À propos de cette page
Ce cours de géographie en quatrième sur « Les inégalités dans le monde » suit le programme officiel de géographie de quatrième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Un monde inégal : mesurer les écarts de développement, L'IDH, principal indicateur de développement humain, Les fractures mondiales : Nord et Sud, La pauvreté et ses multiples visages. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de quatrième à réussir en géographie.
Au programme
1 · Un monde inégal : mesurer les écarts de développement
2 · L'IDH, principal indicateur de développement humain
3 · Les fractures mondiales : Nord et Sud
4 · La pauvreté et ses multiples visages
5 · Les pays émergents : entre croissance et inégalités
6 · Les inégalités à l'intérieur des États
7 · Les acteurs du développement et de l'aide internationale
1Un monde inégal : mesurer les écarts de développement
Le monde actuel est marqué par de profondes inégalités entre les différents pays et au sein même de chaque pays. Ces inégalités s'observent dans de nombreux domaines : richesse économique, accès à l'éducation, à la santé, à l'eau potable, à l'alimentation ou encore à l'électricité.
Pour mesurer ces inégalités, les géographes et les économistes utilisent plusieurs indicateurs de développement, c'est-à-dire des chiffres qui permettent de comparer la situation des pays entre eux.
Définition. Le développement désigne l'amélioration globale des conditions de vie d'une population sur les plans économique, social et humain. Il ne se résume pas à la seule richesse économique.
Parmi les indicateurs les plus utilisés, on trouve :
- Le PIB par habitant (Produit Intérieur Brut divisé par le nombre d'habitants) : mesure la richesse économique moyenne.
- Le taux de mortalité infantile : nombre d'enfants qui meurent avant 1 an pour 1 000 naissances.
- Le taux d'alphabétisation : part de la population sachant lire et écrire.
- L'espérance de vie à la naissance : nombre d'années qu'un nouveau-né peut espérer vivre.
Exemple. En 2023, l'espérance de vie est de 83 ans en France, contre 54 ans au Niger. Le taux de mortalité infantile au Niger est de 68 ‰, contre 3,5 ‰ en France.
2L'IDH, principal indicateur de développement humain
Depuis 1990, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) publie chaque année l'Indice de Développement Humain (IDH). Cet indice est devenu la référence mondiale pour comparer le niveau de développement des pays.
L'IDH (Indice de Développement Humain) est un indicateur composite qui combine trois dimensions :
• La santé : espérance de vie à la naissance
• L'éducation : durée moyenne de scolarisation et durée attendue de scolarisation
• Le niveau de vie : revenu national brut par habitant (en parité de pouvoir d'achat)
Sa valeur varie entre 0 (développement très faible) et 1 (développement maximal).
| Groupe | IDH | Exemples de pays |
|---|
| Très élevé | 0,80 à 1,00 | Norvège (0,966), France (0,910), États-Unis (0,921) |
| Élevé | 0,70 à 0,79 | Brésil (0,760), Chine (0,788), Algérie (0,745) |
| Moyen | 0,55 à 0,69 | Maroc (0,698), Inde (0,644) |
| Faible | 0 à 0,54 | Niger (0,394), Mali (0,410), Tchad (0,394) |
Attention ! L'IDH est une moyenne nationale : il ne montre pas les inégalités à l'intérieur d'un même pays. Un pays peut avoir un IDH élevé tout en ayant de fortes disparités entre ses régions ou ses habitants.
En 2023, la Norvège occupe la première place mondiale, et c'est le Niger qui se trouve en dernière position. La France se classe dans les 30 premiers pays mondiaux.
3Les fractures mondiales : Nord et Sud
Les géographes utilisent souvent l'opposition Nord / Sud pour désigner les inégalités de développement à l'échelle mondiale. Cette division ne correspond pas exactement aux hémisphères géographiques, mais à des réalités économiques et sociales.
Le « Nord » désigne l'ensemble des pays riches et développés : l'Europe de l'Ouest, l'Amérique du Nord, le Japon, l'Australie… Ces pays ont un IDH élevé, une économie industrielle et de services développée, et assurent à leurs habitants un accès à l'éducation, à la santé et à des services publics de qualité.
Le « Sud » désigne les pays en développement, aux niveaux de vie plus faibles, majoritairement situés en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud, en Asie centrale et dans certaines régions d'Amérique latine.
Cette opposition Nord/Sud est cependant de plus en plus nuancée. Le monde se présente aujourd'hui comme multipolaire et les situations sont très diverses :
- Des pays émergents (Chine, Inde, Brésil…) se hissent parmi les premières économies mondiales.
- Des pays les moins avancés (PMA), les plus pauvres du monde, restent très en retard.
- Des États pétroliers du Golfe (Qatar, Émirats arabes unis) ont un PIB par habitant très élevé mais un IDH perfectible.
Astuce. Pour retenir la distinction Nord/Sud, pense à la ligne tracée en 1980 par le rapport Brandt : elle sépare les pays riches (au-dessus) des pays pauvres (en dessous). Cette ligne passe au-dessus de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, qui sont « au Sud » géographiquement mais « au Nord » économiquement.
4La pauvreté et ses multiples visages
La pauvreté est l'une des manifestations les plus visibles des inégalités mondiales. Elle ne se limite pas à l'absence de ressources financières : elle touche aussi l'accès à l'éducation, à la santé, à l'eau potable, à la nourriture et à un logement décent.
L'extrême pauvreté (selon la Banque mondiale) : vivre avec moins de 2,15 dollars par jour (seuil révisé en 2022). En 2023, environ 700 millions de personnes vivent en dessous de ce seuil, soit près de 9 % de la population mondiale.
Les pays les plus touchés par l'extrême pauvreté se trouvent principalement en Afrique subsaharienne (plus de 60 % des extrêmes pauvres du monde) et en Asie du Sud. Ces régions cumulent plusieurs handicaps :
- Des systèmes de santé insuffisants (manque de médecins, de médicaments, d'hôpitaux).
- Des taux de scolarisation encore faibles, notamment pour les filles.
- Un accès limité à l'eau potable : en 2023, environ 2 milliards de personnes n'ont pas accès à de l'eau salubre.
- La malnutrition et la faim : 800 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde.
Exemple. Au Mali, un enfant sur dix meurt avant l'âge de 5 ans. Seulement 40 % de la population a accès à l'eau potable. Le taux d'alphabétisation des femmes n'est que de 31 % (données ONU, 2022).
Toutefois, des progrès significatifs ont été réalisés depuis 1990 : le nombre de personnes vivant en extrême pauvreté a été divisé par trois en trente ans, notamment grâce à la croissance économique de la Chine et de l'Inde.
5Les pays émergents : entre croissance et inégalités
Depuis les années 1990-2000, un groupe de pays dit émergents a connu une croissance économique rapide qui les a propulsés parmi les premières économies mondiales. Ils bousculent l'ordre économique mondial traditionnel.
Pays émergents : pays qui ont amorcé un décollage économique rapide et dont le poids dans l'économie mondiale augmente fortement, mais dont le niveau de développement humain reste inférieur aux pays les plus riches. Les principaux sont les BRICS : Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud (élargis depuis 2024 à l'Égypte, l'Éthiopie, l'Iran et les Émirats arabes unis).
La Chine est l'exemple le plus spectaculaire : elle est devenue la 2e puissance économique mondiale et a sorti des centaines de millions de personnes de la pauvreté. Pourtant, de fortes inégalités persistent entre les zones côtières riches et les campagnes intérieures pauvres.
En Inde, la croissance économique crée une classe moyenne de plus en plus importante, mais 200 millions de personnes vivent encore en dessous du seuil de pauvreté.
Attention ! La richesse des pays émergents profite inégalement à leurs habitants. Le coefficient de Gini (qui mesure les inégalités internes de revenus de 0 = égalité parfaite à 1 = inégalité maximale) est très élevé au Brésil (0,52) et en Afrique du Sud (0,63), ce qui en fait parmi les pays les plus inégalitaires au monde.
D'autres pays émergents, qualifiés de « dragons » ou « tigres » asiatiques (Corée du Sud, Taïwan, Singapour, Hong Kong), ont réussi à rejoindre le groupe des pays développés grâce à des stratégies industrielles et éducatives ambitieuses.
6Les inégalités à l'intérieur des États
Les inégalités ne se limitent pas aux écarts entre pays : elles existent aussi à l'intérieur de chaque État, entre les régions, entre les villes et les campagnes, entre les différentes catégories sociales, et selon le genre.
Les inégalités ville-campagne sont particulièrement marquées dans les pays en développement. Les métropoles concentrent les emplois, les hôpitaux, les universités et les infrastructures, tandis que les espaces ruraux restent souvent enclavés.
Exemple. Au Brésil, São Paulo est une mégapole ultra-moderne avec des gratte-ciels et des centres d'affaires, mais la ville compte aussi d'immenses favelas où vivent plusieurs millions de personnes dans des conditions de pauvreté extrême — parfois à quelques rues des quartiers huppés.
Les inégalités de genre (entre hommes et femmes) restent très présentes dans le monde :
- Les femmes gagnent en moyenne 20 % de moins que les hommes pour un travail équivalent.
- Dans certains pays, les filles sont moins scolarisées que les garçons.
- Les femmes ont moins accès aux responsabilités politiques et économiques.
En France, des inégalités territoriales persistent entre l'Île-de-France (région la plus riche) et certaines régions d'outre-mer ou du nord industriel. Des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) concentrent les populations les plus défavorisées dans les grandes agglomérations, y compris à Marseille.
À retenir. L'IDH national masque souvent des disparités internes considérables. C'est pourquoi le PNUD a créé l'IDH ajusté aux inégalités (IDHI) qui tient compte de la répartition réelle du développement au sein de chaque pays.
7Les acteurs du développement et de l'aide internationale
Face aux inégalités mondiales, de nombreux acteurs cherchent à réduire les écarts de développement et à améliorer les conditions de vie des populations les plus vulnérables.
Les organisations internationales jouent un rôle central :
- L'ONU (Organisation des Nations Unies) et ses agences spécialisées : l'UNICEF (enfance), l'OMS (santé), la FAO (alimentation), le PNUD (développement).
- La Banque mondiale et le FMI (Fonds Monétaire International) accordent des prêts aux pays en développement.
En 2015, l'ONU a adopté les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD), à atteindre d'ici 2030. Ces objectifs couvrent la lutte contre la pauvreté, la faim, les inégalités, l'accès à l'éducation, à la santé et à l'eau potable, ainsi que la protection de l'environnement.
L'aide publique au développement (APD) est l'aide financière accordée par les pays riches aux pays pauvres pour financer des projets de développement (écoles, hôpitaux, routes, eau potable…). L'ONU recommande que les pays développés y consacrent 0,7 % de leur revenu national brut (RNB). En 2022, la France y consacre environ 0,56 % de son RNB.
Les ONG (Organisations Non Gouvernementales) comme Médecins Sans Frontières, Oxfam ou le CICR interviennent sur le terrain dans les zones de crise ou de grande pauvreté. Enfin, des entreprises multinationales investissent dans les pays du Sud, créant des emplois mais soulevant aussi des questions sur les conditions de travail et le partage des richesses.
Astuce. Pour le brevet, retiens les grands acteurs : ONU, Banque mondiale, ONG, États. Et retiens les 17 ODD adoptés en 2015 pour 2030 comme cadre mondial de lutte contre les inégalités.
★À retenir
À retenir :
• Le monde est marqué par de fortes inégalités de développement entre les pays et à l'intérieur de chaque pays.
• L'IDH (Indice de Développement Humain) mesure le niveau de développement selon la santé, l'éducation et le revenu. Il varie de 0 à 1.
• L'opposition Nord/Sud désigne les écarts entre pays riches (IDH élevé) et pays en développement (IDH faible), mais cette division est de plus en plus nuancée.
• Environ 700 millions de personnes vivent encore en extrême pauvreté (moins de 2,15 $/jour), surtout en Afrique subsaharienne.
• Les pays émergents (BRICS) ont connu une croissance rapide mais gardent de fortes inégalités internes.
• Les inégalités s'observent aussi à l'échelle nationale : entre régions, entre villes et campagnes, entre hommes et femmes.
• Les 17 ODD de l'ONU (2015) fixent des objectifs mondiaux de développement durable à atteindre d'ici 2030.