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SVT 3ᵉ

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Évolution : sélection naturelle, hasard et nouvelles espèces

Apparition et disparition des espèces ; variation dans les populations ; sélection naturelle ; hasard et dérive génétique ; naissance d’une espèce ; lignée humaine.

À propos de cette page
Ce cours de SVT de 3e explique comment les espèces se transforment, en six parties : apparition et disparition des espèces depuis les stromatolithes, variation et fréquence d’un caractère dans une population, sélection naturelle avec la phalène du bouleau et les pinsons des Galápagos, dérive génétique et atoll de Pingelap, naissance d’une espèce, lignée humaine et croisements avec Néandertal.
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Des espèces apparaissent, d’autres disparaissent

Rappel. En 6e, tu as placé sur une frise les grandes étapes de l’histoire de la vie et les crises biologiques de la fin du Permien (−252 Ma) et de la fin du Crétacé (−66 Ma) (« Biodiversité actuelle et passée ») ; en 4e, tu as daté des fossiles par la superposition des couches et étudié des formes intermédiaires (« Parenté : caractères partagés et classification »).

Ce qu’il faut savoir La biodiversité change au cours des temps géologiques : des espèces apparaissent, d’autres disparaissent (on dit qu’elles s’éteignent). Toutes les espèces, actuelles et fossiles, descendent d’ancêtres communs : c’est l’évolution.
Les premiers êtres vivants sont des cellules microscopiques vivant dans l’eau. Leurs plus anciennes traces admises ont environ 3,5 milliards d’années.
Une espèce disparaît quand plus aucun de ses individus ne parvient à survivre et à se reproduire, souvent parce que son milieu a changé. Après une crise, les espèces survivantes se diversifient : de nouvelles espèces occupent les milieux libérés.

Les premiers êtres vivants

Dans le Pilbara, en Australie, des roches d’environ 3,48 milliards d’années montrent des stromatolithes : des empilements de fines couches, comparables à ceux que construisent aujourd’hui des tapis de bactéries dans des eaux chaudes et peu profondes. Les scientifiques discutent encore de leur origine, mais ce sont parmi les plus anciennes traces de vie connues.

Pendant près de 3 milliards d’années, la vie est restée microscopique et presque uniquement aquatique. Les grands animaux et les plantes terrestres sont des nouveaux venus à l’échelle de cette histoire.

Apparitions, extinctions et diversifications

Plus de 99 % des espèces qui ont vécu sur Terre ont disparu. Les extinctions ont lieu en permanence, à un rythme faible ; lors des cinq grandes crises biologiques, une grande partie des espèces disparaît en peu de temps. Une espèce s’éteint quand son milieu change plus vite que ses populations ne peuvent évoluer, ou quand arrive un prédateur ou un concurrent nouveau.

Les mammifères existent depuis plus de 200 millions d’années. Pendant toute l’ère secondaire, la plupart restent de petite taille, à côté des dinosaures. Après la crise de −66 Ma, qui élimine les dinosaures non aviens (les oiseaux, eux, sont des dinosaures qui ont survécu : on les dit « aviens »), ils se diversifient : de grands herbivores et carnivores, puis, en une quinzaine de millions d’années, les premières chauves-souris et les premiers cétacés apparaissent et occupent les milieux libérés.

Exemples

Les plus anciennes traces de vie ont environ 3 500 Ma ; les plus anciens fossiles de mammifères, un peu plus de 200 Ma. La vie a donc existé pendant environ 3 300 millions d’années sans aucun mammifère.

Des couches de −80 Ma contiennent des fossiles de dinosaures et de petits mammifères ; des couches de −55 Ma, plus aucun dinosaure non avien mais des mammifères variés, de toutes tailles : les dinosaures non aviens se sont éteints, les mammifères se sont diversifiés.

Réflexe — pour décrire l’histoire d’un groupe, je cherche quand ses premiers fossiles apparaissent, quand ses derniers disparaissent, et ce qui se passe après une crise.

Attention — une espèce éteinte ne revient jamais. Les espèces qui apparaissent après une crise sont nouvelles : elles descendent des survivants, elles ne remplacent pas « à l’identique » les disparues.

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La variation dans une population

Rappel. En 4e, tu as vu qu’une mutation crée un nouvel allèle et qu’un caractère acquis au cours de la vie ne se transmet pas (« Génétique : mutations et variabilité »), et qu’une population rassemble les individus d’une même espèce qui vivent au même endroit et se reproduisent entre eux (« Dynamique des populations »).

Ce qu’il faut savoir Dans une population, les individus sont tous différents : c’est la variation.
Certaines différences sont héréditaires : elles viennent d’allèles différents, créés un jour par des mutations, puis combinés autrement à chaque génération par la reproduction sexuée. D’autres ne sont pas héréditaires : elles viennent du milieu ou du mode de vie de l’individu.
On décrit une population par la fréquence d’un caractère ou d’un allèle : fréquence = nombre d’individus (ou d’allèles) concernés ÷ total, souvent en %. Une population évolue quand ces fréquences changent d’une génération à la suivante.

Héréditaire ou non ?

Le pelage, la couleur des yeux, la forme d’un bec dépendent des allèles reçus des parents : ce sont des variations héréditaires. La reproduction sexuée mélange à chaque génération les allèles des deux parents : deux frères n’ont presque jamais le même ensemble d’allèles (chapitre « Diversité génétique »). Un caractère héréditaire peut même apparaître chez un enfant dont aucun parent ne le montre : chaque parent portait un allèle récessif masqué (4e).

Un même hortensia donne des fleurs bleues dans une terre acide et roses dans une terre calcaire : la couleur change avec le sol, pas avec les allèles. Des muscles développés par l’entraînement, une peau bronzée, une plante restée petite à l’ombre : ces différences ne sont pas inscrites dans l’ADN des cellules reproductrices, elles ne passent pas aux descendants.

Suivre une population au fil des générations

Seules les variations héréditaires comptent pour l’évolution. On compte, dans un échantillon, les individus qui portent un caractère, puis on calcule sa fréquence ; on recommence quelques générations plus tard. Si la fréquence a changé, la population a évolué.

Exemples

Dans une haie, 120 escargots des jardins sont examinés : 42 ont une coquille jaune. Fréquence du jaune : 42 ÷ 120 = 0,35, soit 35 %.

Dans une population de 400 mésanges, 60 portent un allèle rare. Dix générations plus tard, sur 500 mésanges, 150 le portent. La fréquence est passée de 60 ÷ 400 = 15 % à 150 ÷ 500 = 30 % : la population a évolué.

Réflexe — devant une différence entre individus, je me demande : vient-elle des allèles (héréditaire) ou du milieu (non héréditaire) ? Puis, pour une population, je compare des fréquences, jamais des nombres bruts.

Attention — si les effectifs changent, les nombres seuls trompent : 60 porteurs sur 400 et 75 porteurs sur 500 donnent la même fréquence, 15 %. La population n’a pas évolué pour ce caractère, elle a seulement grandi.

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La sélection naturelle

Ce qu’il faut savoir En 1859, Charles Darwin publie L’Origine des espèces ; Alfred Russel Wallace était arrivé aux mêmes idées. Ils expliquent l’évolution par la sélection naturelle, qui repose sur trois constats :
1. les individus d’une population varient, et une partie de ces variations est héréditaire ;
2. il naît plus de jeunes que le milieu ne peut en nourrir : tous ne survivent pas et ne se reproduisent pas ;
3. les individus dont les caractères favorisent la survie et la reproduction dans ce milieu laissent plus de descendants : leurs allèles deviennent plus fréquents, génération après génération.
Le milieu ne crée pas les variations (les mutations apparaissent au hasard, avant) : il les trie. Un caractère n’est avantageux que dans un milieu donné.

Le tri ne porte pas seulement sur la survie. Un caractère qui attire les partenaires (couleurs, chant, parade) augmente le nombre de descendants : il peut être favorisé même s’il rend l’animal plus visible pour ses prédateurs.

La phalène du bouleau

Ce papillon de nuit se repose le jour sur les troncs, où les oiseaux le chassent. La forme claire, tachetée, se confond avec les lichens ; une forme sombre, due à une mutation, est rare. Le premier individu sombre vivant est capturé à Manchester en 1848. Dans cette région industrielle, la suie noircit les troncs et tue les lichens. En 1895, 98 % des phalènes de Manchester sont sombres : sur les troncs noirs, les oiseaux voient et mangent surtout les claires. Depuis que l’air a été assaini, au XXe siècle, la forme sombre est redevenue rare. Le même caractère a été avantageux, puis désavantageux : c’est le milieu qui décide.

Les pinsons de Daphné Major

Sur cette petite île des Galápagos, Peter et Rosemary Grant mesurent les pinsons à bec moyen depuis 1973. En 1977, une grande sécheresse prive l’île de graines, sauf des grosses graines dures. La population passe d’environ 1 400 oiseaux à quelques centaines. Les survivants ont en moyenne un bec plus épais (9,9 mm contre 9,2 mm pour l’ensemble des adultes avant la sécheresse), capable de casser ces graines. Comme l’épaisseur du bec est héréditaire, leurs petits ont eux aussi un bec plus épais que la génération d’avant (9,7 mm en moyenne).

Les humains sont aussi un agent de sélection : un antibiotique trie les bactéries résistantes (chapitre de 4e sur les micro-organismes).

Exemples

Dans L’Origine des espèces, Darwin rapporte que, sur les 550 espèces de coléoptères de Madère, une île battue par les vents, 200 ne peuvent pas voler : les insectes qui s’envolaient le plus souvent étaient emportés en mer. 200 ÷ 550 ≈ 0,36, soit plus d’un tiers des espèces.

Dans un champ traité chaque année par le même insecticide, quelques insectes portent par hasard un allèle de résistance. Ils survivent, se reproduisent, et en quelques années la plupart des insectes du champ sont résistants : le traitement a sélectionné les résistants, il ne les a pas créés.

Réflexe — pour expliquer un changement par la sélection naturelle, je cite les trois mots dans l’ordre : variation héréditaire préexistante → tri par le milieu (survie, reproduction) → allèle plus fréquent à la génération suivante.

Attention — l’individu ne s’adapte pas et ne transmet pas ce qu’il acquiert : la girafe n’a pas allongé son cou en s’étirant (c’était l’idée de Lamarck, en 1809). Et la sélection ne prévoit rien : elle ne retient que ce qui marche ici et maintenant.

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Le hasard : mutations et dérive génétique

Ce qu’il faut savoir Le hasard intervient deux fois dans l’évolution. Les mutations apparaissent au hasard, sans viser un besoin. Et la transmission des allèles est elle aussi soumise au hasard : quels individus meurent par accident, quels couples se forment, quels gamètes sont fécondés.
La dérive génétique est la variation au hasard de la fréquence d’un allèle d’une génération à l’autre, sans lien avec un avantage. Elle est d’autant plus forte que la population est petite : un allèle peut y disparaître, ou au contraire être porté par tous (on dit qu’il est fixé). Dans une très petite population, le hasard peut même éliminer un allèle avantageux.
Quand quelques individus seulement fondent une population (île colonisée, catastrophe qui laisse peu de survivants), les fréquences des allèles peuvent devenir très différentes de celles de la population de départ : c’est l’effet fondateur, une forme de dérive génétique.

Pingelap, l’atoll des daltoniens

Vers 1775, un typhon ravage l’atoll de Pingelap, dans le Pacifique : il ne reste qu’une vingtaine de survivants. L’un d’eux porte un allèle rare, récessif, qui empêche de voir les couleurs (l’achromatopsie). Ailleurs dans le monde, environ une personne sur 30 000 est atteinte ; à Pingelap, aujourd’hui, près de 10 % des habitants. Cet allèle n’apporte aucun avantage : c’est le hasard du petit nombre de survivants, et non la sélection, qui l’a rendu si fréquent.

Sélection naturelle ou hasard ?

Sélection naturelleDérive génétique
Causeun caractère favorise la survie ou la reproduction dans ce milieule hasard des morts, des rencontres, des gamètes
Sens du changementprévisible : l’allèle avantageux augmenteimprévisible : hausse ou baisse, différente d’une population à l’autre
Où elle est fortequand le milieu trie fortementdans les petites populations
Exemples

On simule la dérive avec 10 billes (5 rouges, 5 bleues) : on tire une bille au hasard, on la remet, 10 fois, et la génération suivante reproduit le tirage. En 3 générations, on obtient par exemple 6 rouges, puis 3, puis 0 : le rouge a disparu sans désavantage.

Un allèle sans effet a une fréquence de 50 %. Dans une population de 10 individus, il peut passer à 70 % puis à 40 % en deux générations, et disparaître bientôt ; dans une population de 10 000 individus, sa fréquence ne bouge presque pas (50 %, puis 49,8 %, puis 50,1 %) : plus la population est petite, plus le hasard pèse.

Réflexe — pour trancher entre sélection et hasard, je regarde si le caractère apporte un avantage dans ce milieu, si le changement va dans le même sens dans plusieurs populations semblables, et si la population est petite.

Attention — la dérive génétique n’a rien à voir avec la dérive des continents (5e). Et le hasard n’explique pas tout : une forme sombre qui passe à 98 % dans toutes les villes industrielles, c’est la sélection.

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La naissance d’une espèce

Rappel. En 6e, tu as vu que deux individus appartiennent à la même espèce s’ils peuvent se reproduire ensemble et avoir des descendants eux-mêmes féconds : l’âne et la jument donnent un mulet stérile, ce sont deux espèces.

Ce qu’il faut savoir La spéciation est la naissance de nouvelles espèces à partir d’une espèce ancestrale. Le scénario le plus fréquent compte trois étapes :
1. isolement : une population est coupée en deux (bras de mer, chaîne de montagnes, colonisation d’une île) ;
2. divergence : chaque population accumule ses propres mutations, subit sa propre sélection (milieux différents) et sa propre dérive ;
3. isolement reproductif : même réunies, les deux populations ne peuvent plus se reproduire entre elles ou donnent des hybrides stériles. Deux espèces existent.
Cela demande en général des milliers à des millions d’années, mais cela peut aller très vite.
1 · Une seule population : tous se reproduisent entre eux2 · Une barrière (mer, montagne…) la coupe3 · Chaque moitié évolue de son côté4 · Réunies, elles ne se reproduisent plus : deux espèces✕

L’isolement reproductif peut venir de nombreuses différences : périodes de reproduction décalées, chants ou parades que l’autre population ne reconnaît plus, organes reproducteurs ou gamètes devenus incompatibles.

Des espèces qui naissent sous nos yeux

Les pinsons de Darwin, aux Galápagos, descendent d’un même ancêtre et se sont diversifiés en 1 à 2 millions d’années en une quinzaine d’espèces, aux becs adaptés à des nourritures différentes. En 1981, un mâle d’une autre île arrive à Daphné Major et s’y reproduit avec une femelle locale. Leurs descendants ont un chant et un bec si particuliers que, au bout de deux générations, ils ne se reproduisent plus qu’entre eux : les chercheurs y voient une espèce en train de naître.

Dans le lac Victoria, en Afrique de l’Est, plus de 500 espèces de poissons cichlidés, chacune spécialisée dans une nourriture ou une profondeur, sont nées en un temps très court à l’échelle de l’évolution.

Exemples

L’écureuil de Kaibab vit au nord du Grand Canyon, l’écureuil d’Abert au sud. Isolés par le canyon, ils ont divergé (ventre noir et queue blanche au nord, ventre blanc et queue grise au sud), mais les biologistes les classent encore dans la même espèce : la spéciation n’est pas achevée.

Une île volcanique de 5 millions d’années abrite 12 espèces de grillons qui n’existent nulle part ailleurs : une seule colonisation, puis des spéciations successives sur place, plus probablement que 12 arrivées séparées.

Réflexe — pour raconter une spéciation, je donne les trois étapes dans l’ordre : isolement (quelle barrière ?) → divergence (quelles différences, pourquoi ?) → isolement reproductif (pourquoi ne se reproduisent-elles plus ?).

Attention — deux populations qui se ressemblent ne sont pas forcément de la même espèce, et deux individus très différents peuvent l’être (un chihuahua et un saint-bernard sont deux chiens). Le critère est la reproduction, pas l’aspect.

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La lignée humaine, un buisson qui évolue encore

Rappel. En 4e, tu as placé Homo sapiens parmi les primates : ses plus proches parents actuels sont le chimpanzé et le bonobo, avec qui il partage un ancêtre commun vieux de 5 à 8 millions d’années ; Toumaï et Lucy sont des fossiles de la lignée humaine (« Parenté : caractères partagés et classification »).

Ce qu’il faut savoir La lignée humaine a évolué par les mêmes mécanismes que les autres espèces : variation, sélection naturelle, hasard, isolement.
C’est un buisson, pas une échelle : plusieurs espèces humaines ont vécu en même temps, la plupart se sont éteintes, une seule subsiste, Homo sapiens, apparu en Afrique il y a environ 300 000 ans.
Les caractères humains ne sont pas apparus ensemble : la marche sur deux jambes (bipédie) est acquise des millions d’années avant le gros cerveau.
L’évolution humaine continue : nos populations varient et certains allèles sont encore sélectionnés.
EspècePériodeCe qu’elle nous apprend
Australopithecus afarensis (Lucy)3,85 à 2,95 Mabipède, mais grimpe encore aux arbres ; cerveau de moins de 500 cm³
Homo erectus1,9 Ma à 110 000 anspremière espèce humaine connue hors d’Afrique (Asie)
Néandertal (Homo neanderthalensis)400 000 à 40 000 ansEurope et Asie de l’Ouest ; cerveau aussi gros que le nôtre ; enterre ses morts
Homo floresiensissquelettes de 100 000 à 60 000 ansîle de Flores (Indonésie) ; environ 1 m de haut
Homo sapiens300 000 ans à aujourd’huiAfrique, puis toute la planète ; cerveau d’environ 1 300 cm³

Des espèces cousines qui se sont croisées

L’ADN des fossiles montre que Homo sapiens, sorti d’Afrique, a rencontré Néandertal et les Dénisoviens (une autre espèce humaine d’Asie, connue surtout par son ADN) et a eu avec eux des enfants féconds : entre ces espèces cousines, l’isolement reproductif n’était pas encore complet. Les humains actuels dont les ancêtres ne sont pas africains portent environ 2 % d’ADN néandertalien. Chez les Tibétains, un allèle reçu des Dénisoviens aide à vivre en haute altitude, où l’air est pauvre en dioxygène : il a été sélectionné.

Autre exemple d’évolution récente : la capacité à digérer le lait à l’âge adulte, devenue fréquente chez les peuples d’éleveurs depuis quelques milliers d’années (chapitre de 4e sur les mutations).

Exemples

Il y a environ 60 000 ans, au moins quatre espèces humaines vivaient sur Terre : Homo sapiens, Néandertal, les Dénisoviens et Homo floresiensis. Aujourd’hui, il n’en reste qu’une.

Néandertal a vécu de −400 000 à −40 000 ans, Homo sapiens existe depuis −300 000 ans : les deux espèces ont coexisté pendant 300 000 − 40 000 = 260 000 ans, pas forcément au même endroit.

Réflexe — pour lire un tableau de la lignée humaine, je compare les périodes : deux périodes qui se chevauchent = deux espèces qui ont coexisté, donc l’une n’a pas simplement « remplacé » l’autre en ligne droite.

Attention — « l’homme descend du singe » est faux tel quel : Homo sapiens et le chimpanzé descendent d’un ancêtre commun, qui n’était ni l’un ni l’autre. Et Néandertal n’est pas notre ancêtre : c’est une espèce cousine, qui a vécu en même temps que nous.

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Pour aller plus loin

Ces notions touchent au chapitre, mais elles sont traitées ailleurs ou ont été vues avant.

À retenir
  • La biodiversité change au cours des temps géologiques : des espèces apparaissent, d’autres s’éteignent (plus de 99 % des espèces ont disparu) ; les plus anciennes traces de vie ont environ 3,5 milliards d’années ; après une crise, les survivants se diversifient.
  • Dans une population, les individus varient ; seules les variations héréditaires (allèles issus de mutations, mélangés par la reproduction sexuée) comptent pour l’évolution, que l’on suit par la fréquence d’un caractère ou d’un allèle.
  • Sélection naturelle (Darwin, 1859) : variations héréditaires préexistantes, tri par le milieu, les porteurs des caractères favorables laissent plus de descendants ; un caractère n’est avantageux que dans un milieu donné.
  • Le hasard joue aussi : mutations au hasard et dérive génétique, forte dans les petites populations, qui peut faire disparaître ou fixer un allèle sans aucun avantage.
  • Spéciation : isolement, puis divergence, puis isolement reproductif ; la lignée humaine est un buisson d’espèces dont une seule subsiste, et elle évolue encore.

Questions fréquentes

Comment sait-on que des espèces apparaissent et disparaissent ?

Par les fossiles : les plus anciennes traces de vie ont environ 3,5 milliards d’années, et plus de 99 % des espèces qui ont vécu ont disparu. Après une crise, comme celle de −66 Ma, les survivants se diversifient : les mammifères ont alors occupé les milieux libérés par les dinosaures non aviens.

Qu’est-ce que la sélection naturelle ?

Le mécanisme proposé par Darwin en 1859 : les individus d’une population varient, une partie de ces variations est héréditaire, tous ne survivent pas, et ceux dont les caractères sont favorables dans leur milieu laissent plus de descendants. Leurs allèles deviennent plus fréquents génération après génération.

Quelle est la différence entre sélection naturelle et dérive génétique ?

La sélection favorise un caractère avantageux dans un milieu donné, de façon prévisible. La dérive génétique est l’effet du hasard sur les fréquences des allèles, sans lien avec un avantage ; elle est surtout forte dans les petites populations et peut faire disparaître ou fixer un allèle.

Comment naît une nouvelle espèce ?

Une population est d’abord isolée en deux (barrière), puis chaque partie évolue séparément (divergence), jusqu’à ce que les deux ne puissent plus se reproduire entre elles ou donnent des hybrides stériles : c’est l’isolement reproductif, il y a alors deux espèces.

L’homme descend-il du singe ?

Non : Homo sapiens et le chimpanzé descendent d’un ancêtre commun. La lignée humaine est un buisson : plusieurs espèces humaines, comme Néandertal, ont vécu en même temps que nous et se sont parfois croisées avec nous ; une seule subsiste, et elle évolue encore.

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