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Histoire · Classe de 5ᵉ

L'Église et le pouvoir politique au Moyen Âge

Papes, rois et querelle des investitures

À propos de cette page
Ce cours de histoire en cinquième sur « L'Église et le pouvoir politique au Moyen Âge » suit le programme officiel de histoire de cinquième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'Église, une institution puissante en Occident, L'organisation de l'Église : du pape au curé de village, La réforme grégorienne et l'affirmation de la papauté, La querelle des investitures : pape contre empereur. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de cinquième à réussir en histoire.
Au programme
1 · L'Église, une institution puissante en Occident
2 · L'organisation de l'Église : du pape au curé de village
3 · La réforme grégorienne et l'affirmation de la papauté
4 · La querelle des investitures : pape contre empereur
5 · Canossa : l'humiliation de l'empereur (1077)
6 · Les croisades : l'Église mobilise l'Occident
7 · L'Église face aux hérésies et à la dissidence
1L'Église, une institution puissante en Occident

Au Moyen Âge, l'Église catholique est l'institution la plus puissante d'Occident. Elle encadre la vie de tous les chrétiens, de la naissance jusqu'à la mort, grâce aux sacrements (baptême, mariage, eucharistie, extrême-onction…). Sans appartenir à l'Église, un homme est exclu de la société et risque la damnation éternelle.

Définition. L'Église (avec majuscule) désigne l'institution religieuse catholique et sa hiérarchie. L'église (avec minuscule) désigne le bâtiment.

L'Église possède d'immenses richesses : des terres (environ un tiers des terres d'Occident), des dîmes (impôt équivalent à 1/10 de la récolte) et des dons des fidèles. Grâce à ces revenus, elle finance des cathédrales, des hôpitaux et des écoles.

L'Église est aussi la seule institution qui dépasse les frontières des royaumes : elle unit tous les chrétiens d'Europe sous l'autorité du pape, évêque de Rome et successeur de saint Pierre. C'est ce que l'on appelle la chrétienté occidentale.

Exemple. Charlemagne, roi des Francs, est couronné Empereur d'Occident par le pape Léon III en l'an 800. Ce geste montre que l'Église peut légitimer le pouvoir des souverains.
2L'organisation de l'Église : du pape au curé de village

L'Église est organisée comme une pyramide hiérarchique :

ÉchelonRôle
Le papeChef suprême de l'Église, basé à Rome. Il fixe la doctrine et gouverne l'Église universelle.
Les cardinauxConseillers du pape. Depuis 1059, ils élisent le nouveau pape lors du conclave.
Les archevêques et évêquesDirigent les archidiocèses et les diocèses (territoires ecclésiaux).
Les curésPrêtres des paroisses (villages, quartiers). Célèbrent les messes et administrent les sacrements.

À côté du clergé séculier (prêtres, évêques qui vivent dans le monde), il existe le clergé régulier : les moines et moniales qui vivent reclus dans des monastères selon une règle (du latin regula). Les bénédictins suivent la règle de saint Benoît.

Définition. Le diocèse est une circonscription de l'Église placée sous l'autorité d'un évêque. La paroisse est la plus petite unité territoriale de l'Église, dirigée par un curé.
3La réforme grégorienne et l'affirmation de la papauté

Aux IXe–Xe siècles, l'Église connaît une grave crise : simonie (achat et vente des charges religieuses), nicolaïsme (mariage des prêtres), et surtout l'investiture laïque — les seigneurs et les rois nomment eux-mêmes les évêques, souvent contre de l'argent.

Définition. La simonie est l'achat ou la vente de fonctions ou de sacrements religieux. C'est un péché grave pour l'Église médiévale.

Pour purifier l'Église, une réforme s'organise au XIe siècle, portée notamment par les moines de Cluny (abbaye fondée en Bourgogne en 910). Ils prônent l'indépendance de l'Église vis-à-vis des pouvoirs laïcs.

Le pape Nicolas II organise en 1059 le décret sur l'élection pontificale : désormais, le pape est élu par les seuls cardinaux, sans intervention des empereurs ou des rois. C'est une étape fondamentale pour affirmer l'indépendance de la papauté.

À retenir. La réforme grégorienne (du nom du pape Grégoire VII, 1073-1085) vise à libérer l'Église de la tutelle des laïcs et à affirmer la suprématie du pape sur tous les pouvoirs, y compris les souverains.
4La querelle des investitures : pape contre empereur

La grande crise entre le pape et le pouvoir politique éclate avec la querelle des investitures. L'investiture est la cérémonie par laquelle on remet à un évêque les symboles de sa charge (l'anneau et la crosse). La question centrale est : qui a le droit de nommer les évêques, le pape ou le roi ?

Définition. L'investiture est la prise de possession d'une charge ecclésiastique. La querelle des investitures oppose la papauté aux empereurs du Saint-Empire romain germanique à la fin du XIe siècle.

En 1075, le pape Grégoire VII publie le Dictatus papae (dictées du pape) : un texte de 27 propositions affirmant que le pape est supérieur à tous les souverains et peut les déposer. Il interdit l'investiture laïque.

L'empereur Henri IV (Saint-Empire romain germanique) refuse d'obéir et continue de nommer des évêques. En 1076, Grégoire VII prend des mesures radicales :

  • Il excommunie Henri IV (l'exclut de la communauté chrétienne).
  • Il délite les sujets de Henri IV de leur serment de fidélité envers lui.
Attention ! L'excommunication n'est pas seulement une sanction religieuse : elle a des effets politiques énormes car un souverain excommunié perd la légitimité de son pouvoir. Ses vassaux peuvent s'en libérer.
5Canossa : l'humiliation de l'empereur (1077)

En janvier 1077, l'empereur Henri IV se retrouve dans une situation désespérée. Ses princes refusent de lui obéir et menacent de l'élire un autre roi. Il décide alors de se rendre au château de Canossa (en Italie), où séjourne le pape Grégoire VII.

Selon les chroniques, Henri IV se présente trois jours durant pieds nus dans la neige, vêtu du cilice (vêtement de pénitent), suppliant le pape de le relever de l'excommunication. Grégoire VII finit par l'absoudre.

Exemple. L'expression « aller à Canossa » est restée dans les langues européennes pour signifier : s'humilier, faire amende honorable devant quelqu'un. C'est la mesure du retentissement de cet épisode dans toute l'Europe médiévale.

La querelle ne s'arrête pas pour autant : Henri IV reprend le conflit, impose un antipape (Clément III) et assiège Rome. Le conflit se conclut définitivement par le concordat de Worms en 1122 : un compromis est trouvé entre le pape Calixte II et l'empereur Henri V. L'Église nomme les évêques pour leur mission spirituelle, et l'empereur les investit pour leurs fiefs temporels.

Définition. Le concordat de Worms (1122) est l'accord qui met fin à la querelle des investitures en distinguant l'investiture spirituelle (par le pape) et l'investiture temporelle (par l'empereur).
6Les croisades : l'Église mobilise l'Occident

L'Église affirme aussi son pouvoir en lançant les croisades, des expéditions militaires vers la Terre sainte (Palestine). En 1095, le pape Urbain II appelle, au concile de Clermont, les chevaliers chrétiens à reprendre Jérusalem aux Turcs seldjoukides (musulmans) qui menacent les pèlerins.

Définition. Une croisade est une expédition militaire organisée par la papauté, au nom de la foi chrétienne, pour défendre ou reprendre des territoires chrétiens, notamment la Terre sainte.

La première croisade (1096-1099) aboutit à la prise de Jérusalem en 1099. Les croisés fondent des États latins d'Orient : le royaume de Jérusalem, les comtés d'Antioche et d'Édesse, la principauté de Tripoli.

Au total, huit croisades majeures se succèdent entre 1096 et 1270. La troisième croisade (1189-1192) oppose le roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion au sultan musulman Saladin, qui avait repris Jérusalem en 1187. La croisade ne récupère pas Jérusalem mais obtient un accès aux Lieux saints pour les pèlerins.

Attention ! Les croisades ne sont pas seulement religieuses : elles ont aussi des motivations économiques (routes commerciales) et politiques. Elles renforcent les échanges entre l'Occident et l'Orient.
7L'Église face aux hérésies et à la dissidence

L'Église s'efforce de maintenir l'unité de la foi chrétienne en combattant les hérésies, c'est-à-dire les croyances qui s'écartent de la doctrine officielle.

Définition. Une hérésie est une doctrine religieuse qui s'écarte de la doctrine officielle de l'Église. Un hérétique est celui qui soutient cette doctrine.

Au XIIe–XIIIe siècle, le catharisme (ou mouvement albigeois) se développe dans le sud de la France. Les cathares rejettent l'Église romaine, ses richesses et ses sacrements, prônant une vie pauvre et ascétique. Ils croient en un dualisme : le monde matériel est l'œuvre du mal, seule l'âme peut être sauvée.

Pour lutter contre les hérésies, l'Église utilise plusieurs moyens :

  • La prédication : saint Dominique fonde l'ordre des Dominicains (1216) pour évangéliser et convaincre les hérétiques par la parole.
  • La croisade des albigeois (1209-1229) : guerre armée lancée contre les cathares du Languedoc, à l'initiative du pape Innocent III.
  • L'Inquisition (à partir de 1233) : tribunal ecclésiastique chargé de rechercher et juger les hérétiques.
À retenir. La lutte contre les hérésies montre que l'Église n'exerce pas seulement un pouvoir spirituel, mais aussi un pouvoir judiciaire et militaire. Elle cherche à maintenir une unité doctrinale dans toute la chrétienté occidentale.
À retenir
À retenir — L'Église et le pouvoir politique au Moyen Âge :
• L'Église catholique est la principale institution de l'Occident médiéval : elle encadre la vie des fidèles, possède de grandes richesses et dépasse les frontières des royaumes.
• La réforme grégorienne (XIe s.) vise à libérer l'Église de l'emprise laïque et à affirmer la suprématie du pape.
• La querelle des investitures oppose le pape Grégoire VII à l'empereur Henri IV : l'épisode de Canossa (1077) montre l'humiliation de l'empereur devant le pape.
• Le concordat de Worms (1122) met fin au conflit en distinguant pouvoirs spirituel et temporel.
• Les croisades (à partir de 1095) illustrent la capacité de l'Église à mobiliser toute la chevalerie d'Occident.
• L'Église combat aussi les hérésies (catharisme) par la prédication, la croisade et l'Inquisition.
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