Exercice 1 — Définitions (vocabulaire)
1. Définitions (2 pts)
- Migrant : personne qui quitte son pays d'origine pour s'installer, de façon temporaire ou définitive, dans un autre pays, généralement pour des raisons économiques, familiales ou de sécurité.
- Réfugié : selon la Convention de Genève (1951), personne qui a fui son pays en raison de persécutions fondées sur sa race, sa religion, sa nationalité, ses opinions politiques ou son appartenance à un groupe social, et qui bénéficie d'une protection internationale accordée par le HCR ou un État d'accueil.
2. Émigration / immigration + exemples (2 pts)- Un pays d'émigration est le pays que l'on quitte.
Exemple : le Maroc, dont de nombreux ressortissants partent travailler en Europe. - Un pays d'immigration est le pays dans lequel on arrive pour s'installer.
Exemple : la France ou l'Allemagne, qui accueillent des millions d'immigrés.
Exercice 2 — Causes des migrations
1. Facteurs répulsifs et attractifs (2 pts)
- Les facteurs répulsifs (push factors) sont les éléments qui poussent une personne à quitter son pays d'origine : ils rendent le départ nécessaire ou souhaitables (guerre, pauvreté, persécutions, catastrophes naturelles).
- Les facteurs attractifs (pull factors) sont les éléments qui attirent les migrants vers un pays d'accueil : ils rendent la destination désirable (emploi, salaires élevés, liberté politique, réseaux familiaux).
2. Deux exemples de chaque (2 pts)- Facteurs répulsifs :
— La guerre en Syrie (depuis 2011) : l'insécurité et les bombardements ont forcé des millions de Syriens à fuir.
— La sécheresse et la dégradation des terres agricoles au Sahel : le changement climatique détruit les moyens de subsistance des paysans et les contraint à partir. - Facteurs attractifs :
— Des salaires plus élevés dans les pays riches (Europe, États-Unis) attirent les migrants économiques.
— La présence de réseaux familiaux déjà installés dans le pays d'accueil facilite l'installation et constitue un puissant facteur d'attraction.
Exercice 3 — Analyse de données
1. Importance des transferts financiers (remittances) — 2 raisons (2 pts)
- Raison 1 — Soutien aux familles : les 794 milliards de dollars envoyés en 2022 permettent aux familles restées dans les pays d'émigration de couvrir leurs besoins essentiels (nourriture, logement, santé, scolarité). Pour des pays comme le Maroc ou les Philippines, ces remittances représentent une part significative du revenu des ménages.
- Raison 2 — Apport économique majeur : ces transferts financiers dépassent l'aide publique au développement. Ils soutiennent l'économie nationale du pays d'origine en injectant des devises étrangères, ce qui contribue au développement local.
2. Le brain drain et son effet négatif (2 pts)- Le brain drain (ou « fuite des cerveaux ») désigne le phénomène par lequel les personnes les plus qualifiées et diplômées (médecins, ingénieurs, enseignants) quittent leur pays d'origine pour s'installer dans un pays plus riche offrant de meilleures perspectives professionnelles.
- Effet négatif : le pays d'émigration perd ses talents et ses compétences. Il a souvent investi dans leur formation (éducation, université) sans bénéficier de leur travail, ce qui freine son développement économique et social.
Exercice 4 — Le tourisme international
1. Évolution du tourisme depuis 1950 avec chiffres (2 pts)
- Le tourisme international a connu une croissance spectaculaire et régulière depuis les années 1950.
- En 1950, on comptait seulement 25 millions d'arrivées de touristes internationaux dans le monde.
- En 2019 (avant la pandémie de Covid-19), ce chiffre avait atteint 1,4 milliard d'arrivées, soit une multiplication par plus de 50 en soixante-dix ans.
- Cette croissance s'explique par la démocratisation du transport aérien, l'augmentation du niveau de vie dans les pays riches et l'allongement des congés payés.
2. Conséquences négatives et positives du tourisme de masse (2 pts)- Conséquences négatives :
— La dégradation de l'environnement : pollution, destruction d'écosystèmes fragiles (récifs coralliens, forêts).
— Le surtourisme : saturation de certains sites (Venise, Barcelone) qui nuit à la qualité de vie des habitants locaux et peut les déloger. - Conséquences positives :
— Des retombées économiques importantes pour le pays d'accueil : création d'emplois dans l'hôtellerie, la restauration et les transports.
— Des échanges culturels qui favorisent la compréhension entre les peuples et valorisent le patrimoine local.
Exercice 5 — Raisonnement géographique
Les mobilités humaines transnationales sont profondément inégales : toutes les personnes ne disposent pas des mêmes droits ni des mêmes moyens pour se déplacer à travers le monde. Ces inégalités se manifestent à trois niveaux.
1. L'inégalité du passeport
Le passeport que l'on possède détermine largement la liberté de circuler. Un citoyen européen ou nord-américain peut voyager sans visa dans la grande majorité des pays du monde. À l'inverse, un ressortissant africain ou asiatique doit souvent obtenir un visa difficile à obtenir, coûteux et soumis à des conditions strictes, pour accéder à ces mêmes destinations. C'est ce que les géographes appellent le privilège géographique du passeport.
2. Des itinéraires inégaux et dangereux
Les migrants pauvres ou fuyant des crises n'ont souvent pas accès aux voies légales de migration (visas de travail, regroupement familial). Ils empruntent alors des routes clandestines et périlleuses : traversée de la mer Méditerranée dans des embarcations de fortune, passage des déserts africains. L'OIM a recensé plus de 25 000 morts en Méditerranée depuis 2014, illustrant la dangerosité de ces parcours pour les populations les plus vulnérables.
3. Des contrôles qui filtrent les flux
Les États contrôlent les migrations par des politiques sélectives : construction de murs et barrières (frontière États-Unis–Mexique, barrières à Ceuta et Melilla entre l'Espagne et le Maroc), politiques de quotas, accords de réadmission. Ces dispositifs freinent les migrants pauvres ou en situation précaire, tandis que les marchandises, les capitaux et les voyageurs aisés circulent librement. C'est le concept de « frontière filtre » : la même frontière ne s'applique pas de la même façon à tous.
Conclusion : les mobilités mondiales révèlent ainsi de profondes inégalités : riches et pauvres, porteurs de passeports puissants ou non, ne font pas face aux mêmes obstacles pour se déplacer à l'échelle du monde.