Thème 2 — De la puissance régionale à la puissance mondiale : les ambitions chinoises au XXIe siècle
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Maîtrise du vocabulaire géopolitique
Corrigé :
Hard power : capacité à contraindre par la force militaire ou économique (ex. armée de 2 millions de soldats, droits de douane).
Soft power : capacité à attirer et séduire sans contrainte (ex. Instituts Confucius, JO de Pékin 2008).
Sharp power : influence trompeuse ou coercitive (ex. campagnes de désinformation, pressions sur les diasporas).
Puissance hégémonique : puissance dominant l'ordre mondial par sa supériorité dans tous les domaines et sa légitimité internationale (ex. les États-Unis depuis 1991 ; la Chine n'a pas encore ce statut).
Exercice 2 — Analyse de la Belt and Road Initiative
Corrigé :
BRI : programme d'investissements en infrastructures lancé en 2013 par Xi Jinping pour relier la Chine au reste du monde.
— Volet terrestre (Belt) : corridors ferroviaires via Asie centrale, Iran, Turquie vers Europe.
— Volet maritime (Road) : réseau de ports de l'Asie du Sud-Est à l'Afrique et à la Méditerranée (Pirée, Djibouti, Gwadar).
Critiques : 'piège de la dette' — le Sri Lanka a dû louer le port de Hambantota 99 ans à la Chine, faute de pouvoir rembourser ses dettes. Critiques de transparence, d'impact environnemental, d'emploi local des travailleurs chinois.
Réponses occidentales : Build Back Better World (G7) et Global Gateway (UE, 2021) — initiatives d'investissements alternatives pour le Sud global.
Exercice 3 — La rivalité sino-américaine : zones de tension
Corrigé :
Mer de Chine méridionale : Pékin revendique ~80 % de la zone (ligne à neuf tirets) et militarise des îles artificielles. Le tribunal de La Haye (2016) a rejeté ces prétentions, ignorées par Pékin. Enjeux : liberté de navigation, ressources naturelles, contrôle des routes commerciales.
Taïwan : Pékin la considère comme une province rebelle. Washington soutient Taipei sans reconnaître son indépendance (ambiguïté stratégique). Enjeu : Taïwan produit 90 % des semi-conducteurs avancés (TSMC) — contrôle technologique mondial.
AUKUS (2021) : alliance militaire États-Unis / Royaume-Uni / Australie. L'Australie reçoit des sous-marins à propulsion nucléaire. Objectif : renforcer la présence militaire en Indopacifique pour contrebalancer l'expansion navale chinoise.
Exercice 4 — Les fragilités de la puissance chinoise
Corrigé :
1. Fragilité démographique : vieillissement accéléré dû à la politique de l'enfant unique (1980-2015). Le ratio actifs/retraités se dégrade, réduisant le potentiel de croissance.
2. Fragilité économique : ralentissement de la croissance (~5 %), crise de l'immobilier (Evergrande), chômage des jeunes (~20 %), endettement des collectivités locales.
3. Isolement diplomatique partiel : formation de coalitions de containment (AUKUS, Quad), sanctions et tensions sur les droits de l'homme (Xinjiang, Hong Kong), limitant la légitimité internationale de Pékin.
Exercice 5 — Synthèse : la Chine, puissance mondiale en devenir
Corrigé attendu :
Le paragraphe doit comporter : une thèse nuancée (ni oui ni non catégorique) ; des arguments en faveur (2e PIB, 1er exportateur, BRI dans 140 pays, modernisation militaire, ambition technologique, soft power des Instituts Confucius) ; des arguments contre (vieillissement, ralentissement économique, isolement sur les droits de l'homme, coalitions AUKUS/Quad, retard technologique dans les puces avancées, déficit de légitimité internationale) ; une conclusion montrant que la Chine est une puissance montante mais que la route vers l'hégémonie est incertaine. La mobilisation des notions de hard/soft power et au moins 3 exemples concrets sera valorisée.
Cours particuliers de spécialité hggsp à Marseille, en présentiel ou à distance — un prof qui s'adapte à ton rythme et reprend ce qui coince.