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Collège · 3ᵉ · EMC

Enjeux mondiaux et solidarité internationale

Comprendre les grandes questions mondiales et les organisations internationales

À propos de cette page
Ce cours de emc en troisième sur « Enjeux mondiaux et solidarité internationale » suit le programme officiel de emc de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Des défis qui dépassent les frontières, L'ONU : organes, missions, limites, Les droits humains : de la Déclaration aux conventions, Réfugiés, migrants, déplacés : qui est protégé ?. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en emc.
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Des défis qui dépassent les frontières

Le réchauffement du climat, une pandémie, une guerre, une crise financière : aucun État ne peut y faire face seul. La mondialisation (multiplication des échanges de marchandises, d'informations et de personnes) a rendu les sociétés interdépendantes.

Définition. La solidarité internationale est l'ensemble des actions par lesquelles des États, des organisations et des citoyens s'entraident au-delà des frontières pour répondre à des enjeux communs : paix, droits humains, développement, environnement, urgences humanitaires.
Enjeu mondialPourquoi il dépasse les ÉtatsRéponse collective
ClimatLes gaz à effet de serre émis ici réchauffent partoutCOP annuelles, accord de Paris (2015)
SantéUn virus voyage avec les avions (Covid-19, 2020)OMS, partage des vaccins (Covax)
ConflitsRéfugiés, famines, trafics d'armes touchent les voisinsConseil de sécurité, casques bleus, aide humanitaire
PauvretéInégalités Nord-Sud, dette, migrationsODD, aide publique au développement
Astuce. Pour chaque enjeu, retiens le triplet problème → acteur → outil (ex. : climat → ONU → accord de Paris). C'est le squelette d'une bonne réponse au brevet.
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L'ONU : organes, missions, limites

L'Organisation des Nations unies naît de la Seconde Guerre mondiale : sa Charte est signée à San Francisco le 26 juin 1945 et entre en vigueur le 24 octobre 1945. Siège à New York ; 193 États membres aujourd'hui. Buts : maintenir la paix, faire respecter les droits humains, favoriser la coopération et le développement.

OrganeCompositionPouvoir
Assemblée généraleTous les États, un État = une voixDébats, résolutions non contraignantes, vote du budget
Conseil de sécurité15 membres : 5 permanents (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) + 10 élus pour 2 ansDécisions obligatoires : sanctions, embargos, envoi de casques bleus ; droit de veto des permanents
Secrétaire généralNommé pour 5 ansDirige l'administration, médiation
Cour internationale de justice (CIJ)15 juges, La HayeTranche les litiges entre États

Des agences spécialisées agissent sur le terrain : UNICEF (enfance), OMS (santé), UNESCO (éducation, culture), HCR (réfugiés), PAM (aide alimentaire), FAO (agriculture).

Exemple. Les casques bleus (environ 60 000 soldats fournis par les États membres, 11 missions en 2024) s'interposent entre belligérants, protègent les civils et surveillent les cessez-le-feu ; ils ont reçu le prix Nobel de la paix en 1988.
Limites. Le veto d'un seul membre permanent bloque toute décision (guerre en Syrie, en Ukraine) ; l'ONU n'a pas d'armée propre ; elle dépend des contributions des États et ne peut pas contraindre une grande puissance. Elle reste pourtant le seul lieu où tous les États se parlent.
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Les droits humains : de la Déclaration aux conventions

Le 10 décembre 1948, à Paris, l'Assemblée générale adopte la Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH), rédigée notamment par le Français René Cassin sous la présidence d'Eleanor Roosevelt. Trente articles : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » (art. 1).

Déclaration ou convention ? Une déclaration proclame des principes : elle n'oblige pas juridiquement. Une convention (ou pacte, traité) engage les États qui l'ont ratifiée et peut être contrôlée par un comité ou un tribunal.

Qui contrôle ? Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU (Genève, 2006) examine chaque État ; des tribunaux jugent les individus : les tribunaux ad hoc pour l'ex-Yougoslavie (1993) et le Rwanda (1994), puis la Cour pénale internationale (CPI, La Haye, 2002), permanente, compétente pour génocide, crimes contre l'humanité, crimes de guerre et crime d'agression.

Attention ! CIJCPI. La CIJ juge des États (frontières, traités) ; la CPI juge des personnes. Et la CPI n'intervient que si l'État concerné ne juge pas lui-même ; plusieurs grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie) n'ont pas ratifié son statut.
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Réfugiés, migrants, déplacés : qui est protégé ?

Réfugié (Convention de Genève, 28 juillet 1951). Personne qui, « craignant avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques », se trouve hors de son pays et ne peut y retourner.
StatutSituationProtection
Demandeur d'asileA demandé le statut de réfugié, en attente de la réponseDroit de rester le temps de l'examen (en France : OFPRA, puis CNDA en appel)
RéfugiéStatut reconnuTitre de séjour, droits sociaux, non-refoulement
Déplacé interneA fui mais reste dans son paysPas de statut international ; aide du HCR sur place
MigrantQuitte son pays pour travailler, étudier, rejoindre sa familleDroit commun des étrangers ; pas de protection spécifique
ApatrideAucun État ne le reconnaît comme nationalConvention de 1954 ; protection du HCR

Le principe de non-refoulement (art. 33) interdit de renvoyer une personne vers un pays où sa vie ou sa liberté serait menacée : c'est le cœur du droit d'asile, inscrit aussi dans la Constitution française (préambule de 1946).

Exemple. La guerre en Syrie (depuis 2011) a produit plus de 6 millions de réfugiés, accueillis surtout par les pays voisins (Turquie, Liban, Jordanie) ; celle en Ukraine (2022) a poussé plus de 6 millions de personnes vers l'Union européenne, qui leur a accordé une protection temporaire collective.
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Le développement durable : ODD et climat

Le développement durable répond aux besoins du présent sans compromettre ceux des générations futures (rapport Brundtland, 1987). Il repose sur trois piliers : social, économique, environnemental.

En septembre 2015, les 193 États adoptent l'Agenda 2030 et ses 17 Objectifs de développement durable (ODD), qui succèdent aux 8 Objectifs du millénaire (2000-2015) : pas de pauvreté (1), faim zéro (2), éducation de qualité (4), égalité entre les sexes (5), lutte contre le changement climatique (13), paix et justice (16)…

Accord de Paris (COP21, décembre 2015). Signé par 195 parties : contenir le réchauffement « nettement en dessous de 2 °C » par rapport à l'ère préindustrielle et « poursuivre les efforts » vers 1,5 °C. Chaque État fixe lui-même ses objectifs de réduction et doit les revoir à la hausse tous les cinq ans ; aucune sanction n'est prévue.
Exemple chiffré. L'ONU demande depuis 1970 que les pays riches consacrent 0,7 % de leur revenu national à l'aide publique au développement ; la France en est à environ 0,5 %, via l'Agence française de développement. Les bilans de mi-parcours (2023) montrent que moins d'un cinquième des cibles des ODD sont en bonne voie.
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ONG et droit humanitaire

ONG. Organisation non gouvernementale : association privée, à but non lucratif, indépendante des États, agissant à l'échelle internationale (humanitaire, droits humains, environnement, développement).
ONGCréationMission
Croix-Rouge (CICR)1863, Henry Dunant, GenèveSecours aux blessés et prisonniers ; gardienne des conventions de Genève de 1949 (droit humanitaire)
Amnesty International1961, LondresDéfense des prisonniers d'opinion, lutte contre la torture et la peine de mort ; prix Nobel 1977
Médecins sans frontières1971, ParisSoins d'urgence et témoignage ; prix Nobel 1999
Greenpeace1971, VancouverActions spectaculaires pour l'environnement
Oxfam1942, OxfordLutte contre la pauvreté et les inégalités

Les ONG agissent selon quatre principes humanitaires : humanité, impartialité, neutralité, indépendance. Elles interviennent en urgence, développent des projets, et font du plaidoyer (pression sur les États et l'opinion). Elles ont un statut consultatif auprès de l'ONU.

Exemple. En 1988, l'Assemblée générale reconnaît le libre accès des victimes de catastrophes à l'aide humanitaire (idée du « devoir d'ingérence » portée par Bernard Kouchner) ; en 2005, l'ONU adopte la responsabilité de protéger : si un État ne protège pas sa population contre un génocide ou des crimes de masse, la communauté internationale peut agir.
Limites. Les ONG dépendent des dons, doivent négocier leur accès avec des États qui invoquent leur souveraineté, et leurs travailleurs sont parfois pris pour cible. Elles complètent l'action publique, elles ne la remplacent pas.
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S'engager à son échelle

La solidarité internationale ne se joue pas seulement à New York ou à Genève. Chacun peut agir, avec des moyens proportionnés à son âge.

  • Donner : argent (66 % du don est déductible de l'impôt en France) ou temps (bénévolat dans une antenne locale d'ONG).
  • Consommer autrement : produits du commerce équitable (label Max Havelaar, 1988), qui garantissent un prix minimum et des conditions de travail décentes aux producteurs du Sud.
  • S'informer et alerter : relayer des sources fiables, signer une pétition d'Amnesty, participer aux journées mondiales (20 juin : réfugiés ; 10 décembre : droits humains).
  • Partir : service civique à l'international, volontariat de solidarité internationale, échanges scolaires ; les jumelages entre villes sont une coopération décentralisée.
  • Au collège : projets solidaires de l'établissement, collectes, correspondance avec une école étrangère, éco-délégués (ODD 13).
Exemple. Le mouvement Fridays for Future, lancé par la lycéenne suédoise Greta Thunberg en août 2018, a réuni des millions de jeunes dans plus de 150 pays en 2019 : une mobilisation née d'une seule personne, relayée par les réseaux sociaux.
Méthode brevet. Une question sur un enjeu mondial se traite à trois échelles : mondiale (ONU, traités), nationale ou locale (État, collectivités, ONG) et individuelle (gestes, dons, engagement). Nommer un acteur et une action précise à chaque échelle.
En bref
  • La mondialisation crée des enjeux communs (climat, santé, conflits, pauvreté) : la solidarité internationale y répond à plusieurs échelles.
  • ONU (Charte 1945, New York, 193 États) : Assemblée générale (1 État = 1 voix, non contraignant), Conseil de sécurité (15 membres, 5 permanents avec veto, décisions obligatoires), CIJ (litiges entre États), agences (UNICEF, OMS, HCR…).
  • DUDH 10 décembre 1948 : principes ; conventions (réfugiés 1951, pactes 1966, enfant 1989) : obligations ; CPI (2002) juge les personnes.
  • Réfugié ≠ migrant ≠ déplacé interne ; non-refoulement ; plus de 120 millions de déplacés de force (2024).
  • 17 ODD (Agenda 2030, 2015) ; accord de Paris : nettement sous 2 °C, si possible 1,5 °C ; aide au développement : objectif 0,7 %.
  • ONG (Croix-Rouge 1863, Amnesty 1961, MSF 1971) : urgence, plaidoyer, témoignage, selon humanité, impartialité, neutralité, indépendance.
  • S'engager : don, bénévolat, commerce équitable, pétition, jumelage, projets au collège.
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