Nouvelles formes de conflits armés depuis la fin de la Guerre froide — Thème 3 : Faire la guerre, faire la paix
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Maîtrise du vocabulaire spécialisé
Corrigé :
Guerre asymétrique (1 pt) : conflit opposant des belligérants aux capacités militaires très inégales, où le plus faible compense par des tactiques non conventionnelles (guérilla, terrorisme, sabotage). S'oppose à la guerre symétrique entre armées régulières comparables.
Terrorisme (1 pt) : usage de la violence ou de sa menace contre des civils à des fins politiques, idéologiques ou religieuses, pour créer un climat de terreur et contraindre un gouvernement ou une population à agir d'une certaine façon.
Acteur non étatique armé (1 pt) : organisation armée agissant en dehors du cadre étatique, sans statut d'armée nationale légale.
Deux exemples différents (1 pt) : par exemple, groupe terroriste (Al-Qaïda, Daech) + société militaire privée (Wagner) ; ou milice (Hezbollah) + groupe de guérilla (FARC). Tout couple cohérent de types différents est accepté.
Exercice 2 — Analyse d'un événement historique clé
Corrigé :
Les faits (1 pt) : le 11 septembre 2001, 19 membres d'Al-Qaïda détournent 4 avions et frappent les tours du World Trade Center (New York) et le Pentagone (Washington). Bilan : 2 977 morts. C'est l'attentat terroriste le plus meurtrier de l'histoire.
Les acteurs (1 pt) : Al-Qaïda, fondée par Oussama Ben Laden, réseau transnational islamiste, planifie l'attaque depuis l'Afghanistan où les talibans leur offrent un refuge.
Conséquences sur les relations internationales (2 pts) : Le président Bush déclare une « guerre contre le terrorisme » ; l'OTAN invoque l'article 5 (solidarité collective) pour la première fois ; intervention militaire en Afghanistan en octobre 2001 pour chasser les talibans ; adoption du Patriot Act (octobre 2001) qui étend massivement les pouvoirs de surveillance. Début d'une ère nouvelle où des acteurs non étatiques peuvent rivaliser avec les États dans leur capacité de nuisance.
Tournant géopolitique (1 pt) : les attentats replacent le terrorisme transnational au cœur des priorités de sécurité mondiale et inaugurent une décennie de guerres asymétriques aux conséquences durables (Irak 2003, instabilité régionale, émergence de Daech).
Exercice 3 — Étude comparative : Al-Qaïda et Daech
Corrigé :
Tableau comparatif (3 pts — 0,5 pt par critère correctement renseigné pour les deux colonnes) :
• Origine : Al-Qaïda — fondée fin 1980s en Afghanistan ; Daech — issu de l'insurrection irakienne post-2003.
• Territoire : Al-Qaïda — réseau transnational sans territoire fixe ; Daech — proto-État territorial (Irak/Syrie 2014-2019).
• Stratégie : Al-Qaïda — frappes spectaculaires contre l'ennemi lointain (USA) ; Daech — construction d'un État islamique + attentats en Occident.
• Recrutement : Al-Qaïda — réseaux islamistes, camps d'entraînement ; Daech — recrutement massif via réseaux sociaux, combattants étrangers (30 000+).
Limites de la stratégie territoriale (2 pts) : Daech s'est exposé à des frappes militaires massives (coalition internationale) en revendiquant un territoire. Sa défaite à Baghouz (mars 2019) démontre qu'un État djihadiste territorial est militairement vulnérable. Cependant, cela ne signifie pas la fin de l'idéologie : les combattants se sont dispersés (Sahel, Asie) et Daech reste une menace diffuse.
Exercice 4 — Question de réflexion : médias et terrorisme
Corrigé :
Rôle informationnel légitime des médias (1,5 pt) : les médias ont un devoir d'information sur les attentats (13 novembre 2015, Nice 2016...). Les citoyens ont le droit d'être informés sur les menaces qui pèsent sur la société. La couverture médiatique permet aussi une réponse politique coordonnée (état d'urgence, mobilisation des services de secours).
Amplification involontaire de l'impact terroriste (2 pts) : Brian Jenkins — « le terrorisme est du théâtre ». La diffusion en boucle d'images d'attentats (11 septembre 2001, attaques de Paris) amplifie l'effet de terreur au-delà des victimes directes. Daech a produit des vidéos professionnelles (Dabiq) et utilisé Twitter/Telegram pour se servir des médias comme caisse de résonance. Plus la couverture est massive, plus la stratégie terroriste est efficace psychologiquement.
Gestion du dilemme dans les démocraties (2,5 pt) : plusieurs pistes — a) chartes déontologiques des médias (ne pas diffuser les revendications en direct, éviter la « pornographie de l'horreur ») ; b) éducation aux médias et à l'esprit critique (EMI — Éducation aux médias et à l'information) pour que les citoyens consomment l'information de façon critique ; c) réglementation d'internet (signalement de contenus extrémistes, coopération avec les plateformes) ; d) équilibre liberté de la presse / sécurité nationale — une démocratie ne peut pas censurer les médias, mais peut encourager des pratiques responsables.
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