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Histoire · Classe de 5ᵉ

L'essor des villes et du commerce au Moyen Âge

Marchands, foires et premières bourgeoisies

À propos de cette page
Ce cours de histoire en cinquième sur « L'essor des villes et du commerce au Moyen Âge » suit le programme officiel de histoire de cinquième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : La reprise économique des Xe-XIe siècles, La croissance des villes médiévales, Les marchands et le grand commerce, Les foires et les routes commerciales. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de cinquième à réussir en histoire.
Au programme
1 · La reprise économique des Xe-XIe siècles
2 · La croissance des villes médiévales
3 · Les marchands et le grand commerce
4 · Les foires et les routes commerciales
5 · La bourgeoisie et les libertés communales
6 · Les guildes, corporations et banques
7 · Les échanges avec l'Orient
1La reprise économique des Xe-XIe siècles

À partir du Xe siècle, l'Occident chrétien connaît une période de paix relative qui favorise une forte reprise économique. Les invasions (Normands, Sarrasins, Hongrois) ont cessé, et la population recommence à croître.

Les paysans défrichent de nouvelles terres (forêts, marais) pour les mettre en culture. Des progrès techniques améliorent l'agriculture :

  • L'assolement triennal : les champs sont divisés en trois parties cultivées en rotation (céréales d'hiver / céréales de printemps / jachère), ce qui augmente les rendements.
  • La charrue lourde à soc de fer retourne mieux les terres épaisses du nord de l'Europe.
  • Le collier d'épaule pour les chevaux leur permet de tirer des charges plus lourdes sans s'étrangler.

Ces progrès entraînent des surplus alimentaires : les paysans produisent plus que leur besoin immédiat. Ils peuvent vendre ces surplus sur des marchés, ce qui relance les échanges commerciaux.

Défrichement. Action de déboiser ou d'assainir des terres incultes (forêts, marais, landes) pour les transformer en terres agricoles.
Chiffre clé. Entre l'an 1000 et 1300, la population de l'Europe occidentale passe d'environ 25 millions à plus de 70 millions d'habitants.
2La croissance des villes médiévales

La croissance agricole nourrit une augmentation de la population : des paysans quittent les campagnes pour s'installer dans les villes, attirés par les possibilités de travail et de commerce. C'est le phénomène d'exode rural médiéval.

Les villes grandissent autour de différents noyaux :

  • Les cités épiscopales (ville de l'évêque), comme Paris, Lyon ou Reims.
  • Les châteaux et forteresses des seigneurs, autour desquels s'installent artisans et commerçants.
  • Les abbayes et monastères, lieux de pèlerinage qui attirent voyageurs et marchands.

De nouveaux quartiers (les faubourgs) s'ajoutent aux villes existantes. Des enceintes de murailles sont construites pour les protéger. Ainsi naissent de nouvelles villes, appelées villes neuves ou bastides (surtout dans le sud-ouest de la France).

Exemple. Paris passe de quelques milliers d'habitants au Xe siècle à environ 200 000 habitants au XIIIe siècle, devenant l'une des plus grandes villes d'Europe occidentale.
Faubourg. Quartier qui se développe hors des murs d'une ville, puis qui finit par être inclus dans une nouvelle enceinte.
3Les marchands et le grand commerce

Le renouveau économique favorise l'apparition d'une nouvelle catégorie sociale : les marchands. Contrairement aux paysans liés à la terre ou aux chevaliers nobles, les marchands tirent leur richesse du négoce (l'achat et la revente de marchandises).

Le grand commerce médiéval s'organise autour de deux grandes régions :

  • L'Italie du Nord (Venise, Gênes, Florence) : les marchands italiens dominent le commerce avec l'Orient (épices, soieries, produits de luxe) et inventent les premières techniques bancaires.
  • La Flandre (Bruges, Gand) : région productrice de draps de laine de haute qualité, exportés dans toute l'Europe.

Les marchands organisent des convois pour traverser l'Europe en sécurité, car les routes sont dangereuses (bandits, péages seigneuriaux). Ils utilisent de nouvelles techniques commerciales :

  • La lettre de change : document permettant de payer sans transporter de l'argent liquide (ancêtre du chèque).
  • Le crédit et le prêt à intérêt (controversé car condamné par l'Église).
  • La comptabilité en partie double inventée en Italie pour suivre les comptes.
Attention ! L'Église interdit le prêt à intérêt (l'usure), considéré comme un péché. Ce sont souvent des communautés juives ou des marchands italiens (les « Lombards ») qui pratiquent le prêt d'argent en contournant ces interdictions.
4Les foires et les routes commerciales

Pour favoriser les échanges, des foires — grands marchés temporaires — se tiennent périodiquement dans certaines villes. La plus célèbre est le cycle des foires de Champagne, organisé aux XIIe-XIIIe siècles.

Six fois par an, des marchands venus de toute l'Europe se retrouvent dans quatre villes champenoises :

  • Troyes (foire froide de janvier, foire chaude de juillet)
  • Provins (foire de mai et foire de septembre)
  • Lagny-sur-Marne (foire de janvier)
  • Bar-sur-Aube (foire de mars)

On y échange des draps flamands, des épices et soieries orientales importées par les Italiens, des métaux, des fourrures du Nord. Les foires de Champagne servent aussi de place financière où les marchands règlent leurs dettes.

Les grandes routes commerciales relient :

  • L'axe Nord-Sud (Flandre — Champagne — Méditerranée) pour les draps et les épices.
  • L'axe Est-Ouest le long des fleuves (Rhin, Rhône, Loire) pour le vin, les métaux et les céréales.
Foire. Grand marché périodique et temporaire réunissant des marchands venus de régions lointaines pour échanger des marchandises en gros.
DateÉvénement commercial
XIe s.Reprise des échanges en Méditerranée
XIIe s.Apogée des foires de Champagne
XIIIe s.Expansion maximale du grand commerce européen
XIVe s.Déclin des foires (guerres, pestes)
5La bourgeoisie et les libertés communales

Les habitants des villes — appelés bourgeois (habitants du bourg) — cherchent à s'affranchir de l'autorité des seigneurs et des évêques pour gérer eux-mêmes leurs affaires. Ce mouvement, aux XIe-XIIIe siècles, s'appelle le mouvement communal.

Les bourgeois obtiennent des chartes de franchise (ou chartes communales) qui leur accordent des libertés :

  • Le droit de se gouverner eux-mêmes avec des échevins et un maire élus.
  • L'exemption de certains impôts seigneuriaux.
  • Le droit d'avoir leur propre justice pour les affaires commerciales.
  • La liberté personnelle : tout serf vivant un an et un jour dans une ville libre devenait homme libre (« L'air de la ville rend libre »).

Ces villes autonomes s'appellent des communes. Elles sont symbolisées par le beffroi (tour avec une cloche) qui représente l'indépendance de la ville face au pouvoir seigneurial ou ecclésiastique.

Exemple. La commune de Laon (1112) est l'une des premières communes françaises : les habitants achètent leur charte au roi Louis VI, puis la défendent violemment contre l'évêque qui tente de la supprimer.
Commune. Ville qui a obtenu une charte lui accordant le droit de se gouverner elle-même, avec ses propres institutions (maire, échevins, sceau).
6Les guildes, corporations et banques

Pour défendre leurs intérêts, marchands et artisans s'organisent en guildes (aussi appelées corporations ou métiers). Ces associations regroupent les professionnels du même secteur.

Les corporations jouent plusieurs rôles :

  • Elles fixent les règles de production (qualité des matières premières, durée de travail).
  • Elles organisent la formation : un jeune commence comme apprenti, devient compagnon, puis peut devenir maître s'il réussit un chef-d'œuvre.
  • Elles protègent leurs membres contre la concurrence extérieure.
  • Elles assurent une forme d'entraide (aide aux membres malades ou en difficulté).

Parallèlement, les marchands italiens inventent les premières banques modernes. Les banquiers des familles florentines (Médicis, Bardi, Peruzzi) prêtent de l'argent aux rois, perçoivent des intérêts et transfèrent des fonds entre places commerciales grâce aux lettres de change.

Corporation (ou guilde). Association de marchands ou d'artisans du même métier qui réglemente la profession, organise la formation et protège ses membres.
À retenir. La hiérarchie dans les métiers médiévaux : apprenti (débutant, non payé) → compagnon (salarié) → maître (propriétaire d'un atelier, membre à part entière de la corporation).
7Les échanges avec l'Orient

Le commerce avec l'Orient est une source majeure de richesses pour les villes médiévales. Les Croisades (à partir de 1095) ont renforcé les contacts entre l'Occident chrétien et le monde musulman et byzantin.

Les cités marchandes italiennes — surtout Venise et Gênes — dominent ce commerce oriental (le négoce levantin). Elles importent :

  • Des épices (poivre, cannelle, clous de girofle) très prisées pour conserver et aromatiser les aliments.
  • Des soieries et tissus précieux venus de Chine et de Perse.
  • Des tapis, pierres précieuses, colorants (indigo, laque).
  • Du sucre et des fruits secs.

En échange, l'Occident exporte des draps de laine, du bois, des métaux et de l'argent. Ce déséquilibre commercial (l'Orient vend plus cher) entraîne un flux d'argent vers l'Est.

Les comptoirs (entrepôts commerciaux) que les Vénitiens et les Génois établissent à Constantinople, en Syrie et en Égypte facilitent ces échanges. Venise obtient même des privilèges commerciaux considérables dans l'empire byzantin.

Exemple. Marco Polo, marchand vénitien, part en 1271 jusqu'en Chine à la cour du Grand Khan Kubilaï. Son récit de voyage (Le Devisement du monde) fait connaître les richesses de l'Asie aux Européens et stimule encore plus leur appétit pour le commerce oriental.
Attention ! Ne confonds pas les Croisades (expéditions militaires religieuses) et le commerce avec l'Orient : ces deux phénomènes sont liés mais distincts. Le commerce existait avant les Croisades et lui a survécu.
À retenir
À retenir :
• À partir du Xe siècle, l'essor agricole (défrichements, progrès techniques) entraîne une croissance de la population et un renouveau du commerce.
• Les villes se développent : Paris, Florence, Bruges, Venise comptent des dizaines ou centaines de milliers d'habitants au XIIIe siècle.
• Les foires de Champagne (Troyes, Provins, Lagny, Bar-sur-Aube) sont les grandes places d'échange européennes aux XIIe-XIIIe siècles.
• Une nouvelle classe sociale apparaît : les bourgeois, habitants des villes qui s'enrichissent par le commerce.
• Les villes obtiennent des chartes de franchise et forment des communes dirigées par un maire et des échevins (mouvement communal).
• Marchands et artisans s'organisent en corporations (guildes) ; les Italiens inventent les premières banques modernes.
• Le commerce avec l'Orient (épices, soieries) est dominé par Venise et Gênes grâce à leurs comptoirs méditerranéens.
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