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Collège · 5ᵉ · Histoire

L'essor des villes et du commerce au Moyen Âge

Marchands, foires et premières bourgeoisies

À propos de cette page
Ce cours de histoire en cinquième sur « L'essor des villes et du commerce au Moyen Âge » suit le programme officiel de histoire de cinquième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Pourquoi les villes renaissent (XIe-XIIIe siècle), À quoi ressemble une ville médiévale, Les grandes routes du commerce : Méditerranée, Champagne, mer du Nord, Les foires de Champagne, carrefour de l'Europe. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de cinquième à réussir en histoire.
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Pourquoi les villes renaissent (XI<sup>e</sup>-XIII<sup>e</sup> siècle)

Après les invasions, les villes d'Occident s'étaient vidées : vers l'an 1000, presque tout le monde vit à la campagne. Puis, en trois siècles, tout change. Les défrichements et les progrès agricoles produisent des surplus : les paysans peuvent nourrir d'autres gens qu'eux-mêmes, et la population double presque entre 1000 et 1300.

Ces surplus s'échangent : des marchés naissent au pied des châteaux, des abbayes, aux carrefours et aux ponts. Autour d'eux, artisans et marchands s'installent dans un bourg, souvent hors des vieux murs. Le bourg grossit, la ville renaît.

Bourgeois. À l'origine, simplement l'habitant du bourg. Le mot désigne vite les habitants des villes qui vivent du commerce et de l'artisanat, et non de la terre : ni clercs, ni nobles, ni paysans — un groupe nouveau dans la société des trois ordres.
Ville vers 1300Population (estimations)
Parisenviron 200 000 habitants, la plus grande d'Occident
Venise, Milan, Florence, Gênesautour de 100 000 chacune
Bruges, Gand, Londresde 40 000 à 80 000
la plupart des villesmoins de 5 000 habitants
Attention ! Même au plus fort de cet essor, les citadins ne sont qu'environ 10 % de la population : l'Occident médiéval reste un monde de paysans.
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À quoi ressemble une ville médiévale

La ville se reconnaît de loin à son enceinte : des murailles percées de portes, fermées la nuit, où l'on paie un droit d'entrée sur les marchandises. Quand la ville déborde, on bâtit de nouveaux faubourgs (foris burgus, « hors du bourg ») puis une nouvelle enceinte : Paris en reçoit une sous Philippe Auguste, vers 1190-1213.

  • Les rues sont étroites, tortueuses, boueuses ; les maisons, en bois et à étages en surplomb, se touchent presque : les incendies sont fréquents et ravageurs. Paris commence à paver ses rues principales en 1186.
  • Trois monuments dominent : la cathédrale (le pouvoir de l'évêque), le château ou palais (le seigneur), et le beffroi ou l'hôtel de ville (les bourgeois), avec sa cloche qui rythme le travail.
  • Les halles abritent le marché ; chaque rue regroupe souvent un métier : rue des Tanneurs, rue de la Boucherie.
  • Les ordres mendiants, franciscains et dominicains, s'installent en ville, où ils prêchent et enseignent ; les grandes villes fondent des universités : Bologne, Paris (vers 1200), Oxford.
Exemple. Le beffroi de Bruges ou de Gand est plus haut que le donjon du comte : c'est un message. La cloche du beffroi sonne l'ouverture du marché, l'alerte au feu, la levée de la milice — le temps de la ville n'est plus celui des cloches de l'église.
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Les grandes routes du commerce : Méditerranée, Champagne, mer du Nord

Le grand commerce relie deux pôles : au sud, les villes italiennes, qui vont chercher en Orient les produits de luxe ; au nord, la Flandre, qui fabrique les meilleurs draps de laine d'Europe. Entre les deux, les foires de Champagne.

EspaceVillesCe qu'on y échange
MéditerranéeVenise, Gênes, Pise, Florenceépices, soie, coton, sucre, alun venus d'Orient ; draps et argent en retour
FlandreBruges, Gand, Ypresdraps de laine fabriqués avec la laine d'Angleterre
Mer du Nord et BaltiqueLübeck, Hambourg, Bruges, Londres, Bergen, Novgorodbois, fourrures, cire, hareng, blé, sel — commerce de masse organisé par la Hanse
Hanse. Association de villes marchandes d'Allemagne du Nord, dominée par Lübeck, qui contrôle le commerce de la Baltique et de la mer du Nord grâce à ses comptoirs à Londres, Bruges, Bergen et Novgorod. Elle tient sa première assemblée générale en 1356.
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Les foires de Champagne, carrefour de l'Europe

Aux XIIe et XIIIe siècles, marchands italiens et flamands se retrouvent à mi-chemin, dans les foires de Champagne. Elles se tiennent six fois par an dans quatre villes : Troyes (deux fois), Provins (deux fois), Lagny et Bar-sur-Aube. Chacune dure environ six semaines, si bien qu'il y a presque toujours une foire ouverte quelque part.

Le comte de Champagne les protège : il garantit un sauf-conduit aux marchands sur ses routes, nomme des gardes des foires qui rendent la justice, et se paie en taxes. Une foire se déroule dans un ordre fixe : installation, vente des draps, vente des cuirs, vente des marchandises au poids (épices, teintures), puis des journées de paiement où l'on règle les comptes.

Astuce. Retiens la formule : Italie (épices, soie) + Flandre (draps) = Champagne (le point de rencontre). Le succès des foires tient à leur position et à la sécurité garantie par le comte, pas à la richesse propre de la Champagne.

À la fin du XIIIe siècle, les foires déclinent : à partir de 1277, les navires génois relient directement la Méditerranée à Bruges par l'Atlantique ; et le rattachement de la Champagne au royaume (1284) fait perdre aux foires leur protection particulière.

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Marchands et banquiers : les nouveaux outils de l'argent

Transporter des sacs de pièces sur des routes peu sûres est dangereux, et chaque ville frappe sa propre monnaie. Les marchands italiens inventent donc des outils nouveaux.

La lettre de changeun papier par lequel un marchand de Gênes ordonne à son correspondant de Bruges de payer une somme à un tiers : on voyage sans argent, et l'on change de monnaie du même coup
La compagnieplusieurs associés mettent des capitaux en commun et partagent les bénéfices — et les pertes
La banquedu banco, la table du changeur ; les grandes familles de Florence (Bardi, Peruzzi) prêtent aux rois et aux papes
La comptabilitéles livres de comptes, tenus avec les chiffres arabes, permettent de suivre affaires et dettes
Attention ! L'Église condamne l'usure, c'est-à-dire le prêt à intérêt : « le temps appartient à Dieu », on ne peut le vendre. Les marchands contournent l'interdit ; les prêteurs déclarés — Juifs et Lombards — sont tolérés puis souvent expulsés quand les rois ont besoin d'argent.
Exemple. Le Vénitien Marco Polo part en 1271 pour la Chine du grand khan et n'en revient qu'en 1295 : son Livre des merveilles nourrit pendant deux siècles les rêves des marchands d'Occident.
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Les métiers : apprentis, compagnons, maîtres

En ville, chaque activité est organisée en métier (on dira plus tard « corporation »), avec ses statuts écrits. À Paris, vers 1268, le prévôt Étienne Boileau rassemble les règlements d'une centaine de métiers dans le Livre des métiers.

Le métier fixe tout : la durée de l'apprentissage, les heures de travail (pas de travail de nuit, à la chandelle), la qualité des produits, les prix, le nombre d'apprentis par atelier. Des jurés, élus parmi les maîtres, inspectent les ateliers et punissent les fraudes. Le métier a aussi son saint patron, sa fête, sa caisse pour les veuves et les malades.

Astuce. Le métier protège… surtout les maîtres : en limitant le nombre d'ateliers, il évite la concurrence. Le compagnon, lui, reste souvent compagnon toute sa vie, et le fils du maître devient maître plus facilement que les autres.
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Les bourgeois conquièrent leurs libertés

La ville appartient d'abord à un seigneur — souvent un évêque — qui y lève des taxes et rend la justice. Les bourgeois, enrichis, veulent gérer eux-mêmes leurs affaires. Ils s'unissent par serment et obtiennent, par la négociation ou la révolte, une charte qui reconnaît leurs libertés.

La ville de franchisele seigneur garde le pouvoir, mais accorde des privilèges écrits : taxes fixées, liberté de commercer, justice encadrée
La communeles bourgeois s'administrent eux-mêmes : ils élisent un maire et des échevins, lèvent des impôts, ont un sceau, une milice, un beffroi
Exemple. En 1112, à Laon, l'évêque Gaudry reprend la commune qu'il avait vendue aux bourgeois : ceux-ci se soulèvent, prennent le palais et le tuent. Le roi finit par confirmer la commune. Ailleurs, le roi de France soutient volontiers les villes contre leurs seigneurs : elles lui apportent argent et soldats.
Attention ! « Libertés » ne veut pas dire égalité : la commune est dirigée par les familles les plus riches, le patriciat, et les petits artisans se révoltent parfois contre elles (Flandre, XIVe siècle). Mais un principe est acquis : « l'air de la ville rend libre » — le serf qui y vit un an et un jour ne peut plus être réclamé.
En bref
  • XIe-XIIIe s. : les surplus agricoles et la hausse de la population font renaître les villes. Les bourgeois (habitants du bourg) vivent du commerce et de l'artisanat — mais les citadins restent ≈ 10 % de la population.
  • La ville : enceinte, faubourgs, rues étroites en bois (incendies), cathédrale, beffroi, halles, ordres mendiants, universités (Paris vers 1200). Paris ≈ 200 000 habitants vers 1300.
  • Deux pôles : l'Italie (Venise, Gênes : épices, soie) et la Flandre (Bruges : draps). Entre eux, les foires de Champagne (Troyes, Provins, Lagny, Bar-sur-Aube, 6 par an), protégées par le comte. Au nord, la Hanse de Lübeck.
  • Outils des marchands : lettre de change, compagnie, banque, comptabilité. L'Église condamne l'usure. Marco Polo part en 1271.
  • Les métiers : apprenti → compagnon → maître (chef-d'œuvre) ; règlements, jurés ; Livre des métiers (vers 1268).
  • Les bourgeois obtiennent des chartes : ville de franchise (privilèges) ou commune (maire, sceau, milice, beffroi). Laon 1112. « L'air de la ville rend libre. »
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