Exercice 1 — Maîtriser la chronologie (4 pts)
1. Ordre chronologique des événements :
- 2 décembre 1804 — Sacre de Napoléon Ier à Notre-Dame de Paris en présence du pape Pie VII.
- 4 septembre 1870 — Proclamation de la IIIe République, après la capture de Napoléon III à Sedan.
- 21-28 mai 1871 — Semaine sanglante : l'armée versaillaise reprend Paris aux Communards ; entre 10 000 et 30 000 morts.
- 1881-1882 — Lois Ferry : école gratuite (1881), puis obligatoire et laïque (1882).
2. Le 2 décembre dans l'histoire :La date du 2 décembre revient deux fois car elle est choisie délibérément pour son symbolisme :
• Le
2 décembre 1804, Napoléon I
er est sacré Empereur — anniversaire de la victoire d'Austerlitz (2 décembre 1805).
• Le
2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte réalise son coup d'État contre l'Assemblée nationale en choisissant cette même date pour rappeler la gloire napoléonienne et légitimer son action aux yeux des bonapartistes.
Justification : Les deux événements sont liés à la famille Bonaparte, et le choix de la date est un acte politique voulu pour asseoir la légitimité impériale.
Exercice 2 — Définir les notions clés (4 pts)
1. La laïcité et la loi de 1905 :
La laïcité est le principe qui sépare les institutions publiques de toute religion : l'État est neutre vis-à-vis des croyances ; chacun est libre de pratiquer ou non une religion dans la sphère privée, mais les services publics ne favorisent aucun culte.
La loi du 9 décembre 1905 en est l'aboutissement car elle met fin au Concordat de 1801 (signé par Napoléon Ier), qui reconnaissait et finançait les cultes. Désormais, l'État ne reconnaît plus ni ne salarie aucun culte ; les biens des Églises reviennent à des associations cultuelles. Cette loi est le fondement juridique de la laïcité française encore en vigueur.
2. La Commune de Paris :
La Commune de Paris est un gouvernement insurrectionnel et populaire qui s'empare de la direction de Paris du 18 mars au 28 mai 1871 — soit environ 72 jours. Elle naît du refus des Parisiens, épuisés par le siège prussien, de remettre les canons de la Garde nationale au gouvernement républicain réfugié à Versailles.
Elle prend fin lors de la Semaine sanglante (21-28 mai 1871) : l'armée versaillaise reconquiert Paris quartier par quartier dans des combats meurtriers. Le bilan est effroyable : entre 10 000 et 30 000 Communards sont tués, 38 000 arrêtés, des milliers déportés en Nouvelle-Calédonie.
À préciser : La Commune ne contrôle que Paris ; le gouvernement légal de la République reste à Versailles sous Adolphe Thiers.
Exercice 3 — Analyser un événement (5 pts)
1. Le Second Empire : phase autoritaire et phase libérale :
• Phase autoritaire (1852-1860) : À ses débuts, le Second Empire est un régime autoritaire. La censure de la presse est rétablie, les opposants politiques sont poursuivis et exilés (ex. : Victor Hugo part à Guernesey), les libertés de réunion et d'association sont sévèrement limitées. Le Corps législatif existe mais ses pouvoirs sont réduits.
• Phase libérale (1860-1870) : À partir de 1860, Napoléon III libéralise progressivement le régime : il accorde davantage de pouvoirs au Corps législatif, autorise des débats parlementaires, assouplit la censure et reconnaît le droit de grève (1864). Cette évolution vise à élargir la base sociale du régime face à une opposition croissante.
2. Les principaux travaux à Paris sous Napoléon III :
Le baron Haussmann, préfet de la Seine nommé par Napoléon III, transforme Paris en ville moderne. Exemples :
- Percement de larges boulevards (boulevard Haussmann, boulevard Saint-Germain) facilitant la circulation et la défense de l'ordre.
- Construction d'un réseau moderne d'égouts et d'adduction d'eau.
- Création des grands parcs (bois de Boulogne, bois de Vincennes, parc des Buttes-Chaumont).
- Construction de la gare du Nord et modernisation des autres gares parisiennes.
3. L'effondrement du Second Empire en 1870 :L'effondrement s'explique par la
guerre franco-prussienne (juillet-septembre 1870). Napoléon III, engagé dans une guerre mal préparée contre la Prusse de Bismarck, subit une défaite décisive à la
bataille de Sedan le 2 septembre 1870 : lui-même est fait prisonnier avec 100 000 soldats. Cette capture du chef de l'État prive le régime de toute légitimité. À Paris, la République est proclamée dès le
4 septembre 1870. Le Second Empire disparaît sans que Napoléon III ait pu abdiquer formellement.
Exercice 4 — Étude de cas : la IIIe République et ses valeurs (4 pts)
e République et ses valeurs (4 pts)
1. Trois libertés fondamentales accordées sous la IIIe République :
- Liberté de la presse (loi du 29 juillet 1881) : La censure préalable est supprimée ; la presse peut publier librement sous réserve des lois sur la diffamation.
- Liberté de réunion et droit syndical (loi Waldeck-Rousseau, 21 mars 1884) : Les syndicats sont légalisés ; les travailleurs peuvent s'organiser pour défendre leurs intérêts professionnels.
- Séparation de l'Église et de l'État (loi du 9 décembre 1905) : L'État est laïque et ne reconnaît ni ne finance aucun culte, garantissant la liberté de conscience pour tous les citoyens.
Autres libertés acceptables : liberté d'association (loi de 1901), école gratuite et obligatoire (lois Ferry 1881-1882).
2. La IIIe République, fondement de la France contemporaine :La III
e République peut être considérée comme le régime qui « fonde » la France contemporaine car c'est elle qui a durablement ancré les valeurs républicaines dans la société française : école laïque et obligatoire pour tous, liberté de la presse, liberté syndicale, séparation de l'Église et de l'État. Ces principes, établis entre 1875 et 1905, sont encore au cœur de la République française actuelle. C'est aussi le régime le plus long de l'histoire contemporaine française (70 ans, 1870-1940), ce qui témoigne de son ancrage dans la société.
Exercice 5 — Réponse organisée : l'affaire Dreyfus (3 pts)
Éléments attendus dans le paragraphe (critères de correction) :
- Présentation de Dreyfus : Alfred Dreyfus est un capitaine de l'armée française, d'origine juive alsacienne.
- L'accusation : En 1894, il est faussement accusé d'avoir livré des secrets militaires à l'Allemagne (espionnage). Il est dégradé publiquement et condamné au bagne en Guyane (île du Diable).
- Les deux France :
— Les dreyfusards : républicains, socialistes et intellectuels (dont l'écrivain Émile Zola) qui réclament la révision du procès, au nom de la justice et des droits de l'homme. Zola publie « J'Accuse… ! » dans L'Aurore le 13 janvier 1898.
— Les antidreyfusards : nationalistes, militaires, antisémites et catholiques conservateurs qui maintiennent la culpabilité de Dreyfus et refusent de remettre en cause l'armée. - Dénouement : En 1906, Dreyfus est réhabilité et réintégré dans l'armée.
- Conséquences : L'affaire révèle la fragilité de la démocratie face à l'antisémitisme et au nationalisme, mais aussi la capacité de la République à se corriger. Elle accélère la séparation de l'Église et de l'État (loi de 1905).
Exemple de paragraphe rédigé :Alfred Dreyfus, capitaine juif de l'armée française, est accusé à tort d'espionnage au profit de l'Allemagne en 1894. Condamné au bagne, il devient le symbole d'une injustice qui divise profondément la France. Les dreyfusards — républicains, socialistes et intellectuels comme Émile Zola, qui publie « J'Accuse… ! » en 1898 — réclament la révision du procès. Face à eux, les antidreyfusards — nationalistes, antisémites et militaires — refusent de remettre en cause l'institution militaire. Après douze ans de lutte, Dreyfus est réhabilité en 1906. L'affaire a démontré que la démocratie républicaine pouvait résister aux tentations autoritaires, mais aussi qu'elle restait menacée par le racisme et le nationalisme.