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Collège · 6ᵉ · Géographie

Nourrir les hommes

Agriculture et alimentation dans le monde

À propos de cette page
Ce cours de géographie en sixième sur « Nourrir les hommes » suit le programme officiel de géographie de sixième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Nourrir une humanité en croissance, Une alimentation très inégale dans le monde, Deux grands systèmes agricoles : vivrier et productiviste, Du champ à l'assiette : circuits courts et circuits longs. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de sixième à réussir en géographie.
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Nourrir une humanité en croissance

La planète compte aujourd'hui plus de 8,2 milliards d'habitants, et ce chiffre continue d'augmenter chaque année. Produire assez de nourriture pour tous, tout en préservant les ressources de la planète, est l'un des grands défis du XXIe siècle.

Définition. La sécurité alimentaire désigne la situation dans laquelle tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique, social et économique à une alimentation suffisante, saine et nutritive.

Pour être en sécurité alimentaire, il ne suffit pas qu'un pays produise de la nourriture : encore faut-il que cette nourriture soit accessible à tous, disponible régulièrement et de bonne qualité nutritionnelle. C'est pourquoi certains pays qui produisent beaucoup de céréales comptent malgré tout des habitants sous-alimentés : le problème est souvent celui de la répartition et de l'accès, plus que celui de la quantité produite.

Astuce. Retiens les quatre piliers de la sécurité alimentaire : la disponibilité (il y a de la nourriture), l'accès (on peut se la procurer), la qualité (elle est saine et variée) et la stabilité (cela dure dans le temps, sans crise).
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Une alimentation très inégale dans le monde

Malgré les progrès de l'agriculture mondiale, l'accès à la nourriture reste profondément inégal selon les régions du monde.

Définition. La sous-alimentation touche une personne qui ne consomme pas assez de calories pour mener une vie active et en bonne santé. À l'inverse, la suralimentation désigne une consommation excessive de calories, qui favorise le surpoids et l'obésité.

Lecture : environ 9 personnes sur 100 dans le monde ne mangent pas suffisamment, tandis que près de 4 sur 10 consomment trop de calories.

La sous-alimentation touche surtout l'Afrique subsaharienne et certaines régions d'Asie du Sud, où la pauvreté, le manque de terres fertiles et les aléas climatiques limitent la production. La suralimentation, elle, concerne davantage les pays riches et les classes urbaines aisées des pays émergents.

Attention ! Ne confondez pas sous-alimentation (pas assez de calories) et malnutrition (manque de vitamines ou de nutriments essentiels). On peut être malnutri tout en mangeant suffisamment de calories, si l'alimentation est déséquilibrée.
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Deux grands systèmes agricoles : vivrier et productiviste

Il n'existe pas une seule façon de cultiver la terre. On distingue schématiquement deux grands modèles agricoles, même si de nombreuses formes intermédiaires existent.

CritèreAgriculture vivrièreAgriculture productiviste
ObjectifNourrir la famille de l'agriculteurProduire en grande quantité pour vendre
OutilsOutils rudimentaires, traction animaleMachines, engrais et pesticides (intrants)
SurfacesPetites parcellesGrandes exploitations mécanisées
ExemplesSahel, Asie du Sud-Est ruralePlaines d'Europe, Midwest américain
Définition. Le rendement agricole mesure la quantité récoltée par unité de surface, en quintaux par hectare (q/ha). Il permet de comparer l'efficacité de différents systèmes agricoles.

L'écart entre ces rendements montre pourquoi les paysans pratiquant l'agriculture vivrière restent très vulnérables : une mauvaise saison des pluies peut réduire de moitié une récolte déjà modeste, alors qu'une exploitation productiviste dispose de réserves et d'assurances.

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Du champ à l'assiette : circuits courts et circuits longs

Une fois récoltés, les aliments doivent être transportés, parfois transformés, puis vendus. Le chemin qu'ils empruntent entre le champ et l'assiette peut être plus ou moins long.

Circuit court : un aliment est vendu directement du producteur au consommateur, ou avec un seul intermédiaire (marché local, vente à la ferme).
Circuit long : l'aliment passe par plusieurs étapes — transformation, transport longue distance, grossiste, distributeur — avant d'arriver dans l'assiette du consommateur.
Exemple. Un panier de légumes acheté directement à un maraîcher local suit un circuit court. Un paquet de riz cultivé en Asie du Sud-Est, transformé, emballé puis vendu dans un supermarché européen a parcouru un circuit long, souvent sur plusieurs milliers de kilomètres.

Les circuits longs permettent de nourrir les grandes villes toute l'année, même hors saison, grâce à des produits venus d'ailleurs. Mais ils augmentent le nombre d'intermédiaires (donc le prix final) et l'empreinte environnementale liée au transport.

Astuce. Plus il y a d'intermédiaires entre le producteur et toi, plus le circuit est « long ». Compte les étapes pour savoir si un circuit est court ou long !
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Les limites environnementales de l'agriculture productiviste

L'agriculture productiviste permet de nourrir un grand nombre de personnes, mais elle a aussi des conséquences négatives sur l'environnement.

Définition. Les intrants sont les produits ajoutés aux cultures pour augmenter les rendements : engrais chimiques, pesticides, herbicides.
  • Pollution des sols et de l'eau : les nitrates des engrais et les résidus de pesticides s'infiltrent dans les nappes phréatiques et les rivières.
  • Déforestation : de vastes forêts sont défrichées pour créer de nouvelles terres agricoles, notamment pour les cultures d'exportation (soja, huile de palme) et l'élevage.
  • Épuisement des sols : la monoculture répétée sur les mêmes parcelles appauvrit la terre à long terme.
Attention ! Une culture d'exportation très rentable (café, cacao, huile de palme) peut prendre la place des cultures vivrières locales : les paysans gagnent de l'argent, mais leur pays devient plus dépendant des importations pour se nourrir.
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Vers une meilleure sécurité alimentaire

Face à ces défis, plusieurs pistes permettent d'améliorer la sécurité alimentaire mondiale, sans se limiter à produire toujours plus.

L'agroécologie s'inspire des équilibres naturels (rotation des cultures, haies, compost) pour cultiver sans dépendre des produits chimiques. Des organisations internationales comme la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) et le PAM (Programme alimentaire mondial) coordonnent l'aide alimentaire d'urgence et accompagnent les pays vers des systèmes plus résilients.

Définition. La souveraineté alimentaire est la capacité d'un pays à produire lui-même l'essentiel de la nourriture dont sa population a besoin, sans dépendre uniquement des importations. Elle ne doit pas être confondue avec la sécurité alimentaire, qui concerne l'accès de chaque personne à une alimentation suffisante, quelle que soit son origine.

Réduire le gaspillage alimentaire — environ un tiers de la nourriture produite dans le monde est perdue ou jetée — est aussi une piste importante : cela reviendrait à nourrir des centaines de millions de personnes supplémentaires sans produire un hectare de plus.

À retenir — Nourrir les hommes
  • La sécurité alimentaire suppose disponibilité, accès, qualité et stabilité de l'alimentation, pas seulement une production suffisante.
  • L'alimentation mondiale est inégale : sous-alimentation dans certaines régions (Afrique subsaharienne, Asie du Sud), suralimentation ailleurs.
  • L'agriculture vivrière nourrit la famille du paysan ; l'agriculture productiviste vise de hauts rendements pour la vente, grâce aux intrants et à la mécanisation.
  • Les aliments suivent des circuits courts (peu d'intermédiaires) ou des circuits longs (transformation, transport, distribution).
  • L'agriculture productiviste pollue, déforeste et épuise les sols.
  • La souveraineté alimentaire (produire soi-même) est différente de la sécurité alimentaire (accès pour tous). La FAO et le PAM luttent contre la faim dans le monde.
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