Exercice 1 — Maîtrise du vocabulaire
1) Définitions :
- Ancien Régime : Désigne l'organisation politique et sociale de la France avant la Révolution, fondée sur la monarchie absolue du roi et les privilèges des deux premiers ordres (clergé et noblesse). Justification : L'expression « Ancien Régime » est utilisée par contraste avec la nouvelle organisation issue de la Révolution.
- Souveraineté nationale : Principe selon lequel le pouvoir suprême appartient à la Nation (l'ensemble des citoyens) et non à un seul individu comme le roi. Justification : L'article 3 de la DDHC (1789) proclame que « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation », rompant avec la monarchie absolue.
2) Définition d'un émigré :Un
émigré est un noble ou un partisan du roi qui a fui à l'étranger pour échapper à la Révolution, souvent pour conspirer contre elle depuis l'étranger.
Justification : Les émigrés (notamment après 1789) cherchaient à obtenir l'intervention des monarchies européennes pour rétablir le pouvoir royal en France.3) Monarchie absolue vs monarchie constitutionnelle :Dans une
monarchie absolue, le roi détient seul tous les pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire) sans aucun contrôle ; dans une
monarchie constitutionnelle, ses pouvoirs sont limités et encadrés par une constitution qui les partage avec une assemblée élue.
Justification : La Constitution de 1791 transforme la France en monarchie constitutionnelle, appliquant la séparation des pouvoirs de Montesquieu.
Exercice 2 — Chronologie de la Révolution
Ordre chronologique et dates précises :
- Prise de la Bastille — 14 juillet 1789
- Adoption de la DDHC — 26 août 1789
- Proclamation de la Première République — 21 septembre 1792
- Exécution de Louis XVI — 21 janvier 1793
- Coup d'État du 18 Brumaire — 9 novembre 1799
Justifications :- La prise de la Bastille (14 juillet 1789) est le symbole du début de la Révolution ; le 14 juillet est aujourd'hui la fête nationale française.
- La DDHC est adoptée par l'Assemblée nationale le 26 août 1789 ; elle proclame la liberté et l'égalité de tous les hommes.
- La Convention nationale proclame la Première République le 21 septembre 1792, après la suspension de Louis XVI ; la monarchie est abolie.
- Louis XVI est jugé pour trahison et guillotiné le 21 janvier 1793 par la Convention.
- Le 18 Brumaire an VIII (9 novembre 1799) : Napoléon Bonaparte renverse le Directoire par un coup d'État et instaure le Consulat.
Événement qui met fin à la Révolution :Le
coup d'État du 18 Brumaire (9 novembre 1799) met officiellement fin à la Révolution française. Napoléon Bonaparte prend le pouvoir et établit le Consulat.
Exercice 3 — Analyse de document
a) Quelle vision de la société cet article défend-il ?
L'article 1 de la DDHC défend une vision égalitaire et libérale de la société. Il affirme que tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits — l'égalité n'est donc pas un acquis social mais un droit naturel et inaliénable. Les distinctions entre les individus ne peuvent être justifiées que par l'utilité commune, c'est-à-dire l'intérêt de l'ensemble de la société, et non par la naissance ou le rang social. Justification : Cet article s'inspire directement des philosophes des Lumières (Rousseau, Montesquieu) et de la Déclaration d'indépendance américaine de 1776.
b) En quoi cet article remet-il en cause la société d'Ancien Régime ?
Sous l'Ancien Régime, la société était divisée en trois ordres inégaux : le clergé (1er ordre), la noblesse (2e ordre) et le tiers état (3e ordre). Les deux premiers ordres bénéficiaient de nombreux privilèges (exemption d'impôts, droits seigneuriaux) fondés sur la naissance et non sur l'utilité commune. L'article 1 de la DDHC remet radicalement en cause ce système : il affirme que l'égalité des droits est naturelle, rendant les privilèges de naissance illégitimes. C'est la base juridique de la nuit du 4 août 1789 où la noblesse a renoncé à ses privilèges. Justification : La nuit du 4 août 1789 traduit en actes ce principe d'égalité : les nobles renoncent volontairement à leurs droits seigneuriaux et exemptions fiscales.
c) Quelle limite importante peut-on trouver à cet article en 1789 ?
Malgré son caractère révolutionnaire, l'article 1 présente une limite majeure : il ne parle que des « hommes », excluant de fait les femmes du bénéfice de ces droits. En 1789, les femmes ne disposent d'aucun droit politique (ni vote, ni éligibilité). C'est pourquoi Olympe de Gouges rédige en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne pour dénoncer cette exclusion. De plus, la DDHC ne remet pas en cause l'esclavage dans les colonies françaises, qui perdurera jusqu'en 1794 (première abolition) puis 1848 (abolition définitive). Justification : Ces limites montrent que les idéaux révolutionnaires de 1789 n'ont été appliqués que partiellement dans un premier temps.
Exercice 4 — Questions de cours
1) Les trois principales causes de la Révolution française en 1789 :
- La crise financière : L'État royal est au bord de la faillite, épuisé par les dépenses militaires (notamment le soutien à la révolution américaine 1776-1783) et les dépenses de la cour de Versailles. Louis XVI convoque les États généraux pour trouver des solutions fiscales. Justification : C'est cette crise qui déclenche directement la réunion des États généraux le 5 mai 1789.
- La crise sociale : La société d'Ancien Régime est profondément inégale : le tiers état (plus de 27 millions de personnes) supporte la quasi-totalité des impôts, tandis que le clergé et la noblesse en sont exemptés. Les inégalités entre les ordres alimentent un fort mécontentement. Justification : Le tiers état réclame le vote par tête et l'égalité fiscale, ce qui mène à la rupture avec les ordres privilégiés.
- La crise politique et intellectuelle : Les idées des Lumières (Voltaire, Rousseau, Montesquieu) remettent en cause le pouvoir absolu du roi et les privilèges. Elles prônent la liberté, la séparation des pouvoirs et la souveraineté du peuple. Ces idées ont inspiré les révolutionnaires et la DDHC. Justification : La DDHC de 1789 s'inspire directement de ces philosophes et de la Déclaration d'indépendance américaine.
À noter : on peut également citer la crise alimentaire de 1788 (mauvaise récolte, hausse du prix du pain, famine menaçante) comme quatrième cause aggravante.2) La Terreur — définition et fin :La
Terreur (septembre 1793 – juillet 1794) est une période de gouvernement autoritaire dominée par le
Comité de salut public et
Robespierre. Des milliers de personnes sont arrêtées et exécutées (environ 17 000 condamnations officielles à mort) au nom du salut de la République, grâce notamment au Tribunal révolutionnaire et à la loi des suspects (1793). La Terreur prend fin avec le
9 Thermidor (27 juillet 1794) : des membres de la Convention, craignant d'être eux-mêmes exécutés, font arrêter et guillotiner Robespierre et ses alliés. C'est la
réaction thermidorienne.
Exercice 5 — Paragraphe argumenté
Éléments attendus (critères de correction) :
- Pertinence des arguments (1 pt) : Le paragraphe doit montrer que la Révolution a transformé durablement la France sur au moins deux plans distincts (politique, juridique, social…).
- Précision des exemples (0,5 pt) : Les exemples doivent être datés et précis.
- Qualité de l'expression écrite (0,5 pt) : Phrases complètes, orthographe correcte, connecteurs logiques (premièrement, de plus, enfin…).
Exemple de réponse attendue :La Révolution française (1789-1799) a profondément et durablement transformé la société française. Premièrement, elle a aboli la monarchie absolue et les privilèges de l'Ancien Régime : lors de la nuit du 4 août 1789, la noblesse a renoncé à ses droits seigneuriaux et exemptions fiscales, mettant fin à la société d'ordres. Deuxièmement, la Révolution a affirmé des droits et libertés fondamentaux : la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (26 août 1789) proclame que tous les hommes naissent libres et égaux, et que la souveraineté appartient à la Nation. Enfin, la Révolution a instauré la démocratie représentative en France, avec des assemblées élues qui font la loi. Ces transformations restent aujourd'hui les fondements de la République française, dont la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » est héritée de la Révolution.