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L'érosion, processus et conséquences

Altération des roches, facteurs de l'érosion (eau, climat, relief, végétation), transport des particules, érosion et activité humaine (programme de 2nde SVT)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « L'érosion, processus et conséquences » en seconde permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en . Ils suivent le programme officiel de seconde et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : L'essentiel, L'altération des roches, Les facteurs de l'érosion, Le transport des particules. Chaque exercice est suivi d'une correction rédigée, à déplier une fois la recherche faite au brouillon. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser en seconde.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Altération physique ou chimique ?

Facile

Quatre observations de terrain : (1) un bloc de calcaire fendu après un hiver rigoureux en montagne ; (2) un feldspath du granite transformé en pâte argileuse ; (3) une surface de calcaire creusée de rigoles (lapiaz) ; (4) une dalle de grès soulevée et fissurée par la racine d'un pin.

  1. a) Définir l'altération d'une roche et préciser en quoi elle se distingue du transport.
  2. b) Classer chacune des quatre observations en altération physique ou chimique, en justifiant.
  3. c) Nommer le processus en jeu dans l'observation (1) et expliquer son mécanisme.
  4. d) Pour l'observation (3), indiquer ce qu'est devenu le calcaire disparu.

a) L'altération est la transformation sur place d'une roche exposée à la surface, sous l'action de l'eau, de l'air, des variations de température et des êtres vivants. Elle se distingue du transport, qui déplace les produits de l'altération (particules et ions) vers d'autres lieux.

b) (1) Bloc fendu par le gel : physique, la roche est fragmentée sans changement de composition. (2) Feldspath transformé en argile : chimique, le minéral est remplacé par un autre (hydrolyse). (3) Rigoles dans le calcaire : chimique, une partie du calcaire a été dissoute. (4) Dalle soulevée par une racine : physique, fragmentation mécanique par la croissance de la racine.

c) Il s'agit de la gélifraction. L'eau s'infiltre dans les fissures ; en gelant, elle augmente de volume et presse sur les parois ; au dégel, elle pénètre plus loin dans les fissures élargies. La répétition des cycles gel-dégel finit par faire éclater le bloc.

d) Le calcaire n'a pas disparu : il a été dissous en ions calcium et hydrogénocarbonate (CaCO₃ + CO₂ + H₂O → Ca²⁺ + 2 HCO₃⁻), emportés en solution par l'eau de ruissellement et d'infiltration.

Exercice 2 — Du granite à l'arène

Facile

On compare un granite sain et l'arène qui le recouvre sur un talus.

Granite sainArène
Aspectroche dure et cohérentematériau meuble qui s'effrite sous les doigts
Quartzgrains gris translucidesgrains inchangés
Feldspathscristaux blancs ou roses, durscristaux ternes, friables, poudre blanchâtre
Micas noirspaillettes brillantespaillettes décolorées, teintées de rouille

  1. a) Identifier le minéral qui n'a pas été transformé et indiquer ce qu'il deviendra après transport.
  2. b) Expliquer ce qu'ont subi les feldspaths et les micas.
  3. c) Expliquer pourquoi l'arène est plus facilement érodée que le granite sain.
  4. d) Indiquer ce que sont devenus les éléments potassium, sodium et calcium perdus par les feldspaths.

a) Le quartz est intact : ses grains sont inchangés. Libérés de la roche puis transportés, ils formeront des sables.

b) Les feldspaths et les micas ont subi une altération chimique, l'hydrolyse : l'eau légèrement acide les a transformés en argiles (poudre, cristaux ternes et friables) en leur retirant une partie de leurs éléments. Le fer des micas s'est oxydé, d'où la teinte rouille.

c) Dans le granite sain, les cristaux sont étroitement soudés. Dans l'arène, les feldspaths altérés ne jouent plus ce rôle de liaison : la roche est devenue meuble, ses grains se détachent seuls et le ruissellement peut les emporter sans avoir à fragmenter la roche. L'altération a donc préparé le transport.

d) Ces éléments sont passés en solution sous forme d'ions (K⁺, Na⁺, Ca²⁺) et ont été emportés par l'eau vers les rivières, puis la mer.

Exercice 3 — Qui transporte quoi ?

Facile

Une rivière contient des ions calcium Ca²⁺, des particules d'argile de 0,001 mm, des grains de sable de 0,25 mm et, sur son fond, des galets de 52 mm.

  1. a) Associer à chaque élément son mode de transport probable.
  2. b) Indiquer lequel de ces éléments reste transporté même lorsque le courant devient presque nul, et pourquoi.
  3. c) Un élève affirme que les galets de 52 mm sont transportés en permanence par la rivière. Expliquer son erreur.

a) Ions Ca²⁺ : en solution. Argile de 0,001 mm : en suspension. Sable de 0,25 mm : par saltation, en bonds près du fond. Galets de 52 mm : par roulement ou charriage sur le fond.

b) Les ions Ca²⁺ : dissous dans l'eau, ils se déplacent avec elle quelle que soit sa vitesse ; seule une précipitation chimique pourrait les en retirer. Les argiles, très fines, restent longtemps en suspension, mais elles finissent par se déposer dans une eau presque immobile.

c) Un galet de 52 mm n'est mis en mouvement que si la vitesse du courant dépasse son seuil d'érosion, très élevé pour une particule aussi grosse. En temps ordinaire, le courant est trop lent : le galet reste immobile sur le fond. Il ne roule que lors des crues. Son transport est donc discontinu, et non permanent.

Exercice 4 — Le gel fait-il éclater toutes les roches ?

Moyen

Trois échantillons imbibés d'eau subissent 28 cycles de traitement.

ÉchantillonTraitement de chaque cycleMasse initiale (g)Masse finale (g)
A : calcaire poreuxgel à −10 °C puis dégel à +15 °C250,0231,5
B : granite peu fissurégel à −10 °C puis dégel à +15 °C250,0249,6
C : calcaire poreuxmaintenu à +15 °C, sans gel250,0249,9

  1. a) Calculer, pour chaque échantillon, la perte de masse en pourcentage.
  2. b) Préciser le rôle de l'échantillon C.
  3. c) Montrer, à partir des résultats, que le gel agit surtout sur les roches poreuses.
  4. d) Expliquer le mécanisme qui fait perdre de la masse à l'échantillon A.

a) Perte (%) = (masse initiale − masse finale) / masse initiale × 100.
A : (250,0 − 231,5) / 250,0 × 100 = 18,5 / 250,0 × 100 = 7,4 %.
B : (250,0 − 249,6) / 250,0 × 100 = 0,4 / 250,0 × 100 = 0,16 %.
C : (250,0 − 249,9) / 250,0 × 100 = 0,1 / 250,0 × 100 = 0,04 %.

b) C est le témoin : même roche que A, même imbibition, même nombre de cycles, mais sans gel. Il permet de vérifier que la perte de A est due au gel et non au simple séjour dans l'eau ou aux manipulations.

c) A et C ne diffèrent que par le gel : 7,4 % contre 0,04 %, donc le gel est responsable de la quasi-totalité de la perte de A. A et B ont subi le même traitement mais diffèrent par la roche : 7,4 / 0,16 ≈ 46, le calcaire poreux perd environ 46 fois plus de masse que le granite peu fissuré. Dans les conditions de l'expérience, le gel fragmente surtout les roches poreuses.

d) L'eau remplit les pores et les microfissures du calcaire. En gelant, elle augmente de volume et presse sur les parois ; au dégel, elle pénètre plus loin dans les vides élargis. Au fil des cycles, des fragments se détachent : c'est la gélifraction, une altération physique. Le granite peu fissuré, presque sans pores, retient très peu d'eau et résiste.

Exercice 5 — Le CO₂ et la dissolution du calcaire

Moyen

Trois flacons contiennent chacun 1 L d'eau et un excès de poudre de calcaire ; ils sont agités 72 h à 20 °C. Flacon 1 : eau distillée. Flacon 2 : eau traversée par un bullage d'air. Flacon 3 : eau saturée en CO₂. On mesure ensuite la concentration en ions Ca²⁺ de l'eau filtrée : 3,8 mg/L (flacon 1), 6,1 mg/L (flacon 2), 87 mg/L (flacon 3).

  1. a) Identifier le facteur testé et le flacon témoin.
  2. b) Calculer combien de fois la dissolution est plus importante dans le flacon 3 que dans le flacon 1.
  3. c) Écrire l'équation de la dissolution du calcaire et expliquer l'ensemble des résultats.
  4. d) Dans le sol, l'eau d'infiltration s'enrichit en CO₂ produit par la respiration des racines et des micro-organismes. En déduire pourquoi les massifs calcaires couverts de végétation se creusent de grottes et de dolines.

a) Le facteur testé est la quantité de CO₂ dissous dans l'eau. Le flacon 1 (eau distillée, sans apport de CO₂) est le témoin ; tous les autres paramètres (volume d'eau, calcaire en excès, durée, température) sont identiques.

b) 87 / 3,8 ≈ 23 : la dissolution est environ 23 fois plus importante dans l'eau saturée en CO₂.

c) CaCO₃ + CO₂ + H₂O → Ca²⁺ + 2 HCO₃⁻. Le CO₂ est un réactif : plus l'eau en contient, plus elle dissout de calcaire et plus la concentration en Ca²⁺ est élevée. Le bullage d'air n'apporte qu'un peu de CO₂, car l'air en contient très peu, d'où une faible hausse (6,1 mg/L) ; l'eau saturée en CO₂ dissout beaucoup plus (87 mg/L).

d) En traversant un sol riche en racines et en micro-organismes, l'eau de pluie se charge en CO₂. Au contact du calcaire, elle le dissout le long des fissures, qui s'élargissent en conduits puis en grottes ; en surface, la dissolution creuse des dépressions (dolines). Un couvert végétal abondant accélère donc l'altération chimique du calcaire.

Exercice 6 — Lire des seuils d'érosion et de dépôt

Moyen

Valeurs approchées lues sur le diagramme de Hjulström pour quatre particules d'une rivière.

DiamètreSeuil d'érosion (cm/s)Seuil de dépôt (cm/s)
0,005 mm850,03
0,3 mm213
2 mm4217
30 mm170120

  1. a) Le courant atteint 55 cm/s. Indiquer, parmi les particules posées sur le fond, celles qui sont arrachées.
  2. b) À cette même vitesse, indiquer quelles particules déjà en mouvement restent transportées.
  3. c) Expliquer pourquoi la particule de 0,005 mm, pourtant la plus légère, exige une vitesse plus élevée que le sable pour être arrachée.
  4. d) Lors d'une crue, le courant atteint 190 cm/s. Montrer que toutes les particules du tableau sont alors mises en mouvement.

a) Une particule au repos est arrachée si la vitesse du courant dépasse son seuil d'érosion. À 55 cm/s : le sable de 0,3 mm (21 < 55) et le gravier de 2 mm (42 < 55) sont arrachés ; la particule de 0,005 mm (85 > 55) et le galet de 30 mm (170 > 55) restent en place.

b) Une particule en mouvement reste transportée tant que la vitesse dépasse son seuil de dépôt. À 55 cm/s : 0,005 mm (seuil 0,03 cm/s), 0,3 mm (3 cm/s) et 2 mm (17 cm/s) restent transportés ; le galet de 30 mm (seuil 120 cm/s) se dépose.

c) Les particules très fines (argiles, limons fins) sont cohésives : elles adhèrent les unes aux autres et forment une surface lisse sur laquelle le courant a peu de prise. Il faut donc un courant rapide pour les arracher, alors qu'une fois en suspension, leur très faible masse les maintient dans l'eau même à vitesse presque nulle.

d) Le seuil d'érosion le plus élevé du tableau est celui du galet de 30 mm : 170 cm/s. Or 190 > 170, et 190 dépasse a fortiori 85, 42 et 21 cm/s. Toutes les particules du tableau sont donc arrachées pendant la crue.

Exercice 7 — Un bassin versant défriché

Moyen

Un bassin versant de 36 km², autrefois couvert de forêt, a été en grande partie défriché pour des cultures. À son exutoire, la charge solide exportée par la rivière est passée de 140 t/km²/an avant le défrichement à 1 120 t/km²/an après.

  1. a) Calculer la masse de sédiments exportée chaque année par le bassin avant et après le défrichement.
  2. b) Montrer que l'érosion a été multipliée par 8.
  3. c) Expliquer par quels mécanismes la forêt limitait l'érosion.
  4. d) Proposer deux pratiques qui réduiraient la perte de sol sans abandonner les cultures, en justifiant.

a) Masse = flux spécifique × surface.
Avant : 140 × 36 = 5 040 t/an.
Après : 1 120 × 36 = 40 320 t/an.

b) 40 320 / 5 040 = 8 (ou directement 1 120 / 140 = 8). L'érosion a bien été multipliée par 8 après le défrichement.

c) La forêt limitait l'érosion de trois façons : le feuillage et la litière amortissent l'impact des gouttes, qui détachent sinon les particules du sol ; les racines retiennent le sol ; l'humus et les galeries laissées par les racines favorisent l'infiltration, ce qui réduit le ruissellement, principal agent d'ablation et de transport sur un versant. Défriché, le sol se retrouve nu et directement exposé à la pluie.

d) Par exemple : planter des haies ou des bandes enherbées perpendiculaires à la pente, qui freinent le ruissellement et piègent les particules ; implanter un couvert végétal entre deux cultures ou cultiver selon les courbes de niveau, pour ne jamais laisser le sol nu et sans obstacle face au ruissellement pendant les saisons pluvieuses.

Exercice 8 — Un barrage et le recul d'un delta

Difficile

Document 1 — Flux de sédiments arrivant à l'embouchure d'un fleuve méditerranéen (données simplifiées). Avant la mise en service d'un grand barrage en 1964 : 19 millions de tonnes par an (Mt/an). Après : 1,6 Mt/an.
Document 2 — Position de la pointe du delta par rapport à 1950 (valeur positive : avancée vers la mer ; valeur négative : recul).

Année19501964197919942009
Position (m)0+33−225−640−1 030

  1. 1. Calculer le pourcentage des sédiments retenus depuis la mise en service du barrage (document 1).
  2. 2. Calculer la vitesse moyenne d'avancée ou de recul de la pointe du delta pour chaque période du document 2.
  3. 3. Montrer que les deux documents sont cohérents entre eux.
  4. 4. Expliquer le mécanisme qui conduit au recul du delta.
  5. 5. Un élève attribue ce recul uniquement à la montée du niveau de la mer. Expliquer pourquoi les documents ne permettent pas de retenir cette explication.

1. Masse retenue : 19 − 1,6 = 17,4 Mt/an. Pourcentage : 17,4 / 19 × 100 ≈ 91,6 %. Le barrage piège plus des neuf dixièmes des sédiments du fleuve.

2. Vitesse moyenne = variation de position / durée.
1950-1964 : (+33 − 0) / 14 ≈ +2,4 m/an (avancée).
1964-1979 : (−225 − 33) / 15 = −258 / 15 = −17,2 m/an (recul).
1979-1994 : (−640 − (−225)) / 15 = −415 / 15 ≈ −27,7 m/an.
1994-2009 : (−1 030 − (−640)) / 15 = −390 / 15 = −26 m/an.

3. Le changement de comportement du delta coïncide avec la mise en service du barrage. Avant 1964, alimenté par 19 Mt/an, le delta avançait ; après 1964, alors que l'apport chute à 1,6 Mt/an, il recule, et de plus en plus vite pendant les premières décennies avant de se stabiliser vers 26 à 28 m/an. La date de la rupture et son sens concordent avec une privation de sédiments : les documents sont cohérents.

4. La position d'un delta résulte d'un bilan. Les sédiments apportés par le fleuve le font avancer ; la houle et les courants marins arrachent et redistribuent ces sédiments le long de la côte. Avant le barrage, l'apport dépassait l'ablation marine : le bilan était positif. Dans la retenue, le courant ralentit et les particules y restent piégées. L'apport devient alors très inférieur à l'ablation par la mer, qui, elle, n'a pas changé : le bilan sédimentaire devient négatif et le littoral recule. Le barrage n'a pas supprimé l'érosion, il l'a déplacée vers l'aval.

5. La montée du niveau de la mer est lente (quelques millimètres par an) et progressive : elle ne peut pas expliquer une inversion brutale de tendance en 1964. De plus, avant 1964, le delta avançait alors que le niveau marin montait déjà. Les documents montrent que le recul commence précisément avec l'effondrement des apports. La montée des eaux peut aggraver le phénomène, mais la cause principale est le déficit sédimentaire dû au barrage.

Exercice 9 — Pente, couvert du sol et perte de sol

Difficile

Des parcelles expérimentales portant le même sol reçoivent une pluie simulée de 60 mm en une heure. On mesure la masse de sol emportée et le coefficient de ruissellement (part de la pluie qui ruisselle au lieu de s'infiltrer).

ParcellePenteSurface du solSol emporté (t/ha)Ruissellement
A4 %nue2,638 %
B4 %paillis de résidus végétaux0,2811 %
C14 %nue11,757 %
D14 %paillis de résidus végétaux1,116 %

  1. 1. Identifier les deux facteurs étudiés et préciser, pour chacun, les parcelles à comparer.
  2. 2. Quantifier l'effet de chaque facteur sur la perte de sol, puis conclure.
  3. 3. Relier les pertes de sol aux coefficients de ruissellement.
  4. 4. Montrer que, sur la parcelle C, cette seule pluie a enlevé une couche de sol d'environ 0,9 mm d'épaisseur (masse volumique du sol : 1,3 t/m³).
  5. 5. Un sol se forme à raison d'environ 1 cm par siècle. Expliquer pourquoi le sol est une ressource non renouvelable à l'échelle humaine et proposer des pratiques adaptées aux parcelles en forte pente.

1. Facteur « pente » (4 % ou 14 %) : on compare A et C (sols nus), puis B et D (sols paillés), qui ne diffèrent que par la pente. Facteur « couverture du sol » : on compare A et B (pente 4 %), puis C et D (pente 14 %), qui ne diffèrent que par le paillis.

2. Effet de la pente : sol nu, 11,7 / 2,6 = 4,5 ; sol paillé, 1,1 / 0,28 ≈ 3,9. Passer de 4 % à 14 % de pente multiplie la perte de sol par 4 à 4,5 environ.
Effet du paillis : pente 4 %, 2,6 / 0,28 ≈ 9,3 ; pente 14 %, 11,7 / 1,1 ≈ 10,6. Le paillis divise la perte de sol par 9 à 11 environ.
Conclusion : dans les conditions de l'expérience, la pente augmente l'érosion et la couverture du sol la réduit fortement ; l'effet protecteur du paillis est plus marqué que l'effet aggravant de la pente. Les deux effets se cumulent : C, en forte pente et nue, est de loin la parcelle la plus érodée.

3. Les parcelles classées par ruissellement décroissant, C (57 %), A (38 %), D (16 %), B (11 %), le sont aussi par perte de sol décroissante. Le ruissellement est l'agent qui arrache et transporte les particules : la pente l'accélère, tandis que le paillis amortit l'impact des gouttes, freine l'eau et favorise l'infiltration.

4. 1 ha = 10 000 m². Masse enlevée par m² : 11,7 t / 10 000 = 0,00117 t. Volume correspondant : 0,00117 t / 1,3 t/m³ = 0,0009 m³ par m². Épaisseur = volume / surface = 0,0009 m³ / 1 m² = 0,0009 m, soit 0,9 mm.

5. 1 cm par siècle correspond à 10 mm en 100 ans, soit 0,1 mm par an. La perte de 0,9 mm en une seule pluie représente donc environ 9 ans de formation du sol. Quelques orages de ce type chaque année détruisent en quelques décennies ce qui a mis des siècles à se former : à l'échelle d'une vie humaine, le sol perdu ne se reconstitue pas, c'est une ressource non renouvelable. Sur les parcelles pentues, il faut maintenir une couverture permanente (paillis, couvert végétal entre deux cultures) et aménager des terrasses ou des haies perpendiculaires à la pente, qui cassent le ruissellement.

Exercice 10 — Climat et altération des granites

Difficile

Document 1. Quatre bassins versants entièrement granitiques, de relief et de couverture végétale comparables (données simplifiées). Le flux de silice dissoute exporté par les rivières mesure l'intensité de l'altération chimique.

BassinTempérature moyennePrécipitationsSilice dissoute exportée (t/km²/an)
15 °C800 mm/an0,7
25 °C2 400 mm/an2,1
324 °C800 mm/an1,8
424 °C2 400 mm/an5,9
Document 2. Épaisseur moyenne des roches altérées (altérites) au-dessus du granite sain : 1,5 m dans le bassin 1 ; 43 m dans le bassin 4.

  1. 1. Expliquer pourquoi il est indispensable que les quatre bassins aient la même roche, un relief et une végétation comparables.
  2. 2. Montrer qu'à température égale, le flux de silice est à peu près proportionnel aux précipitations.
  3. 3. Évaluer l'effet de la température à précipitations égales, puis l'effet combiné des deux facteurs.
  4. 4. Relier ces résultats aux épaisseurs d'altérites du document 2.
  5. 5. Un élève en conclut que l'érosion est négligeable dans une haute montagne froide. Expliquer son erreur.

1. On cherche l'effet du climat (température et précipitations). Or la nature de la roche, la pente et la végétation influencent aussi l'altération : si elles variaient, on ne pourrait pas attribuer les différences de flux au seul climat. Les garder comparables permet de ne faire varier que les deux facteurs climatiques, et de les étudier un par un en comparant les bassins deux à deux.

2. Les précipitations sont multipliées par 2 400 / 800 = 3 entre les bassins 1 et 2, comme entre les bassins 3 et 4. À 5 °C, le flux est multiplié par 2,1 / 0,7 = 3 ; à 24 °C, par 5,9 / 1,8 ≈ 3,28. Dans les deux cas, tripler les précipitations multiplie le flux par 3 environ : le flux de silice est à peu près proportionnel aux précipitations. Plus il circule d'eau, plus elle réagit avec les minéraux et exporte d'éléments dissous.

3. À 800 mm/an : 1,8 / 0,7 ≈ 2,57 ; à 2 400 mm/an : 5,9 / 2,1 ≈ 2,81. Passer de 5 °C à 24 °C multiplie le flux par 2,6 à 2,8 : la chaleur accélère les réactions d'hydrolyse. Effet combiné (bassin 4 comparé au bassin 1) : 5,9 / 0,7 ≈ 8,43. L'altération chimique est donc maximale en climat chaud et humide.

4. Dans le bassin 4, chaud et humide, l'altération chimique est plus de 8 fois plus intense que dans le bassin 1. Accumulée sur de longues durées, elle a transformé le granite sur une bien plus grande profondeur : 43 m d'altérites contre 1,5 m dans le bassin 1, froid et moins arrosé. Les deux documents vont dans le même sens.

5. Les données ne mesurent que l'altération chimique, effectivement lente en climat froid. Mais en haute montagne, l'altération physique est intense : les cycles gel-dégel très fréquents fragmentent les roches (gélifraction), et les fortes pentes, la gravité, les torrents et les glaciers évacuent rapidement les débris. L'érosion y est souvent très rapide ; c'est son mode qui change, pas son intensité globale. L'élève a généralisé au-delà de ce que mesurent les données.

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