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Collège · 5ᵉ · Histoire

La construction de la monarchie capétienne

Les rois de France et l'affirmation du pouvoir royal

À propos de cette page
Ce cours de histoire en cinquième sur « La construction de la monarchie capétienne » suit le programme officiel de histoire de cinquième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : 987 : un roi élu, un domaine minuscule, Les armes du roi : le sacre, l'hérédité, la mémoire, Le défi Plantagenêt (1152-1204), Philippe Auguste : Bouvines et le domaine quadruplé. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de cinquième à réussir en histoire.
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987 : un roi élu, un domaine minuscule

En 987, à la mort du dernier Carolingien, les grands du royaume réunis à Senlis élisent roi des Francs le duc Hugues Capet. Il est sacré à Noyon. Son pouvoir est faible : il ne commande vraiment que sur son domaine royal, une bande de terres entre Paris et Orléans, et les grands seigneurs — ducs de Normandie, d'Aquitaine, comtes de Flandre, de Toulouse — sont bien plus puissants que lui.

Domaine royal. L'ensemble des terres que le roi possède et administre directement, comme un seigneur sur sa seigneurie. À ne pas confondre avec le royaume, beaucoup plus vaste, où le roi n'est que le suzerain de seigneurs souvent désobéissants.
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Les armes du roi : le sacre, l'hérédité, la mémoire

Faible en terres, le Capétien est fort en prestige. Trois atouts vont lui permettre de s'imposer en trois siècles.

Le sacreÀ Reims, l'archevêque marque le roi de l'huile de la sainte ampoule : il devient un personnage choisi par Dieu, que les seigneurs ne peuvent égaler. On le croit capable de guérir les écrouelles (roi thaumaturge).
L'héréditéHugues Capet fait sacrer son fils Robert de son vivant, dès 987. Ses successeurs font de même : l'élection disparaît, la couronne passe de père en fils sans interruption jusqu'en 1328 — le « miracle capétien ».
La mémoireL'abbaye de Saint-Denis garde les tombeaux des rois, l'oriflamme (leur bannière de guerre) et rédige les Grandes Chroniques de France, l'histoire officielle de la dynastie.
Astuce. La fleur de lys, emblème des Capétiens, apparaît sur le sceau royal au XIIe siècle ; le cri de guerre est « Montjoie Saint-Denis ! ». Ces symboles construisent une identité que n'a aucun grand seigneur.
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Le défi Plantagenêt (1152-1204)

Au XIIe siècle, les Capétiens progressent lentement : Louis VI le Gros (1108-1137) fait la guerre aux petits seigneurs brigands du domaine, conseillé par l'abbé Suger. Puis survient une catastrophe.

En 1152, Louis VII fait annuler son mariage avec Aliénor d'Aquitaine. Aussitôt, elle épouse Henri Plantagenêt, comte d'Anjou et duc de Normandie, qui devient en 1154 roi d'Angleterre sous le nom d'Henri II. Le roi d'Angleterre tient désormais, de la Normandie aux Pyrénées, la moitié ouest de la France — en théorie comme vassal du roi de France, en réalité comme un rival bien plus riche.

Attention ! On parle d'« empire Plantagenêt », mais ce n'est pas un État : c'est un ensemble de fiefs que le même homme tient de deux titres différents, roi en Angleterre et vassal en France. Cette contradiction juridique sera l'arme de Philippe Auguste.
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Philippe Auguste : Bouvines et le domaine quadruplé

Philippe II Auguste (1180-1223) retourne la situation. En 1202, il convoque son vassal Jean sans Terre, fils d'Henri II, devant sa cour pour une affaire de fief ; Jean ne vient pas ; le roi prononce la commise, la confiscation de tous ses fiefs. Puis il exécute la sentence : Château-Gaillard tombe en mars 1204, Rouen en juin, et la Normandie, l'Anjou, le Maine et la Touraine passent au domaine royal.

Le 27 juillet 1214, à Bouvines, près de Lille, Philippe Auguste écrase la coalition de l'empereur Otton IV, du comte de Flandre et de Jean sans Terre. La victoire est célébrée dans tout le royaume comme celle du roi et de son peuple.

Exemple. Sous Philippe Auguste, le domaine royal est multiplié par quatre environ. Le roi cesse de s'intituler « roi des Francs » (rex Francorum) pour se dire « roi de France » (rex Francie) : ce n'est plus un peuple qu'il gouverne, mais un territoire.

Il fait aussi de Paris une vraie capitale : enceinte, pavage des rues, forteresse du Louvre, halles, et il confie le royaume, quand il part en croisade en 1190, à des baillis qui contrôlent les prévôts en son nom.

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Louis IX, roi justicier

Louis IX (1226-1270) monte sur le trône à douze ans ; sa mère Blanche de Castille assure la régence. Devenu adulte, il veut être un roi chrétien et juste.

  • Il rend la justice lui-même, assis sous un chêne au bois de Vincennes, comme le raconte son ami Joinville. Il envoie des enquêteurs vérifier que ses officiers ne commettent pas d'abus, et interdit le duel judiciaire.
  • Il signe la paix : le traité de Paris (1259) règle le conflit avec l'Angleterre — le roi anglais renonce à la Normandie et à l'Anjou, et prête hommage pour la Guyenne.
  • Il impose la monnaie royale dans tout le royaume (1266 : le gros tournois d'argent et l'écu d'or).
  • Il fait bâtir la Sainte-Chapelle (1248) pour abriter la couronne d'épines du Christ, achetée à prix d'or.

Mort de maladie devant Tunis, en croisade, en 1270, il est canonisé en 1297 : Saint Louis. La dynastie compte désormais un saint, ce qui rehausse tous ses successeurs.

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Gouverner le royaume : baillis, Parlement, monnaie

Un roi qui possède beaucoup de terres a besoin d'agents pour les gérer. Les Capétiens bâtissent ainsi, peu à peu, une administration.

Le Parlementla section de la cour du roi spécialisée dans la justice, fixée à Paris au XIIIe siècle : on peut faire appel devant elle des jugements des seigneurs — le roi devient le juge suprême du royaume
La Chambre des comptesla section spécialisée dans les finances, organisée au début du XIVe siècle
Les légistesdes juristes formés au droit romain, qui affirment que « le roi est empereur en son royaume » : il ne dépend de personne
Astuce. La différence entre un bailli et un seigneur : le bailli est nommé et peut être révoqué ; le seigneur tient son pouvoir de sa naissance. Le roi gouverne avec des fonctionnaires, plus avec des vassaux.
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Philippe le Bel et la fin des Capétiens directs (1328)

Philippe IV le Bel (1285-1314) pousse cette logique jusqu'au bout. Entouré de légistes comme Guillaume de Nogaret, il taxe le clergé, affronte le pape Boniface VIII, réunit en 1302 les premiers états généraux (clergé, noblesse, villes) pour se faire soutenir, fait arrêter les Templiers en 1307 et s'empare de leurs biens. Par son mariage, la Champagne entre dans le domaine ; en 1312, Lyon aussi.

Ses trois fils règnent tour à tour sans laisser de fils. À la mort de Charles IV, en 1328, les Capétiens directs s'éteignent. Les grands du royaume écartent le petit-fils de Philippe le Bel par sa fille — le roi d'Angleterre Édouard III — et choisissent un neveu, Philippe VI de Valois. Ce choix, contesté, sera l'un des prétextes de la guerre de Cent Ans (1337-1453).

Exemple. Bilan de trois siècles : en 987, le roi n'était qu'un seigneur parmi d'autres, maître d'une bande de terre autour de Paris ; en 1328, il gouverne directement plus de la moitié du royaume, juge en dernier ressort, frappe la seule monnaie qui vaille partout, et ses officiers sont présents jusqu'aux Pyrénées.
En bref
  • 987 : Hugues Capet élu roi des Francs. Domaine royal minuscule (Paris-Orléans) ; les grands vassaux sont plus puissants que lui.
  • Ses atouts : le sacre à Reims (roi choisi par Dieu, thaumaturge), l'hérédité (fils sacré du vivant du père, jusqu'en 1328), la mémoire de Saint-Denis.
  • 1152 : Aliénor d'Aquitaine épouse Henri Plantagenêt, roi d'Angleterre en 1154 → l'ouest de la France aux mains d'un vassal-rival.
  • Philippe Auguste (1180-1223) : commise de Jean sans Terre (1202), Normandie conquise (1204), Bouvines (27 juillet 1214). Domaine × 4, « roi de France », baillis, Paris capitale.
  • Louis IX (1226-1270) : justice (chêne de Vincennes, enquêteurs), traité de Paris 1259, monnaie royale, Sainte-Chapelle. Mort à Tunis 1270, canonisé 1297.
  • Administration : baillis/sénéchaux, prévôts, Parlement (justice), Chambre des comptes, légistes.
  • Philippe le Bel (1285-1314) : états généraux 1302, Templiers, Champagne et Lyon. 1328 : fin des Capétiens directs → Valois → guerre de Cent Ans.
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