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Collège · 3ᵉ · Chimie

Les réactions d'oxydo-réduction

Transfert d'électrons, oxydants et réducteurs courants

À propos de cette page
Ce cours de chimie en troisième sur « Les réactions d'oxydo-réduction » suit le programme officiel de chimie de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Une expérience : le fer dans le sulfate de cuivre, Oxydant, réducteur, couples et demi-équations, Écrire l'équation bilan, Classer les métaux : l'échelle de réactivité. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en chimie.
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Une expérience : le fer dans le sulfate de cuivre

On plonge une lame de fer, bien décapée, dans une solution bleue de sulfate de cuivre. En quelques minutes, la lame se couvre d'un dépôt rouge-brun et la solution pâlit, puis verdit.

ObservationInterprétation
dépôt rouge sur la lamedu cuivre métallique Cu se forme à partir des ions Cu2+
le bleu s'atténueles ions Cu2+ disparaissent
teinte verte, précipité vert avec la soudedes ions Fe2+ apparaissent
la lame s'amincit là où il n'y a pas de dépôtle fer métal est consommé
Ce qui s'est passé. Chaque atome de fer a cédé deux électrons à un ion cuivre : $$\mathrm{Fe} + \mathrm{Cu^{2+}} \rightarrow \mathrm{Fe^{2+}} + \mathrm{Cu}$$ C'est une réaction d'oxydoréduction : un transfert d'électrons entre deux espèces. Le fer a été oxydé (il a perdu des électrons), l'ion cuivre a été réduit (il en a gagné).
Aucun électron ne traîne. Les électrons cédés par le fer sont immédiatement captés par les ions cuivre : une oxydation ne se produit jamais sans une réduction, et l'équation bilan ne fait pas apparaître d'électrons.
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Oxydant, réducteur, couples et demi-équations

Définitions. Un oxydant est une espèce capable de gagner des électrons. Un réducteur est une espèce capable d'en perdre. Oxydation = perte d'électrons ; réduction = gain d'électrons. Moyen mnémotechnique : le Réducteur Rend des électrons, l'Oxydant les Obtient.
Couple Ox/RedDemi-équation (sens de la réduction)Électrons
Cu2+/CuCu2+ + 2 e → Cu2
Fe2+/FeFe2+ + 2 e → Fe2
Zn2+/ZnZn2+ + 2 e → Zn2
Ag+/AgAg+ + e → Ag1
Al3+/AlAl3+ + 3 e → Al3
Fe3+/Fe2+Fe3+ + e → Fe2+1
H+/H22 H+ + 2 e → H22
O2/O2− (oxydes)O2 + 4 e → 2 O2−4
Lire un couple. Dans Cu2+/Cu, l'oxydant est à gauche (Cu2+), le réducteur à droite (Cu). La demi-équation se lit dans les deux sens : Cu2+ + 2 e → Cu est une réduction ; Cu → Cu2+ + 2 e est une oxydation. Le nombre d'électrons est égal à la charge de l'ion.
Vérifier une demi-équation. Atomes conservés, et charges conservées en comptant chaque électron pour −1 : Cu2+ + 2 e → Cu donne +2 − 2 = 0 à gauche, 0 à droite.
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Écrire l'équation bilan

Méthode. 1) Écrire la demi-équation d'oxydation du réducteur et celle de réduction de l'oxydant. 2) Multiplier l'une ou l'autre pour que le nombre d'électrons cédés soit égal au nombre d'électrons captés. 3) Additionner : les électrons disparaissent. 4) Vérifier atomes et charges.
Zinc dans une solution d'ions argent.
Oxydation : Zn → Zn2+ + 2 e
Réduction : Ag+ + e → Ag, à multiplier par 2 : 2 Ag+ + 2 e → 2 Ag
Bilan : Zn + 2 Ag+ → Zn2+ + 2 Ag. Charges : +2 = +2 ; atomes : Zn 1 = 1, Ag 2 = 2.
Aluminium dans le sulfate de cuivre. Al cède 3 électrons, Cu2+ en prend 2 : on prend 2 Al (6 e) et 3 Cu2+ (6 e) : 2 Al + 3 Cu2+ → 2 Al3+ + 3 Cu. Charges : +6 = +6.
RéactionRéducteur (oxydé)Oxydant (réduit)
Fe + Cu2+ → Fe2+ + CuFeCu2+
Cu + 2 Ag+ → Cu2+ + 2 AgCuAg+
Fe + 2 H+ → Fe2+ + H2FeH+
Cu + 2 Fe3+ → Cu2+ + 2 Fe2+CuFe3+
2 Mg + O2 → 2 MgOMgO2
Le cuivre, tantôt réducteur, tantôt produit. Face à Ag+ ou Fe3+, le cuivre métal est le réducteur ; face au fer ou au zinc, c'est l'ion Cu2+ qui est l'oxydant. Le rôle dépend du partenaire.
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Classer les métaux : l'échelle de réactivité

On plonge différents métaux dans des solutions d'ions métalliques et on note s'il se passe quelque chose :

Métal ↓ / solution →Zn2+Fe2+H+ (acide)Cu2+Ag+
zinc Zndépôt de ferbulles de H2dépôt de cuivredépôt d'argent
fer Ferienbulles de H2dépôt de cuivredépôt d'argent
cuivre Curienrienriendépôt d'argent
argent Agrienrienrienrien
Règle. Plus un métal est haut dans l'échelle (Mg, Al, Zn…), plus il est réducteur : il cède facilement ses électrons et réduit les ions de tous les métaux placés après lui. Réciproquement, plus un ion métallique est bas (Ag+, Cu2+), plus il est oxydant. L'or et l'argent, au bout de l'échelle, ne sont attaqués par presque rien : métaux « nobles ».
Prévoir sans expérience. Une cuillère en argent dans du sulfate de cuivre : rien. Un fil de fer dans du nitrate d'argent : dépôt d'argent. Un récipient en zinc pour stocker une solution de sulfate de cuivre : très mauvaise idée, le zinc se dissout.
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Le dioxygène, oxydant du quotidien

Le dioxygène de l'air est l'oxydant le plus répandu : il capte des électrons pour former des oxydes ou de l'eau.

PhénomèneRéactionRéducteur oxydé
combustion du magnésium2 Mg + O2 → 2 MgO (Mg → Mg2+ + 2 e)Mg
rouille4 Fe + 3 O2 → 2 Fe2O3 (en présence d'eau)Fe
ternissement de l'argentl'argent réagit avec le soufre de l'air : sulfure d'argent noirAg
respirationC6H12O6 + 6 O2 → 6 CO2 + 6 H2Oglucose
pomme qui brunitoxydation de molécules du fruit par O2, catalysée par une enzymemolécules du fruit
Antioxydants et désinfectants. Le jus de citron empêche la pomme coupée de brunir : sa vitamine C est un réducteur qui capte le dioxygène avant les molécules du fruit. À l'inverse, l'eau de Javel (ion hypochlorite ClO) et l'eau oxygénée sont des oxydants qui détruisent les microbes en leur arrachant des électrons.
Le mot « oxydation » ne veut pas dire « avec de l'oxygène ». Historiquement, oui (Lavoisier), mais Fe + Cu2+ est une oxydation du fer sans le moindre atome d'oxygène. La définition moderne est la perte d'électrons.
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Corrosion et protection des métaux

Corrosion. Oxydation lente d'un métal par son environnement (dioxygène, eau, sels, acides). Pour le fer, c'est la rouille, un oxyde de fer hydraté, poreux, qui ne protège pas le métal : la corrosion continue jusqu'au cœur. Elle coûte environ 3 % du produit intérieur brut mondial chaque année.
ProtectionPrincipeLimite
peinture, vernis, graisseisoler du dioxygène et de l'eauune rayure suffit pour amorcer la rouille
galvanisation (couche de zinc)le zinc, plus réducteur que le fer, s'oxyde à sa place même si la couche est rayéele zinc finit par s'user
anode sacrificielle (bloc de zinc sur une coque, une canalisation)même principe, le bloc se consomme et se remplacesurveillance régulière
étamage (couche d'étain, boîtes de conserve)l'étain isole et ne s'oxyde pasrayée, la boîte rouille plus vite : le fer, plus réducteur que l'étain, est sacrifié
alliage inoxydable (fer + chrome + nickel)le chrome forme une couche d'oxyde étanche qui se répare seulecher
aluminium, zinc, titaneleur oxyde forme une pellicule imperméable : le métal se protège lui-mêmeattaqué par les acides et les bases fortes
Retenir la logique. Pour protéger un métal, soit on l'isole (peinture, étain), soit on lui associe un métal plus réducteur qui s'oxydera à sa place (zinc). Un métal moins réducteur en contact (étain rayé, cuivre) accélère au contraire sa corrosion.
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Piles, électrolyse, métallurgie

ApplicationPrincipe redoxExemple
pileune oxydoréduction spontanée dont on sépare les deux demi-réactions pour faire circuler les électrons dans un filpile zinc-cuivre : Zn + Cu2+ → Zn2+ + Cu, 1,1 V
électrolyseune oxydoréduction forcée par un générateur, dans le sens non spontanédépôt de cuivre, d'argent, de chrome (chromage) ; production de dihydrogène ; fabrication de l'aluminium à partir de son oxyde
métallurgieréduire l'oxyde du minerai par un réducteur (carbone, monoxyde de carbone, dihydrogène)Fe2O3 + 3 CO → 2 Fe + 3 CO2 ; 2 CuO + C → 2 Cu + CO2
recyclagerefondre le métal évite de refaire la réduction, très coûteuse en énergiealuminium recyclé : 95 % d'énergie économisée
L'argenture. On plonge une cuillère en cuivre dans une solution d'ions argent reliée à la borne − d'un générateur : Ag+ + e → Ag, l'argent se dépose en couche mince et régulière. Sans générateur, le dépôt se ferait aussi (Cu + 2 Ag+) mais de façon poudreuse et inutilisable.
Pile ≠ électrolyse. La pile produit de l'électricité à partir d'une réaction spontanée ; l'électrolyse consomme de l'électricité pour forcer une réaction. Un accumulateur fait les deux : pile à la décharge, électrolyse à la recharge.
En bref
  • Oxydoréduction = transfert d'électrons. Réducteur : perd des électrons (oxydé) ; oxydant : en gagne (réduit). Pas d'oxydation sans réduction.
  • Couple Ox/Red et demi-équation : Cu2+ + 2 e → Cu ; le nombre d'électrons = la charge.
  • Bilan : égaliser les électrons puis additionner ; vérifier atomes et charges. Zn + 2 Ag+ → Zn2+ + 2 Ag ; 2 Al + 3 Cu2+ → 2 Al3+ + 3 Cu.
  • Échelle : Mg, Al, Zn > Fe > (H) > Cu > Ag > Au. Un métal réduit les ions des métaux placés après lui ; seuls ceux avant H réagissent avec les acides.
  • Le dioxygène est l'oxydant du quotidien : combustions, rouille (4 Fe + 3 O2 → 2 Fe2O3, avec eau), respiration ; la vitamine C est un réducteur (antioxydant).
  • Protéger le fer : isoler (peinture, étain) ou sacrifier un métal plus réducteur (zinc : galvanisation, anode). Pile = réaction spontanée ; électrolyse = réaction forcée.
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