Humanisme, Réformes, grandes découvertes et conflits religieux — Thème 2 du programme de 2nde
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
« Quand pense-t-il donc changer sa manière de vivre ? Il n'a jamais étudié les langues savantes. Qu'a-t-il à faire de la grammaire et de la rhétorique ? [...] Il faut voir en face ce qu'est notre époque, et ne pas se tromper sur la nature des hommes. L'imprimerie [...] peut mettre une Bible dans les mains de tout homme qui sait lire. »
— Érasme de Rotterdam, Lettre à Dorpius, 1515 (adapté).
Exercice 1 — Maîtrise du vocabulaire historique
Corrigé :
a) Humanisme : courant intellectuel et artistique né en Italie au XVe siècle, qui place l'être humain au centre de la réflexion, valorise la raison, l'esprit critique et le retour aux textes antiques. Il prépare intellectuellement la Réforme.
b) Indulgence : document vendu par l'Église catholique accordant la remise des peines temporelles dues aux péchés. Leur vente scandaleuse est la cause directe des 95 thèses de Luther en 1517.
c) Huguenots : nom donné aux protestants calvinistes français à partir des années 1560. Ils représentent environ 10 % de la population française et sont au cœur des guerres de Religion (1562–1598).
d) Columbian Exchange : échanges biologiques (plantes, animaux, maladies) entre l'Ancien et le Nouveau Monde après 1492. Conséquences positives (maïs, pomme de terre en Europe) et dramatiques (variole décimant les Amérindiens).
Exercice 2 — Chronologie et faits essentiels
Corrigé — ordre chronologique :
1. Invention de l'imprimerie : vers 1455
2. Arrivée de Colomb en Amérique : 1492
3. 95 thèses de Luther : 1517
4. Premier tour du monde : 1519–1522
5. Concile de Trente : 1545
6. Massacre de la Saint-Barthélemy : 1572
7. Édit de Nantes : 1598
8. Révocation de l'Édit de Nantes : 1685
Critère : 0,5 pt par événement correctement daté ET dans le bon ordre (tolérance ± 2 ans pour l'imprimerie).
Exercice 3 — Analyse d'un texte historique
Corrigé :
1. Érasme de Rotterdam (v. 1466–1536) est un humaniste néerlandais, figure majeure de la Renaissance. Il appartient au courant humaniste chrétien et critique l'Église de l'intérieur (Éloge de la Folie, 1511) sans rejoindre la Réforme protestante. (1 pt)
2. Érasme valorise les « langues savantes » (latin, grec, hébreu), la grammaire et la rhétorique, c'est-à-dire les disciplines des Anciens. Il applique la méthode humaniste ad fontes : lire la Bible dans les langues originales plutôt que de s'en remettre à l'interprétation de l'Église. (2 pts)
3. L'imprimerie permet à « tout homme qui sait lire » d'accéder directement à la Bible, sans intermédiaire ecclésiastique. Cela menace l'Église car : (a) elle perd le monopole de l'interprétation des Écritures, (b) les idées réformatrices se diffusent à grande vitesse sans pouvoir être censurées, (c) les fidèles peuvent comparer les textes bibliques avec les pratiques de l'Église et constater les écarts. (3 pts : 1 pt par argument développé)
Exercice 4 — Réforme et Contre-Réforme : confrontation de deux visions du christianisme
Corrigé indicatif (barème : 2 pts structure/plan, 2 pts exemples précis, 2 pts argumentation) :
Introduction : Au début du XVIe siècle, l'Église catholique est fragilisée par la corruption et la vente des indulgences. En 1517, Luther déclenche la Réforme. Pourquoi cette rupture est-elle définitive ?
I — Une rupture théologique fondamentale : Luther remet en cause les bases du catholicisme (sola fide, sola scriptura, rejet des indulgences et du purgatoire). Calvin ajoute la doctrine de la prédestination. Ces théologies sont incompatibles avec le dogme catholique réaffirmé au concile de Trente (1545–1563). La Contre-Réforme durcit les positions des deux camps au lieu de réconcilier.
II — Une rupture institutionnelle et politique : La Réforme éclate en multiples Églises (luthéranisme, calvinisme, anglicanisme) qui s'organisent hors de Rome. Les princes allemands utilisent la Réforme pour s'émanciper de l'Empereur (paix d'Augsbourg, 1555). En France, les guerres de Religion (1562–1598) montrent que la rupture religieuse entraîne une rupture politique. L'Édit de Nantes (1598) ne réconcilie pas mais gère une coexistence forcée.
Conclusion : La scission du christianisme occidental est durable car théologique (dogmes incompatibles), institutionnelle (Églises distinctes) et politique (guerres, États confessionnels). Elle annonce la laïcisation progressive de l'Europe (Lumières, XVIIIe siècle).
Exercice 5 — Les grandes découvertes : une rupture pour qui ?
Corrigé indicatif (barème : 2 pts exemples, 2 pts argumentation double perspective, 2 pts rédaction) :
Pour l'Europe : Les grandes découvertes ouvrent de nouvelles routes commerciales (route des Indes en 1498 par Vasco de Gama), permettent l'accès direct aux épices et aux richesses asiatiques, et l'afflux massif d'or et d'argent des Amériques (mines de Potosí) enrichit l'Espagne. Le Columbian Exchange apporte en Europe des plantes (maïs, pomme de terre, tomate) qui transforment l'alimentation. L'expansion géographique stimule les sciences (cartographie, navigation).
Pour les Amérindiens : C'est une catastrophe : les épidémies de variole (maladie inconnue des Amérindiens) déciment les populations — le Mexique central passe de ~25 millions à ~1 million d'habitants en un siècle. La Conquista de Cortés (1521) et Pizarro (1532) détruit les empires aztèque et inca. Le système de l'encomienda instaure une exploitation du travail amérindien assimilable à de l'esclavage.
Nuance : Le père Las Casas dénonce dès le XVIe siècle ces violences dans sa Brève relation de la destruction des Indes. L'expression 'grandes découvertes' est eurocentriste : pour les Amérindiens, c'est une invasion.
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