À propos de cette page
Ce cours de géographie en sixième sur « Nourrir les hommes » suit le programme officiel de géographie de sixième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Une humanité inégalement nourrie, L'agriculture mondiale : diversité des systèmes, L'agriculture vivrière dans les pays du Sud, L'agriculture commerciale et intensive. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de sixième à réussir en géographie.
Au programme
1 · Une humanité inégalement nourrie
2 · L'agriculture mondiale : diversité des systèmes
3 · L'agriculture vivrière dans les pays du Sud
4 · L'agriculture commerciale et intensive
5 · Les défis de la sécurité alimentaire
6 · L'agriculture durable face aux enjeux environnementaux
7 · La chaîne alimentaire mondiale et le rôle du commerce
1Une humanité inégalement nourrie
En 2024, la planète compte plus de 8 milliards d'habitants. Produire suffisamment de nourriture pour tous est l'un des grands défis de l'humanité. Or, l'accès à la nourriture est profondément inégal à travers le monde.
Définition. La sous-alimentation est une situation dans laquelle une personne ne consomme pas assez de calories pour mener une vie normale et active. On compte environ 700 à 800 millions de personnes sous-alimentées dans le monde, soit près de 10 % de la population mondiale.
La sous-alimentation touche principalement l'Afrique subsaharienne et certaines régions d'Asie du Sud. À l'inverse, des pays riches comme les États-Unis ou la France connaissent des problèmes de suralimentation et d'obésité.
Attention ! Sous-alimentation et malnutrition sont deux choses différentes. La malnutrition désigne un manque de vitamines ou de nutriments essentiels, même chez une personne qui mange suffisamment en quantité.
Les inégalités alimentaires sont liées à plusieurs facteurs : la pauvreté, l'absence de terres cultivables, les guerres, les sécheresses et les inondations, ainsi que le mauvais accès aux marchés.
Exemple. Le Sahel (bande d'Afrique entre le Sahara et les savanes tropicales) est régulièrement frappé par des famines liées aux sécheresses et aux conflits armés.
2L'agriculture mondiale : diversité des systèmes
Il n'existe pas une seule façon de cultiver la terre. Les géographes distinguent plusieurs systèmes agricoles qui varient selon le niveau de développement des pays, les conditions naturelles et les traditions culturelles.
| Système agricole | Caractéristiques | Régions concernées |
|---|
| Agriculture vivrière | Produit pour la famille, peu de surplus | Afrique subsaharienne, Asie du Sud-Est |
| Agriculture commerciale | Produit pour vendre sur les marchés | Amérique du Nord, Europe, Brésil |
| Agriculture intensive | Rendements élevés, mécanisation, intrants chimiques | Plaines d'Europe, Midwest américain |
| Agriculture extensive | Grandes superficies, faibles rendements à l'hectare | Australie, Argentine, Canada |
| Agriculture durable | Respect de l'environnement, circuits courts | En développement dans le monde entier |
Définition. Le rendement agricole mesure la quantité de nourriture produite par hectare de terre cultivée. Il est exprimé en quintaux par hectare (q/ha) ou en tonnes par hectare (t/ha).
Les pays du Nord (Europe, Amérique du Nord, Australie) pratiquent souvent une agriculture intensive et commerciale grâce à la mécanisation et aux engrais. Les pays du Sud conservent davantage une agriculture vivrière traditionnelle, même si des évolutions se produisent.
3L'agriculture vivrière dans les pays du Sud
Dans de nombreux pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine, des millions de paysans pratiquent une agriculture vivrière : ils cultivent des céréales, des légumes et des tubercules destinés à nourrir leur propre famille.
Définition. L'agriculture vivrière (ou de subsistance) est une forme d'agriculture dans laquelle la production est principalement destinée à la consommation de la famille de l'agriculteur, avec peu ou pas de surplus commercialisables.
Les outils utilisés sont souvent rudimentaires (houe, araire tirée par des animaux), les surfaces cultivées sont petites et les rendements faibles. Ces agriculteurs sont très vulnérables aux aléas climatiques : une sécheresse ou une inondation peut détruire toute une récolte et provoquer une famine.
Exemple. Au Mali et au Niger, les agriculteurs cultivent principalement du mil, du sorgho et du maïs. Une saison des pluies insuffisante peut réduire la récolte de moitié et engendrer une grave insécurité alimentaire.
La révolution verte (années 1960-1970) a permis d'introduire des semences améliorées et des engrais dans certains pays du Sud (Inde, Asie du Sud-Est), augmentant considérablement les rendements. Cependant, ces techniques ont aussi eu des effets négatifs sur l'environnement et n'ont pas toujours profité aux paysans les plus pauvres.
Astuce. Pour mémoriser les différences : agriculture vivrière = pour manger soi-même ; agriculture commerciale = pour vendre sur le marché.
4L'agriculture commerciale et intensive
Dans les pays développés, l'agriculture est très différente. Elle est fortement mécanisée et utilise des intrants (engrais, pesticides, herbicides) pour obtenir des rendements très élevés.
Définition. Les intrants sont les produits ajoutés au sol ou aux cultures pour augmenter les rendements : engrais chimiques (azote, phosphore, potassium), pesticides contre les ravageurs, herbicides contre les mauvaises herbes.
Les États-Unis, l'Union européenne, le Brésil et la Chine sont les principales puissances agricoles mondiales. Ils exportent d'énormes quantités de céréales (blé, maïs, riz), de soja, de viande et de produits transformés vers le reste du monde.
Exemple. Le « Breadbasket » (grenier à blé) américain dans le Midwest produit des dizaines de millions de tonnes de maïs et de blé chaque année, grâce à des exploitations de plusieurs centaines d'hectares équipées de machines agricoles géantes.
En France, la région de la Beauce (entre Paris et Orléans) est un exemple d'agriculture intensive céréalière : les exploitations sont grandes, mécanisées, et les rendements en blé atteignent 70 à 90 quintaux par hectare.
Attention ! L'agriculture intensive produit beaucoup mais pollue les eaux souterraines avec les nitrates et les pesticides, et épuise les sols à long terme.
Certaines régions tropicales (Brésil, Côte d'Ivoire, Malaisie) ont développé des cultures d'exportation : café, cacao, soja, huile de palme. Ces cultures commerciales peuvent concurrencer les cultures vivrières et menacer la souveraineté alimentaire des pays concernés.
5Les défis de la sécurité alimentaire
Le défi principal de la géographie alimentaire mondiale est d'assurer la sécurité alimentaire pour toute la population mondiale, en constante croissance.
Définition. La sécurité alimentaire est atteinte lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, accès physique, social et économique à une alimentation suffisante, saine et nutritive, leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et alimentaires.
Les obstacles à la sécurité alimentaire sont nombreux :
- La pauvreté : même si la nourriture existe, de nombreuses personnes n'ont pas les moyens de l'acheter.
- Les conflits armés : les guerres détruisent les cultures, bloquent les routes d'approvisionnement et provoquent des déplacements de population.
- Le changement climatique : la multiplication des sécheresses, inondations et ouragans menace les récoltes.
- Le gaspillage alimentaire : environ 1/3 de la nourriture produite dans le monde est perdue ou gaspillée (FAO, 2023).
Les organisations internationales comme la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) et le PAM (Programme alimentaire mondial) travaillent à lutter contre la faim dans le monde.
Exemple. Le Yémen, en guerre depuis 2015, connaît l'une des pires crises alimentaires du monde : des millions de personnes dépendent de l'aide humanitaire pour survivre.
6L'agriculture durable face aux enjeux environnementaux
Face aux problèmes écologiques causés par l'agriculture intensive, de nouvelles formes d'agriculture plus respectueuses de l'environnement se développent : on parle d'agriculture durable.
Définition. L'agriculture durable cherche à répondre aux besoins alimentaires actuels sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Elle préserve les sols, l'eau, la biodiversité et limite les émissions de gaz à effet de serre.
Parmi les pratiques durables, on trouve :
- L'agriculture biologique : sans pesticides ni engrais chimiques de synthèse.
- L'agroécologie : qui imite les processus naturels pour cultiver (rotation des cultures, haies, compost…).
- Les circuits courts : le paysan vend directement au consommateur, réduisant les transports et les intermédiaires.
- L'agriculture urbaine : jardins partagés, toits potagers dans les villes.
Astuce. L'agriculture durable répond à trois objectifs : économique (nourrir les hommes), social (assurer des revenus aux agriculteurs) et environnemental (protéger la planète).
Des pays comme la France s'engagent à augmenter la part de l'agriculture biologique pour atteindre 25 % des surfaces agricoles en 2030 (Plan bio du gouvernement français).
Exemple. À Marseille et dans sa région, des AMAP (Associations pour le Maintien de l'Agriculture Paysanne) permettent aux habitants d'acheter chaque semaine un panier de légumes produits localement par des agriculteurs proches.
7La chaîne alimentaire mondiale et le rôle du commerce
La mondialisation a profondément transformé notre alimentation. Aujourd'hui, les aliments que nous consommons peuvent venir de très loin : des tomates du Maroc, du soja du Brésil, du cacao de Côte d'Ivoire…
Définition. La mondialisation alimentaire désigne la mise en relation des marchés agricoles à l'échelle mondiale : les aliments circulent entre les continents en fonction des prix, des accords commerciaux et des habitudes de consommation.
Le commerce agricole mondial est dominé par quelques grandes puissances exportatrices :
- Le blé : Russie, États-Unis, Canada, Union européenne.
- Le riz : Thaïlande, Vietnam, Inde.
- Le maïs : États-Unis, Brésil, Argentine.
- Le café et le cacao : Brésil, Côte d'Ivoire, Cameroun.
Des entreprises agroalimentaires multinationales (Nestlé, Cargill, Danone, Archer Daniels Midland) contrôlent une grande partie des échanges et de la transformation des aliments à l'échelle mondiale. Leur puissance économique dépasse parfois celle de certains États.
Attention ! La mondialisation alimentaire peut fragiliser les pays pauvres : si les prix mondiaux du blé augmentent, des millions de personnes ne peuvent plus se nourrir. C'est ce qui s'est passé lors de la crise alimentaire de 2007-2008.
Pour se protéger, certains pays cherchent à développer leur souveraineté alimentaire : la capacité à produire eux-mêmes les aliments dont leur population a besoin, sans dépendre uniquement des importations.
★À retenir
À retenir — Nourrir les hommes :
• Environ 800 millions de personnes sont sous-alimentées dans le monde, surtout en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud.
• Il existe plusieurs types d'agriculture : vivrière (pour se nourrir), commerciale (pour vendre), intensive (rendements élevés), durable (respectueuse de l'environnement).
• La sécurité alimentaire est menacée par la pauvreté, les conflits, le changement climatique et le gaspillage.
• La mondialisation fait circuler les aliments à travers la planète, mais crée aussi des inégalités et des dépendances.
• La FAO et le PAM sont les principales organisations internationales qui luttent contre la faim.
• L'agriculture durable (bio, agroécologie, circuits courts) cherche à nourrir les hommes tout en préservant la planète.