Du conflit interétatique classique aux guerres totales et asymétriques — Thème 1 : Faire la guerre, faire la paix
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Maîtrise des notions fondamentales
Corrigé :
1. Guerre totale : conflit qui mobilise l'ensemble des ressources d'une nation (humaines, économiques, industrielles) et abolit la distinction combattants/civils. Deux caractéristiques : (a) mobilisation totale de la société (conscription universelle, économie de guerre, travail des femmes) ; (b) effacement de la frontière front/arrière (bombardements de villes, blocus économique). À l'inverse, la guerre classique oppose des armées professionnelles avec des objectifs limités.
2. Dissuasion nucléaire : stratégie fondée sur la menace d'une riposte nucléaire garantissant la destruction de l'adversaire (MAD — Mutual Assured Destruction). Elle a empêché un affrontement direct car toute attaque d'une superpuissance entraînerait sa propre destruction — rationalité qui rend la guerre impossible entre États nucléaires.
Exercice 2 — Étude d'un conflit — La guerre d'Algérie
Corrigé :
1. Une guerre de décolonisation est un conflit armé visant à mettre fin à la domination coloniale d'une puissance étrangère. En Algérie : le FLN (Front de Libération Nationale, représentant le mouvement nationaliste algérien) contre la France (puissance coloniale depuis 1830).
2. La guérilla est un combat irrégulier (embuscades, attentats, retraite dans la population civile) mené par des combattants non conventionnels. Le FLN y recourt car il est militairement inférieur à l'armée française ; la guérilla compense cette infériorité en usant l'adversaire, en s'appuyant sur la population et en évitant les batailles conventionnelles où il perdrait.
3. Les Conventions de Genève de 1949 (notamment la 3e sur les prisonniers de guerre) et la Convention contre la torture interdisent formellement la torture, y compris sur des combattants irréguliers capturés. Ces pratiques constituent des crimes de guerre : l'État est lié par le DIH même face à un ennemi non étatique. La France a été condamnée moralement par l'opinion internationale ; des officiers ont témoigné de ces pratiques (affaire Aussaresses).
Exercice 3 — Analyse d'une source iconographique
Corrigé :
1. Cette affiche illustre plusieurs mécanismes de la guerre totale : (a) mobilisation économique : l'emprunt de guerre invite les civils à financer le conflit, faisant de chacun un acteur économique de la guerre ; (b) héroïsation du soldat : le soldat représenté renforce l'adhésion patriotique et la légitimité du sacrifice ; (c) implication de l'arrière : s'adressant aux civils, l'affiche montre que la guerre n'est plus l'affaire exclusive des militaires mais concerne toute la nation.
2. La propagande est une arme spécifique à la guerre totale car elle vise à mobiliser les esprits de toute une nation — ce qu'une guerre classique entre armées professionnelles ne nécessite pas. En 1870, la guerre franco-prussienne n'implique que des soldats de métier ; en 1914-1918, il faut convaincre des millions de conscrits et leurs familles de la justesse du combat, d'où la censure, les affiches, les journaux de tranchée.
Exercice 4 — Question de composition — Les conflits asymétriques depuis 1990
Corrigé (plan attendu) :
Introduction : La fin de la guerre froide a transformé la nature des conflits : les guerres inter-étatiques classiques cèdent la place à des conflits où des acteurs non étatiques affrontent des États (guerres asymétriques). Cette évolution pose des défis inédits au DIH.
I. De nouveaux acteurs et de nouvelles stratégies : les conflits asymétriques (Afghanistan 2001-2021, Irak 2003-2011, guerre contre Daech) opposent des États à des groupes armés non étatiques (talibans, Al-Qaïda, Daech) qui utilisent terrorisme, guérilla et cyberattaques. Ces acteurs refusent les règles du DIH (ciblent des civils, ne portent pas d'uniforme).
II. Les défis posés au DIH : le DIH est conçu pour des conflits inter-étatiques. Face aux acteurs non étatiques, l'application est problématique : quel statut pour les combattants capturés (Guantanamo) ? Comment distinguer combattants et civils dans une guérilla urbaine ? La R2P tente de répondre aux conflits intra-étatiques (Rwanda, Kosovo) mais reste contestée.
Conclusion : Si les conflits asymétriques soulèvent des défis inédits, le DIH reste un cadre normatif essentiel que la communauté internationale cherche à adapter — avec l'espoir que son respect universel demeure un horizon à atteindre.
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