Offre, demande et formation des prix : mécanismes de marché en Spécialité SES 1re (programme 2019)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Définitions et concepts fondamentaux
Corrigé :
(a) Marché : lieu réel ou virtuel de rencontre entre offreurs et demandeurs conduisant à la fixation d'un prix et à un échange de biens ou services. (b) Prix d'équilibre : prix P* tel que la quantité offerte égale la quantité demandée (Qo = Qd) ; à ce prix il n'y a ni pénurie ni excédent. (c) Surplus du consommateur : gain de bien-être égal à la différence entre le prix de réserve (consentement à payer maximal) et le prix effectivement payé.
5 conditions CPP : atomicité, homogénéité des produits, libre entrée/sortie, transparence de l'information, mobilité des facteurs. Exemple d'explication — atomicité : aucun agent n'est assez grand pour influencer le prix ; il est « preneur de prix » (price taker). Barème : 0,75 pt × 3 définitions + 0,5 pt liste + 0,25 pt explication = 4 pts.
Exercice 2 — Analyse graphique — Offre, demande et équilibre
Corrigé :
(a) Schéma : deux courbes O (O₁ et O₂ à droite de O₁), une courbe D inchangée. L'intersection de D et O₂ donne le nouvel équilibre E₂. (b) P₂ < P₁ (le prix baisse) et Q₂ > Q₁ (la quantité augmente). Justification : le progrès technique réduit les coûts → les producteurs offrent davantage à chaque niveau de prix → O se déplace vers la droite → l'intersection avec D donne un prix plus bas et une quantité plus élevée.
Mouvement le long de la courbe : un changement de prix du bien lui-même déplace le consommateur sur la même courbe D (ex. : la baisse du prix d'une TV fait passer de la quantité demandée de 50 à 80 unités). Déplacement de la courbe : un changement d'un autre déterminant (revenu, goûts, prix d'un substitut) déplace toute la courbe (ex. : hausse du revenu → toutes les quantités demandées à chaque prix augmentent → D se déplace vers la droite). Barème : 2 pts (a) + 1 pt (b) + 2 pts différence = 5 pts.
Exercice 3 — Calcul et interprétation du surplus
Corrigé :
(a) Consommateur 1 : 70 − 40 = 30 €. Consommateur 2 : 50 − 40 = 10 €. Consommateur 3 : 35 − 40 = −5 € → n'achète pas.
(b) Surplus total des consommateurs = 30 + 10 = 40 € (seuls les consommateurs 1 et 2 participent à l'échange).
(c) Non, le consommateur 3 ne participe pas : son prix de réserve (35 €) est inférieur au prix de marché (40 €), l'échange lui serait défavorable. Il préfère ne pas acheter.
Surplus du producteur : 40 − 20 = 20 €. Interprétation : le producteur réalise un gain de bien-être de 20 € par unité vendue, car il reçoit 20 € de plus que le minimum auquel il acceptait de vendre. Barème : 1,5 pt (a) + 0,5 pt (b) + 1 pt (c) + 1 pt producteur = 4 pts.
Exercice 4 — Défaillances de marché
Corrigé :
Externalité négative : effet négatif d'une activité économique subi par des tiers sans compensation. Exemple : une usine polluant une rivière impose un coût aux pêcheurs non intégré dans le prix du produit. Le producteur tient compte de son coût privé uniquement, qui est inférieur au coût social (privé + coût pour les tiers). Il produit donc davantage que le niveau socialement optimal (Qmarché > Qoptimum). Correction possible : taxe pigouvienne (égale au coût marginal externe).
Biens publics — non-rivalité : la consommation d'un bien par un agent ne diminue pas la quantité disponible pour les autres (ex. : éclairage public). Non-excludabilité : on ne peut empêcher qui que ce soit de consommer le bien, même sans payer. Ces deux caractéristiques engendrent le problème du passager clandestin : chacun attend que les autres financent → sous-financement et sous-production par le marché privé → intervention publique nécessaire. Barème : 2 pts externalité + 2 pts biens publics = 4 pts.
Exercice 5 — Dissertation courte — Synthèse
Corrigé indicatif :
Introduction : Le marché, par le mécanisme de prix, coordonne de façon décentralisée les décisions d'offre et de demande. En CPP, l'équilibre maximise le surplus total : c'est l'argument de l'efficience allocative. Cependant, de nombreuses situations réelles s'écartent de ce modèle idéal. I. Le marché, en CPP, alloue efficacement les ressources : mécanisme de prix = signal décentralisé (Hayek) ; équilibre maximise le surplus total (Sc + Sp) ; l'ajustement automatique résorbe pénuries et excédents. II. Mais des défaillances de marché limitent cette efficacité : externalités (production sous ou sur-optimale), biens publics (sous-production, passager clandestin), asymétries d'information (sélection adverse, aléa moral — Akerlof), pouvoir de marché (monopole → perte sèche). Ces défaillances peuvent justifier l'intervention de l'État (taxe, subvention, réglementation, production publique). Conclusion : Si le marché est un mécanisme puissant d'allocation des ressources, il n'est ni universel ni infaillible. La question de l'optimalité de l'intervention publique reste un enjeu central de l'économie publique. Barème : 0,5 pt introduction + 1 pt I + 1 pt II + 0,5 pt conclusion = 3 pts.
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