Exercice 1 — Repères chronologiques
1. Ordre chronologique :
- 1 — Blocus de Berlin (1948-1949)
- 2 — Crise des missiles de Cuba (octobre 1962)
- 3 — Chute du mur de Berlin (9 novembre 1989)
- 4 — Dissolution de l'URSS (25 décembre 1991)
2. Années exactes (au choix, 2 attendues) :- Blocus de Berlin : 1948 (début) – 1949 (levée du blocus)
- Crise des missiles de Cuba : 1962
- Chute du mur de Berlin : 1989
- Dissolution de l'URSS : 1991
3. Lien avec les blocs :- Blocus de Berlin : oppose les deux blocs — l'URSS bloque les accès à Berlin-Ouest contrôlé par les Occidentaux.
- Crise des missiles de Cuba : oppose les deux blocs — missiles soviétiques installés à 150 km des côtes américaines, afrontement USA / URSS.
- Chute du mur de Berlin : effondrement du bloc soviétique — le mur était le symbole de la division Est/Ouest.
- Dissolution de l'URSS : fin du bloc soviétique — la superpuissance communiste disparaît, les États-Unis deviennent l'unique superpuissance.
Exercice 2 — Définitions
1. Bipolarisation :
La bipolarisation est l'organisation du monde autour de deux blocs antagonistes et rivaux, l'un mené par les États-Unis (bloc occidental, capitaliste et démocratique) et l'autre par l'URSS (bloc soviétique, communiste), qui s'affrontent sans guerre directe de 1947 à 1991.
2. Équilibre de la terreur :
L'équilibre de la terreur (ou MAD — Mutually Assured Destruction) désigne la situation dans laquelle chaque superpuissance dispose d'assez d'armes nucléaires pour détruire totalement l'adversaire ; cette menace mutuelle de destruction dissuade toute guerre directe entre les deux Grands.
3. Guerre par procuration :
Une guerre par procuration est un conflit dans lequel les deux superpuissances s'affrontent indirectement en armant, finançant ou soutenant des camps opposés dans un pays tiers, sans se combattre elles-mêmes.
Exemple attendu : la guerre du Viêt Nam (1955-1975) : les États-Unis soutiennent militairement le Sud-Vietnam, tandis que l'URSS et la Chine arment le Nord communiste. Autre exemple accepté : guerre de Corée, guerre en Angola, etc.
4. La Détente :
La Détente est la période d'apaisement des tensions entre les États-Unis et l'URSS, qui s'affirme après la crise de Cuba (1962) et dure jusqu'en 1979, caractérisée par des négociations diplomatiques et des accords de limitation des armements.
Accord attendu (au moins 1) : les accords SALT I (1972, limitation des armements stratégiques) ou les accords d'Helsinki (1975, reconnaissance des frontières européennes et droits de l'homme) ou le traité de Moscou (1963, interdiction des essais nucléaires atmosphériques).
Exercice 3 — Analyse de document
Document : « L'URSS doit consentir des sacrifices considérables pour maintenir son armée et son industrie militaire. En 1985, l'économie soviétique est épuisée. Gorbatchev comprend qu'il faut réformer ou s'effondrer. »
1. Situation économique de l'URSS en 1985 :
D'après ce document, l'économie soviétique est épuisée (à bout de souffle) en 1985. Les dépenses militaires considérables imposées par la course aux armements pèsent lourdement sur le pays. L'URSS est dans une impasse économique : maintenir sa puissance militaire la ruine, mais ne pas le faire mettrait fin à son statut de superpuissance.
2. Les deux réformes de Gorbatchev :
- La Glasnost (« transparence » en russe) : politique de liberté d'expression et d'information. Les citoyens et les médias soviétiques peuvent désormais critiquer le gouvernement et débattre librement. Objectif : moderniser la société en mettant fin à la censure et à la culture du secret.
- La Perestroïka (« reconstruction » ou « restructuration » en russe) : réforme économique visant à moderniser l'économie soviétique en introduisant des éléments de marché et en décentralisant les décisions. Objectif : relancer la croissance et mettre fin à l'inefficacité du système planifié.
3. Pourquoi ces réformes ont-elles accéléré la fin de l'URSS ?Ces réformes ont produit l'effet inverse de celui escompté pour deux raisons principales :
- La Glasnost a libéré la parole et permis aux peuples soviétiques de critiquer ouvertement le régime, de réclamer plus de libertés et d'exprimer leurs aspirations nationalistes. Dans les républiques (pays Baltes, Ukraine, Géorgie…), des mouvements indépendantistes ont émergé, incontrôlables.
- La Perestroïka a déstabilisé l'économie planifiée sans réussir à la remplacer par un système efficace, aggravant les pénuries et le mécontentement populaire.
Résultat : au lieu de sauver l'URSS, ces réformes ont déclenché des forces centrifuges (nationalismes, contestation politique) que le régime ne pouvait plus contenir, menant à l'effondrement du bloc soviétique en Europe de l'Est (1989) puis à la dissolution de l'URSS elle-même le
25 décembre 1991.
Exercice 4 — Question de développement
Sujet : « Comment la crise des missiles de Cuba (1962) illustre-t-elle à la fois le risque d'un conflit nucléaire et les mécanismes de la Guerre froide ? »
Critères d'évaluation :
- Présence d'une introduction (contextualisation, annonce du plan)
- Un développement structuré mentionnant les acteurs, les enjeux, la résolution
- Une conclusion reliant la crise au concept de Guerre froide
- Exactitude historique des informations
Éléments attendus dans la réponse :Introduction : En octobre 1962, le monde frôle la guerre nucléaire lors de la crise des missiles de Cuba. Cet épisode, le plus dangereux de la Guerre froide, illustre parfaitement les mécanismes de ce conflit particulier entre États-Unis et URSS.
Développement :• Les acteurs : d'un côté, le président américain
John F. Kennedy et les États-Unis ; de l'autre, le dirigeant soviétique
Nikita Khrouchtchev et l'URSS, avec Cuba de
Fidel Castro comme territoire d'enjeu.
• Les enjeux : l'URSS installe secrètement des missiles nucléaires à Cuba, à seulement 150 km des côtes américaines, capables de frapper Washington et la majorité des grandes villes américaines. Les États-Unis découvrent ces installations grâce à des photos aériennes. Le risque d'une guerre nucléaire est maximal : pendant 13 jours (16-28 octobre 1962), les deux superpuissances sont au bord du conflit direct, chacune disposant d'arsenaux capables de détruire la planète (
équilibre de la terreur).
• La résolution : Kennedy impose un
blocus naval (quarantaine) autour de Cuba pour intercepter les navires soviétiques. La crise se règle par la diplomatie : Khrouchtchev accepte de retirer les missiles soviétiques de Cuba ; en échange, les États-Unis s'engagent à ne pas envahir Cuba et à retirer discrètement leurs propres missiles installés en Turquie.
Lien avec la Guerre froide : Cet épisode illustre parfaitement les mécanismes de la Guerre froide :
affrontement indirect (via Cuba interposé),
équilibre de la terreur (ni l'un ni l'autre ne peut frapper sans risquer sa propre destruction),
résolution par la diplomatie plutôt que par la guerre directe. Après cette crise, les deux Grands installent le
téléphone rouge (1963) et engagent la période de
Détente pour éviter de revivre un tel moment.
Conclusion : La crise de Cuba est à la fois le paroxysme de la Guerre froide — jamais si proche d'un conflit nucléaire — et le point de départ d'une nouvelle phase : la Détente. Elle démontre que la Guerre froide est un équilibre fragile entre confrontation et négociation, où la peur de la destruction mutuelle empêche la « guerre chaude ».