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Spécialité HGGSP · Classe de 1ʳᵉ

Les frontières au Moyen-Orient

Des tracés contestés entre héritage colonial, conflits et recompositions géopolitiques (programme de Spécialité HGGSP 1re)

À propos de cette page
Cette évaluation sur « Les frontières au Moyen-Orient » en première permet de faire le point sur ses connaissances en spécialité hggsp, comme lors d'un véritable contrôle. Elle suit le programme officiel de première et propose plusieurs exercices notés sur 20, avec un corrigé détaillé. Au programme : Le Moyen-Orient : une région aux multiples définitions, L'héritage colonial : Sykes-Picot et le découpage artificiel, La création d'Israël et le conflit israélo-palestinien, La question kurde : un peuple sans État. Travaille seul, chronomètre-toi, puis compare tes réponses au corrigé pour identifier les points à revoir. Parfait pour mesurer ses progrès et réviser efficacement. Évaluation gratuite conçue par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première en spécialité hggsp.
Évaluation finale · Niveau difficile · Durée 60 min · Noté sur 20
60:00

Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.

Exercice 1 — Repères et chronologie

/ 4 pts
  1. Complétez le tableau chronologique suivant en indiquant pour chaque date l'événement correspondant et sa conséquence principale sur les frontières de la région :
    DateÉvénementConséquence sur les frontières
    1916
    1948
    1967
    2014

Exercice 2 — Définitions et notions clés

/ 4 pts
  1. Définissez les quatre notions suivantes en une phrase chacune, en précisant leur lien avec les frontières au Moyen-Orient : 1) La Nakba2) La ligne verte3) Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes (DPDP)4) Les Accords d'Abraham.

Exercice 3 — Questions de cours développées

/ 6 pts
  1. Question A (3 pts) : Expliquez pourquoi la question kurde illustre la contradiction entre le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et le principe d'intangibilité des frontières.
  2. Question B (3 pts) : En quoi les frontières issues des accords Sykes-Picot ont-elles contribué à l'instabilité de l'Irak et de la Syrie au XXIe siècle ?

Exercice 4 — Analyse d'un document iconographique

/ 3 pts
  1. Le document suivant représente une carte schématique de la région.
    Question 1 : Identifiez deux États représentés sur la carte où la question kurde est particulièrement importante.
    Question 2 : Expliquez en deux phrases l'opposition géopolitique majeure entre l'Iran (violet) et l'Arabie Saoudite (vert) dans la région.

Exercice 5 — Synthèse argumentée

/ 3 pts
  1. En vous appuyant sur les exemples étudiés en cours, répondez à la question suivante en un paragraphe argumenté (15 à 20 lignes) :

    « Dans quelle mesure peut-on dire que les frontières du Moyen-Orient sont un héritage conflictuel du colonialisme ? »

    Votre réponse doit comporter une thèse, au moins deux arguments développés et des exemples précis.
Corrigé détaillé

Exercice 1 — Repères et chronologie
Corrigé :
1916 : Accords Sykes-Picot → partage secret franco-britannique du Moyen-Orient en zones d'influence, ignorant les peuples locaux.
1948 : Création de l'État d'Israël + 1re guerre israélo-arabe → Israël contrôle 78 % de la Palestine historique ; exode de ~700 000 Palestiniens (Nakba).
1967 : Guerre des Six-Jours → Israël occupe la Cisjordanie, Gaza, le plateau du Golan et le Sinaï.
2014 : Daech proclame son califat → effacement de fait de la frontière syro-irakienne (Sykes-Picot symboliquement annulé).
Barème : 1 pt par ligne complète et correcte.

Exercice 2 — Définitions et notions clés
Corrigé :
1) La Nakba (« catastrophe » en arabe) désigne l'exode de ~700 000 Palestiniens en 1948 lors de la première guerre israélo-arabe, qui crée le problème des réfugiés palestiniens, central dans le conflit frontalier israélo-palestinien.
2) La ligne verte est la frontière d'armistice israélienne de 1949, reconnue par la communauté internationale comme frontière internationale de facto d'Israël ; les territoires au-delà (Cisjordanie, Golan) sont considérés comme occupés.
3) Le DPDP est un principe du droit international (Charte ONU) selon lequel tout peuple peut choisir librement son régime politique ; il entre en tension avec le principe d'intangibilité des frontières, notamment pour les Kurdes.
4) Les Accords d'Abraham (2020) normalisent les relations diplomatiques entre Israël et quatre États arabes (EAU, Bahreïn, Maroc, Soudan), redessinant les alliances régionales et marginalisant la question palestinienne.
Barème : 1 pt par définition correcte et complète.

Exercice 3 — Questions de cours développées
Corrigé Question A :
Les Kurdes (~30-40 millions de personnes) forment l'un des plus grands peuples du monde sans État propre. Le traité de Sèvres (1920) promettait un État kurde, mais le traité de Lausanne (1923) supprime cette promesse. Le DPDP leur reconnaîtrait théoriquement le droit à l'autodétermination ; or les quatre États qui les accueillent (Turquie, Iran, Irak, Syrie) invoquent leur souveraineté et l'intangibilité de leurs frontières pour refuser tout démembrement. Le référendum irakien de 2017 (92 % pour l'indépendance) n'a pas été reconnu par la communauté internationale, illustrant la primauté de l'intangibilité. (3 pts : identification de la tension DPDP/intangibilité 1pt + histoire du Kurdistan 1pt + exemple concret 1pt)

Corrigé Question B :
L'Irak et la Syrie ont été constitués en réunissant des communautés antagonistes (en Irak : Arabes chiites ~60 %, sunnites ~20 %, Kurdes ~20 % ; en Syrie : sunnites, alaouites, chrétiens, Kurdes) sans base nationale cohérente. Ces États artificiels ont été gouvernés par des régimes autoritaires qui réprimaient les minorités (Saddam Hussein contre les Kurdes, Assad contre les sunnites). La chute de Saddam (2003) et le Printemps arabe (2011) ont provoqué des guerres civiles sur ces lignes de fracture. Daech a profité du chaos irakien et syrien pour effacer la frontière commune et proclamer un califat (2014-2019). La recomposition est toujours en cours en Syrie après la chute d'Assad (2024). (3 pts : artificialité des États 1pt + dynamiques de déstabilisation 1pt + exemple Daech ou Assad 1pt)

Exercice 4 — Analyse d'un document iconographique
Corrigé :
Question 1 : La question kurde est particulièrement importante en Turquie (présence kurde massive, conflit PKK) et en Irak (région autonome du Kurdistan irakien depuis 2003). La Syrie est également acceptable (Rojava). (1,5 pts : 0,5 pt chaque pays identifié avec justification)

Question 2 : L'Iran est une puissance chiite qui soutient des milices chiites dans la région (Hezbollah au Liban, Houthis au Yémen, PMF en Irak) pour projeter son influence. L'Arabie Saoudite est la principale puissance sunnite et s'oppose à cette expansion iranienne, ce qui se traduit par une rivalité géopolitique intense (guerre par procuration au Yémen, tensions en Irak, au Liban…). (1,5 pts : identification du clivage sunnite/chiite 0,5pt + exemples de tensions 0,5pt + mécanisme proxy 0,5pt)

Exercice 5 — Synthèse argumentée
Corrigé (éléments attendus) :
Thèse : Les frontières du Moyen-Orient sont largement un héritage colonial conflictuel, mais elles ne sont pas l'unique cause des tensions actuelles.

Argument 1 — L'artificialité des frontières coloniales : Les accords Sykes-Picot (1916) ont tracé à la règle des frontières ignorant les réalités ethno-religieuses. Cela a créé des États artificiels comme l'Irak (réunissant sunnites, chiites, Kurdes antagonistes) ou la Syrie (alaouites au pouvoir sur une majorité sunnite). La déclaration Balfour (1917) a semé les germes du conflit israélo-palestinien en promettant la même terre à deux peuples.
Argument 2 — Des conflits durables nourris par ces tracés : Le conflit israélo-palestinien (depuis 1948), la question kurde (depuis 1923), les guerres civiles irakienne et syrienne, l'émergence de Daech... tous ces conflits trouvent en partie leur origine dans les fractures créées par le colonialisme. L'effacement par Daech de la frontière syro-irakienne (2014) est une contestation directe de l'héritage Sykes-Picot.
Nuance : D'autres facteurs aggravent ces tensions : les ressources pétrolières, les nationalismes locaux, les interventions des grandes puissances (USA, Russie), les rivalités religieuses sunnites/chiites. Les frontières coloniales sont une cause structurelle, non exclusive.
Conclusion : Les frontières du Moyen-Orient constituent un héritage colonial lourd, mais leur conflictualité est amplifiée par des dynamiques contemporaines qui les rendent toujours pertinentes comme facteur d'instabilité.
Barème : thèse claire 0,5pt + 2 arguments développés 1pt chacun + nuance 0,5pt.

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