De la SDN à l'ONU : construire la paix par le droit international (Thème 3 — Faire la guerre, faire la paix)
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« Le droit de veto n'est pas un privilège arbitraire. Il est la condition qui a rendu possible l'adhésion des grandes puissances à la Charte en 1945. Sans lui, elles n'auraient jamais accepté de subordonner leurs décisions à une organisation internationale. Mais il est aussi ce qui paralyse le Conseil dès que les intérêts des P5 sont en jeu. »
Exercice 1 — Maîtrise du vocabulaire et des notions clés
Corrigé attendu :
a) Sécurité collective : système par lequel des États s'engagent mutuellement à répondre ensemble à toute agression contre l'un d'eux, fondé sur l'idée que la paix est indivisible. Exemple : le système ONU ou le Pacte SDN.
b) Droit de veto : pouvoir accordé aux 5 membres permanents du Conseil de sécurité de bloquer toute résolution par un vote négatif. Exemple : veto russe sur la Syrie depuis 2011.
c) OMP : déploiement de Casques bleus pour surveiller un cessez-le-feu, protéger les civils ou faciliter un processus de paix, selon les principes de consentement, impartialité et non-recours à la force. Exemple : MINUSMA au Mali.
d) DIH : ensemble de règles limitant les effets des conflits armés pour protéger les non-combattants, fondé sur les Conventions de Genève (1949). Exemple : interdiction des attaques contre les civils.
Exercice 2 — Chronologie et acteurs de la sécurité collective
Corrigé :
Ordre chronologique :
1. Quatorze Points de Wilson (janvier 1918) — projet fondateur de la sécurité collective
2. Traité de Versailles (1919) — création de la SDN
3. Charte de San Francisco (26 juin 1945) — création de l'ONU
4. Génocide au Rwanda (1994) — échec majeur du système
5. Statut de Rome (1998) — création de la CPI
6. Sommet mondial ONU (2005) — adoption de la R2P
Deux tournants possibles : La Charte de 1945 marque la fondation d'un système plus robuste que la SDN avec un Conseil de sécurité disposant de pouvoirs contraignants. Le génocide rwandais de 1994 révèle les limites tragiques du principe de non-recours à la force et conduit directement à la réflexion ayant mené à la R2P en 2005.
Exercice 3 — Étude d'un document : le droit de veto
Corrigé :
a) En 1945, les grandes puissances (notamment USA, URSS) n'acceptaient pas l'idée d'être mises en minorité et contraintes d'agir contre leurs intérêts par une organisation supranationale. Le veto était le prix politique de leur adhésion à l'ONU.
b) Deux exemples : (1) Durant la Guerre froide, l'URSS et les États-Unis ont utilisé des centaines de veto pour protéger leurs camps respectifs, paralysant le Conseil sur la plupart des conflits. (2) Depuis 2011, la Russie (et parfois la Chine) a bloqué toutes les résolutions sur la Syrie par veto, empêchant l'ONU d'agir alors que 500 000 personnes mouraient dans le conflit.
c) Réformes proposées : limitation du veto en cas de crimes de masse (proposition franco-mexicaine depuis 2015) ; élargissement du nombre de membres permanents (Allemagne, Japon, Brésil, Inde…) ; remplacement du veto par une supermajorité. Ces réformes se heurtent à l'opposition des P5 eux-mêmes, qui doivent approuver toute révision de la Charte.
Exercice 4 — Question de synthèse : l'ONU, entre ambitions et réalités
Corrigé indicatif :
Introduction : Créée en 1945 dans l'ambition de « préserver les générations futures du fléau de la guerre », l'ONU est la principale organisation internationale de sécurité collective. Mais son efficacité est souvent remise en cause. Dans quelle mesure l'ONU parvient-elle à assurer la sécurité collective internationale ?
I. Des réussites réelles : Depuis 1945, aucun conflit mondial n'a éclaté entre grandes puissances. Le Conseil de sécurité a autorisé des interventions décisives (Guerre du Golfe 1991). Les OMP ont stabilisé de nombreux pays (Haïti, Timor oriental). La CIJ règle des différends. Les agences spécialisées (OMS, HCR) sauvent des millions de vies.
II. Des limites structurelles majeures : Le veto paralyse le Conseil dès que les intérêts d'un P5 sont en jeu (Syrie, Ukraine). Les OMP traditionnelles ont montré leurs limites face aux génocides (Rwanda 1994, Srebrenica 1995). Le financement dépend des contributions volontaires des États. L'ONU ne dispose pas d'armée propre permanente.
Conclusion : L'ONU représente un progrès immense par rapport à l'absence totale d'organisation internationale, mais elle ne peut fonctionner que si les grandes puissances le veulent bien. Sa réforme (notamment du veto) reste un enjeu majeur du XXIe siècle.
Exercice 5 — Analyse d'un concept : la Responsabilité de protéger
Corrigé :
La R2P est un principe adopté par le Sommet mondial de l'ONU en 2005 : chaque État a la responsabilité primaire de protéger sa population contre les crimes de masse (génocide, crimes contre l'humanité, nettoyage ethnique, crimes de guerre). Si un État faillit à cette obligation, la communauté internationale a la responsabilité de réagir, y compris par la force avec autorisation du Conseil de sécurité. Elle répond aux échecs de Rwanda (1994) et Srebrenica (1995).
Exemple : La résolution 1973 (2011) autorisant l'intervention en Libye est sa première application.
Limite : L'intervention en Libye a conduit à un changement de régime perçu comme un abus du mandat. La Russie et la Chine ont ensuite bloqué toute application de la R2P en Syrie, ce qui montre que ce concept reste tributaire des équilibres politiques au Conseil de sécurité.
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