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Collège · 3ᵉ · SVT

L'évolution des espèces

Parentés entre êtres vivants et histoire de la vie sur Terre

À propos de cette page
Ce cours de svt en troisième sur « L'évolution des espèces » suit le programme officiel de svt de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Une histoire de 3,8 milliards d'années, Les fossiles, archives de la vie, Établir des parentés : groupes emboîtés et arbres, Les homologies, traces d'un ancêtre commun. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en svt.
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Une histoire de 3,8 milliards d'années

Évolution. Transformation des espèces au fil des générations, à partir d'ancêtres communs. Toutes les espèces actuelles et fossiles sont apparentées : elles forment un seul arbre, enraciné il y a plus de 3,5 milliards d'années.

Cette histoire n'est ni linéaire ni orientée : des lignées se diversifient, d'autres s'éteignent. Plus de 99 % des espèces ayant existé ont disparu. Cinq grandes crises biologiques ont chacune éliminé la majorité des espèces, suivies de diversifications rapides des survivants : les mammifères, discrets pendant 150 millions d'années, se sont diversifiés après la disparition des dinosaures non aviens.

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Les fossiles, archives de la vie

Un fossile est un reste (os, coquille, dent, bois) ou une trace (empreinte, terrier) d'être vivant conservé dans une roche sédimentaire. La fossilisation est rare : il faut un enfouissement rapide, à l'abri des charognards et de l'oxygène. Les archives sont donc incomplètes, mais elles racontent trois choses :

  • La succession des faunes et des flores : dans des couches non déformées, la plus profonde est la plus ancienne (datation relative). Les trilobites ne se trouvent jamais avec les mammifères.
  • Des espèces disparues qui ressemblent aux actuelles sans être identiques : la vie a changé.
  • Des formes intermédiaires qui combinent les caractères de deux groupes actuels.
Tiktaalik (−375 Ma)Écailles, nageoires et branchies de poisson ; mais tête plate, cou mobile, côtes, et des os de bras (humérus, radius, ulna, ébauche de poignet) dans la nageoire. Entre les poissons à nageoires charnues (−385 Ma) et les premiers tétrapodes (−365 Ma) ; trouvé en 2004 dans des roches de l'âge prévu.
Archaeopteryx (−150 Ma)Plumes et ailes d'oiseau ; mais dents, longue queue osseuse et griffes aux ailes de dinosaure. Entre dinosaures et oiseaux.
Pakicetus (−50 Ma)Mammifère à quatre pattes, vivant au bord de l'eau, dont l'oreille est déjà celle d'une baleine. Début de la lignée des cétacés.
Attention ! Un fossile intermédiaire n'est pas forcément l'ancêtre direct des espèces actuelles : c'est un cousin proche de cet ancêtre, qui montre à quoi il pouvait ressembler. On ne peut pas le prouver, seulement l'utiliser comme témoin.
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Établir des parentés : groupes emboîtés et arbres

Pour reconstituer l'arbre, on compare des caractères et on regroupe les espèces qui partagent un caractère hérité d'un ancêtre commun.

TruiteGrenouilleLézardPigeonChat
Vertèbresouiouiouiouioui
Quatre membresnonouiouiouioui
Œuf à amnios (enveloppe protectrice)nonnonouiouioui
Poils, laitnonnonnonnonoui

On obtient des groupes emboîtés : vertébrés ⊃ tétrapodes ⊃ amniotes ⊃ mammifères. Chaque groupe correspond à un ancêtre commun et à tous ses descendants ; l'arbre qui en découle est un arbre phylogénétique.

Lire un arbre. Un nœud = un ancêtre commun hypothétique (on ne le connaît pas, on le déduit). Deux espèces sont d'autant plus proches que leur ancêtre commun est plus récent. Le chat et le pigeon (amniotes) sont plus proches l'un de l'autre que le pigeon ne l'est de la grenouille. L'ordre des branches à un même nœud n'a pas de sens : on peut les faire pivoter.
Astuce. Seuls comptent les caractères partagés hérités. « Absence de membres » ne définit pas un groupe : le serpent et la truite n'en ont pas, mais le serpent est un tétrapode qui a perdu ses pattes.
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Les homologies, traces d'un ancêtre commun

Des organes sont homologues lorsqu'ils ont la même organisation, hérités d'un même ancêtre, même si leur fonction diffère. Le membre antérieur des tétrapodes est bâti sur le même plan : un humérus, puis radius et ulna, puis les os du poignet, puis des doigts. L'aile de la chauve-souris, la nageoire de la baleine, la patte du cheval et le bras humain sont le même membre, modifié.

Anatomiemême plan d'organisation des membres, du crâne, de la colonne vertébrale ; organes vestigiaux sans fonction (os du bassin chez la baleine, ailes réduites du kiwi)
Embryonstous les embryons de vertébrés ont des fentes pharyngiennes et une queue ; l'embryon humain les perd ensuite
Moléculesmême code génétique pour tous ; les séquences d'ADN et de protéines sont d'autant plus semblables que les espèces sont proches
Attention ! Ressemblance n'est pas toujours parenté. L'aile de l'insecte et celle de l'oiseau, la forme fuselée du requin, du dauphin et de l'ichtyosaure sont des analogies : des solutions semblables à un même problème (voler, nager vite), apparues indépendamment. C'est la convergence. On distingue homologie et analogie en regardant l'organisation interne, pas la forme extérieure.
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Le moteur : variation, sélection, hasard

En 1859, Charles Darwin publie L'Origine des espèces et propose un mécanisme, la sélection naturelle, fondé sur trois constats :

  1. Dans une population, les individus varient (taille, couleur, résistance…), et une partie de ces variations est héréditaire (on sait aujourd'hui qu'elles viennent des mutations de l'ADN, apparues au hasard).
  2. Il naît plus d'individus que le milieu ne peut en nourrir : tous ne survivent pas, tous ne se reproduisent pas.
  3. Les individus dont les caractères conviennent le mieux au milieu laissent plus de descendants : leurs allèles deviennent plus fréquents. Génération après génération, la population change.
Exemple. Sur une île venteuse, les insectes à longues ailes sont emportés en mer ; les mutants à ailes réduites survivent et se reproduisent davantage. En quelques dizaines de générations, la population est composée d'insectes presque aptères.
Attention ! L'individu ne s'adapte pas et ne transmet pas ce qu'il acquiert : la girafe n'a pas allongé son cou en s'étirant. Ce sont les populations qui évoluent, par tri des variations préexistantes. La sélection ne prépare pas l'avenir : elle ne retient que ce qui marche ici et maintenant. Dans les petites populations, le hasard seul (dérive génétique) peut aussi faire disparaître ou fixer un allèle.
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Comment naît une espèce

Espèce. Ensemble d'individus qui peuvent se reproduire entre eux et donner une descendance elle-même fertile. Le cheval et l'âne donnent un mulet stérile : ce sont deux espèces.

La spéciation est la naissance de deux espèces à partir d'une seule. Le scénario le plus fréquent :

  1. Une population est séparée en deux par une barrière : bras de mer, chaîne de montagnes, canyon, nouveau régime alimentaire.
  2. Chaque moitié accumule ses propres mutations et subit sa propre sélection (milieux différents) : elles divergent.
  3. Si elles se retrouvent, elles ne peuvent plus se croiser (périodes de reproduction, chants, formes, gamètes incompatibles) : l'isolement reproductif est acquis. Deux espèces existent.
Exemples. De part et d'autre du Grand Canyon vivent deux écureuils cousins, l'un à ventre blanc, l'autre à ventre sombre, qui ne se croisent plus. Dans le lac Victoria, plusieurs centaines d'espèces de poissons cichlidés sont nées en moins de 15 000 ans à partir de quelques espèces, chacune spécialisée dans un régime ou une profondeur. Les 13 espèces de pinsons des Galápagos descendent d'une population arrivée du continent il y a 2 à 3 millions d'années.
Le point clé. Isolement + temps + différences de sélection = nouvelles espèces. L'évolution produit un buisson dont chaque nœud est une spéciation.
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La lignée humaine, un buisson

L'être humain est un primate. Son plus proche cousin vivant est le chimpanzé : nos deux lignées se sont séparées il y a environ 7 millions d'années. L'humain ne « descend » donc pas du chimpanzé ; tous deux descendent d'un ancêtre commun, qui n'était ni l'un ni l'autre.

Toumaï (Tchad, −7 Ma)crâne au trou occipital avancé : bipédie probable
Lucy, Australopithecus afarensis (Éthiopie, −3,2 Ma)bipède, mais grimpe encore ; cerveau ≈ 400 cm³
Homo habilis (−2,4 Ma)premiers outils de pierre taillée ; cerveau ≈ 650 cm³
Homo erectus (−1,9 Ma)sort d'Afrique, maîtrise du feu ; cerveau ≈ 1 000 cm³
Néandertal (Europe, −400 000 à −40 000 ans)cerveau aussi grand que le nôtre, sépultures ; s'est croisé avec Homo sapiens
Homo sapiens (Afrique, −300 000 ans)seule espèce humaine survivante depuis 40 000 ans

Plusieurs espèces humaines ont coexisté : il y a 50 000 ans vivaient encore sapiens, Néandertal, Denisova et Homo floresiensis. La lignée humaine est un buisson, pas une échelle qui monterait « du singe à l'homme ». Les caractères qui nous définissent (bipédie permanente, gros cerveau, langage, culture) sont apparus à des moments différents, la bipédie bien avant le cerveau.

Attention ! L'évolution continue : les humains actuels varient (couleur de peau, tolérance au lactose apparue il y a moins de 10 000 ans, résistance à l'altitude) et ces variations sont soumises à la sélection, comme chez toute autre espèce.
En bref
  • La vie a 3,8 milliards d'années ; les espèces changent, se diversifient et s'éteignent : plus de 99 % ont disparu.
  • Les fossiles montrent la succession des faunes et des formes intermédiaires (Tiktaalik, Archaeopteryx).
  • Des caractères partagés hérités définissent des groupes emboîtés ; un nœud d'arbre = un ancêtre commun ; plus il est récent, plus la parenté est proche.
  • Homologie (même organisation, même origine) ≠ analogie (même fonction, origines différentes).
  • Sélection naturelle : variations héréditaires au hasard + tri par le milieu → les populations évoluent, pas les individus.
  • Spéciation : isolement + divergence → isolement reproductif. La lignée humaine est un buisson ; humain et chimpanzé sont cousins (−7 Ma).
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