À propos de cette page
Ce cours de physique en troisième sur « Production et transport de l'électricité » suit le programme officiel de physique de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'alternateur : de la rotation à l'électricité, Les centrales : une turbine, un alternateur, Tension continue, tension alternative : lire un oscillogramme, Le réseau : transformateurs et niveaux de tension. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en physique.
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L'alternateur : de la rotation à l'électricité
Sur un vélo, la dynamo frotte contre le pneu : quand la roue tourne, la lampe s'allume. À l'intérieur, un aimant tourne devant une bobine de fil de cuivre ; ce mouvement fait apparaître une tension aux bornes de la bobine. C'est le principe de l'alternateur, présent dans presque toutes les centrales.
Définition. Un alternateur est un convertisseur qui transforme de l'énergie mécanique (rotation) en énergie électrique. Il comporte une partie tournante, le rotor (aimant ou électroaimant), et une partie fixe, le stator (bobines). La tension produite est alternative : plus le rotor tourne vite, plus la fréquence et la tension sont grandes.
Exemple. Un alternateur de centrale nucléaire tourne à 1 500 tours par minute et délivre environ 20 000 V ; celui d'une éolienne tourne beaucoup plus lentement, un multiplicateur (boîte de vitesses) accélère la rotation avant l'alternateur.
Attention ! L'alternateur ne crée pas d'énergie : il faut toujours quelque chose qui le fasse tourner. Sans vent, l'éolienne ne produit rien.
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Les centrales : une turbine, un alternateur
Ce qui change d'une centrale à l'autre, c'est ce qui fait tourner la turbine, pas l'alternateur.
| Centrale | Ce qui fait tourner la turbine | Chaîne des formes d'énergie |
|---|
| thermique à flamme (gaz, charbon) | vapeur d'eau produite par la combustion | chimique → thermique → mécanique → électrique |
| nucléaire | vapeur d'eau produite par la fission de l'uranium | nucléaire → thermique → mécanique → électrique |
| hydraulique | l'eau d'un barrage qui tombe | potentielle → cinétique → mécanique → électrique |
| éolienne | le vent sur les pales | cinétique (air) → mécanique → électrique |
| photovoltaïque | pas de turbine ni d'alternateur | lumineuse → électrique (courant continu) |
Exemple. Un barrage de 120 m de chute avec un débit de 40 m³/s (40 000 kg d'eau par seconde) libère chaque seconde une énergie de 40 000 × 9,8 × 120 ≈ 47 000 000 J : la puissance disponible est d'environ 47 MW ; avec un rendement de 90 %, l'alternateur fournit 42 MW.
Rappel. Toute centrale thermique doit évacuer les deux tiers de sa chaleur (tours de refroidissement, fleuve) : rendement 33 à 55 %. Un barrage convertit directement : rendement ≈ 90 %.
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Tension continue, tension alternative : lire un oscillogramme
Définitions. Une pile ou une batterie fournit une tension continue : toujours le même signe et la même valeur (droite horizontale à l'oscilloscope). Un alternateur fournit une tension alternative : elle change de signe périodiquement. Si sa courbe est une sinusoïde, on parle de tension alternative sinusoïdale, caractérisée par sa période T (s), sa fréquence f = 1/T (Hz) et sa valeur maximale Umax (V).
| Secteur français | Valeur |
|---|
| fréquence | 50 Hz (50 allers-retours par seconde) |
| période | T = 1 / 50 = 0,02 s = 20 ms |
| valeur maximale | ≈ 325 V |
| valeur efficace | 230 V : c'est ce qu'indique un voltmètre en mode alternatif ; une tension continue de 230 V chaufferait autant un radiateur |
Méthode. Sur l'oscillogramme, mesurer la durée de plusieurs périodes puis diviser ; convertir en s avant f = 1/T. Umax se lit sur la hauteur d'une crête. Repère : Ueff ≈ Umax / 1,41.
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Le réseau : transformateurs et niveaux de tension
Les centrales sont loin des villes. L'électricité est acheminée par un réseau de lignes, où la tension change plusieurs fois grâce aux transformateurs.
Transformateur. Appareil qui élève ou abaisse la valeur d'une tension alternative (deux bobines autour d'un noyau de fer). Il ne fonctionne pas avec une tension continue. Un transformateur idéal conserve la puissance : U1 × I1 = U2 × I2 ; si la tension est multipliée par 20, l'intensité est divisée par 20. Le rapport des tensions est celui des nombres de spires : U2 / U1 = n2 / n1.
| Étape | Tension | Rôle |
|---|
| sortie d'alternateur | ≈ 20 kV | production |
| transformateur élévateur → lignes THT | 400 kV ou 225 kV | transport sur des centaines de km |
| transformateurs abaisseurs → lignes HTA | 63 kV puis 20 kV | répartition régionale, industries |
| transformateur de quartier | 230 V (400 V entre phases) | distribution aux logements |
Exemple. Un transformateur de quartier reçoit 20 000 V et délivre 230 V : rapport 230 / 20 000 = 0,0115. S'il alimente 250 kW, l'intensité vaut 12,5 A côté 20 kV mais 1 087 A côté 230 V : d'où les gros câbles de sortie.
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Pourquoi la haute tension : les pertes par effet Joule
Raisonnement. Une ligne de résistance R parcourue par une intensité I dissipe Ppertes = R × I² par effet Joule. Pour transporter une puissance P = U × I donnée, plus la tension U est élevée, plus l'intensité I est faible, et les pertes, proportionnelles à I², s'effondrent : U × 20 → I ÷ 20 → pertes ÷ 400.
Exemple. Ligne de 4 Ω transportant 100 MW. À 20 kV : I = 100 × 10⁶ / 20 000 = 5 000 A, pertes = 4 × 5 000² = 100 MW : tout est perdu ! À 400 kV : I = 250 A, pertes = 4 × 250² = 250 000 W = 0,25 MW, soit 0,25 %.
Attention ! On ne monte pas indéfiniment : au-delà de quelques centaines de kV, l'isolation des lignes et les arcs électriques deviennent ingérables. Et la haute tension est mortelle : ne jamais s'approcher d'une ligne tombée au sol.
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Un réseau à l'équilibre
L'électricité ne se stocke pas dans les câbles : à chaque instant, la production doit égaler la consommation. C'est le rôle du gestionnaire du réseau de transport (RTE en France).
| Situation | Conséquence | Réponse |
|---|
| consommation > production | la fréquence descend sous 50 Hz | turbiner l'eau des STEP, démarrer des centrales à gaz, importer |
| production > consommation | la fréquence monte au-dessus de 50 Hz | pomper l'eau vers les réservoirs (STEP), exporter, réduire la production |
Exemple. Un soir d'hiver à 19 h, la France consomme jusqu'à 83 GW (chauffage, éclairage, cuisine), contre 55 GW à 4 h du matin. Le réseau est interconnecté avec les pays voisins pour lisser ces écarts.
Le photovoltaïque et le réseau. Un panneau produit du courant continu ; un onduleur le convertit en alternatif 50 Hz avant injection sur le réseau.
En bref
- L'alternateur (rotor aimanté + stator bobiné) convertit l'énergie mécanique en énergie électrique alternative. Une turbine le fait tourner : vapeur, eau ou vent. Le photovoltaïque n'en a pas.
- Pile : tension continue ; alternateur : tension alternative sinusoïdale (T, f = 1/T, U max). Secteur : 50 Hz, 20 ms, U max ≈ 325 V, valeur efficace 230 V.
- Le transformateur élève ou abaisse une tension alternative ; U × I conservé.
- Transport à haute tension (400 kV) : I faible, pertes Joule R × I² minimes.
- Production = consommation à chaque instant ; la fréquence 50 Hz en est le témoin.