Entre crise économique, ligues d'extrême droite et Front populaire — programme officiel de 1re, Thème 4 : Les régimes totalitaires et la Seconde Guerre mondiale
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Maîtrise du vocabulaire et repères chronologiques
Corrigé :
Définitions attendues :
• Ligue : organisation politique paramilitaire antiparlementaire qui rejette le régime représentatif et agit par la rue (ex. Croix-de-Feu, Action Française).
• Déflation : baisse générale et durable des prix, accompagnée de la réduction des dépenses publiques, pratiquée en France dans les années 1930 avec des effets aggravants sur la crise.
• Front populaire : coalition électorale et gouvernementale (SFIO, PCF, radicaux) formée en 1935-1936 pour défendre la République face au fascisme et mener des réformes sociales.
• Politique d'apaisement : stratégie diplomatique consistant à faire des concessions à une puissance agressive (ici l'Allemagne nazie) pour éviter la guerre (ex. Accords de Munich, 1938).
Ordre chronologique :
1. 6 février 1934 — Émeutes des ligues.
2. 14 juillet 1935 — Grande manifestation du Rassemblement populaire.
3. Avril-mai 1936 — Victoire électorale du Front populaire.
4. 7-8 juin 1936 — Accords Matignon.
Exercice 2 — Analyse de document — Programme du Front populaire
Corrigé :
1. Document : programme politique commun signé par la SFIO, le PCF et le Parti radical en janvier 1936, dans le contexte de la menace des ligues d'extrême droite (après le 6 février 1934) et de la Grande Dépression. Il prépare les élections législatives de mai 1936.
2. Mesures politiques : dissolution des ligues factieuses (répond à la menace antiparlementaire) ; défense des libertés publiques (presse, syndicats). Mesures économiques/sociales : réduction du temps de travail sans réduction de salaire (futur loi des 40 h) ; caisse nationale de chômage (réponse à la crise économique).
3. Ce programme répond directement à la crise du régime républicain en s'attaquant à ses deux dimensions : la dimension politique (ligues fascisantes qui menacent les institutions après le 6 février 1934) et la dimension sociale (chômage, misère qui discréditent le régime).
Exercice 3 — Question de cours développée — Les réformes sociales du Front populaire
Corrigé détaillé :
Introduction attendue : Situer le contexte — victoire électorale du Front populaire (mai 1936), vague de grèves avec occupations d'usines, Accords Matignon (7-8 juin 1936).
1. Apports (rupture) : congés payés (2 semaines = révolution culturelle, accès aux loisirs pour les classes populaires), semaine de 40 heures (réduction de l'exploitation ouvrière), reconnaissance du droit syndical et des délégués du personnel dans l'entreprise (institutionnalisation du dialogue social), conventions collectives, Office du blé (soutien aux agriculteurs).
2. Limites économiques : inflation liée aux hausses de salaires, fuite des capitaux, dévaluation insuffisante, critique de la semaine de 40 h pour avoir freiné la production dans un contexte de réarmement, pause en février 1937, chute du gouvernement Blum en juin 1937 sous la pression du Sénat.
3. Bilan : Malgré ses limites, le Front populaire a posé les jalons du droit du travail moderne en France. Ses acquis sociaux (congés payés, droit syndical) ont survécu à sa chute et sont restés dans la mémoire collective comme un âge d'or de la solidarité populaire.
Exercice 4 — Confrontation de points de vue historiques
Corrigé :
1. Thèse du coup d'État (Berstein) : La coordination entre plusieurs ligues (Croix-de-Feu, Action Française, Solidarité Française, anciens combattants), la simultanéité des manifestations en plusieurs points de Paris et surtout le fait que le gouvernement Daladier ait démissionné malgré sa majorité parlementaire suggèrent une volonté délibérée de renverser le régime. La référence aux marches fascistes sur Rome (1922) renforce cette interprétation.
2. Thèse nuancée (Rémond) : Les ligues ne s'entendaient pas entre elles, n'avaient pas de programme de gouvernement alternatif ni de chef unique, et la violence est en grande partie spontanée et non planifiée. Il s'agirait d'une émeute de mécontentement qui a dégénéré, sans véritable projet de prise du pouvoir.
Exercice 5 — Rédaction argumentée — La République en danger dans les années 1930
Corrigé :
Éléments de crise attendus : crise économique (1931-1938 : chômage, déflation, paupérisation), instabilité ministérielle (11 gouvernements entre 1930 et 1934), scandales (affaire Stavisky, 1934), montée des ligues antiparlementaires (Croix-de-Feu, Action Française), émeutes du 6 février 1934 (15 morts, chute du gouvernement Daladier).
Éléments de résilience démocratique attendus : les institutions républicaines résistent (pas de coup d'État réussi), la gauche répond par l'unité (Front populaire, 1935-1936), les élections de mai 1936 se tiennent normalement et donnent une majorité claire au Front populaire, les réformes sociales de Blum consolident l'attachement des classes populaires à la République.
Conclusion nuancée : La IIIe République traverse une crise grave mais surmonte la menace des années 1930 grâce au sursaut républicain du Front populaire. C'est finalement la défaite militaire de juin 1940 — et non la montée des ligues — qui y mettra fin.
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