim dans le monde.
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