Collège · 5ᵉ · Géographie
Les migrations internationales
Causes, flux et impacts des migrations dans le monde
À propos de cette page
Ce cours de géographie en cinquième sur « Les migrations internationales » suit le programme officiel de géographie de cinquième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Migrer : de quoi parle-t-on ?, Pourquoi part-on ?, Qui part, vers où ?, Migrants, réfugiés, déplacés : des statuts différents. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de cinquième à réussir en géographie.
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Migrer : de quoi parle-t-on ?
Définitions.
• Un migrant international est une personne qui s'installe durablement (plus d'un an) dans un autre pays que celui où elle est née. Le touriste ou l'étudiant en échange de six mois n'en sont pas.
• Vu du pays de départ, c'est un émigré ; vu du pays d'arrivée, un immigré. C'est la même personne.
• Le solde migratoire d'un pays = immigrés arrivés − émigrés partis, sur une année.
• Une diaspora est un peuple dispersé dans plusieurs pays qui garde des liens avec son pays d'origine (Arméniens, Chinois, Libanais…).
• Un migrant international est une personne qui s'installe durablement (plus d'un an) dans un autre pays que celui où elle est née. Le touriste ou l'étudiant en échange de six mois n'en sont pas.
• Vu du pays de départ, c'est un émigré ; vu du pays d'arrivée, un immigré. C'est la même personne.
• Le solde migratoire d'un pays = immigrés arrivés − émigrés partis, sur une année.
• Une diaspora est un peuple dispersé dans plusieurs pays qui garde des liens avec son pays d'origine (Arméniens, Chinois, Libanais…).
Chiffres repères. Environ 300 millions de personnes vivent hors de leur pays de naissance, soit 3,6 % de l'humanité. Autrement dit, plus de 96 % des humains n'ont jamais quitté leur pays : la migration est spectaculaire, mais minoritaire. Près de la moitié des migrants sont des femmes.
Attention ! Un migrant n'est pas forcément « clandestin » : la très grande majorité des migrants entrent légalement, avec un visa de travail, d'études ou de regroupement familial. Les migrations irrégulières (sans papiers) ne représentent qu'une petite part des flux.
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Pourquoi part-on ?
| Type de cause | Facteurs répulsifs (qui poussent à partir) | Facteurs attractifs (qui attirent ailleurs) |
|---|---|---|
| Économique | Chômage, salaires très bas, absence d'avenir | Emplois, salaires 5 à 10 fois plus élevés, études |
| Politique | Guerre (Syrie, Ukraine, Soudan), dictature, persécutions | Paix, droits, protection |
| Environnementale | Sécheresses du Sahel, cyclones, montée de la mer | Régions épargnées |
| Familiale et sociale | Séparation d'avec un conjoint parti avant | Réseaux : parents, amis, diaspora déjà installés qui aident à l'arrivée |
Le point clé. Migrer coûte cher (voyage, visa, passeur : de 2 000 à 10 000 euros) et demande des relations. Ce ne sont donc pas les plus pauvres qui partent, mais ceux qui ont un peu d'argent, un diplôme ou un cousin déjà sur place. Quand un pays pauvre commence à se développer, son émigration augmente d'abord.
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Qui part, vers où ?
| Direction | Part des migrants | Exemples |
|---|---|---|
| Sud → Nord | ≈ 35 % | Mexique → États-Unis ; Maghreb → France ; Inde → Royaume-Uni |
| Sud → Sud | ≈ 35 % | Inde, Pakistan, Philippines → pays du Golfe ; Afrique de l'Ouest → Côte d'Ivoire ; Venezuela → Colombie |
| Nord → Nord | ≈ 20 % | Pologne → Allemagne ; France → Canada, Suisse |
| Nord → Sud | ≈ 5 % | Retraités européens au Maroc ou au Portugal, cadres expatriés |
Les flux se font surtout entre pays voisins ou reliés par l'histoire (anciennes colonies, langue commune) et se concentrent dans les grandes métropoles : à Londres, New York ou Dubaï, plus d'un habitant sur trois est né à l'étranger. En France, les immigrés représentent environ 10 % de la population.
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Migrants, réfugiés, déplacés : des statuts différents
| Statut | Définition | Droits |
|---|---|---|
| Migrant économique | Part par choix, pour travailler ou étudier | Doit obtenir un visa ; peut être refusé |
| Réfugié | A fui son pays parce qu'il y est persécuté (guerre, opinions, religion, origine), selon la Convention de Genève de 1951 | Ne peut pas être renvoyé vers le danger ; protégé par le HCR (agence de l'ONU pour les réfugiés) |
| Demandeur d'asile | A demandé le statut de réfugié et attend la réponse (en France : l'OFPRA) | Hébergé, mais ne peut pas travailler pendant les premiers mois |
| Déplacé interne | A fui la guerre ou une catastrophe sans franchir de frontière | Reste sous l'autorité de son État, souvent sans aide |
Attention ! Les réfugiés ne vont pas d'abord en Europe : trois sur quatre sont accueillis par un pays voisin du conflit, souvent pauvre : Afghans en Iran et au Pakistan, Syriens en Turquie et au Liban (un habitant sur quatre y est réfugié), Soudanais au Tchad, Vénézuéliens en Colombie. Les migrants climatiques, eux, n'ont aucun statut : la Convention de 1951 ne parle pas du climat.
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Étude de cas : les routes vers l'Europe
| Repère | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|
| 2015 | Plus d'un million d'arrivées par la mer, surtout des Syriens par la Turquie et la Grèce : la « crise des réfugiés ». L'Allemagne en accueille près d'un million. |
| 2022 | Guerre en Ukraine : plus de 6 millions de réfugiés en quelques mois, accueillis avec une protection temporaire immédiate (logement, travail, école). |
| Frontex | Agence européenne qui surveille les frontières extérieures de l'espace Schengen (29 pays sans contrôles intérieurs). L'Union européenne paie aussi la Turquie, la Libye ou la Tunisie pour retenir les migrants. |
| Passeurs | Plus la frontière se ferme, plus la traversée est chère (1 000 à 5 000 euros) et dangereuse : canots surchargés, 2 000 à 3 000 morts par an. |
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Que changent les migrations ?
| Pays d'origine | Pays d'accueil | |
|---|---|---|
| Gains | Transferts d'argent des migrants à leur famille (860 milliards de dollars par an, trois fois l'aide au développement) ; moins de chômage ; idées et compétences rapportées | Main-d'œuvre dans les métiers en manque (bâtiment, soins, agriculture, restauration) ; rajeunissement d'une population vieillissante ; diversité culturelle |
| Pertes et tensions | Fuite des cerveaux (médecins, ingénieurs formés puis partis) ; familles séparées ; villages vidés de leurs jeunes | Coût de l'accueil, concurrence ressentie sur l'emploi ou le logement, débats politiques, difficultés d'intégration |
Exemple : Marseille. Port ouvert sur la Méditerranée, la ville s'est construite par vagues d'immigration : Italiens à la fin du XIXᵉ siècle, Arméniens fuyant le génocide (1915), Espagnols, puis Algériens, Marocains, Comoriens, Tunisiens après 1950. Un Marseillais sur quatre a au moins un parent immigré : cuisine, football, musique et quartiers en portent la trace.
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Les politiques migratoires : ouvrir, trier, fermer
| Choix | Comment | Exemples |
|---|---|---|
| Contrôler et fermer | Visas, murs et barrières (15 dans le monde en 1990, plus de 70 aujourd'hui), expulsions, accords avec les pays de transit | Mur États-Unis / Mexique (1 100 km de barrières sur 3 200 km) ; barrières de Ceuta, de Hongrie ; Frontex |
| Sélectionner | Accueillir selon les besoins : diplômes, métiers en tension, âge, langue (« système à points ») | Canada, Australie ; « passeport talents » en France ; travailleurs du bâtiment dans le Golfe, sans droit de rester |
| Accueillir et intégrer | Droit d'asile, regroupement familial, cours de langue, accès à l'école et aux soins, naturalisation | Allemagne en 2015 ; protection temporaire des Ukrainiens en 2022 ; en France, environ 100 000 naturalisations par an |
Un débat permanent. Les États sont tiraillés : l'économie et la démographie (l'Europe vieillit, il manque des bras) poussent à ouvrir ; les craintes d'une partie de l'opinion poussent à fermer. Résultat : les marchandises et l'argent circulent presque librement dans la mondialisation, les personnes beaucoup moins.
En bref
- 300 millions de migrants internationaux = 3,6 % de l'humanité ; près de la moitié sont des femmes ; la grande majorité migre légalement.
- Causes : facteurs répulsifs (chômage, guerre, sécheresse) et attractifs (emplois, sécurité, réseaux). Ce ne sont pas les plus pauvres qui partent.
- Flux : Sud → Nord (Mexique → États-Unis, Maghreb → Europe) mais autant Sud → Sud (Golfe, Afrique). Premier pays d'accueil : États-Unis (51 M) ; premier pays d'origine : Inde (18 M).
- Statuts : réfugié (Convention de Genève 1951, HCR), demandeur d'asile, déplacé interne (sans franchir de frontière). 123 millions de déplacés de force ; 3 réfugiés sur 4 sont dans un pays voisin, souvent pauvre.
- Effets : transferts d'argent (860 milliards de dollars), fuite des cerveaux ; main-d'œuvre et rajeunissement pour l'accueil, mais tensions.
- Politiques : fermer (murs, Frontex), sélectionner (points), intégrer (asile, naturalisation). Les personnes circulent moins librement que les marchandises.
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